‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 90 sur 133 · MUQUEUSE URINAIRE · texte numérisé non relu

MUQUEUSE URINAIRE

des sujets alleinls de spormalorrhée. Cependanl le sperme pur ne donne point lieu k la formation de cristaux d'oxalate de chaux, de sorte qu'on ne peut encore s'expliquer, d'une manière satisfaisante, la formation de ce sel dans l'urine dans les cas de spermatorrhée.

Les cristaux d'oxalate de chaux seront aisément reconnus non-seulement en raison de leurs dimen-

Pi„, 91. — Cristaux d'urée.

sions exiguës, mais encore à cause de leur forme octaédrique. « Il n'y a guère que le chlorure de sodium et certains cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien neutre qui, par leur forme, se rapprochent des cristaux d'oxalate de chaux. Il sera facile de lever les doutes en opérant sous le microscope On fera tomber entre les deux lamelles de verre une goutte d'acide acétique, et l'on verra disparaître immédiatement les cristaux de sel marm et ceux de phosphate ammoniaco-magnésien, tandis

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que les cristaux oclaédriques d'oxalale de chaux resteront inaltérables. » (Robin.)

Gokling Bird a décrit sous le nom de cristaux en sablier des amas d'oxalale de chaux, présentant à peu près la forme de deux reins opposés par leur concavité ; ces cristaux sont le plus souvent mélangés à des octaèdres; il en est de même d'autres

Fig. 92. — Crislaiix de iiilralo d'urû-e (d'après L. Beale). Ceux qui sont représentés à la partie supérieure de la figure ont été obtenus par précipitation dans l'urine; les autres sont des cristaux de nitralo (l'urée pur, obtenus artificiellement.

formes cristallines observées par Davaine et plusieurs micrographes.

e. II est enfin assez fréquent de constater que, sous l'influence de conditions diverses (écarts de régime, manque ou excès d'exercice, sudations prolongées, etc.), les dépôts d'oxalale de chaux soient accompagnés d'une proportion à'urée assez considérable pour que l'addition d'acide nitrique détermine un précipité abondant qui pourrait être confondu avec un précipité d'albumine, si l'examen microscopique ne venait éclairer le diagnostic. Tandis que l'urée cristallise en prismes à base carrée, aisés cà reconnaître (fig. 91), le précipité de nitrate d'urée

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présente un grand nombre de belles lamelles rhomboïdales élincelantes. Il importe d'apprendre à distinguer ces cristaux (fig. 92), et Ton arrivera assez aisément à déterminer leur formation en ajoutant quelques gouttes d'acide azotique fort à de l'urine concentrée par évaporation.

Citons immédiatement aussi les cristaux de cystine qui s'observent parfois dans les sédiments uri-

pj„ 93, Cristaux de cysline.

naires, où cette substance se dépose en cristaux lamelleux hexagonaux, ayant la forme de rosettes superposées(fig. 93).

f Parmi les éléments qui existent dans 1 urine normale, et qui peuvent se trouver modifiés sans que l'urine puisse toujours être considérée comme pathologique, nous devons citer la malure colorante de l'urine ei un produit dont l'existence a souvent intrigué les pathologistes, la kyesteine.

il matière colorante novm^X^ de l'urine [nrochrome ou mieux woUline) existe d'ordinaire en fort petite

URINK NORMALE.

quantité ; cependant après l'usage des boissons excitantes, après une longue marche, et à la suite de tout mouvement fébrile, cette matière colorante, beaucoup plus abondante, s'oxyde au contact de l'air, devient plus rouge, et se dépose avec les sédiments composés d'acide urique, d'urate de soude,, d'urale d'ammoniaque.

g. Mais dans les mêmes conditions, et surtout dans certains états pathologiques (choléra, cancer du foie), l'urine renferme une matière colorante particulière, Vindicau. Sous l'influence de la putréfaction, l'indican produit, par décomposition, de nouvelles matières colorantes, et particulièrement Vindigo rouge ou indirubiue [indigotine] et Vindigo bleu; l'indigo rouge vient produire à la, surface de l'urine des pellicules irisées d'un violacé ou d'un rouge brillant d'un vif éclat : l'indigo bleu produit aussi à la suface des irisations rouges et bleues, mais, le plus souvent, il se dépose en masses floconneuses ou en magmas microscopiques bleus, passant, au bout de quelques jours, à une teinte plus foncée. On peut aussi l'observer sous forme de beaux cristaux prismatiques d'un bleu pur (Méhu). Cet indigo jouit des mêmes propriétés chimiques et physiques que l'indigo dont se servent les teintu^ riers.

