OXIDE NOIR DE MERCURE
précipité du protonitrate de mercure par L'ammoniaque ^ vulgairement mercure soluble d'Ilahnemann ^ sous-protonitrate ammoniacal (1).
Une foule de procédés ont été proposés par les pharmaciens chimistes pour la préparation de ce composé. Nous dirons seulement un mot de ces procédés pour
revenir à ceux de MM. Guibourt et Bessenhirtz.
PROCÉDÉ DE M. BuCIIOLZ (2).
Ce chimiste propose de mêler à une livre de mercure doux deux livres de lessive caustique de potasse tenant en dissolution une livre d’alcali. On agite à froid pendant une demi-heure, on décante, on lave le précipité pour lui enlever tout le mnriate de potasse. On fait sécher, etc. , etc.
PROCÉDÉ DE M. M O s C A T I.
Ce professeur expose pendant une demi-heure, dans une fiole placée sur un feu doux , quatre onces de lessive
caustique des savonniers, avec une demi-once de mer-
(1) Nous avons rangé ce produit parmi les oxides ; nous ne pensons pas qu’il doive prendre place parmi les sels.
(2) Extrait de Vjlmiuaire de Berlin,
Dü PHARMACIEN.
cure doux. Il agite de temps en temps , puis il filtre au bout d’une demi -heure, lave le précipité, qu’il fait sécher convenablement.
PROCÉDÉ DE M. MorETTI.
Le procédé de ce savant consiste à préparer un protosulfate de mercure obtenu avec des proportions particulières d’acide sulfurique et de métal , et à décomposer ce sulfate par de la lessive caustique ou par de la potasse, enfin à le laver comme les précédons.
Tous ces procédés pouvant donner des composés difîerens de ceux obtenus par la décomposition du protonitrate par l’ammoniaque doivent être rejetés , nous avons voulu cependant en faire mention.
PROCÉDÉ DE M. GuIBOURT (l).
On prend 4 parties d’acide nitrique pur à 55° et 6 parties de mercure métal. On favorise la dissolution au moyen d’une chaleur modérée, ensuite on chauffe de manière à entretenir l’ébullition de la liqueur pendant une heure , ou jusqu’à ce que la dissolution ait acquis une couleur jaune , et qu’il se soit formé un dépôt , qui est du sous-protonitrate de mercure , qui pro-
(i) Ce procédé se rapproche beaucoup de celui de Schéele , modiflé par M. Bucholz, consigné dans le Bulletin de pharmacie^ tome 2, page 498; mais M. Guibourt a, dans son travail, donné les moyens d’éviter qu’une partie du protonitrate ne passât à l’état de pernitrate pendant la dissolution. Il a en outre indiqué de ne pas ajouter un excès d’ammoniaque ; précaution quia pour but d’empêcher le mercure d’Hahnemanq de contenir du mercure métallique.
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vient de ce que le mercure métallique en excès continue d’agir sur son nitrate , même après l’avoir ramené au minimum d’oxidalion , et lui enlève alors une portion d’acide. Il indique donc qu’il n’exisle plus de deutonitrale dans la liqueur , et que le protonitrate est sans excès d’acide.' On retire la fiole du feu, on l’agite jusqu’à ce qu’elle soit froide, afin que le sel, qui cristallise, ne se prenne pas en une seule masse , ce qui forcerait à briser le verre. On verse le tout dans un mortier de verre ou de porcelaine; on triture pour mêler le sel au mercure; on rince la fiole avec de l’eau, et on verse celte eau sur le sel. Aussitôt la liqueur devient blanche par la décomposition du protonitrate neutre qui s’y trouve et la précipitation du sous-nitrate, qui^ divisé par l’eau, est blanc au lieu d’être jaune ; on y ajoute quelques gouttas d’acide nitrique, et l’on triture long-temps pour être certain d’avoir redissous autant de protonitrate que le comportent la quantité du liquide et son degré d’acidité. On laisse reposer , on remet dans le mortier de l’eau et un peu d’acide. On triture et on continue ainsi jusqu’à ce que tout le sel soit dissous , et qu’il ne reste plus de mercure coulant. On rassemble toutes les liqueurs (ians un bocal à large ouverture ^ et on y verse goutte à goutte <îe l’ammoniaque étendu d’une certaine quantité d’eau. On agile de temps en temps avec un tube de verre, et on laisse reposer pour examiner la liqueur et la couleur du précipité. Le précipité doit toujours être noir, et la liqueur ne doit pas ramener au bleu le papier de tournesol rougi. Si l’on arrivait à ce point , on ajouterait un peu de protonitrate de mercure, et on cesserait
üiors toute addition. On laisse le liquide en repos. Le précipité se dépose au fond du vase. On décante la liqueur claire, on lave à plusieurs eaux et par décantation ; on jette le précipité sur un fdtre , on le lave de nouveau , on le laisse égoutter , on l’exprime dans du papier gris , et on le fait sécher à l’étave chauffée médiocrement. Quand il est sec, on le détache du filtre , on le réduit en poudre , et on l’enferme dans un flacon placé à l’abri des rayons lumineux.
PROCÉDÉ DE BeSSENHIRTZ (l).
On introduit dans une cornue à long col 2 onces de mercure métallique pur , 2 onces d’acide nitrique de la pesanteur spécifique de 1,20, et 2 onces d’eau distillée. On chauffe le tout pendant 24 heures. On ajoute après cet espace de temps 20 onces d’eau distillée dans la liqueur ; 011 obtient un précipité jaunâtre de sous-protonitrate de mercure, qifon met de côté. On ajoute alors au liquide filtré 2 onces d’alcali volatil de la pesanteur spécifique de 0,98 étendu de 8 onces d’eau , qui détermine un précipité , noir. Ce précipité, recueilli sur un filtre , lavé et séché, est l’oxide noir.
L’utilité d’un procédé invariable de préparation a été vivement sentie par la plupart des praticiens. Le docteur Piudolphe Brandes a publié sur ce sujet des observations. Le mercure soluble d’Hahnemann, préparé d’après le procédé de M. Guibourt, et avec exactitude , donne de bons résultats : nous croyons , comme MM. les rédacteurs du Codex, que sa formule doit être suivie.
(1) Arch. des apoth., n° 4} page 294.
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Le mercure soluble d’Hahnemann doit être d’un noir grisâtre. Exposé à raction du feu , il doit se volatiliser en entier. Si l’on recueilie les vapeurs qui s’en dégagent sur une lame d’or , celle-ci est blanchie ; mais on peut faire disparaître cette couleur en chauffant un peu fortement cette lame.