‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 92 sur 133 · MUQUEUSE URINAIRE · texte numérisé non relu

MUQUEUSE URINAIRE

inenl des gouUelelles assez pâles, à bords nets, n'ayant pas la réfringence des goutlelelles graisseuses; parfois, enlin, les cellules renferment des granulations d'hémalosine.

Dans les urines de la maladie de Briglit, on rencontre quelquefois des particules de parenchyme rénal sous forme de fragments de tubes urinifères: quelquefois même ces débris peuvent, sous Tinfluence de la teinture d'iode, donner la réaction qui caractérise la dégénérescence amyloïde ; mais , le plus souvent, on n'y trouve que des gaines épilhéliales plus ou Fis- 9fi. — Épiihéiium moins complètes formées par rtnai ei paînes des ^^^^ agglomération de cellules Gi-oss. polyédriques tres-reguheremenl

disposées les unes à côté des autres, renfermant ou non des granulations amorphes. Le noyau de ces cellules devient très-apparent lorsqu'.on iVaite la préparation par une goutte d'acide acétique. La présence de ces gaines épilhéliales [tuhuli) peut se constater non-seulement dans les cas de néphrite, mais encore dans tontes les pyrexies (surtout la scarlatine). Elles sont d'ailleurs assez peu fréquentes. Nous ne les avons retrouvées nous-même que dans l'urine de malades atteints d'érysipèle de la face et seulement d'une manière passagère.

Il sera, le plus souvent, assez aisé de distinguer les épithéliums qui proviennent des tubes du rein de ceux qui viennent de la vessie, ou des voies génitales de la femme jeucorrhée, voy. p. 370).

MUCUS ET EPlTHliLlUM.

Quanl, aux spermatozoïdes, que nous étudierons en nous occupant des produits des organes génitaux de rhomme (voy. p. 349), leur recherche dans l'urine est plus importante. Quelquefois mêlés à des flocons de mucus ou bien à ces filaments muqueux formés dans la portion membraneuse du canal de Turèthre, d'autres fois libres dans l'urine et pouvant former au fond du vase un dépôt assez épais, les spermatozoïdes se retrouvent, assez souvent, dans l'urine de personnes en parfaite santé. Leur présence n'est donc, en aucun cas, l'indice d'un état pathologique, à moins qu'on ne les trouve en grande abondance, ou bien que leur présence ait été constatée pendant plusieurs jours consécutifs. Il est non moins important de rechercher et de trouver dans l'urine une grande quantité de noyaux sphériques mesurant environ 5 fx, pâles, légèrement granuleux, sans nucléoles. Mêlés souvent à des cristaux d'oxalate de chaux, ces noyaux sphériques, déjà signalés par Ch. Robin dans le sperme des cryptorchides, se rencontrent assez fréquemment dans les cas de spermatorrhée déjà ancienne traitée par des cautérisations successives. L'abondance de ces noyaux est telle, dans certains cas de ce genre, que l'attention se trouve distraite et que c'est à peine si l'on reconnaît, de temps en temps, quelques spermatozoïdes. Ils existent cependant; mais souvent, au lieu de présenter l'apparence normale que nous décrirons dans un prochain chapitre, ils semblent plus petits, et leur queue est souvent brisée ou enroulée autour de la tête. Il ne faut pas confondre ces noyaux sphériques avec les granulations d'aspect graisseux, à centre brillant et à contour foncé qui proviennent

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de répilhélium des glandes prostatiques et donnent au liquide de la prostate un aspect blanc crénaeux.

