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VINAIGRE OBTENU DE LA DISTILLATION DU BOIS

Cet acide , qui fut long-temps connu sous le nom iVacide pyroligneuæ , s’obtient de la distillation du bois de la manière suivante.

On dispose dans des appareils qui peuvent être considérés comme de grandes cornues une certaine quantité de bois. Quand cette disposition est faite, on place la cornue sur un fourneau au moven d’une izrue, et on chauffe pour carboniser, comme nous l’avons dit h l’article carbone. Le bois se décompose , et donne lieu ù des gaz et à de l’acide acétique. Ou adapte à la

promue une alonge qui va se rendre dans un cylindre plus ou moins long : ce cylindre s’échaulFant , ’ on le rafraîchit par l’air ou par l’eau. Dans le premier cas , le cylindre doit être très-long, pQtur que la condensation ait lieu ; dans le second , 6n se sert de cylindres doubles. Celui de l’intérieur est destiné à recueillir les produits ; celui de l’extérieur reçoit un filet d’eau courante qui , rafraîchissant le cylindre intérieur, produit la condensation des liquides. On recueille les produits dans des réservoirs , en ayant soin de ne pas laisser échapper les gaz, qu’on dirige dans le fourneau, où ils servent de combustible (1).

On obtient dans les réservoirs de l’acide acétique coloré en brun, tenant en dissolution du goudron, qui lui communique une odeur fétide. Outre le goudron que cet acide tient en solution, il est aussi mélangé a une certaine quantité de cette substance , dont il est facile de le débarrasser. Pour cela on place dans le réservoir, qui est assez profond , une pompe qui descend jusqu’au bas. Cette pompe retire le liquide qui se trouve au fond du réservoir , et laisse la partie chargée de goudron , qui surnage. De là l’acide est conduit dans de grandes chaudières de fer, où l’on opère sa saturation par le carbonate de chaux. On doit ajouter le carbonate de chaux peu à peu , pour que l’acide carbonique , dégagé du carbonate , ne produise pas une trop grande effervescence , et n’entraîne pas dehors une partie du liquide. On enlève, à l’aide des cuillers, du goudron qui

(1) Nous ne donnons ici qu’une idée de l’appareil employé dans les arts. Cet appareil varie d’ailleurs dans les diverses fabriques.

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Tient surnager, et on laisse ensuite déposer la liqueur , qu’on lire à clair par décantation. On évapore la solution d’acétate de chaux jusqu’à ce qu’elle porte i5® à l’aréomètre, et on y ajouje une solution concentrée de sulfate de soude : cette sclutîW détermine une décomposition. Les acides changent de base , et on obtient d’une part du sulfate de chaux , qui se précipite , et de l’autre, de l’acétate de soude , qui reste en dissolution. On laisse déposer le sulfate de chaux , on décante le liquide qui surnage , on met à part les résidus pour les lessiver , et les petites eaux servent à laver de nouveaux résidus. On évapc^e le liquide séparé du sulfate de chaux ( l’acétate de liquide) jusqu’à ce qu’il

porte 28® à l’aréomètre. Alors on le verse dans des terrines, on les abandonne, pendant deux ou trois jours , dans un lieu frais , mais sec , pour que la cristallisation ait le temps de s’opérer. On sépare les cristaux des eauxmères , on lave le sel avec une petite quantité d’eau , et on le met à égoutter. On concentre les eaux-mères pour obtenir de nouveaux cristaux , qu’on sépare de nouveau. On répète cette opération jusqu’à ce que les eaux-mères refusent de cristalliser. On les évapore alors à siccité , et on brûle le résidu , qui, par cette combustion , est converti en carbonate de soude , qu’on sépare par lavage du charbon qu’il peut encore contenir.

