CI.Olil'I.KS BLANCS
ment dans les tumeurs. On observe alors ce qu'on a appelé des tumeurs pignientaires , ou mieux pigmentées, car ce ne sont pas, à proprement parler, des espèces distinctes de tumeurs, mais des productions semblables aux autres, et dont la couleur, et parfois le volume, sont simplement modifiés par la présence de granulations piginentaires en quantité trèsvariable. Nous n'avons donc pas à donner les caractères microscopiques que peuvent présenter les éléments anatomiques de ces productions ; il nous suffit d'avoir indiqué les procédés capables de faire distinguer les colorations dues à des poussières de charbon, ou à du pigment proprement dit, ou à des produits de décomposition des globules sanguins. Et, en ell'et, on a souvent confondu sous un même nom des pigmentations dues à ces trois sources si dilFérentes : on a notamment, dans la persuasion que le sang épanché dans un tissu peut donner lieu non-seulement à la production d'hématosine, mais même à celle de véritable pigment (mélanine), confondu les mélanoses hématiques »\ea les mélanoses pignientaires ou mélanoses proprement dites, d'autant plus que les tumeurs mélaniques renferment souvent des granules d'h('matosine. de sorte que les deu.x éléments de coloration se trouvent ici réunis. Mais il n'y a dans aucun cas aucun rapport d'origine entre la matière colorante hématique et les granules de pigment, comme le prouve la physiologie générale : on voit dans les embryons de batraciens et de poissons les cellules à pigment noir se développer en des points oii n'existe encore aucune circulation, aucun globule sanguin, de même que chez les mollusques et autres invertébrés à sang plus ou moins incolore, il existe cependant de nombreux éléments anatomiques infiltrés de pigment noir. (Ch. Robin.)
Globules bl.vncs. — Leurs produits de décomposilion .seront éludiés quand nous nous occuperons du pus (p. 99). Disons seule'ïnent qu'ils r(''sistenf plus longtemps que les globules rouges, puis deviennent granuleux, irrégiiliers, anguletix; ils s'infiltrent de granulalions graisseuses: leurs noyaux el leur
y; NII.MÉHATION l)l-S (.I.Olil LKS.
proLoplasma se fondunl en uiu^ masse commune: c'est là ce qu'on appelle un état caxéeux. Ces éléments, ayant subi la métamorpliose casèeuse, persistent pendant un temps extrêmement long. (Cornil et Ranvier.)
Fibrine. — Quant à la fibrine, coagulée et abandonnée à elle-même soit dans l'organisme (épanchements interstitiels, cavités muqueuses, etc.;, soil dans un vase à expériences, ou encore sur un Imge tacbé de sang, elle se décompose à la longue en se désagrégeant. Les gros filaments de fibrine se divisent en filaments plus petits; puis toute la masse se transforme peu à peu en une substance grenue qui n'a plus conservé l'aspect fibriUaire ou bien même parfois en une masse homogène sans granulations Dans le centre des hématomes, on rencontre des fragments polyédriques, durs, irréguliers, brunâtres, imbibés de matières colorantes et mêles à des granulations d'hèmatosine et à des gouttelettes graisseuses. l^Robin.)
lU. - NUMÉRATION DES GLOBULES DU SANG
La numération des globules du sang a été, dans ces derniers temps, l'objet de travaux spéciaux auxauels se rattachent les noms de Malassez et de Hayem; c'est d'après ces deux observateurs qu.^ nous résvmierons l'état actuel de cette question. Vierordt. Wecker, Mantega/z/.a. Cramer, avaient dep ossayé diverses méthodes de numération : ma,-^
NCMKHATIOX DES CI.OlîHLI' S.
c'est avec M. Malassez que celte étude est enirée dans une voie vraiment pratique.
Procédé de M. Malassez. — Dans toute métliode de numération on est obligé de diluer ^ le sang, afin que les globules ne se superposent pas en formant, des amas confus : à cet effet. M. Malassez se sert d'un sérum artificiel ainsi composé :
1 volume d'une solution de gomme arabique, ayant au pèse-urine une densité de •].020: ù volumes d'une solution à parlies ('gales de sulfate de soude et de cblorure de sodium, ayant également une densité de '1.020. — Le mélange, surtout quand on ne dispose que de quelques gouttes de sang, se fait avec le mélangeur Polain.
