l'atholnri'ic cellulaire, :î" éOii . p
ih':mat()'i'i7IN1'
comme oUe peut prendre naissance dans tout épancliement sanguin, quel qu'en soit le siège ; comme, de plus, elle est identique à la matière colorante de la bile que nous aurons à rechercher plus tard, il est important d'insister sur ce dernier produit de la décomposition du sang (fig. 19). L'hèmatoïdine se présente sous forme de très-p.etils cristaux rhomboïdaux obliques ou parfois de fines aiguilles d'une couleur très -pure, jaune rougeâtre, ou rouge de rubis, quand ces cristaux sont plus volumineux ou superposés ; ils sont insolubles dans l'eau, l'alcool, l'éther, la glycérine, l'acide acétique; solubles dans l'ammoniaque. Les acides azotique et chlorliydrique ne les dissolvent que lorsqu'ils sont concentrés, et donnent naissance cà une solution rouge foncé ou jaune d'or. La potasse et la soude les gonflent, les fendillent, mais n'en dissolvent qu'une petite proportion.
La microspectroscopie, que nous avons appliquée à l'étude du globule sanguin, au point de vue de l'élude des gaz dont il peut être chargé, est aussi d'un grand secours pour l'étude de la matière colorante du sang. Les solutions d'hématocristalline et même d'hemine, examinées au spectroscope, présentent des caractères qui sont spécifiques du san^-mais il peut se faire que l'on dispose de trop peu de matière (par exemple, une petite lâche sur un linge) pour en laire l'examen avec le spectroscope •
ip. 19. — Cristnux (riicmatoïdine. — I, niobulos rougos gramiloii.v; 2, prismes rliomboédriquos d'Iiéinatoïdiiio; 3, aiguilles ni-isUiUincs.
8I> DKC.OMl'O-^lTION SAMl F.XTlîA VASF„
c'est alors que le microspcctroscope pourra rendre de grands services, puisqu'il donne, avec une quanlilc infiniment petite de matière, les mêmes résultats que le speclroscope. Voici ce que Ton observe en pareil cas :
Si la lâche de sang n'est pas U-ès-ani:iciiiie, la iiKitu-rc colorante du san^' peut s'y trouver encore à l'état d'liémo:^lol)uline ou liématocristallinc : on dissout alors cette taclie, et la goutte d'eau colorée obtenue est examinée au microspectroscope ; on ne se contente pas d'observer lus deux raies de l'bémoijlobuline oxygénée (la préparation ayant été faite au contact de l'air): on fait agir un agent réducteur, et principalement \>' suiriiydraLc d'ammoniaque, qui fait disparaître les deux raies el leur substitue la raie unique de réduction de Stokes. Cette double réaction est tout à fait caractéristi.iue : les recherches de Ritter et Balley ont prouvé que ni la cochenille, m la garance, ni le sulfocyanure ferrique, ni aucune matière rouge ne donne de spectre semblable; c'est surtout raction des agents réducteuis qu'il faut considérer comme caractéristique.
Mais l'hémoglobulinc peut s'être altérée el s'être transformée eu hématiae. (Voy. plus haut.) Or cette hématine présente aussi un spectre caractéristique, outre qu avec l'acide chlorhydrique elle donnera très-facilement naissance aux cristaux d'hémine. L'hématine étant amorphe et sous forme de précipité insoluble dans l'eau, ou dissout la tache à examiner dans un liquide acide ou alcalin. L'hématine en solution acide donne un spectre caractérisé par une large bande noire sur les limites du rouge et du jaune du spectre ; l'hématine ou solution alcaline donne une bande analogue a la précédente, mais plus large, et portée davantage a droite, c'est-à-dire dans le jaune. La combinaison de 1 heraatine avec l'acide chlorhydrique ^chlorhydrate d'hématine ou herauie) domie les mêmes réactions spectrales. Ces réactions ne sont pas aussi sensibles que celles de l'hémoglobulinc, mais, jointes à la recherche des cristaux, elles peuvent néanmoins être très-utiles : . J'ai taché un linge avec Ax^ smiff piitre/ie ;
KTClJI:; MKDICO- LliUALK DKS TACIIKS DK SANG. 81
cetti' tache ne fut traitée qu'api-ès huit jours de dessiccation à l'air : la solution aqueuse ne présenta aucune réaction caractéristique ; mais en faisant bouillir le linge taché avec une solution étendue de potasse, j'obtins un liquide qui présentait, parfaitement tous les caractères de l'iiématine. » (Balley).
Ces caractères spectroscopiques ne peuvent servir à distinguer le sang de divers animaux ; tout sang coloré, quelle que soit son origine, donne toujours ces mômes spectres spécifiques, qu'il provienne de l'homme, du chien, du chat, des oiseaux, des batraciens (Valentin, Benoit). Mais en tout cas, cette méthode sera toujours précieuse pour reconnaître le sang, dans des circonstances où aucun autre moyen d'investigation ne pourrait la remplacer : c'est ainsi que Valentin a constaté très-nettement la présence du sang sur une ancienne planche de dissection qui était restée sans usage depuis trois ans, dans un endroit humide, et sur un vieux crochet rouillé qui avait servi autrefois à suspendre de la viande dans une boucherie.
