SULFATES
On a nommé sulfates les sels qui sont les résultats de la combinaison de l’acide sulfurique avec les bases salifiables. Les caractères de ce genre de sel sont les suîvans : i*’ chaulfés fortement avec du charbon bien sec et en poudre , ils sont décomposés en partie , et changés en sulfures. Le produit de la décomposition , dissous dans l’eau , laisse dégager une grande quantité d’hydrogène sulfuré , lorsqu’on le traite par les acides, â® Tous les sulfates solubles sont décomposés par les sels de baryle , et donnent un précipité blanc , insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique. Ce précipité est le résultat de la combinaison de la baryte avec l’acide sulfurique.
On connaît des sulfates acides , sur ~ sulfates ; des sulfates saturés , sulfates neutres ; et des sulfates avec excès de base , sous-sulfates.
Sulfate cV alumine et de potasse.
Ce sel , connu plus particulièrement sous le nom
à’alun , est employé en grande quantité dans les opérations des arts.
La découverte de l’alun est très -ancienne , et son auteur est inconnu ; elle a été attribuée par Beckman aux peuples de l’Asie. Ce sel nous fut long-temps apporté de l’Orient. Au xv® siècle 3 plusieurs fabriques s’établirent en Italie , et successivement en Allemagne , en Espag ne. en Angleterre , enfin en France.
On prépare ce sel, ou directement, en combinant l’acide sulfurique à l’alumine et à la potasse, ou bien indirectement , en calcinant des scliistes alumineux qu’on trouve dans le voisinage des volcans , en lavant ensuite le produit calciné et eflleuri , et en ajoutant à ces lavages des lessives alcalines , des solutions de sulfate de potasscj etc. , etc.
La préparation de l’alun ne se faisant pas dans les laboratoires, nous ne croyons pas devoir relater ici les opérations que ce travail nécessite. On trouve dans le commerce plusieurs sortes d’aluns désignés par des noms différens. Ces noms , pour la plupart , sont tirés du nom des pays d’où ces aluns nous viennent. Les principaux sont : l’alun de rocke, ceux Angleterre , du I Levant, de Liège ^ de Rome, etc. Ce sont MM. Vaui quelin et Chaptal qui nous ont appris que l’alun est un 1 combiné triple d’acide sulfurique de potasse et d’alu- I mine , et quelquefois d’ammoniaque.
Le sulfate d’alumine et de potasse est blanc , transpa- ^ relit; il cristallise en octaèdres , quelquefois en cubes, î selon que la cristallisation s’est opérée dans une liqueur [] qui contient plus ou moins de sels h base de potasse. Sa
MANUEL
saveur est astringente ; il est un peu acide , rougît le papier de tournesol. Exposé à l’air, il s’effleuidt légèrement. Soumis à l’action de la chaleur, îl se fond dans son eau de cristallisation, et forme au-dessus du vase dans lequel il est fondu une espèce de champignon ; il devient blanc et opaque. ( V oyez page 65 , à l’article calcination , la préparation de l’alun calciné. )
D’après l’analyse publiée par M. Vauquelin , l’alun est composé
de 5o,52 d’acide sulfurique >
1 0, 5o d’alumine , io,4o de potasse ,
48,58 d’eau.
L’alun est employé comme astringent ; on le fait entrer dans quelques préparations pharmaceutiques. Lors-i qu’il est calciné, c’est un puissant dessiccatif escharrotique.