Cet appai'eil (iig. 20) se compose d'un fin tube capillaire en verre, présentant sur son trajet, au voisinage de l'une de >os extrémités (voy. fig. 20), une dilatation ampullaire,"dans l'ini< 'rieur de laquelle est une pe- ^ lite boule en verre. La longue Fi„ ,o
PO.'Lion du tube (depuis la ^i- (Oif ^^^s^n^e Ï^T'L
J^'lalion ampullaire. jusqu'à '^:^^:V^^
IIO NI:M1'',HAT10N DKS GLOlil'I.r.S.
rexLrûmilé effilée en pointe), est calibi'ée de manière à représenter très-exactement la centième portion de la partie renflée ; du reste, un trait, placé de chaque côté du renflement, indique d'une façon précise le niveau auquel ces proportions s(' trouvent être exactes. Un autre trait, placé sur la longue portion, la divise en deux parties d'égale capacité. Voici comment on se sert de cet appareil pour faire un mélange au centième par exemple : on plonge la pointe de la longue portion dans le sang à examiner et on aspire doucement par le tulje en caoutchouc annexé à la courte portion (voy. lig. 20;, de façon à faire monter lentement le sang jusqu'au niveau du trait qui sépare la longue portion de la dilatation ampullaire ; on essuie alors la pointe de l'instrument, et, la plongeant dans le sérum, on aspire de nouveau par le tube en caoutchouc jusqu'à ce que le sang et le sérum qui lui succède, et qui commence déjà à se mélanger à lui, remplissent la dilatation et arrivent jusqu'au niveau du trait supérieur. Pour rendre alors le mélange bien homogène, on agite en tous sens l'appareil, de façon que la petite boule intérieure, mise en mouvement, brasse complètement le liquide.
Pour examiner le mélange obtenu, on le fait sortir de l'appareil en soufflant par le tube en caoutchouc; les premières gouttes qui sortent doivent, cela va sans dire, être laissés de côté, car, étant restées dans la longue portion de l'appareil, elles n'appartiennent réellement pas au mélange.
La seconde partie de l'appareil de M. Malassez est destinée à permettre d'examiner le mélange dans un petit tube de verre, dit capillaire arltficieL comme
XrMKHATlOX Df'lS Cl.OBI LI'S.
on examiiKTait le sang qui remplit un petit, vaisseau de la membrane natatoire de la grenouille. Ce capillaire artificiel (fig. 21) n'est autre chose qu'une petite bande de verre, fixée sur une glace porte-objet, et dans laquelle, très près de sa face supérieure, se trouve un canal aplati de haut en bas. de coupe ellipsoïde, à grand axe égalant environ 250 L'une des extrémilésdece canalicule esl ]ihr(^: l'aulre, relevée
Fifî. 21.
en tube, communiqneavec un fin tube en caoutchouc. Ajoutons que ce capillaire artificiel a été calibré ei cubé : les chiffres qui sont gravés sur la lame porte-objet indiquent quelle est sa capacité pour un certain nombre de longueurs. (Dans la première colonne sont inscrites les longueurs, dans la seconde, li's capacités correspondantes, exprimées en fractions de millimètre cube : ^. ^. ^ de millimètre '-■ube, etc.)
Pour introduire le mélange sanguin dans cet ap- ]>.u'eii. il suffit d'en déposer une gouttelette sur la
i}2 NLMKKATION DKS (ilJJLi'I.KS.
lauiR poi'le-objel contre rexlréraili' librp du capillaire; le mélaug'c pénètre par capillarité. — On porte alors l'appareil sous le microscope; ol on fait
22. Numei iition des gloliiiles sanguins (procé.lé Malassez)
l'examen avec un grossissement suffisant pour distinguer nettement chaque globule sanguin. Cet examen doit être fait avec un oculaire micrométriqve. dont la valeur a été déterminée, une fois pour toutes, par l'un des procédés que nous avons indiques précédemment ^voy. p. lo et 16V On peut ainsi
m:mi-:katio.\ Diis glubli.ks.
voy. lig. 2-2) compter le nombre de globules qui se trouvent dans une longueur donnée, exprimée en millièmes de millimètres — Le nombre ainsi obtenu sera multiplié : 1° par le cbitTre qui se trouve sur la lauie porle-objet, en regard de la longueur dans laquelle les globule;; auront été comptés; 2° par le litre du mélange. Le produit donncr.i le nombre de globules par millimètre cube de sang.
Toutes ces petites opérations successives sont très-délicates et donnent facilement lieu à un grand nombre d'erreurs; l'emploi du capillaire artilicicl n'est pas, du reste, sans inconvénients : eu elfet le mélange sanguin est composé d'une partie liquide et de corps solides en suspcn.sion (globules); or. ipiand ce mélange est placé à l'extrémité d'un espace capillaire, jl y pénètre inégalement, quant à la répartition de ses éléments constituants, la partie liquide s'introduisant dans l'espace capillaii'c plus facilement que leç parties solides. Nous croyons donc que M. liayem a rendu un réel service à l'étude de la numération des globules en proposant un procédé qui simpliOe singulièrement les manœuvres opératoires et évite la cause d'erreur dont nous venons de parler.