h. L' urine des femmes enceintes se recouvre, plus souvent que l'urine d'autres sujets, d'une pellicule que Golding Bird a comparée à celle qui se forme par le refroidissement à la surface d'un bouillon léger. Cette pellicule, déjà observée par Nauche, avait été considérée comme formée par un principe mucilagineux spécial auquel il donmi le nom de

H-2i MUQUELISK IJltlNAIIii;.

hyestéine\ Hecueillie sur une lame de vcire el examinée au microscope, la kyesléine paraît formée de myriades de prismes de phosphate ammoniaco-magnésien entrelacés dans une masse granuleuse, parsemée çà et là de globules graisseux et contenant un très-grand nombre de microzymas à divers états de développement. Plus tard, elle se fragmente, tombe au fond du vase, et dès lors le dépôt présente encore le même aspect, si ce n'est que les cristaux de phosphate sont beaucoup plus nombreux [G. Bird';; enfin, traitée sous le microscope par l'acide acétique, la kyestéine change d'aspect; il ne reste plus qu'une masse pultacée que G. Bird considère comme de la matière animale, qui se rapproche de la caséine; Slarck donne à ce principe albuminoïde le nom de gravicline. Contrairement à l'opinion de ces auteurs, Hœffle et Veit regardent la kyestéine comme essentiellement formée de vibrions, souvent accompagnés d'algues, de conferves, de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. Lehmann pense que la pellicule n'est autre chose que le résultat de l'altération de l'urine, qu'elle n'est formée que d'algues, ou mycodermes, de conferves, mêlés de phosphate ammoniaco-magnésien.

En résumé, dit M. Béchamp, tous les auteurs admettent l'intervention de quelque matière organique animale que contiendrait l'urine. Kauche : la kyestéine, qui préexiste dans l'urine comme principe particulier, se séparant par le refroidissement et le repos sous la forme d'une couche crémeuse:

1. CuiisiiltKr, .1 10 i-ujct, le muinono du i)rûrv.-s>our BcLham;! : H(cltei-ches sur la nalurc de la kyesitiiic. — iloulyellicr mt'dkal. 1S70, !■. 2û:i.

UHINE l'AÏHULOGlgUE. 3^0

Bird : une matière caséeuse imparfaite, provenant du lait et passée par résorption dans le sang, et de là dans l'urine ; Starck : la gravidine ; Lehmann : le mucus et quelque matière protéique ; Robin : la mucosine altérée au contact de l'air. Cette matière albuminoïde serait, d'après M. Béchamp, la nép/irozymase qui servirait à nourrir les nombreux infusoires (vibrions, bactéries) seuls agents qui puissent donner naissance à la formation de la kyestéine.

Urine pathologique

En étudiant l'urine normale, nous venons de signaler la plupart des cristaux dont un examen microscopique peut déceler la présence. Le plus grand nombre de ceux-ci n'apparaît, il est vrai, bien nettement que dans l'urine pathologique; mais nous n'avons pas cru devoir scinder cette étude. Il est d'ailleurs tout à fait impossible d'établir une ligne de démarcation bien nette entre les modifications de l'urine qui tiennent à une exagération fonctionnelle et celles qui dépendent d'une altération pathologique. Nous nous bornerons donc, en nous occupant de l'urine pathologique, à indiquer quelle peut être Futilité du microscope dans l'étude des cakids urmaires, qui résultent de l'accumulation morbide de ces masses cristallines. Nous signalerons ensuite quels sont les produits de desquamation épithéliale qui, dans certains cas pathologiques, constituent des sédiments épithélimix : enfin nous résumerons les modifications que subit l'urine par l'addition de produits étrangers : sang, pus, parasites, etc., mêlés à ces épithéliums.

MICROSCOPE. 2» EDITIO.S-. IQ

MUQUEUSE UHINAIHE.

Examen microscopique des calculs urlnaires

Bien que l'analyse chimique parvienne à déterminer, avec exactitude et précision, la nature d'un calcul', il est souvent plus rapide, plus facile, et en même temps aussi exact, de se borner à un examen microscopique ou surtout micro-chimique. Kous indiquerons donc rapidement, d'après les recherches de Robin, quels sont les caractères micro-chimiques des divers calculs, renvoyant, pour plus de détails, au Traité des Jnmeurs (p. 897).

