‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 45 sur 133 · iO · texte numérisé non relu

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l'IlY.SIÛLOGIK Dli I.A PEAU.

les régions où on la recueille. Ces bactéries, que Ton voit bien surtout quand' on les colore à l'aide de rbematoxyline, s'observent plus souvent à la base des poils ou dans leur épaisseur, mais on les rencontre dans la sueur en quelque région qu'elle ait été prise et aussi dans la sueur bleue ^(Ebertli;. Quelquefois, dans les cas de sudation exagérée, on voit s'ajouter à ces éléments des noyaux isolés provenant du contenu des canalicules sudoripares. Le produit des glandes axillaires, même quand on l'examine dans l'intérieur des canaux glandulaires, se compose d'une substance plus ou moins molle, grisâtre ou blanc jaunâtre qui, examinée au microscope, présente une quantité innombrable de granulations fines et pâles et quelquefois des noyaux isolés ou bien un nombre considérable de grosses granulations foncées incolores ou jaunâtres, des noyaux et un nombre variable de cellules semblables aux cellules épithéliales. (Kœlliker.)

Nous voyons donc en résumé que, dans les conditions physiologiques, les produits que l'on rencontre à la surface cutanée sont constitués par des débris épidermiques, imbibés parfois par la sueur, presque toujours mélangés à une petite quantité de matière sébacée. Dans les cas pathologiques, nous aurons à constater des dépôts formés par ces débris accumulés en proportions plus considérables ou mélangés à des produits anormalement déposés et retenus à la surface de la peau (Lymphe, sang, pus, corps étrangers, parasites).

On sait qu'à l'état physiologique la peau élimmo une petite quantité d'urée : dès lors il est admissible à imori que celte élimination puisse aug-

PATHOLOGIE DE I.A PEAU. iU

menter dans les élats patholog'iques où raction des reins diminue. C'est précisément ce qui a été observé récemment sur un sujet qui, . dans le cours d'une maladie de Bright, l'ut pris d'accidents urémiques : la peau de la figure et des mains semblait saupoudrée de fleur de farine. Examinée au microscope, cette matière se montrait composée de petits amas blancs irréguliers, avec aiguilles et prismes cristallins; mais, par l'addition d'acide azotique, on obtint les cristaux plats, hexagonaux, caractéristiques du nitrate d'urée'. (Fred. Taylor.)

III. — PATHOLOGIE Accumulation des produits de desquamation épidermique

L'épiderme, se reproduisant incessament, poui'ra, dans certaines conditions pathologiques, former à la surface de la peau une couche de forme, d'épaisseur et même de coloration variables. Tantôt, la sécrétion sébacée étant insuffisante, l'épiderme desséché s'éliminera sous forme de pellicules sem-

' blables à du son [pityriasis); tantôt, au contraire, par suite d'une congestion des papilles épidermi-

■ ques, une sécrétion exagérée d'épiderme déterminera à la surface de la peau des amas d'écaillés blanches

' intimement adhérentes [j)Soriasis, ichlhyosé): d'autres fois, enfin, de larges membranes minces, molles,

1. Voy, plus loin ((-liap. Urine) la ilcscriplioii et la figuro des fris- I taux lie nilrale d'in-ée.

plus ou moins friables, s'élimineront après une maladie cutanée plus ou moins grave. Dans tous ces cas, le microscope n'indiquera point, si on se iorne à examiner le produit desquamé, quel peut être le processus anatomique qui lui a donné naissance. L'examen microscopique n'aura pour but que de distinguer ces produits épidermiques des accumulations de sébum desséché formant des croûtes ou donnant naissance à des produits pulvérents analogues.

