‹ Manuel du pharmacienChapitre 111 sur 266 · CHALEUR. PRÉCIPITÉ PER SE · texte numérisé non relu

CHALEUR. PRÉCIPITÉ PER SE

Le précipité per se est connu depuis long-temps. Les alchimistes et Boyle lui -même , qui le préparaient , ne

connurent pas sa nature. Ce dernier chimiste préparait ce produit dans un vase nommé enfer de Boyle , et qui était formé d’un ffacon plat, qu’il fermait avec un tube alongé,< cylindrique, percé d’un très- petit canal dans son milieu. 11 fallait par ce moyen plusieurs mois pour obtenir de très-petites quantités de cet oxide. Cependant comme quelques médecins le demandent encore préparé de celte manière , et sans acide ^ on emploie le procédé suivant. On met dans un matras à fond plat, et dont le col est très-alongé , assez de métal pour qu’il puisse recouviir le fond du matras de quelques millimètres de hauteur. On fait fondre le col du ballon h la lampe d’émaiileur, on le lire en pointe de manière à obtenir à l’extrémité supérieure un tube caj)i!laire , qu’on coupe pour établir une communication avec l’air du dehors (i).

On place l’appareil dans un bain de sable , et on le

(i) M. Bouillon-Lagrange recommande de percer la boule du matras au centre , etd^adapter à cette ouverture un tube recourbé , plongeant dans l’air atmosphérique. 11 pense que l’air, se renouvelant plus facilement, l’oxidation du mercure s’opère plus vivement.

chauffe presque jusqu’à l’ébullition. On entretient le feu à ce degré pendant plusieurs jours. Le métal s’élève en vapeur J mais il se condense, et retombe sans cesse. En retombant ainsi , il se trouve en contact à l’état de vapeur avec le gaz oxigène ; il s’y combine. Après quelques jours d’un feu continuel, on aperçoit des molécules rouges qui augmentent peu à peu , et qui enfin recouvrent la surface du métal; quelquefois même de l’oxide se sublime et se condense à la partie supérieure du matras.

Il faut avoir soin de bien ménager le feu ; car, si l’on dépassait le degré de chaleur nécessaire à l’oxidation du métal , on pourrait réduire l’oxide déjà formé. Quand il y a dans le matras une certaine quantité de cet oxide, on le sépare du métal par le moyen d’une toile et de la pression.

Lorsque l’oxidation du mercure a été faite lentement et au degré de chaleur convenable , on obtient des cristaux transparens , qui le plus souvent sont des octaèdres ou des pyramides quadrangulaires alongées. Ces cristaux ont une belle couleur de rubis. Cet oxide ainsi préparé contient 7,9 d’oxigène sur 100 de métal. Il est facile d’en faire l’analyse ; il ne s’agit que de le chauffer dans une petite cornue munie d’un tube recourbé , dont le bout va plonger sous une cloche pleine « ^ d’eau. On recueille d’un côté le gaz dégagé , de l’autre

le mercure ramené à l’état métallique. On pèse le métal , on mesure le gaz et on examine sa nature. Le mercure indiquant le poids, on réunit les deux résultats pour former un total.

MANUEL

Cet oxide ainsi préparé est alcalin , rétablit la couleur du papier de tournesol rougi par les acides. Sa saveur est mercurielle. 11 est soluble dans l’eau en petite quantité ; mais sa solution dans ce liquide peut être reconnue par son goût métallique , et mieux encore parles réactifs.

L’oxide rouge de mercure est employé dans une foule de préparations pharmaceutiques et dans les arts. On l’emploie dans la fabrication de l’encre , pour le mêler avec celle-ci , et éviter qu’elle ne se moisisse.

Cet oxide doit être conservé dans un flacon de verre fermé, qu’on conserve dans un endroit obscur, ou qu’on couvre de papier coloré en bleu ou en noir.

Page 1