MUCUS PATHOLOGIQUE
les cellules présente un uspecL plus épais, plus cohérent; elle est précipitée par l'acide acétique; on y retrouve tous les caractères de la Dmcine. C'est alors ce qu'on appelle V infiltration muquetise.
Cette matière analogue, sinon identique à la mucosiue. peut enfin se présenter sous une forme qui lui a valu le nom de subtance colloïde, plutôt par son aspect général que par des réactions microchimiques bien caractérisées; cette matière transparente gélatiniforme et tremblotante, ne précipite pas par l'acide acétique; elle se rapproche sous ce rapport de la fibrine. Elle est incluse dans des cellules épithéliales qu'elle gonfle, déforme, et rend irrégulièrement vésiculeuses : tels sont les corps nommés fhysalides par Virchow cellules physaliphores); mais elle peut encore se répandre d'une manière diffuse dans toute la masse de l'épi thélium et des produits épithéliaux : tel est le cas des inflammations diphthériticpoes ; alors les cellules épithéliales elles-mêmes sont délormées, elles ont pris un aspect a vitreux, transparent ; elles montrent des prolongements qui se colorent très-facilement dans le picro-carminale d'ammoniaque, et se gonflent très-légèrement dans l'acide acétique. » (Ranvier.) Quand cette substance colloïde forme de petites masse amorphes indépendantes des cellules, ou ne renfermant que des débris cellulaires méconnaissables, elle peut être prise facilement pour de la fibrine concrète : tels sont les cylindres, dits fibrineux, qui proviennent de la surface épithéliale des tubes urinifères, et que nous étudierons comme un des éléments les plus caractéristiques de certaines urines pathologiques.
-208 1»' MITAIS f.ONSlDl'-.RK F,N OfiNKUM..
La dégénérescence amyloUe constitue aussi un processus pathologique général qui peut atteindre presque tous les éléments anatomiqucs; mais, localisée de préférence dans les éléments musculaires de la vie organique, et surtout dans les libres cellules des petits vaisseaux, cette dégénérescence est trop rarement spéciale aux produits épidermiques pour que nous y insistions ici. ^ous en parlerons à propos des granulations à couches concentriques de la prostate et des vésicules séminales, granulations qui peuvent se retrouver dans les Ucruides excrétés. Il suffira d'indiquer pour le moment que la substance amyloïde est caractérisée par la propriété de se colorer en rouge acajou par l'action de reau iodée. .
C'est par ces diverses dégénérescences a 1 état simple ou diversement combinées, que les surfaces muqueuses donnent naissance, avec adjonction de produits transsudés des vaisseaux, aux diverses formes à^exsuclats pathologiques. La constitution de ces exsudats, et surtout leur mode de production, ne sont point encore choses parfaitement établies, e leur classification même se ressent du desaccord oui règne encore sur ce point entre les anatomopathologistes; mais, en dehors des questions théoriques,'les notions pratiques que nous venons d. résumer permettront toujours de caractériser nettement ces produits, en les classant par exemple avec
'^S^^SIL. qui, en général, ne com.^ que de l'albumine, c'est-à-dire qui ne se coagule ni spontanément, ni par l'action de l'acide acetique ;
MUCUS PATIIOLOGIQUIÎ. 5209
Exsudât muqueux, caractérisé par Taclion de l'acide acétique sur la rauoosine ;
Exsudât fibrineux et exsîtdat hémorrhagique, que l'élude des éléments du sang caractérise suffisamment;
Exsudai cronpal et exsudât diphthéritique. Ici les termes ont déjà une valeur moins rigoureuse ; mais en général on doit entendre par exsudât croupal un exsudât composé d'un mélange de fibrine et de mucine concrètes englobant des éléments cellulaires dégénérés, et par exsudât diphtéritique, celui qui est formé de cellules dégénérées, larges, à bords déchiquetés, facilement colorées par le picrocarminate d'ammoniaque. (Wagner, Ranvier. — Voy. plus haut, p. 185.) Il ne faut pas confondre ces exsudais jjseudo-memhraneux diphthéritiques avec les produits de ce que les Allemands appellent l'inflammation diphthéritique ; ces derniers produits sont ceux d'une gangrène moléculaire successive (Ran-' vier), comme on le constate dans l'ulcération des chancres phagédéniques. Cette forme de gangrène paraît être le résultat d'une infiltration des tissus par de la fibrine qui comprime les vaisseaux et arrête la nutrition; il s'élimine alors, sous forme de membranes, des couches entières de ces tissus mortifiés, qui, vu la présence de la fibrine, rappellent l'aspect et les réactions des véritables fausses membranes dites d'exsudats. Du reste, l'anatomie pathologique de tout ce cpi porte le nom de diphthérite est encore fort controversée, et la valeur même, de mot prête à la confusion, les Allemands en faisant un terme d'anatomie pathologique, et les Français un terme de pathologie générale.