Étant donné un fragment de calcul retrouvé dans l'urine ou bien extrait à l'aide d'un appareil de lithotritie, on commencera, après l'avoir broyé, par le traiter, pendant 15 à 20 minutes, par de Yeav. bouiUanle: on filtre à chaud, et l'on examine les portions dissoutes. L'eau bouillante ne dissout que Vacide urique et les urates. Pour arriver rapidement au diagnostic, on prendra une goutte de la solution, on la laissera s'évaporer sur le porte-objet du microscope, et, au bout d'un instant, on apercevra soit des cristaux d'acide urique, soit les cristaux d'urates. Si l'on a sous les yeux de Yacide urique pur, une goutte d'acide chlorhydrique ou mieux une goutte d'acide acétique ne les fera pomt disparaître; au contraire, une goutte d'ammoniaque les dissoudra rapidement; par évaporation. il se formera un amas de poussière amorphe ou de cris-

1. Voy, Ollivier et Bergeron. art. CalcuU du Smiveau Dictionimyc rfe mc<i<'cine et de chirurgie prniiques, t. \I. 1^6-.

l'.VLCliLS IJRINAIRES. 327

taux presque sphériques ; en ajoutant ensuite une goutte d'acide acétique, on verra ces derniers cristaux disparaître, puis être successivement, remplacés par les cristaux primitifs d'acide urique : ceux-ci sont blancs ou jaunâtres, losangiques, à facettes f très-distinctes ou en forme de " prismes rhomboédriques (voy.

fig. 84 et 9i\ Une réaction .

chimique importante à noter O -^L.

et facile à reproduire instan- \y i tanément confirmera le dia- c^X^^"^^ gnostic posé, mais ne suffira ^'^^ point à distinguer, comme " t.K,;."- "S:^ S'f 1 analyse microscopique précédente, l'acide urique des urates. En prenant un fragment du calcul et en le soumettant à l'action de l'acide azotique qu'on évapore graduellement, puis en ajoutant une goutte d'ammoniaque avant que tout soit évaporé, on voit so produire une belle couleur écarlate (murexide\

L'urate d'ammoniaque, qui appai-aîtra dans le liquide refroidi sous forme de fiocons blanchâtres, se présentera tantôt sous l'aspect d'amas amorphes colorés en jaune paille, tantôt sous forme de longues aiguilles enchevêtrées, noirâtres, donnant à la cristallisation l'aspect du fruit de dalnra siramonium (voy. fig. 9b). Ces cristaux disparaîtront par l'acide acétique et seront remplacés par des cristaux d'acide urique; traités par l'ammoniaque, ces derniers reproduiront les formes primitives.

h'nroAe de chaux sera, le plus' souvent, amorphe et tombera vite au fond du vase. Si l'eau se refroidit

•j-iH MIJUUEUSK UltlNAlHi:.

Irès-lenlcinenl, ces cristaux seront en ibrrne de « prismes taillés en biseaux, demi-transparents, réunis ensemble de manière à former des groupes sphériques, d'où sortent les bouts des prismes ; ou bien ils sont en forme d'éventail ; ou encore ils figurent deux éventails attachés l'un à l'autre par leurs centres d'irradiation. » (Robin. i

Vuraie de soude qui, le plus souvent aussi, n'existe qu'à l'état de poussière amorphe, ou se dépose,

Fi". 9o.

Uralc d'anunonia(|UC ul iihoS]ilialc ammoniaco-maQnésien.

dans l'urine, sous forme de masses étoilées (voy. tig. 86) sera reconnu par le procédé suivant : « On prend quelques fragments du calcul et on les brûle sur une spatule de platine; il reste un résidu blanc qui fond à une chaleur élevée; on y ajoute une goutte d'eau qui dissout le résidu composé de carbonate de soude. Cette dissolution ramène au bleu le papier rouge de tournesol; on verse cette goutte sur un verre porte-objet, on y ajoute une goutte de chlorure de platine, puis on l'evapore avec beaucoup de précaution sur une lampe à alcool. Avant que le liquide soit entièrement évaporé, on le ramène sous le microscope, où Ton constate la

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