‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 31 sur 133 · Voy. I.. nnuvK.,-. IMoUnlie lcch,w,nc, tWicnlo. p · texte numérisé non relu

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GKANCLATIONS MOLÉCULAIRES.

voit pas apparaître de noyaux. On a donné à celle variété de tonne le nom de globules pyoïdes. On irouve encore à colè àe?, globules de -pus de petits globvlins, qui ressemblent à un noyau de leucocyte devenu libre, et, en eilet, Robin considère ces globules comme des noyaux libres, comme des éléments distincts, tandis que les partisans de la lliéorie cellulaire n'y voient que des résidus de globules de pus détruits, éclatés pour ainsi dire à la suite de la multiplication Irop active des noyaux à leur inlérieur; d'ordinaire ces noyaux sont entourés d'une mince couche de protaplasma.

Les globules du pus sont les éléments ligurés les plus importants de ce liquide : dans le pus de bonne nature, ils forment le quart environ de la masse, c'est-à-dire qu'il y a 2o0 grammes de leucocytes pour un litre de pus. Nous verrons que cette proportion peut présenter de grandes variations selon ia nature et l'origine du pus.

Les graiiulalions graisseuses et les gouUeleltes Jmileuses n'ont pas besoin d'une description spéciale. Parfois elles existent en grande abondance, présentant tout à fait les caractères des globules de lait (abcès mammaires chez les femmes en état de lactation).

Les granulations moléculaires grisâtres mériteraient peut-être davantage de fixer l'attention, car les recherches de Chauveau tendent à leur donner une importance toute particulière au point de vue de la virulence du pus ; mais malheureusement l'observation microscopique n'a encore rien révélé de particulier sur ces granulations moléculaires,

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qui, pur cela même qu'elles échappent à toute analyse exacte, ont toujours été et sont encore l'élément que Ton invoque de préférence dans les théories plus ou moins rationnelles sur les propriétés spécifiques des liquides de l'organisme. Ajoutons immédiatement, toutefois, que les expériences de Chauveau ont un caractère de précision qui leur donne une valeur incontestable.

Les globules rotiges ou hématies se trouvent accidentellement dans le pus, par suite de la rupture des capillaires pendant la destruction des éléments anatomiques qui accompagnent la suppuration. Dans ces conditions, à la surface des plaies, ou bien lorsque ces globules sanguins proviennent de petits vaisseaux ouverts pendant l'incision d'un abcès, ils se présentent à peu près avec leur forme et leur aspect normal (voy. fig. 9); nous verrons qu'il n en est plus ainsi lorsque le pus est ancien ou s'est formé dans certaines conditions spéciales.

Les débris provenant des tissus enflammés et mêlés au pus sont très-variables, selon le lieu de la suppuration. Nous ne parlerons, en ce moment, que de ceux que l'on rencontre à la surface des plaies, et surtout à la suite des amputations : ces éléments ont été étudiés avec soin par Zéis et par Ch. Robin: ce sont de petits filaments ou flocons d'un aspecV tout particulier, qui ont souvent intrigué les chirurgiens, et que plusieurs ont voulu considérer comme indiquant un bon pronostic, quoique leur présence soit reconnue aujourd'hui comme pariaitement insignifiante. Ces filaments ou flocons sont couleur d'ocro. couleur de rouille : ils sont essen-

PARASITAS.

lielleinent ionnés par des détritus d'éléments anatomiques : libres musculaires, libres élastiques, éléments du tissu adipeux: parfois tous ces éléments sont mélangés ensemble (Robin). Le tout forme une sorte de trame lâche remplie d'une matière amorphe, imprégnée d'une couleur rougeâtre ou jaune orangé pâle, qui n'est autre chose que de l'hématosine séparée des globules sanguins détruits pendant le travail d'élimination ou après de petites hémorrhagies des capillaires : parfois, si l'on conserve quelque temps ces lilaments, il s'y forme des cristaux de matière colorante du sang décomposé, des cristaux d'iiémaloïdine. (Vov. p. 78.)