MlIQni'.IISP. BI'CCMJv
II. - MUQUEUSE DIGESTIVE Muqueuse de la partie sus-dlaphragmatlque du tube digestif
ANATOMIE
Nous n'avons pas à décrire ici Jes tissus qui forment la première partie du tube digestif; la structure même de ces parties ne doit nous arrêter quo quant aux éléments de leurs surfaces, c'est-à-dire ù leur membrane de recouvrement, à leur muqueuse, avec les glandes qui en dépendent. Ces parties sont, on effet, les seules qui puissent donner lieu piiysiologiquement à des produits libres se prêtant à un examen microscopique immédiat.
Indiquons cependant, qu'au niveau do la languo, le chorion de la muqueuse est si intimement uni aux muscles, qu'un grand nombre de fibres musculaires se prolongent jusque dans 'son épaisseur, et que, par suile, il no sera pas rare de voir une ulcération ou une crevasse de la langue arriver jusqu'aux éléments musculaires, et permettre par exemple d'obtenir des débris de fibres striées.
La muqueuse de la louche, de la langue, de Visthne du gosier, du 'pharynx et de Vœsophage, jusqu'au niveau du cardia, est recouverte d'un épithélium pavimenteux stratifié (fig. o2), d'une épaisseur moyenne de 220 à ioO a, Les cellules qui composent cet épithélium sont analogues à celles de l'épiderme et disposées en couches semblables; ainsi nous trouvons d'abord une couche de cellules cylindriques placées perpendiculairement à la surface du chorion, puis plusieurs couches de cellules à dimensions à peu près égales dans tous les sens; ces diverses couches, dont la disposition rappelle celle des couches correspondantes de l'épiderme, sont aussi composées de cellules identiques à ce que nous avons appelé la couche de jUalpighi de la peau. L'épithélium de la muqueuse no dilVère de l'épiderme de la poa>i que par la nature
ANÂTOMIE.
des l'elliilos tiui fonnonl les couches superliciellos ; tandis quo nous avons trouvé, dans l'épiderme', ces cellules superficielles dures, desséchées, réduites à des lamelles de substance cornée, sans noyaux (couche cornée, furfur épidermique), dans les couches correspondantes de l'épithélium, nous trouvons des
vaisseaux multiples et d'un épithélium, gross, 2o0. (Kœllilior.)
cellules aplaties, il est vrai, et sous forme de lamelles (lamelles épithéliales), mais se composant encore très-manifestement d'une enveloppe distincte et d'un contenu transparent, souvent chargé do granulations graisseuses. De plus, ces cellules conservent toujours leur noyau ; il est vrai que ce noyau est en voie d'atrophie : il est petit, aplati, sans cavité distincte ni nucléole. Ces cellules distinctes ou collées en lamelles épithéliales se desquament incessamment comme la couche superficielle de l'épiderme, et forment, pour ces régions, l'élément liguré caractéristique du mucus (fig. 53). Pour étudier ces
MligUKUSK HlICC.ALI':
collulos, il suffit de racler avec un couteau mousse ou avec l'oiisle la surface interne de la joue : les particules recueillies sont dissociées dans un pou de salive : la préparation examinoo au microscope montre des plaques épilh6liales telles que nous venons de les décrire et des cellules fusiformes alloii-
Pig, 33, Cellules épilhéliales de la cavité buccale de l'homme, gross. 350. (Ivœlliker.)
