‹ Manuel du pharmacienChapitre 172 sur 266 · SULFATE DE FER · texte numérisé non relu

SULFATE DE FER

\ Sulfate de fer vert, couperose verte, protosulfate

de fer.

Ce sel , qui était connu des anciens , et dont il est fait

6'd2 MANCEL

mention dans Pline , sous les divers noms de calclian^ tum , de misj et de sorj , se prépare en grand dans quelques iabriques , en traitant la vieille ferraille par de l’acide sulfurique affaibli'; en évaporant la solution, en la laissant déposer, et en îavportant dans des vases, où les cristaux se forment. Ce moyen de préparation , qui offre peu de bénéfices , est presque abandonné; et le sulfate de fer que nous trouvons dans le commerce provient particulièrement des pyrites de fer, qu’on trouve en grande quantité. Pour obtenir ce sulfate , on fait de grands amas de ces pyrites ; on les grille ; lorsqu’elles sont grillées , on les arrose avec de l’eau, et ou les laisse exposées à Pair. Au bout d’un certain temps , ces pyrites se recouvrent d’une couche de sulfate de fer assez considérable. Pour extraire ce sel, on lave les pyrites, et on fait évaporer les eaux de lavage, en ayant soin d’y mettre du vieux fer pour enlever un excès d’acide qui existe toujours dans ces liqueurs. On les amène au point convenable d’évaporation , et on fait cristalliser.

Le sulfate de fer provenant de cette dernière opération est celui qu’on trouve le plus fréquemment dans le commerce : le pharmacien, avant d’employer ce sel, doit le purifier de la manière suivante.

On dissout dans de l’eau distillée une certaine quantité de sulfate de fer ; on met cette dissolution dans une bassine de fonte , on y jette une poignée de limaille de fer bien nette et non oxidée^, on remue le tout avec une spatule de fer, on place la bassine sur un fourneau

et on fait bouiilir pendant dix minutes. Au bout de ce temps on fdtre la liqueur bouillante , qu’on fait évaporer convenablement , et qu’on laisse cristalliser. Les cristaux isolés des eaux-mères sont lavés, mis à égoutter, et enfermés dès qu’ils sont secs dans des vases fermés en liège.

Le sulfate de fer est d’une belle couleur vert-émeraude; il cristallise en prismes rhomboïdaux. Sa saveur est très-âpre , styptique , légèrement sucrée. II est acide, soluble dans deux parties d’eau froide et dans les 0,75 de son poids d’eau bouillante ; il cristallise par refroidissement.

' Exposé, à l’action de l’air, à l’élat solide ou en dissolution, il absorbe l’oxigène , et se convertit en persulfale : il prend alors une couleur jaunâtre. Exposé

I à l’action de la chaleur, il se fond dans son eau de cristallisation, et se convertit d’abord en une poudre blanche. A une température plus élevée , l’acide sulfurique s’en dégage , et abandonne l’oxide de fer, qui est prèsque toujours mêlé d’une quantité de persulfate de fer, qu’on peut séparer de l’oxide par le lavage. ( V oye,z

\ oxide de fer rouge colcotkar. ) Chauffé fortement dans

II une cornue de grès hitée , on obtient d^abord une petite J quantité d’eau légèrement acidulée ; ensuite un acide j-j très-fort et fumant , dont on se sert encore dans les arts, i; et qu’on appelle acide sulfurique de Nordkausen, du ôj lieu où on le préparait.

j Le sulfate de fer, d’après l’analyse de Berzelius , est oj composé, pour 100 parties,

de 28,90 d’acide sulfurique.

MANUEL

d’oxide de fer.

45,40 d’eau.

Les réactifs qui démontrent la présence de ce sei sont: 1® l’eau, qui le dissout, prend une teinte verdâtre et une saveur styptique sucrée , particulière à ce sel (cette saveur est celle de l’encre); 2“ le prussiate de potasse et de fer, qui détermine dans la solulion de protosuîfate de fer un précipité blanc bleuâtre, précipité qui passe au bleu par son exposition à l’alr^et par l’agitation J 5® l’acide gallique et l’infusion de noix de Galles , qui précipitent cette solution en noir ( précipitation qui n’a lieu qu’au bout de quelque temps ) ; 4" muriate d’or mêlé à cette solution est converti en or métallique , qui se précipite; 5° l’hydrosulfate de potasse précipite la solulion de sulfate de fer en noir.

Le sulfate de fer est regardé comme vénéneux ; mais, pour agir comme poison , il faut qu’il soit pris en assez grande quantité.

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