III. — RÉSULTATS DE LA DÉCOMPOSITION DU SANG EXTRAVASÉ
Le sang exlravusc soit dans une ecchymose ou toute autre collection sanguine, soit recueilli dans un vase et abandonné à lui-même, soit enfm répandu et desséché sur des linges, donne lieu à des produits de décomposition importants à connaître et qui proviennent principalement des globules et de la librine.
Produits des globules. — Globules rouges. — Les globules rouges du sang épanché subisseni , avant de se décomposer, des changements qui portent sur leur forme d'abord et sur ieui' si raclure ensuite: sous le rapport de la Ibi'me. on en trouve (jui sont devenus sphériques ou anguleux : parfois, ils se sont accolés et comme fusionnés de manière à constituer des masses très-variables de dimensions [- de millimètre) et de forme (allongée, triangulaire, ovoïde) (Robin). D'autre part, leur matière colorante se répand dans le liquide ambiant, ou se précipite dans le globule même sous forme de granulations situées le plus souvent vers la périphérie du disque globulaire : ces granulations résistent un certain temps à l'eau (12 ou IG heures. — Voy. Mélanéraie, p. .08). Parfois enfin, les globules perdent toute leux matière colorante, mais "conservent leur forme ; ils deviennent seulement plus transparents, plus petits, plus minces. Tels sont les dillorenls aspects que [jcuvcnt présenter les globules retenus
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longtemps dans un kyste de la mamelle, de la conjonctive, dans la cavité d'un vagin à hymen imperforé, etc.
Les produits des globules sont donc essenliellement le résultat d'un isolement et d'un groupement moléculaire particulier des éléments de leur substance colorante : ces produits, les uns cristallins, les autres amorphes, sont très-importants à connaître, parce que les premiers surtout sont nonseulement caractéristiques du sang, mais peuvent encore jusqu'à un certain point l'aire comiaître l'espèce de l'animal d'où provient le sang. Ce sont V kémalocrislalline , VhémaLine, Yhcmine et Vliémaloïdi'iie.
V/iémalocrùlalline ou hémoglobine contient à la Ibis la matière colorante proprement dite (hémaline i et la matière albuminoïde (globuline) particulière aux globules sanguins. Parfois spontanément, plus particulièrement sous certaines influences, comme celles d'une congélation et d'un dégel successifs. celle hémoglobuHne, après s'être séparée des globules, se précipite sous forme de cristaux. Placés sous le microscope, ces cristaux (lig. 18, V otTrenl une couleur rouge amarante, peu foncée et préseulant des formes variables, prismatiques chez l'homme, tétraédriques chez la souris et le cochon d'Inde: enfln, ils présentent même la forme de lames hexagonales chez l'écureuil [ûg. 18|. On trouve des cristaux de ce genre dans le tube intestinal des imles, ces grands acaridcs, vulgairement nommés ricins, qui se gorgenl du sang des animaux sur la peau desquels ils se iixeut. Ou en a trouvé également dans le corps de sangsues gorgées de sang
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depuis quelques semaines (Rouget). On conçoit que. dans ces circonstances, les caractères sus-énoncés pourraient faire reconnaître à quel animal ces lié- • matopliages avaient emprunté leur nourriture.
Ces cristaux se rapetissent sous Tinfluence de certains réactifs, augmentent de volume quand on
les traite d'une autre façon (Reichert) : mais ils n'ont de caractéristique que leur forme cristalline et leur coloration,, qui rappelle beaucoup celle du
.sang.
VAémaiine ou hématosine est la matièi-e colorante du sang proprement dite (l'hémoglobine moins la globuline) ; elle se forme spontanément dans le sang qui s'est épanché au milieu des tissus ou qui a séjourné dans le tube digestif: aussi n'est-elle pas rare dans les fèces. Elle se forme aussi dans le sanabandonné longtemps dans un vase. L'hématine n'est pas cristallisable ; elle se présente sous forme
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dc! u-ranulaLions amorphes d'un rouge foncé presque noiï, insolubles dans Teau, Talcool, l'élher. Aussi n\a-t-elle rien de caractéristique ; mais on la transforme facilement en cristaux tout à fait caractéristiques en la combinant comme base à un acide et particulièrement àFacide chlorhydrique : on obtient dans ce cas les cristaux de chlorhydrate d'hématme ou hémine.
Vhémine, ou chlorliyclrate d'hématine, s'obtient en mélangeant du sang, ou toute substance qui en contient, avec du sel de cuisine : on place le tout sur une plaque de verre, on y ajoute de Facide acétique concentré et Ton évapore à la température d ebuililion- on constate alors avec le microscope qu il s'est produit des cristaux d'un brun intense sous forme de tables rhomboïdales aplaties, a angles ai'^us Ces cristaux résistent aux réactifs et ne subissent pas, sous l'inQuence des acides, le changement de coloration qui caractérise l'hematme. (Virchow '.) Nous verrons, en parlant de l'examen médico-légal des taches de sang (p. 81), tout le parti qu'on peut tirer de ces réactions.
Enfin VhématoUine est un dérivé de Vhématine. dérivé que nous ne pouvons produire artificiellement, qui est la forme sous laquelle l'hematme cristallise spontanément dans l'économie: toutefois, ce n'est pas de l'hématine cristallisée : c est un corps nouveau, dérivé du premier, et qui en diffère par un équivalent d'eau en plus et im de fer en moins L'hématoïdine se forme spontanément, surtout dans les anciens foyers hémorrhagiqucs : mais