Les vibrions, leptothrix, bactéries, que l'on rencontre dans le pus des plaies (voy., pour la description de ces êtres inférieurs, p. 68), ainsi que divers infusoires. ne peuvent être considérés comme des éléments normaux : ils sont le signe d'une décomposition, d'une fermentation commençante; mais on les trouve si souvent dans le pus en apparence le plus frais qu'il était bon de les signaler ici : ils se développent là comme dans toute infusion placée à une température convenable. Parfois on trouve sur le pus des plaies des algues inférieures trèsabondantes, qui donnent au pus une couleur particulière d'un bleu verdàtre. Ch. Robin a étudié ces causes de coloration du pus, qu'il ne faut pas confondre avec la suppuration bleue dont nous avons ixirlé précédemment : « Sur les pièces de pansements renouvelés à de longs intervalles, il y a parfois de grandes traînées ou de grandes taches d'un bleu verdâlrc, et lorsqu'on les examine, on les trouve composées par dés algues microscopiques,

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voisines des p-otococcus^ scoLion des iialraelUes . Ces algues unicellulaires présenleul des spores de O'""',00o à 0""",006 de large et quelques graiiula- Lious dans leur inlérieur; elles sont colorées en bleu vcrdàlre et faciles à reconnaître au microscope. On peut ainsi distinguer iacilcment celte variété de coloration des cas dans lesquels les pièces du pansement ou le pus sont colorés par une matière en dissolution qui n'a fait que les teindre. » (Ch. Robin.;

Modifications du pus. — Le pus, une fois formé, peut présenter diverses modiiications lorsqu'il reste longtemps enfermé dans une cavité close, ou bien encore lorsqu'on ne l'examine au micru.scope que 12 ou 24 heures après l'avoir recueilli.

Dans le pus conservé iii vitro, ce sont surtout les leucocytes qui s'altèrent. Parfois très-cuulant ;iu moment de l'ouverture de certains abcès (abcès ossifluants, Ch. Robin), le pus prend la consistance d'un crachat visqueux tenace, d'un mucus plus ou moins glutineux, quelques moments ou quelques heures après sa sortie. Geltv est dù à la coagulation d'une substance organique spontanément coagulable qui, sous le microscope, n'offre pas les caractères de la fibrine. Ces cas sont rares; le plus souvent le pus reste liquide ou môme, de très-épais qu'il était après sa formation, il devient peu à peu plus liquide : les globules de pus se déposent au fond de la masse, et l'on peut alors constater que les leucocytes, qui étaient d'abord uniformément granuleux, présentent deux ou trois noyaux et Taspecl qu'on leur donne instantanément par l'action de l'eau el surtout de l'acide acétique. (Voy. p. ".ÎT;. Il est de la plus haute inqjorlancc de savoir (juc les Inuco-

MODII'IC.ATIO.NS DU PUS.

I oytes peuvent aussi prendre cet aspect lorsqu'ils ' restent quelque temps dans le lieu même oii ils ont I été formés, dans la cavité d'un abcès par exemple, I de sorte que, lorsqu'on examine le pus de suite après l'ouverture de l'abcès, on se trouve déjà en présence de globules de pus altérés : c'est en négligeant de tenir compte de ces circonstances que quelques bistologistes se sont crus autorisés à établir des caractères distinctifs entre les globules du pus et les globules blancs du sang : « En effet, j lorsqu'on examine du sang obtenu par une piqûre, ses leucocytes n'offrent pas alors de noyaux, tandis que , dans le pus d'un abcès fluctuant depuis ! 24 heures au plus, les leucocytes ont toujours de ! un à trois noyaux. En même temps, il y a un plus grand nombre de granulations dans le corps de ces Ldobules. On considérait ce caractère comme dislinctif; aujourd'hui on sait que, lorsque du pus vient de se former immédiatement, ces éléments sont tout tout à fait semblables à ceux du sang. Un sait de plus que, lorsqu'ils sont frais, ils présentent des expansions sarcodiques, comme les leucocytes du sang (déformations amiboïdes), tandis que, dans le pus d'un abcès fluctuant depuis un ou plusieurs jours déjà, les leucocytes sont morts en quelque sorte et n'émettent plus ces expansions amibiformes. » (Ch. Robin.)

Lorsque les leucocytes séjournent longtemps dans les cavités de l'organisme ou au milieu des tissus dans lesquels ils se sont formés, ils subissent fréquemment la dégénérescence graisseuse, c'est-à-dire qu'ils cessent d'être soumis aux échanges nutritifs ; ils meurent, et leur graisse de composition, précé-

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