On purifie l’acétate de soude en le redissolvant, y ajoutant un cinquième de noir animal , filtrant et faisant cristalliser de nouveau , lavant les cristaux , et les mettant à égoutter. On décompose ensuite , par l’acide sulfurique, l’acétate de soude obtenu. Pour cela on met

bôi

?3ans une cucurbite de l’acétate de soude qu’on a broyé le plus fin possible , et on y ajoute de l’acide sulfurique en quantité convenable (i). On laisse réagir. L’acide acétique abandonne l’oxide de sodium , avec lequel il était uni , et il est remplacé ’*ar l’acide sulfurique , qui se dépose en partie à l’état de sulfate de soude sous forme pulvérulente , quelquetoîs sous celle de petits cristaux grenus ; tandis qu’une autre portion de ce sel reste en dissolution dans l’acide acétique. On décante l’acide acétique qui surnage, on le distille dans un alambic dont le chapiteau est en étain , quand il est destiné aux produits des arts (2) , ou d’argent , s’il est destiné à être employé dans l’économie animale. L’acide acétique ainsi obtenu porte ordinairement 4o® au pèse-acide. Si l’on voulait l’obtenir à un plus grand état de concentration , on le mélange avec une forte proportion de muriate de chaux, et on distille de nouveau. On expose l’acide plus concentré à une basse température. Le plus fort se cristallise ; on décante, on fait liquéfier la partie cristallisée, en la soumettant à une température de 20®. On expose de nouveau au froid , on décante la partie qui ne se prend pas , on répète cette opération jiisqu’è ce que tout l’acide se congèle à la température de 1 2®. L’acide alors

(1) On détermine par le calcul quelles sont les quantités d’acide sulfurique nécessaires pour décomposer 100 parties d’acétate de soude. On a égard à l’état où se trouve le sel cristallisé , et s’il est plus ou moins sec , plus ou moins humide.

(2) A Choisy-surrSeine , on employait des bouteilles de grès nommées touriUes pour opérer la distillation de cet acide. ( Dupuytren, journal de 'pharmacie ^ mars, 1816. )

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est à son maximum de concentration , et porte h Vacîdî-^ mètre 88 à 90®. '

La décomposition de l’acétate de soude par l’acide sulfurique a paru le point le plus difficile à opérer, à cause de la chaleur qui se dégage au moment où l’on ajoute l’acide , et qui réduit en vapeurs une quantité d’acide acétique telle , qu’elle force le préparateur à s’éloigner de l’atelier. On peut éviter cet inconvénient en recouvrant la cucurbite avec un chapiteau ayant une tubulure à la partie supérieure. Au bec du chapiteau s^adapte un appareil condensateur. On introduit l’acide par la tubulure^ et l’on ferme après l’introduction. L’acide mis en vapeurs se condense, et est recueilli comme on le fait pendant la distillation.

On trouve dans le commerce de l’acide acétique retiré de l’acétate de soude , et qui n’a pas été distillé. Cet acide contient du sulfate de soude en dissolution : on s’aperçoit de la fraude en distillant une quantité donnée de cet acide , qui ne doit pas laisser de résidu lorsqu’il est pur. On détermine, s’il y a un résidu , quelle est sa nature et sa quantité.

ACIDE ACÉTIQUE RETIRÉ DE l’acÉTATE DE CUIVRE PAR LA CALCINATION , Vulgairement vinaigre radical.

Pour obtenir cet acide on introduit dans une cornue de grès îutée une certaine quantité d’acétate de cuivre. On la place sur un fourneau à réverbère, et on adapte à cette cornue une alonge et un réxipient tubulé , dont la tubulure est munie d’un tube de sûreté à angle droit , qui va plonger dans un petit flacon contenant une petite

quantité d’acide acétique destiné à condenser l’acide gazeux , qui pourrait être entraîné par les gaz qui se dégagent pendant l’opération. L’appareil étant disposé , on^ lute les jointures. On échaiilFe la cornue d’abord trèsdoucement , puis on augmente successivement la chaleur. La décomposition de l’acétate de cuivre s’opère, l’acide acétique est mis à nu , et se divise en deux parties : l’une, qui s’empare de l’oxigène de l’oxide de cuivre^ donne lieu à du gaz acide carbonique , et du gaz hydrogène carboné, qui se dégagent par le tube : il y a formation d’esprit pyro-acétique et d’eau : du charbon mis à nu reste mêlé au cuivre ramené à l’état métallique. L’autre partie d’acide mis à nu se volatilise à l’état de vapeurs , qui se répandent dans l’appareil , et qui se condensent dans le récipient, qu’on a soin de rafraîchir au moyen d’un fdet d’eau qui l’arrose depuis le commencement de l’opération jusqu’à la fin. Il vaut mieux faire tomber un filet d’eau sur le récipient que de le refroidir avec des linges mouillés. Un seul instant d’oubli peut permettre au ballon de s’échauffer fortement ; alors l’application de linges mouillés détermine sa rupture, et fait manquer l’opération.

