PREMIÈRE CLASSE
ACIDE ARSÉNIEUXy OXIDE BLANC d’arSENIC.
Cet acide ne se prépare pas dans les officines , on le trouve en grande quantité dans le commerce. Il provient du grillage des mines arsenicales de cobalt , de
cuivre , d’argent , etc. , etc.
S’il était nécessaire de se le procurer à l’état de pureté , il faudrait opérer de la manière suivante.
On pulvérise grossièrement, et en prenant quelques précautions pour ne pas respirer de la poudre , une certaine quantité d’oxide d’arsenic. On introduit ensuite cette poudre dans un matras à fond plat , qu’on met dans un bain de sable placé sur un fourneau, qui doit se trouver sous la hotte d’une cheminée qui tire bien. On couvre la partie supérieure du matras jusqu’à la naissance du col , qu’on ferme en renversant sur le
DU Pli ARMA CIE N.
goulot un petit pot» On chauffe graduellement le bain de sable , et on continue , en élevant le feu jusqu à ce que tout l’oxide soit sublimé. Si la chaleur était trop forte , l’opérateur en serait averti par les vapeurs d oxide qui se dégageraient. Il faut alors diminuer la température. Quand l’opération est à la fin , on donne un coup de feu un peu plus fortj dans le but de faire subir au pain d’arsenic une espèce de fusion , qui lui donne de la dureté et une demi-transparence.
La sublimation terminée , on laisse refroidir le matras lentement , et dans le sable. Enfin on le casse , et l’on retire l’acide, qu’on conserve dans des boîtes de bois dans un endroit de la pharmacie qui doit être fermé àçlef.
Cet acide est blanc. Sa cassure est vitreuse , transparente. Sa surface se couvre ordinairement d’une couche blanche. Odeur nulle à la température ordinaire de l’atmosphère. Chauffé, il laisse échapper des vapeurs
blanches avant une odeur fortement alliacée. Ces va- •/
peurs , recueillies , se condensent souvent en petits cristaux , qu’on a reconnus pour des tétraèdes. Il est soluble dans 80 parties d’eau froide, dans 1 5 parties d’eau bouillante. Cette dissolution est acide , elle rougit le papier ou la teinture de tournesol. L’alcool et l’huile en dissolvent de petites quantités.
Cet oxide se combine aux bases , et forme des sels qu’on nomme arsenites. L’acide arsénieux , suivant M. Thénard , est formé de 100 d’arsenic, et de 32,28 d’oxigène.
Le pharmacien étant souvent consulté dans des cas d’empoisonnement par l’acide arsénieux, nous avons
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cru devoir citer les principaux réactifs employés pour le reconnaître.
1 “ La chaleur, à Paide dii charbon , ramène cet oxide à l’élat de métal , qui , mis sur des charbons , brûle en s’oxidant de nouveau , et dégage des vapeurs qui ont une odeur d’ail trèS4Unsible.
2° Sa dissolution, saturée par les alcalis, précipite, par le sulfate de cuivre , en vert , et doûne le vert de Schéeie. Le précipité vert , séché et chauffé sur des charbons , laisse dégager des vapeurs arsenicales.
5” A l’état liquide, l’hydrogène sulfuré le précipite sous forme de flocons jaunes, qui sont du sulfure d’arsenic , orpin , orpiment. Pour que ce précipité soit bien sensible, il faut que la liqueur soit acide.
Les hydrosulfates donnent un précipité semblable à celui obtenu de l’hydrogène sulfuré ; mais il faut ajouter un acide pour déterminer la précipitation,
, ACIDEARSENIQUÉ.
Cet acide , qui diffère du précédent par ses propriétés, est le résultat de la combinaison de l’arsenic avec l’oxigène dans les proportions de loo de métal et de 53,109 d’oxigène. Il æ prépare de la manière suivante.
On prend une partie d’oxide arsénieux réduit en poudre fine ; on la môle h 4 parties d’acide nitrique à 55® ou è 54'’ de Baumé. Quand le mélange est fait dans un mortier de verre , on l’introduit dans une cornue iubulée (1) au moyen d’un entonnoir. On lave ensuite
(1) Cette cornue doit être de moitié plus grande que ne l’exige le volume du mélange.
DU PHARMACIEvN.
le mortier et rentonnoir avec deux parties d’acide
drochlorique pur et concentré. Quand
iroduit dans le vase distillatoire , on ferme la tubulure,
qui doit être à l’émeri. On place la cornue sur un four-
neau garni d’un triangle. On adapte au col de la cornue une alonge dont la partie infériez e se rend dans un ballon lubulé , surmonté d’un long tube dont l’extrémité s’engage sous îa hotte d’une cheminée. On place d’abord sous la cornue quelques charbons allumés; on augmente ensuite graduellement la température jusqu’à ce que la liqueur soit en ébullition. On continue l’ébullition jusqu’à ce que le liquide prenne une consistance sirupeuse. Alors on arrête îa distillation , et on verse le résidu dans une capsule de porcelaine; on lave avec de l’eau distillée la cornue , et on réunit ce lavage à l’acide contenu dans la capsule. On fait évaporer ensuite avec précaution jusqu’à siccité. Le résidu de cette opération est l’acide arsenique pur. On le détache de la capsule , on l’introduit dans un flacon bouché en verre et à large ouverture, oii on le conserve.
L’acide nitrique convertit facilement l’arsenic métal en acide arsenique; il le convertit môme plus promptement que l’acide arsénieux , qui cependant est déjà combiné à une certaine quantité d’oxigène. On pourrait attribuer cette düTérence d’action à l’attraction , qui rapproche les molécules de l’acide arsénieux, et qui retarde leur Iransformaiion en acide arsenique.
L’acide arsenique est solide , blanc , caustique , rougissant fortement îa teinture de tournesol. C’est un poisoii dangereux à cause de sa solubilité , qui est
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telle , qu’il est déliquescent. Il est plus pesant que l’eau.