TUMEURS
mérées ou iniillrées dans leurs mailles. Celte sLruclure, dite ahvéolaire^ que Ton a considérée comme absolument caractéristique du carcinome, existe aussi pour lo sarcome alvéolaire, de sorte que la détermination anatomique du carcinome est plus difficile encore que sa spécification clinique. Nous n'engageons pas dès lors le clinicien à chercher, par un examen histologique du slroma alvéolaire, les caractères qui pourraient servir à différencier un
cancer de la mamelle d'un adénâme, c'est-à-dire d'une de ces formes de transition qui n'est ni un carcinome, ni une hypertrophie glandulaire simple. Bien que l'élude microscopique et la disposition des culsde-sac glandulaires, tout à fait semblables à ceux de la glande atteinte, l'examen des tissus interacineux, enfin la délimitation des acini puissent faire diagnostiquer un adénome, rien n'est plus complexe et plus difficile qu'une semblable étude.
Parmi les tumeurs à suc lactescent, il en est qui ne fournissent ce suc, improprement appelé stic can-
Fig. 48. — Cellules rondes et fusiformes provenant d'un sarcûmo niyôloïde (d'après Orclonez).
Fig. 49. — Cellules à prolongements menls ramifiés et anastomosés provenant d'un sarcûme. (Cornil et Ranvier.)
l'HODlMTS SOUS-KPIDEHMIUUICS.
céreux, que 24 heures après leur ablation. Ce sont, en général, des sarcomes ou des épitheliomes. Les cellules du sarcome revêtent les formes les plus variées. Elles sont spliériques ou irrégulières, à prolongemenls multiples, anastomosés les uns avec les autres, ou fusiformes. Elles renferment plusieurs noyaux ovoïdes (fig. 48 et 49). Ces cellules ont une forme et des dimensions si variables qu'on ne peut, parle raclage, faire le diagnostic de la tumeur. C'est l'arrangement des éléments qui seul peut fournir quelques données précises.
Les tumeurs charnues ou sarcomateuses devront donc être étudiées après durcissement, qu'elles fournissent ou non un suc lactescent analogue à celui du carcinome mou. Il en sera de même, à plus forte raison, des autres espèces de tumeurs. D'ailleurs, le diagnostic anatomique, toujours difficile, est souvent impossible, même lorsqu'il est fait par un hislologique exercé. Cornil et Ranvier n'ont-ils pas prouvé que certains sarcomes ont la structure des tissus inflammatoires, et Chauveaun'a-t-il pas obtenu, par des irritations simples, des tissus myxomateux et lymphoïdes? Nous n'insisterons donc pas davantage.
L'inflammation du derme et du tissu cellulaire sous-cutané donne naissance à des abcès dont le contenu a été étudié (p. 101). Dans les phlegmons diffus, aux éléments qui caractérisent le pus, viennent souvent s'ajouter les produits de la mortification du tissu cellulaire. Si l'on examine ces masses, qui ressemblent assez bien à des écheveaux de fil, on y constate un amas de fibres conneclives enchevêtrées.
LYMPHORRHÉE.
L'inflainmalion des follicules pileux et des glandes sébacées donne naissance au furoncle. Le bourbillon, qui s'élimine au bout de quelques jours, est composé d'une masse considérable de leucocytes mêlés à de grosses cellules épitliéliales déformées, remplies de graisse, et à des fibres élastiques : ces éléments sont agglutinés par un tissu feutré composé d'une masse amorphe, de fibres connectives et de fibrine à 'état fibrillaire. (Voy. Pus, p. llo.)
Parmi les lésions cutanées, il en est qui intéressent les réseaux lymphatiques sous-épidermiques et donnent ainsi lieu à une lymi)horrhée ; d'autres fois la lymphe, accumulée dans des réseaux variqueux ou sécrétée en proportions anormales, s'écoulera à la surface de la peau et pourra être recueillie. Plusieurs observateurs ont pu, dans tous ces cas, extraire une quantité de lymphe assez considérable pour pouvoir l'analyser par les procédés chimiques. Examinée au microscope, la lymphe extraite des vaisseaux sous-cutanés, ou obtenue en délayant dans l'eau les croûtes lymphorrhagiques, présente un assez grand nombre de leucocytes. « Dans la lymphe encore fraîche, ils sont comme resserrés, à contour net, à surface brillante comme celle d'un petit globule d'argent mat ; leur diamètre ne dépasse guère 7 |j. à 8 [j.. A côté de ceux-là, qui sont en général les plus nombreux, il y en a d'autres qui n'ont que 4 jji à 5[j. (globîilins). Ils ne diffèrent des précédents que par ce fait que, sous l'influence de l'eau et de l'acide acétique, il s'y forme un ou plusieurs noyaux plus gros, relativement à la masse du globule, que ceux des grands leucocytes. » (Robin.) Lorsque le liquide extrait des vaisseaux lymphatiques arrive au contact
l'lî(JI)IIITS iSOl'S-KI'llJKK.Mlgl'I'S.
de l'ail', la plusmine se dédouble et la l'onnalion de fibrine donne naissance à la croûU; lyniphorrhagique. En môme temps, les leucocytes se gonflent, deviennent plus transparents, laissent apercevoir leurs granules intérieurs. Pendant et après la coagulation, ils se déforment par production incessante
d'expansions sarcodiques ou amibitbrmes très- étendues dont ils se hérissent. » (Robin.) Outre ces éléments, la - lymphe renferme toujours -, M quelques globules de sang et quelques granulations graisseuses.
Les altérations de la lymphe sont peu connues et ont surtout été étudiées dans les lymphatiques viscéraux alors que, sous l'influence d'une inflammation ou d'une dégénérescence des organes qui leur donnent naissance, les vaisseaux lymphatiques sont remplis de leucocytes ou de cellules épithéliales prismatiques.
En énumérant les parasites cutanés (p. 164), nous avons déjà cité le lei^tomitus epidermidis, décrit par Gubler. Un autre parasite a été signalé dans le tissu cellulaire de diverses parties du corps : c'est la filaire deMédine, ondragoiineau. La femelle de ce ver nématoïde est « longue de 50 centimètres à 4 mètres, large de 1 millimètre à l'"'",in, filiforme, un peu amincie en arrière, blanche avec deux lignes longi-
Fig. SO. — Muscle avec trichines enkystées (aspect à l'œil nu). (D'après Owen.)