On comprend toute l'importance de ces recherches microspectroscopiques et combien elles sont préférables aux procédés microscopiques ou chimiques ordinairement mis en usage pour déceler la présence du sang. Il importe cependant de signaler ici les remarquables travaux qui ont permis à Ch. Robin et à divers autres micrographes de reconnaître au microscope les taches de sang, d'en indiquer la provenance et de les différencier de diverses taches dont l'apparence extérieure est tout à fait semblable' :
L'étolfe qui supporte les taches étant divisée en bandelettes, on les fait tremper dans de Veau pure en plongeant dans le liquide l'extrémité inférieure de la bandelette portant la tache
I Poar plus do dotuils. consiillez ù i-e sujet \v. TrniU de méderine Iriiflle du liriand el Cliaudii. Se édition. Paris. ISfi!). p. 7-27 Voir aussi Auii. iVlluu., 1873, i. XI, p. 191.
"82 DECOMPOSITION 1)11 SAM; FXTH.WASF.
jusqu'à 2 ou li niiUimotres do celle-ci, qu'on laisse dehors de l'eau, appliquée avec l'cxtrémilé supérieure de la liandeleUe coutro les parois do 'la capsule contenant le liquide. Bientôt celle-ci monte par capillarité jusqu'à la tache et gonlle peu à pou la substance qui la forme. On racle ensuite l'étoile à l'aide d'un scalpel ; on placo la substance ainsi obtenue dans une goutte d'eau qui a été déposée préalablement sur le porteobjet du microscope. On redonnait ainsi dans la tache la i)resenco de la fibrine et dos globules blancs. Pour bien apprécier les caractères des glol)uios rouges, il est préférable de se servir, pour gonfler la tache, d'une solution ou d'un réactif qui ne dissolve pas, comme l'eau, après les avoir gonllés, les globules rouges du sang '. Le meilleur réactif serait (Roussin) un mélange formé de trois parties de glycérine, une partie d'acide sulfurique et de la quantité d'eau nécessaire pour faire un liquide d'une densité de 1028 à la degrés. On peut aussi so servir du sérum iodé de Schultze ou d'un sérum artificiel fait avec 30 gr. de blanc d'œuf, 270 gr. d'eau distillée et iO centigr. de sel marin. Le tissu ayant été bien pénètre de ci^ li(luicFe (il faut quelquefois 3 ou -i jours pour arriver à ce résultat), on racle la surface de la tache et l'on constate que le champ du microscope renferme : ï" des filaments du tissu : 2" des granulations de poussière minérale ou végétale; 3" des champignons microscopiques qui se sont développes pendant la macération et sont analogues à ceux du ferment. Ils ont une forme ovoïde ou sphérique ; ils sont jaunâtres, a bords nets, homosènes d'ordinaire, accolés deux a deux ou trois à trois à la suite l'un de l'autre ; 4° des cellules épithéhales
1 TûuLelûis, même en imbibuiU avec de l'eau pure, mOme en lavanl K,-ande eau un tissu imprégné de sang, on peul encore, après plus.eu, ^ semaines, retrouver quekiues globules rouges qu. se sont aggiulmes or.lro les fibres du tissu de Fétoftc imprégnée de sang et y ont résiste a l acliou de l'oau. 11 est vrai que, dans ces cas, les globules sont singulièrement déformés, do sorte que leur mensuration ne peut plus donner aucun résultat précis. S'il est donc indispensable de ue pas laver a l'eau chaude les taches que l'on veut examiner, ,1 importe cependa.il de ne pas renoncer à recbercher quelques globules lorsque cell,- fau.e aura été commise. Parfois un examen minutieux pourra, même dans ces cin oiislani'os. donner encore un résnllal précis,
KTI DK .MKI)I(;()-1>KGAI,E DES TACHES DE SANO. 8;S
qui pourront renseigner parfois le médecin sur la nature du tissu qui a donné naissance à l'hémorrhagie ; 5° enfin des globules sanguins, les uns libres, les autres adhérents aux filaments du tissu. Leur forme, leur volume, leur couleur les fait reconnaître, bien qu'ils soient souvent aplatis par pression réciproque, ou bien dentelés, parfois gontlés et allongés. On trouvera dans le traité de Briand et Cliaudé les caractères que présentent les taches produites par du sang de différentes provenances, celles que déterminent les excréments de divers animaux ou encore celles que produisent diverses substances minérales ou végétales.
M. lourdes (do Strasbourg) pense ' que le meilleur procédé pour déceler la présence du sang est la production de cristaux iVhëmine (voyez page 78). Le procédé d'Etdmann consiste à opérer sur le porte-objet du microscope, s On y place une petite parcelle de la tache à examiner ; on y ajoute un fragment presque imperceptible de chlorure de sodium : avec une baguette, on dépose sur la plaque une gouttelette d'acide acétique monohydraté de telle sorte que, par l'effet de la capillarité, elle se mette en contact avec le sang. On chauffe avec une petite lampe à alcool jusqu'à ce que le sang soit dissous; en tenant la plaque de verre à une plus grande distance de la flamme, on finit par sécher la tache, on examine à diverses reprises au microscope et bientôt on voit apjiaraître les cristaux d'hémine. Les cristaux s'obtiennent mieux quand la plaque de verre qui recouvre l'objet n'est pas trop fortement appliquée. » Ces cristaux ne s'observent d'ailleurs qu'avec un bon microscope et un grossissement d'au moins 300 diamètres. Si l'on n'a pas trouvé les cristaux, on peut arroser le résidu avec de l'eau, filtrer, puis laver le filtre avec une goutte de lessive de soude très-étendue : l'hémine se dissout dans ce réactif, et la solution, évaporée et calcinée, laisse une cendre dont la solution chlorhydrique donne les réactions du peroxyde de fer (Hoppe-Seyler). Si le procédé d'Erdmann vient à manquer, ce qui tient souvent ?i ce que l'acide acétique employé est impur ou bien à ce que l'on a trop chaulTé ou encore à ce que la tache a été impressiomiée