gées ; mais en faisant glisser la amelle qui couvre la préparation,' il est facile de déplacer ces derniers éléments, de les faire changer d'aspect et de se convaincre ainsi que ce sont là encore des plaques épitliéliales qui se présentaient de profil.
L'épithéliumde la muqueuse bucco-pharyngienne se modifie en certains points pour revêtir soit des papilles, soit des dépressions glandulaires.
Papilles. — Les papilles se trouvent presque uniquement sur la face dorsale de la langue, ou du moins celles de la lan'^ue sont les seules qui méritent de nous arrêter par les parUcularités de leur épithélium; et même, parmi les trois
ANATOMIE
formes que présenlonl les papilles linguales, papilles caliciformes, fongiformes et filiformes; ces deniièrcs seules cloi-
Fifî- — Deux papilles filiformes de l'hommo, dont une avec son épilhélium, gross. 3o d. (d'après Ïodd-Uowmann). — p, papille; a, V, vaisseaux artériels et veineux; e, revôtement épitliélial ; /■, fdaments épltliéliaux .
\ent fixer notre attention (fig. 5i). La couche superficielle
214 MIIQIIIÎIISK HUCCALl'.
dos cellules (■pitliéliîiles les recouvre |)reii(l un iléveli)])]!!'uwnl el. une disposilion piirliculiérus, en niènie temps (|ue l.'i structuro môme do ('('s eellidns n'est ]jas identique à celle des cellules muqueuses des surfaces voisines: • Ces cellules épitiiélialcs, on couciios épaisses, so divisent, à leur extrémité, on un certain nombre de filaments longs et fins de 22 à 45 i-i-, terminés on pointe et subdivisés à leur tour. Ces filaments, ipii peuvent atteindre jusqu'à 1""", 4, ot 'l""",ij d(,' longueur, donnent à l'onsomble do la papille l'aspect d'un pinceau trèslin. Les oouclics les plus superficielles de cet épitliélium, par leur grande résistance aux alcalis et aux acides, so rapprochent beaucoup des lamelles épidermiques et ne consistent, leurs filaments surtout, qu'en petites écailles cornées munies çà et là do prolongements spéciaux ; elles présentent souvent une portion centrale plus dense, et une portion corticale composée do lamelles imbriquées comme les tuiles d'un toit, si bien que l'ensemble représente assez bien un poil. > (Kœlliker.) Ces sortes de végétations en forme de poil se font très-vite ot peuvent aussi tomber très-vite pour se renouveler dans un temps plus ou moins éloigné ; or, comme les papilles filiformes sont les plus nombreuses sur toute la surface de la langue, il en résulte que leur état de développement modifie singulièrement l'aspect de cet organe: tantôt, ces papilles étant très-développées, la langue est couverte conime d'une végétation velue, et il semble que l'on pourrait on tondre ou en faucher la surface; c'est la langue hirsuta ou villeuse, qu'il n'est pas i-aro do rencontrer, dans certaines maladies ; tantôt, au contraire, les papilles filiformes sont atrophiées, et la langue parait lisse, unie, rouge, et comme enflammée. Ces variations se constatent non-seulement d'un individu à l'autre, mais aussi sur un môme individu, du jour au lendemain, et mémo sans que ces variations correspondent toujours à un trouble pathologique.