Cylindres urlnifères

Ceux-ci se présentent, à l'examen microscopique, sous deux aspects bien différents. Les premiers, gro^ nule%ix, très-visibles, renferment ou non des cellules épithéliales, des globules de sang ou de pus, etc. ; les autres, transparents, hyalins, presque incolores, sont très-difficiles à apercevoir dans l'urine non colorée. Pour étudier la composition de ces produits, il importe de laisser reposer l'urine dans un verre à pied assez étroit, puis de décanter avec précaution ou d'aspirer lentement à l'aide d'une seringue la portion qui surnage; si l'on est pressé, il sera préférable de filtrer l'urine sur un linge de fine batiste; le dépôt qui restera sur le filtre renfermera le plus grand nombre des cylindres contenus dans l'urine. Ce dépôt, qu'il soit recueilli au fond d'un vase conique ou obtenu en raclant l'étoffe qui a servi de filtre, devra être coloré à l'aide d'une solution d'iode dans l'iodure de potassium (Neubauer et Vogel), ou mieux encore avec une goutte de fuchsine (voy. Introd., p. 23). Les cylindres hyalins apparaîtront dès lors et seront aisés à distinguer en raison de leur coloration. Pour être sûr de les trouver, lorsqu'ils existent, il sera bon de n'observer qu'une très-petite goutte de liquide. Dès l'instant que la préparation n'est pas tout entière comprise sous le couvre-objet, les cylindres hyalins peuvent passer

CYLINDRES URINIFÈRES.

inaperçus. EnOn il sera toujours utile d'examiner d'abord la préparation avec un faible grossissement, sauf à étudier ensuite, à Taide d'un grossissement plus considérable, les éléments dont un premier examen aura fait reconnaître la présence.

Les cylindres gramdetix (fîg. 97) sont « cylindriques, quelquefois resserrés en certains points larges de 20 à 30 [j., rarement 40 [j.. Leurs extrémités sont ordinairement irrégulières, déchirées ; plus rarement Tune d'elles est arrondie, renflée ou non » (Robin). Ces cylindres peuvent entraîner quelques cellules épithéliales provenant de la paroi des tubes urinifères, rappelant par leur disposition

11 • ,•. .1 A Fiiî. 97. — Cylindres era-

celles qui constituent les gaines " , , , ?

^ ~ nuleux trouves dans

épithéliales : souvent ces cel- l'urine albuniineuse. Iules, pâles, granuleuses, infiltrées de graisse, sont disséminées au milieu de la masse granuleuse du cylindre. D'autres fois, ce sont des globules de graisse (maladie de Bright, empoisonnement par le phosphore, etc.), qui, sphériques, jaunâtres, réfractant fortement la lumière, remplissent les cylindres granuleux et leur donnent un aspect caractéristique. Beaucoup plus rarement les cylindres granuleux contiennent des cristaux d'urates, des globules sanguins ou des leucocytes.

Les cylindres hyalins (fîg. 98), dont l'abondance suffit parfois à caractériser la néphrite albumineuse, sont très-pâles, transparents, longs de 500 [l à 1 millimètre environ, larges de 10 à 50 [j.. Ils se ter-

MUQUEUSE URlNAlHli.

minent par une cassure Irès-nelle el présentent souvent à leur surface des pertes de substance ou des fêlures dirigées transversalement. Ces cylindres hyalins sont quelquefois granulo-graisseux; d'autres ibis ils entraînent quelques débris d'épithélium, des

cristaux d'urates, d'oxulates ou de phosphates, enfin quelques globules de sang ou de pus. D'après L. Beale, « la présence de cristaux d'acide urique et de globules Fig. 98. — Cylindres hyalins pro- sanguius pourra faire

venant d'une urine albuuii- ' , .

supposer que tres-probablement le cas sera aigu et de peu de durée. L'absence de ces dépôts et la présence d'un grand nombre de tubes granuleux et parfaitement transparents, mêlés à un grand nombre de cellules huileuses rendraient presque certaine l'hypothèse d'une affection chronique. » Suivant Cornil ', « les cylindres sont plus pâles, plus mous, plus faciles à attaquer par les réactifs dans les albuminuries passagères que dans les formes chroniques de la maladie de Bright. Ceux-ci sont plus denses, moins faciles à écraser ; ils fixent aussi bien mieux les matières colorantes, telles que la solution iodée et le carmin. Des cylindres très-réfringents, généralement larges, à bords ombrés, à reflets jaunâtres, ne s'observent guère que dans les formes les plus invétérées de la néphrite albumineuse. » Ajoutons que si l'abondance, la forme

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