On continue de chauffer la cornue jusqu’à ce que celle-ci soit portée au rouge obscur et qu’il n’y ait plus de dégagement de vapeurs. On arrête alors l’opération , on laisse refroidir l’appareil et on le démonte. On obtient un acide acétique coloré en vert par du cuivre , et qui a besoin de subir de nouveau la distillation (i).

(i) MM. Vauquelin et Vogel ont remarqué qne, pendant la décomposition de l’aéétate de cuivre parla chaleur, il se déposait quelquefois

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rectification du vinaigre radical.

On prend l’acide acétique obtenu de la calcination de l’acétate de cuivre, et qui est mêlé d’une petite partie de ce sel non décomposé. On l’introduit dans une cornue au moyen d’un entonnoir à longue tige, en ayant soin de bien laisser égoutter l’entonnoir , pour que l’acide ne tombe pas sur les parois du vase distillatoire. On adapte à la cornue une alonge, et à celle-ci un ballon lubulé , de la tubulure duquel part un tube de sûreté courbé à angle droit , qui va plonger dans un flacon contenant assez d’acide pour que la branche du tube y plonge de quelques pouces. On place la cornue sur un triangle , et on lute tout l’appareil. On laisse sécher le lut, puis on procède à la distillation. On a soin de rafraîchir constamment le ballon. L’acide acétique s’échauffe , se réduit en vapeurs , passe à la distillation , se condense en partie sur les parois de la cornue , de l’alonge et du ballon. Si tout l’acide réduit en vapeurs n^était pas condensé, il passerait à l’état liquide, en traversant l’acide placé dans le flacon qui termine l’appareil. On pousse la distillation jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans la cornue qu’une petite quantité de liquide. On cesse le feu , on laisse refroidir l’appareil , et lorsqu’il est froid on le démonte. On retire l’acide, qui doit être blanc , limpide , avoir une saveur piquante et agréa-

dans le col de la cornue de petits cristaux blancs. L’examen de ces cristaux leur a fait reconnaître qu’ils n’étaient autre chose que de l’acétate de cuivre. Ces cristaux, mis en contact avec l’eau, reprennent la couleur bleue qui caractérise ce sel.

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î)le. On l’enferme dans des flacons de verre bouchés à Témeri (i) , qu’on place dans un endroit frais.

Plusieurs pharmaciens se sont occupés de cet acide. De ce nombre sont M. Boullay , qui le premier a examiné les vinaigres de bois , et a reconnu que quelques-uns de ces acides contenaient des sels qui avaient été ajoutés pour augmenter la densité de cet acide; M. Lartigue, de Bordeaux, qui a donné un procédé pour le préparer. II consiste à décomposer l’acétate de plomb par l’acide sulfurique étendu d’une petite quantité d’eau^, à ajouter ensuite après 24 heures de l’oxide de manganèse , à distiller le liquide séparé du sulfate de plomb , puis à rectifier l’acide obtenu en le traitant par l’acétate de plomb jusqu’à ce qu’il ne précipite plus, laissant reposer le liquide , séparant le précipité , et distillant la liqueur tirée à clair. Ce procédé a été modifié par M. BudraufF, pharmacien de Berne , qui prescrivait de laisser en contact le mélange pendant 24 heures avant de le distiller, dans le but d’obtenir une décomposition plus complète ; enfin à employer des quantités dilférenles de substances que celles proposées par M. Lartigue. L’opinion des chimistes fut long-temps indécise sur la question de savoir si le vinaigre distillé , Vacicie acétique faible, était le même acide que celui obtenu de la distillation de l’acétate de cuivre , le v maigre radical. La plupart des chimistes pensaient qu’il y avait une différence de composition dans ces deux acides , que le pre-

(1) On emploie maintenant des bouteilles de verre vert, éouteUies à vin, qu’on fait boucher à l’émeri.

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mier, le vinaigre distillé , était un acide moins oxîgéné ^ qidils appelaient acide acéteux ; iandis qu’ils nommaient le second , plus chargé d’oxigène, acide acétique. C’est à MM. Adet et Darrac qu’on doit les travaux qui ont résolu cette question , et démontré positivement que les acides acéteux et acétique ne düTéraient l’un de l’autre que parce qu’ils ne sont pas au même degré de concentration.

