‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 30 sur 133 · ITS DKS PI.AIRS · texte numérisé non relu

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d'une plaie en suppuralion, de la surface- d'une amputation, par exemple; puis nous passerons en revue les caractères à signaler dans le pus dos divers phlegmons, selon leur nature, et selon les tissus oii ils prennent naissance; enfin^. nous indiquerons les rapports du pus proprement dit avec le mucus purulent ou le muco-pus des surfaces épiiliéliales, c'est-à-dire avec le pus qui se forme à la surface de la peau (épiderme), ou des muqueuses .épilhélium).

Pus DES PLAIES. — Le pus des plaies^ lorsqu'il présente les caractères typiques qui le font dire pus de bonne nature (pus typique, pus normal, si l'on peut ainsi s'exprimer),, est un liquide de consistance crémeuse, d'un blanc jaunâtre ou verdâtre, d'une odeur fade, d'une saveur douceâtre, plus rarement un peu saline ; il est homogène et onctueux au toucher, mais sans viscosité (Robin). Il se compose de deux parties bien distinctes : d'un liquide et d'éléments hgurés.

Partie liquide dii, pus. Disons immédiatement que la partie liquide du pus ne présente que peu d'iulérèt au point de vue microscopique. De ce qu'un produit est fourni dans l'organisme et éliminé sous la forme liquide, il n'en résulte pas toujours cependant qu'il ne puisse donner lieu à des recherches microscopiques : nous avons vu, par exemple, que le liquor du sang contenait un principe normalement liquide, mais spontanément coagulable ( la iibrine), qui, sous sa forme figurée, et avec ses produits de désagrégation, nous a particulièrement arrêtés; nous verrons quelque chose de semblable pour les mucus (rûurosine): enfin, nous reconnaî-

i';iTi)K Mir.itfjsc.or'iguF. Di; prs.

trons que certains principes crislallisables, lenus en dissolution dans des liquides, peuvent se précipiter et cristalliser sous Tinfluence parfois du simple refroidissement, parfois de réactions plus ou moins spontanées (urine).

Nous insisterons, en parlant de l'urine sur ces phénomènes que nous avons déjà étudiés à propos du sang pathologique (acide urique). Rien de semblable ne se constate sur le pus des plaies : et c'est là ce qui permet de distinguer le pus proprement dit du muco-pus ou mucus purulent. — Le pus, en effet, ne renferme de sels minéraux que dans des proportions inférieures ou au plus égales à celles du sang. Il faut laisser dessécher le pus pour qu'il se forme de rares cristaux de phosphate ammoniacomagnésien ; le chlorure de sodium y est plus rare encore. Quant aux principes cristallisables d'origine organique, ils sont fort peu abondants dans le pus : c'e'st en vain qu'on y a recherché l'urée et l'acide urique : la cholestérine seule n'y est pas rare et l'on peut en observer les cristaux ; mais ceux-ci n'existent en abondance que dans certains pus particuliers, sur lesquels nous reviendrons plus tard (abcès du bassin, de l'ovaire, des testicules . Entin. l'acide pi/iqtie (Delore) ou chlorodmiqve {Bœàeker\ peut donner lieu à des aiguilles cristallines microscopiques, caractérisées par ce fait que le chlore les colore en rose, et se distinguant ainsi des cristaux de stéarine et de margarine. D'autre part, le pus ne contient pas de principe albuminoïde spontanément coaguldble, si ce n'est dans des circonstances que nous aurons soin de préciser. La jj^rw^, substance albumineuse particulière découverle dans le

LEUCOCYTES.

pus par Gueterbock, se rapproche davantage de la caséine que delà fibrine. Enfin, la matière colorante du pus, la pijocyanine, qui a tous les caractères de la matière colorante de la bile, et qui parfois est assez abondante pour colorer fortement le pus en bleu {suppuration bleue), ne se présente d'ordinaire ni à rétat cristallin, ni sous la forme de granulations irrégulières : elle est à l'état de dissolution, et imbibe particulièrement les éléments figurés que nous allons étudier (globules de pus), de façon à leur donner une couleur bleue très-visible au microscope '.

Éléments figurés du pus. Les éléments figurés du pus sont : les globules de pus ou leucocytes avec leur., variétés et leurs déformations plus ou moins rapides 'voy. fig. 14 1; des granulations graisseuses ou des gouttelettes huileuses ; des granulations

1. D'après mi travail rûi-eiit de M. Maiir. Longuel, il liiut (lisUn-j;ui'r plusieurs espèces de colorations bleues anormales : ^ lu Une coloration bleue spéciale du pus, qui est la vraie suppuralion bleue, c'est-à-dire la coloration primitive du pus par une inatiérc colorante venant de l'économie (sels biliaii-os ou liémati(|ues isolables par les réactions chimiques appropriées) ;

2° Une coloration bleue, qui est duo à la présence de champignons ■ elle apparaît quand les linges de pansement ne sont pas renouvelés fréquemment; elle a pour cause une simple production de moisissures, ou, d'après Billroth, de vibrions ayant l'apparence de petits cylindres à extrémités renflées, semblables, à des cristaux d'oxalatô de chauxlongs de 3 [X environ ;

3o Une coloration bleue particulière, qui n'est due ni à la production d organismes inférieurs microscopiques, ni à une modification du pus puisqu'on l'a vue se développer sur des parties de peau saine et exempte de solution de continuité, coloration dont la nature est encore inconnue, qui semble naître de préférence quand l'atmosphère humide et chaude contient de l'ozone. (Maur. Uonguet. De la colnralion bleue lies Inujes n païuement. An-hiv. gônér. de inédec. I87.i-7ri i

lOi Ki i;i)i; Mir.iidsc. :i>igrK ni' l'i s. moléculaires ^•risalres ; et enfin, comme éléments plus ou moins accidentels, des globules rouges du sans, des débris plus ou moins reconnaissables des tissus ennammés; enfin des vibrions ou lejotothrix.

Globules du pus : leucocytes. Les globules da pas sont des globales incolores, que toat le monde auioui-dluii reconnaît identiques aux globules blancs "du sang et aux globules lymphatiques : comme ceux-ci, ils peuvent présenter des détormations amiboïdes, mais cela est rare; le plus souvent, dans les abcès, ils se présentent sous la lorme de petites sphères de 8 à 11 millièmes de millimètre de diamètre. Ce sont des globules blancs moris, c^est-à-dire qu'on ne peat y faire apparaître des mouvements en les chauffant vers 30 degrés, et qu'au lieu de Taspect homogène que présentent les globules blancs du sang examinés à Tetal vivant, ils ont une réfringence moins marquée, des noyaux et des granulations apparentes'. Ils paraissent essentiellement composés d'une masse de protoplasma granuleux, sans membrane bien distincte en dehors de l'action des réactifs. Ils conservent cet aspect dans une solution très-légèrement sucrée ou salée (vov. Introduction), dans la sérosité, l albumine, le sang. Le contact de l'eau pure les gonfle et fait apparaître dans leur intérieur un ou plusieurs noyaux; l'adjonction d'acide acétique exagère cet aspect, et l'on voit alors en leur centre un gi-os noyau unique et plus souvent plusieurs petit> ZL sous forme de vésicules brillantes ^MorelK Parfois, malgré l'action de l'acide acétique, on ne

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