DEUXIÈME GENRE
ÉTHEB HYDROCHLORIQU E.
On prend parties égales en volume d’alcool et d’acide hydrochlorique. Le premier doit être à /jO” , et le second à 25 au moins. Si l’acide était faible, Userait sans action sur l’alcool , et l’on n’obtiendrait qu’un mélange d’acide et d’alcool. Celui-ci , pour la même raison , doit être très-concentré, parce que, contenant moins d’eau , il est d’une décomposition plus facile. On choisit une cornue de verre capable seulement de contenir le mélange dans sa panse. On y verse l’alcool , ensuite l’acide, en ayant l’attention d’agiter, afin de mettre plus exacte^ ment en contact les molécules des deux liquides. On jette ensuite dans la cornue 7 ou 8 grains de sable , pour éviter les soubresauts qui^ sans cette précaution , pourraient avoir lieu dans le cours de l’opération. Gela fait, on place la cornue au bain de sable ou à feu nu , sur un fourneau ordinaire , au moyen d’un grillage de fils de fer , et on y adapte un tube à la Welter , qui va se rendre au fond d’un flacon double en capacité de la cornue et à moitié plein d’eau à i5 ou 20®. La seconde tubulure porte un tube droit de sûreté , et de la troisième part un tube recourbé qui plonge au fond d’une éprouvette longue, étroite , bien sèche , et enteurée de glace pilée ou d’un mélange réfrigérant. Comme la vapeur d’éther arrive
MANUEL
seule dans cette éprouvette et s’y liquéfie entièrement » on pourrait, une fois que les vaisseaux sont purgés d^air, supprimer toute communication avec l’atmosphère ; cependant il est plus prudent de percer d’un très-petit trou le bouchon dont on ferme l’éprouvette , afin de laisser dégager la vapeur d’éther , qui pourrait ne se pas condenser.
L’appareil ainsi disposé , on en îute les jointures , et l’on chauffe peu à peu la cornue. 20 à 25 minutes après que le feu est appliqué, on voit des bulles s’élever de la partie inférieure de la cornue , et surtout de la surface des grains de sable. Elles ne tardent point à se multiplier, et le mélange entre en ébullition. On tâche de la maintenir constante et modérée. La conduite du feu est
de la plus haute importance pour le succès de l’opération : s’il est trop faible , il ne se produit point d’éther ; s’il est trop fort , il ne s’en produit que peu. On doit tenir un juste milieu. Le dégagement des bulles peut servir de guide : il ne doit être ni trop lent ni trop rapide. Lorsque le mélange bout , l’éther se forme ; il se dégage , entraînant avec lui de l’eau , de î’alcooî et de l’acide. Mais, comme une température de 1 5° n’est pas suffisante pour volatiliser ces derniers corps , il en résulte qu’en traversant l’eau du premier flacon l’éther s’en dépouille , les laisse en solution , et va se rendre très-purifié dans l’éprouvetle , où il se condense. D’une livre d’acide et d’un volume d’alcool égal à celui de Celte livre , on peut retirer vingt et quelques litres de gaz éthéré, et un peu moins de deux onces d’éther liquide.
Théorie, L’alcool, par l’action qu’exerce sur lui l’a-
DU PHARMACIEN. ^ 77 i
eide hydrochlorique , se partage en hydrogène carboné et en eau. L’hydrogène carboné se combine avec une portion de l’acide pour former l’éther.
Les principaux caractères de l’éther hydrochlorique sont d’être incolore , très-limpide , extrêmement volatil. Sous la pression atmosphérique ordinaire , il ne peut rester liquide que jusqu’à ii®; au-dessus, il est gazeux. Quoiqu’il soit bien plus volatil que l’éther sulfurique et que l’alcool , non-seulement il est plus lourd que le premier , mais encore phis lourd que le second de ces deux corps ; il marque 26° Baumé; il brûle avec une flamme d’un vert d’émeraude , et répand des vapeurs blanches formées d’eau, d’acide carbonique et de beaucoup
d’acide hydrochlorique. ïl se dissout très-bien dans
l’alcool, ne se dissout qu’en très- faible quantité dans l’eau. Cette solution a une saveur sucrée et analogue à celle de la menthe. Il est sans action sur le tournesol et sur Je sirop de violettes. Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours qu’il forme un précipité avec le nitrate d’argent et le protonitrate de mercure, ce qui indique la combinaison intime qui existe entre l’hydrogène carboné et l’acide hydrochlorique. Il est formé d’un volume de chacun de ces deux gaz condensés en un seul. On s’en assure en le faisant passer à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge obscur. Pour le conserver à l’état liquide , il faut le renfermer dans des flacons bouchés à l’émeri et recouverts avec de la peau serrée par quel ques tours de fds ; on tient ces flacons renversés et à la cave.
La volatilité de l’éther hydrochlorique est si grande,.
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qu’ii se volatilise en entier lorsqu’on veut l’introduire dans quelques préparations médicamenteuses ; c’est pourquoi pour les besoins de la médecine on le mé~ lange avec une partie égaie d’alcool. Celle liqueur est . connue dans les pharmacies sous le nom à' éther muria^ tique alcoolisé, Lorsqu’^on l’emploie, il faut se rappeler que 2 parties d’éther alcoolisé ne correspondent qu’à une partie d’éther hydrochlorique.