Cet acide , tel qu’il se trouve dans les acétates secs ,

est composé de

selon MM. Gay- f Carbone 5o,224

Lussac et Thé- ^ Oxigène 44» ^ 4?

nard » Hydrogène 5,629

suivant M. Berzelius

Î Carbone. .

Oxigène. .

lîyd rogène

L’acide acétique pur est d’une pesanteur spécifique de 10,65 à la température de 16". Il est sans couleur, répand une odeur vive très-piquante^ et qui lui est particulière. Il cristallise à une température de i5^ H rougit la teinture de tournesol, s’unit aux hases salifiables, les sature , et forme des sel» connus sous le nom (Vacétates. Soumis è l’action de la chaleur, il se volatilise sans se décomposer. Pris à l’intérieur 5 l’état d’acide

(i) En 1809, M. Ghansarel, pharmacien de Bordeaux, dans des Réflexions suri’ acide acétique , etc. , annonçait que le cuivre était le radical de cet acide, et qu’on pouvait le retirer du verdet avec plus d’économie que de l’acétate de cuivre. Les faits annoncés étant démentis par l’expérience, on fut forcé de regarder ce que ce chimiste avait annoncé comme une aberration de l’esprit humain.

DU PHÂRMAGIËN.

concentré , il détermine des accidens. Les secours à donner sont les solutions alcalines faibles , l’oxide de magnésium.

L’acide acétique est employé pour préparer les vinaigres scillilique , colchique, des quatre voleurs , l’extrait de Saturne. Mis dans de petits üacons avec du sulfate de potasse , on lui donne mal à propos le nom do set de vinaigre. On l’unit au miel pour former la préparation connue sous le nom d'oximel. Il entre dans la préparation appelée onguent égjptiac.

En thérapeutique on a employé avec succès l’acide acétique du bois , acide pyro ligneux , contre les ulcères phagédéniques des pieds. Les ulcères touchés avec cet acide changèrent de nature , et la guérison fut bientôt complète.

ACIDE BENZOÏQUE.

C’est Biaise Yigenère qui le premier fit connaître et Facide benzoïque et le moyen qu’on employait pour obtenir cet acide au commencement du xvii® siècle. Ce moyen consistait à distiller le benjoin , et à recueillir une substance cristalline en aiguilles, ayant une odeur forte, une saveur particulière. En 1708, GeolFroy fit connaîtreun autre procédé, qui consistait à faire digérer le benjoin dans l’eau chaude, à filtrer le produit liquide, et à recueillir les cristaux, qui se déposaient par refroi dissement. Lemery donna un procédé pour obtenir cet acide par la sublimation ; enfin Schéele indiqua le moyen de le préparer à l’aide de la chaux. Le benjoin est la substance d’où l’on extrait le plus souvent l’acide ben-

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zcïque ; mais cet acide existe dans les baumes» dans quel • ques végétaux indigènes , et dans les urines des animaux herbivores. MM. Fourcroy et Vauquelin sont les premiers qui l’aient retiré de ces urines ; ces sa vans reconnurentque l’acide benzoïque existait dans l’urine des enfans, et souventmême dans celle des adultes (i). M.Vogel retira cet acide des fleurs du mélilot. M. Fourcroy croyait à son existence dans un grand nombre de plantes.

Divers procédés ont été employés successivement pour se procurer cet acide. Le premier, et le plus anciennement suivi , consiste à mettre dans une terrine vernissée du benjoin grossièrement pulvérisé , à recouvrir ce vase avec une autre terrine de même grandeur percéed’un petit trou à sa partie supérieure, ou avec un cône de carton (2) ; à joindre soit le cône , soit la terrine supérieure à l’inférieure, en collant sur le point de réunion des bandes de papier enduites de colle de pâte , à laisser sécher ce lut. L’appareilaînsi disposé, on chauffe doucement la capsule inférieure , l’acide benzoïque se sublime , et vient se condenser ou dans le cône ou dans la terrine renversée. Au bout d une heure on délute l’appareil, on retire l’acide sublimé ; et quand il est retiré , on remet de nouveau le vase supérieur, on colle du pa[)ier sur les jointures, et on recommence l’opération. On arrête de nouveau le feu pouf enlever l’acide qui s’est formé. On continue d’opérer ainsi jusqu’à ce que les fleurs de benjoin qu’on ob-

(1) Système des -connaissances chimiques , tome 7, page 186.