Accumulation de matière sébacée. — Séborrhée

L'enduit sébacé qui se forme incessamment à la surface du nez, des joues, des oreilles, du front, donne à ces surfaces un aspect huileux et favorise ainsi l'adhérence de particules solides venues du dehors. Lorsque cette matière sébacée s'accumule en quantités plus considérables, le produit de sécrétion peut s'épancher à la surface de la peau [acné jluente), ou se concréter en formant de véritables croûtes (acné concrète). Celles-ci constituent un dépôt analogue à celui du smegma cutané ; le micoscope y démontre les mêmes éléments. Parfois l'accumulation de matière sébacée se fait sous forme d'écaillés (séborrhée squameuse) présentant une grande analogie avec les écailles épidermiques. Enfin, nous l'avons déjà dit, l'une des formes du pitijriasis est caractérisée par la formation incessante de pellicules blanchâtres sous forme d'écaillés, s'accumulant à la surface du cuir chevelu, tombant sur les vêtements sous forme d'une poudre farineuse. Le

SÉliOHHHÉE.

microscope pemelLra de dislingacr ces amas de sébum des parcelles épidermiques furfuracées auxquelles donne naissance la chute de Tépiderme qui se produit toutes les lois que la sécrétion de la matière sébacée est diminuée.

A côté de Vacné Jlnenle, quelquefois assez grave lorsqu'elle siège au cuir chevelu, quelques dermatologisles ont rangé la pUque 'polonaise. L'hypersécrétion d'une matière huileuse, agglutinant les cheveux, formant une masse croùteuse, parfois de dimensions considérables, ne déterminant que consécutivement l'altération du poil qui se fissure, perd son épiderme et se divise en un grand nombre de filaments recouverts de matière sébacée, semble donner raison à ceux qui adoptent cette opinion. Le mycoderme qui, d'après quelques observateurs (Zorn : Zeitsch. fur Parasiten Kunde, II, 79), donnerait naissance à cette maladie, n'est pas constant et ne serait, d'après Robin, que consécutif à la fermentation qui survient au milieu de cette masse azotée. Les croûtes laiteuses des enfants, les productions cornées, l'acné soyeuse (Bazin), sont aussi le résultat de l'accumulation du sébum.

Plus souvent la matière sébacée s'accumule à l'intérieur des follicules qui lui donnent naissance ; une simple pression suffira souvent pour la faire sortir sous forme d'un petit cylindre vermiforme (comédon), de consistance et d'aspect suifeux, noirâtre à son extrémité. Dans Vacné jj'^'n-ctata, Vacné miliaris, les loupes, on trouve ces amas de sébum mêlés à des cellules épithéliales très-aplaties, déchiquetées, granuleuses, à des cristaux de cholestérine ut d'acide gras, souvent avec des poils finement

l'ATUOLOGlli b\i LA PEAU.

enroulés sur cux-môines, enlin, même à l'élal physioloi,àque, avec un parasite que nous décrirons bienlôlsous le nom d'acarus fulliculoruin (voy. p. 17S). hes comcdo?is ïoni'erment plus de matière sébacée que les grains de mil, au milieu desquels on ne trouve guère que des cellules épitliéliales plissées dissociées, mêlées à des granulations azotées ou calcaires (lig. 36).

Quant aux loupes, suivant que leur contenu est fluide ou solide, il est dit mélicérique ou stéatomateux. Le contenu mélicérique renferme plus de graisse libre et moins de cellules épidermiques ; la graisse y subit les transformations qui donnent naissance à des cristaux d'acide stéarique, de margarine , de cliolestérine (fig. 37). A côté de ces tumeurs, il faut ranger certains kystes dermoides dont le con-

r'ig. 3G. — Premier Jcgro de riij pcrtrophie d'une glande sébucée (cojnédon). — fl, n, Poil el et bulbe pileux; h.

cellules liypei'lrojjbiéL'S de la glande sébacL^e ; c, canal commun au follicule pileux et à la glande sébacée, distendu par l'épithclium qui fait saillie en d; i, poil qui traverse cet amas d'épitliélium ; f, demodcx folliculorum.

(Fol! in.)

tenu est analogue à celui des

loupes. Ils siègent dans des régions dépourvues de gUmdes sébacées. Quelques-uns renferment des touffes de poils ou des masses de cheveux; d'autres peuvent contenir divers tissus et même deâ dents.

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