Procédé de M. Hayem. — M. Hayem dilue le sang dans une sérosité naturelle, telle que celle obtenue par la ponction dans les diverses formes d'hydropisie : le mélange se fait à l'aide d'une pipette et d'une petite éprouvette. A cet effet le. sang est aspiré avec une pipette graduée (2 à o millimètres cubes de sang), puis porté dans une éprouvette qui contient déjà 500 millimètres cubes de sérum (De. 2M) . — Il suftit de souiller dans le tube en caoutchouc
.NLMKIIATID.N DKS l : L(Ji;l ' I.KS.
que porli' la pipeltc pour faire loiiiber le sang' au Tond de réprouvette, el en aspirant doux ou trois fois de suite un peu de sérum qu'on repousse; aussitôt, on vide facilement tout le tube (capillaire. On introduit alors dans la petite éprouvette, contenant le sérum et le sang, un agitateur terminé par une petite palette, et Ton imprime à cotte baguette de
Fie. 23. — Cellule calibroc jiniir la numnraiinn dos f;loli;i!cs.
verre un mouvement de va et vient assez rapide, jusqu'à ce que le mélange soit bien égal. — On place alors une goutte de ce mélange dans une cellule très-exactement calibrée et qui remplace le capillaire artiliciel deMalassez.
Celte cellule (fig. 23) est fotmée par une lamellr de verre mince, perforée à son centre (de manière à présenter un trou d'environ 1 centimètre de diamètre) et collée sur une lame de verre porte-objet parfaitement plane. La lamelle de verre ayant élc amincie d'une quantité mathématiquement déterminée à l'aide du sphéromètro. on a ainsi une c-avilc dont la hauteur est mathématiquement connue. La hauteur choisie de préférence par m[. Hayom et Nachct est celle de ^ de millimelre.
m:.\ii;:i!aïion des globules. 93
En déposant au centre de la cellule une goutte du mélange sanguin et en la recouvrant immédiatement par une lamelle de verre très-plane qui vient reposer sur les bords de la cellule, on obtient ainsi une lame de liquide à surfaces parallèles, dont l'épaisseur est d'un cinquième de millimètre. Pour réunir ensemble la lamelle couvre-objet et la cellule, on met un peu de salive sur les bords de la préparation : ce liquide visqueux s'infiltre entre les deux plaques et s'oppose à la fois au glissement de la lamelle et à l'évaporation de la goutte de mélange sanguin. La préparation est alors terminée et il ne reste plus qu'à compter les globules.
A cet effet on a disposé dans l'oculaire une glace sur laquelle est gravé un carré et le tube rentrant du microscope est enfoncé dans sa monture (d'après le procédé dontnousavons donné seulement l'indication page 17) jusqu'à un trait calculé, de façon que le côté du carré ait, avec l'objectif dont on se sert, une valeur d'un cinquième de millimètre (soit celle de 1^1 hauteur de la cellule). On a donc ainsi sous les veuxlaprojection d'un cube d'un cinquième demiUiuietre de côté (fig. 24). Au bout de quelques minutes les globules sont tombés par leur propre poids au tond de la cellule ; il est donc facile de les mettre au pomt et de compter ceux qui sont contenus dans un cube d'un cinquième de milh\nètre de côté Hien de plus simple alors, en multipliant par 125 que d obtenir ce que renferme, en globules, 1 millimètre cube du mélange, et, en multipliant le dernier chilfre trouvé par le titre du mélange, crue de connaître la valeur en globules de 1 millimelre cube du sang sur lequel on a expérimenté
9(5 NUMERATION UKS (.tUlilM.KS.
Nous avons donné ces deux méthodes en reproduisant aussi brièvement et aussi lidèlemenl que possible les détails opératoires donnés par les autours eu^-raômes Ocs études, nées à peme dhier,
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.NL'ML'KATIOX DKS GLULIULLIS. 97
précise, ou que de nouvelles modifications soient introduites dans les manœuvres opératoires de la numération, nous nous contenterons de l'exemple livant : cherchant à déterminer le chiffre que urnit le sang du doigt à l'état normal. M. Hayem 'rive au nombre de o millions (par millimètre cube j sang), tandis que M. Malassez semble indiquer I millions comme moyenne du sang de l'homme. Nous trouverions donc entre ces deux auteurs un : cai-t de l million ou de } sur le chifï're total. I Cependant les résultats obtenus par divers observali'urs, faisant toujours usage du même instrument, [laraissent concorder assez rréquomment. Si donc il est permis de douter encore de l'exactitude des cliillVes qui indiquent le nombre total et absolu des globules contenus dans l millimètre cube de sang, il n'en faut pas moins attacher une importance réelle ;iux ^ observations faites dans le but de mesurer la diminution graduelle et progressive du nombre •les globules dans certaines maladies cachectiques. Nous renverrons aux travaux de M'. Malassez pour l'mdication des résultats obtenus par lui dans un assez grand nombre de cas. Rappelons ici seulement que les fièvres pernicieuses paraissent être, d'après Kelsch, les maladies qui déterminent l'oligocythémie la plus rapide. La diminution dans le nombre des globules rouges peut être de KOO mille a un million dans les 24 heures. En même temps le nombre des globules blancs augmente de telle façon que leur rapport peut augmenter de ^ à ^. Dans les fièvres mtennittentes simples, il y a d'abord cieglobulKation excessivement rapide, puis, au fur et a mesure que l'anémie survient, pertes de moins '
en moins abondantes; enfin, dans une troisième période, il Y a perte moins sensible encore, con;pensée par des intervalles d^apyrexie avec régénération des hématies. Dans les lièvres permoeases, au contraire, la perte des globules persiste même durant la période apyrctique.