(2) Lemery avait , dans son procédé , prescrit d’employer un cône de carton; Buquet lui substitua une terrine, pour ne pas perdre de l’aride qui s'exhalait à travers les parois du cône.

lient soient jaunes , et colorées par de l’huile , qui à son tour se dépose sur les parois des vases employés.

Le benjoin , ainsi distillé , n’est pas entièrement débarrassé de l’acide benzoïque qu’il contient. On peut, en se servant du procédé de Scbéele , obtenir une nouvelle quantité d’acide qui avait échappé à la sublimation.

PROCÉDÉ DE SCHÉELE (l).

Le procédé employé par Scbéele pour obtenir cet acide estle suivant.

On prend une partie de chaux vive délitée (mais non carbonatée). On y ajoute 25 parties d’eau et 4 de benjoin réduit en poudre fine. On introduit le tout dans un matras , on fait bouillir pendant 20 minutes , on laisse déposer, on décante la liqueur claire. On ajoute une nouvelle quantité d’eau au résidu , on fait bouillir de nouveau, on filtre la liqueur bouillante , on jette le précipité sur le filtre , et on le lave jusqu’à ce qu’il n’ait plus de saveur. On réunit les liqueurs, on les fait évaporer jusqu’aux trois quarts. On verse alors dans ce liquide, goutte à goutte , de Tacide hydrochîorique. Le benzoate de chaux est décomposé, il y a formation d’hydrochîorate de chaux, et l’acide se précipite. On ajoute de l’acide jusqu’à ce qu’il yen ait un léger excès, ce qu’on reconnaît au moyen du papier de tournesol. On laisse en repos pendant une demi -heure ; on décante le liquide clair, qui est l’hydrochlorate calcaire , et on jette lo précipité

(1) Ce procédé est fondé sur la conversion de l’acide benzoïque en benzoate de chaux , et sur la décomposition ce sel par l’acide hydfochlorique.

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sur un fiUre ; on le lave avec de l’eau froide h pîusieurâ reprises.

Cet acide ainsi obtenu est sous forme pulvérulente* Pour l’obtenir cristallisé on le dissout dans 5 à 6 fois son poids d’eau à îoo® centigr. , on filtre le liquide bouillant , et on laisse refroidir la solution , qui dépose de l’acide benzoïque sous forme de cristaux.

Quelques formulaires prescrivent de sublimer l’acide benzoïque obtenu par le moyen que nous venons de décrire. 11 est facile de le faire. L’appareil doit être le même que. celui que nous avons décrit pour obtenir l’acide benzoïque par sublimation (i).

PROCÉDÉ DE M. SUERSEN.

Le procédé décrit par M. Suersen est une modification d’un semblable procédé publié en i 794 dans V Annuaire de Berlin. Il consiste à traiter le benjoin pulvérisé par le carbonate de soude , à filtrer la liqueur , qui contient du benzoale de soude en solution ; et à décomposer celui-ci par l’acide sulfurique. Ce procédé a subi de nouvelles modifications, qui nous ont paru devoir être adoptées. C’est pourquoi nous les avons consignées dans notre ouvrage,

PROCÉDÉ de Suersen modifié par M. Jéromel.

M. Jéromel ayant remarqué , lorsqu’on prépare l’a-

(1) Cet appareil peut être modifié. Quelques personnes, au lieu de se servir de terrines, emploient un vase de fer-blanc surmonté d’un chapiteau , dans lequel l’acide se condense.

DU PHARMACIEN. 54 î

cîde benzoïque par le procédé de Suersen , que le benjoin se prenait en masse au moment de l’ébullilion , et ^uil ne pouvait plus être divisé ni pénétré par l’eau i que par ces raisons il était presque impossible, même eu ^igitant continuellement la masse avec l’eau, que celle-ci pût dissoudre tout l’acide benzoïque qu’il contenait. 11 a proposé le procédé suivant , dans le but d’éviter une partie de ces inconvéniens.