Enfin l'aspect ramifié et velu des papilles filiformes peut être encore exagéré par la présence d'une végétation parasitaire dont nous parlerons avec plus de détail à propos des produits anormaux. Indiquons seulement que, dans ces cas, les fins prolongementsdu revêtement épithélial sont eux-mêmes revêtus d'une sorte de gaine granulée très-distincte, de sorte
ANATOMII':
qm lo [iroloiiyoïmnil su compose d'iiiio parlio cL'iitrnlo et d'uiio partie corticaic ; la partie centrale est iiiaiiifestemcnt composée de cellules épithélialos, comme lo démontre l'actioiule la potasse ou de la soude, quelque ratatinées et cornées que soient ces cellules ; la partie corticale granulée constitue la matrice d'un
même quelques fils. (Kœilikcr.)
cryptot^ame filiforme, (ju'on rencontre aussi souvent sur les dcnls, le leptothrix hiiccalis de Ch. Hobin (fig.
Il suffit du reste de racler follement la langue avec le dos d'un couteau pour obtenir de ces filaments végétaux, de ces algues, implantées dans des amas de gangue amorphe granulée, farinée, de restes alimentaiies et de débris de cellules épithéliales.
Les dents, vu leur mode de formation, vu leur sensibilité cxciuise, pourraient être aussi considérées comme des sortes de papilles. Leur structure compfuiuée ne permet pas que leur étude trouve place ici, mais comme parfois leur couche superficielle, la plus dure et la plus fragile ù la fois, peut se briser et donner lieu à de petits fragments sur la nature desquels le microscope aura à se prononcer, nous nous conten-
MUQUKliSK liCCCALE.
Ici'ons iliî fixci' en (|uel(|ucs mois In nature des éléments de l'émail. La cassure d'un fragment d'émail montre (fig. rj6) que ce revêtement extérieur de la couronne do la dent se eomposo de prismes ou fibres de l'émail, i)rismes à six pans, qui, lorsqu'on parvient à les isoler, se présentent, vu leur cassure irrégulière, sous la forme de petites aiguilles, dans lesquelles l'action de l'acide chlorhydrique fait apparaître des stries ti ansversales groupées de distance en distance, de sorte (juc l'on pourrait croire parfois avoir sous les yeux d'énormes (ibrilles musculaires (fig. S7) : ■ En prolongeant davantage l'action de l'acide chlorhydrique on voit les fibres iiàlir et les stries transversales s'ellacer-, il ne reste plus- alors qu'une charpente très-fine, dans laquelle on croit souvent reconnaître très -distinctement des tubes. • (Kœlliker.) Les glandes de la cavité buccale se divisent en glandes muqueuses, glandes salimires et glandes folliculeuses.
Les glandes muqueuses se composent de culs-de-sac plus ou moins ramifiés et pelotonnés, dans lesquels la couche épithéliale pénètre pour les revêtir en s'amincissant, de sorte qu'au niveau môme des culs-de-sac, le revêtement épithélial consiste en une seule couche de cellules, semblables à celles des couches profondes de l'épithélium buccal. Telles sont les glandes de la face interne des lèvres et des joues, de la voûte palatine, du voile du palais (surtout à la face antérieure), les glandes de la base, des bords et de la pointe de la langue. (Voy. Mucus en général.)
Les glandes saUvaires se composent de culs-de-sac renfermant un revêtement épithélial dont les cellules seraient pourvues de prolongements particuliers (Giuunuzzi^ comme le représentent les figures 08 et o9, cellules et prolongements sur la nature desquels on n'est pas encore fixé, et sur lesquels nous ne nous arrêterons pas, car on ne les rencontre jamais dans le produit de sécrétion de ces glandes. Les canaux excrc-
Fig. 56. — Surface do l'émail monti'ant les extrémités des libres do cette substance, gross. 250. (Kœlliker.)
ANATOMIE
tours sont i-ovlMus d'un épithélium cylindrique. c|ui; d'après Plliiger, se dislingue par cette particularité . (|ug la moitié externe des cellules au delà des noyaux est striée parallèlement à leur axe, et sous l'inlluenco de divers réactifs se divise en fines fibrilles qui, toujours d'après Pfluger, seraient
traitant celte substance par l'acide clilorliyilriquc faible, gross.