On prend une livre de benjoin en larmes réduit en poudre , et huit onces de charbon de bois grossièrement concassé. On mélange ces deux substances , et on les délaie dans douze livres d’eau , on ajoute une once et demie de carbonate de soude. On fait bouillir,* pendant l’ébullition, on a soin de remuer de temps en temps le , mélange avec une spatule de bois. Au bout de trois quarts d’heure on décante la liqueur , on broie la matière , on remet le tout sur le feu , en ajoutant un peu de nouvelle eau. On fait bouillir une demi-heure , et on llllre. On lave le résidu avec de l’eau , on réunit les liqueurs , on les met sur le feu , et quand le tout est près de bouillir on jette sur un fdtre garni de charbon animai, qu’on a lavé à l’eau bouillante. Quand la liqueur a été filtrée entièrement , on la porte de nouveau sur le feu. Au i moment de l’ébullition on verse un peu d’acide sulfu- " rîque. On remue, et on ajoute de nouvelles quantités de : cet acide jusqu’à ce qu’il y en ait en excès. L’acide L benzoïque se précipite ; on laisse refroidir la liqueur, è Après le refroidissement , on jette le tout sur une toile < ^garnie d’un fdtre, la liqueur passe, et l’acide reste sur J le hîtrii ; oiî le lave a plusieurs reprises avec de l’eau

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froide. L’acide ainsi obtenu est blanc ; bien cristallisé, il a une odeur suave. D’après M. Jéromel, on obtient par CG moyen û onces 5 gros d’acide pur d’une livre de benjoin de bonne qualité. Le mode d’extraction de l’acide benzoïque que nous venons de rapporter est facile à expliquer. L’acide benzoïque qui se trouve dans le benjoin s’unit à la soude du carbonate , et forme un sel ( benzoate de soude ) . Ce sel , mis en contact avec l’acide sulfurique, est décomposé ; l’acide sulfurique, s’unit à la soude , et forme un sulfate de soude soluble. L’acide benzoïque mis à nu , et qui est peu soluble, se précipite alors dans le liquide , d’où on le sépare pour le laver convenablement.

M. Cluzel, pharmacien, a remarqué que le benjoin qui avait été épuisé par des décoctions et des sublimations répétées contenait encore de l’acide benzoïque, qu’on pouvait séparer par le moyen suivant. On broie la masse d’où l’on a retiré l’acide , on verse dessus une petite quantité d’acide sulfurique. On mêle exactement, et on soumet à l’action du feu dans une terrine de terre vernissée , à laquelle est adapté un cône de carton. Parcelle sublimation , on obtient une nouvelle quantité d’acide qui avait échappé aux décoctions et sublimations employées. On répète cette opération plusieurs fois , et on cesse quand il ne se sublime plus d’acide.

L’acide benzoïque est un solide blanc , légèrement ductile; il a une saveur piquante, un peu amère; il rougit la teinture de tournesol , cristallise en prismes d’une belle couleur blanche opaque, ayant un reflet

Nuisant particulier. Exposé à Faction du calorique dans un vase distlllatoire^ il se fond d’abord, il s’en volatilise une partie, tandis qu’une autre se décompose; chauffé sur des charbons, il s’exhale sous forme de fumées blanches, qui s’enflamment par le contact d’un corps en ignition. îl est soluble dans l’eau bouillante dans la proportion de 0,12 et de 0,02 dans l’eau à i(>®; il est plus soluble dans l’alcool. L’eau précipite la solution alcoolique de cet acide sous forme de flocons blancs.

L’acide benzoïque est formé, d’après M. Berzelius, de

Carbone 74^7^

Oxigène 20,02

Hydrogène 5,27

Cet acide , uni aux bases , forme des sels particuliers nommés benzoates.

DE LA FALSIFICATION DE l’aCIDE BENZOÏQUE.

L’acide benzoïque qu’on rencontre dans le commerce est quelquefois falsifié. Pour reconnaître si l’acide qu’on examine est mêlé de substances étrangères , on le traite par l’alcool. A l’aide de l’ébullition l’alcool dissout l’acide , et laisse la substance qui avait servi à le falsifier. C’est par ce moyen que le docteur Scheneman reconnut que de l’acide benzoïque avait été falsifié avec de l’asbeste. [Bepertor. far die pharmac, volume i5^ cahier 5, page 445. )

acide citrique.

Cet acide est coniènu dans le citron d’où son nom

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