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ÉTHER ACÉTIQUE

Oh connaît 5 procédés pour la préparation de cet éther.

Procédé de Pelletier, Il consiste à distiller un mélange à parties égales en poids d’alcool et d’acide acétique concentrés, jusqu’à ce que le résidu de la cornue ait acquis une consistance demi-fluide et une couleur brune; à cohober 5 ou 4 fois le produit sur son résidu ; h le mettre en contact avec du sous-carbonate de potasse pour le débarrasser de l’acide surabondant qu’il peut contenir; enfin à le laisser reposer, le décanter, et le distiller de nouveau à une très - douce température.

Ce procédé est entièrement abandonné aujourd’hui à cause de la longueur des manipulations , de la grande quantité d’acide qu’il exige , et de la perte considérable d’éther qu’il occasione. Les deux suivans peuvent seuls s’employer avec avantage.

Procédé de M. Thénard. On prend 6 tfe d’alcool à 4o°> 4 tb d’acide acétique à 10®, 1 tt» 4 onces d’acide sulfurique à 66°; on introduit dans une cornue de verre l’alcool, on verse par-dessus Tacide acétique à diverses reprises , et toujours en agitant. Le mélange s’échauffe.

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On ajoute en second lieu l’acide sulfurique , on agite de nouveau, afin de mettre bien en contact les molécules des 3 liquides. Une augmentation très -sensible de température a lieu. On place la cornue au bain de sable ou à feu nu sur une grille de fer recourbée, on lui adapte une alonge renflée qui se rend dans un ballon enveloppé de linges mouillés, et portant un long tube effilé pour le dégagement de la vapeur. On chauffe la cornue par degrés de manière à faire entrer le mélange en ébullition ; on l’y maintient jusqu’à ce qu’on ait obtenu 8 livres de produit distillé. A cette époque , l’opération est terminée. Ce produit est de l’éther mêlé d’eau, d’alcool et d’acide acétique. Pour l’avoir parfaitement pur, il faut le rectifier. A cet effet on le laisse en contact pendant quelques heures avec du sous - carbonate de potasse^ en ayant soin d’agiter de temps en temps 1@ flacon. 11 se forme 2 couches : l’une , inférieure , trèsmince , qui est de l’acétate de potasse en dissolution dans l’eau et f alcool ; l’autre , supérieure , très-épaisse , qui est l’éther pur. A l’aide d’un entonnoir à longue tige, on sépare l’éther, et on le soumet, dans le meme I appareil, à une nouvelle distillation. On en retire environ 6 tb à 23° Baumé.

L’acide sulfurique , dans cette opération , n’agit que 1 par la grande avidité qu’il a pour l’eau ^ il concentre I davantage l’alcool et l’acide. Sans lui, l’alcool, qui est ) plus volatil que l’acide acétique , passerait le premier à I la distillation , et l’union entre ces deux corps ne serait = intime qu’autant qu’on recohoberait plusieurs fois le produit.

MAN ÜEL

' Procédé de Lap tanche et Martin, On prend 5 Ib d’acétate de plomb , 2 tb d’acide sulfurique concentré, et 2 tb d’alcool à 38°; on introduit l’acétate concassé dans la cornue , et l’on y verse le mélange d’alcool et d’acide sulfurique. Si l’on réduisait l’acétate en poudre , il serait à craindre que le sulfate de plomb qui se forme ne l’enveloppât trop exactement et ne s’opposât à son entière décomposition. On ajoute à la cornue l’alonge et le bal- Ion, et l’on distille jusqu’à ce qu’on ait obtenu un produit égal aux 4/3 de Falcool employé. On agite cet éther avec du sous-carbonate de potasse, et, par une distillation nouvelle , on l’amène à une pureté parfaite.

L’acide sulfurique dans ce procédé , comme dans le précédent , n’éthérifie point l’alcool , mais le concentre ' davantage en lui enlevant une portion d’eau. De plus , il se porte sur l’oxide de plomb , s’en empare , et met en liberté l’acide acétique , qui , rencontrant l’alcool , s’y unit intimement pour former l’éther. Ce procédé nous semble préférable au précédent , en ce qu’il donne avec plus d’économie un éther plus suave.

L’élher acétique est un liquide transparent, incolore, d’une odeur très-agréable , qui tient le milieu entre celle de Téther sulfurique et celle de l’éther acétique. Il est plus lourd que l’alcool , mais plus volatil que lui. Il brûle avec une flamme alongée d’un blanc jaunâtre , et donne de Tacide acétique , de l’acide carbonique et de l’eau. Il s’unit en toutes proportions à l’alcool , sè dissout dans cinq à six fois son poids d’eau. Lorsqu’il est dissous dans l’alcool , une quantité même considérable d’eau ne l’en sépare qu’en partie; c’est ce qui le distingue du mélange

d^éther sulfurique et d’acide acétique , qu’on lui substitue quelquefois. Il est un autre moyen de reconnaître la fraude : c’est d’essayer l’éther avec la teinture de tournesol ou les carbonates alcalins. II rougit la première et fait effervescence avec les seconds ; tandis que l’éther acétique pur est sans action sur ces corps. Il dissout plusieurs substances végétales et animales , le camphre , les résines, les huiles essentielles et la plupart des corps gras, le principe actif des cantharides, etc. Il se compose uniquement d’acide acétique et d’alcool. Lors même qu’il a été obtenu par l’addition d’acide sulfurique, il ne contient point d’éther sulfurique. Pour le prouver , on le dissout dans l’eau et on le met en contact avec la moitié de son poids de potasse caustique. En soumettant ensuite ce mélange à la distillation , on retire de l’alcool et l’on obtient pour résidu de l’acétate dépotasse. On s’en sert pour préparer le savon acétique éthéré de M. Pelletier et le baume acétique camphré»

Savon acétique éthéré de M» Pelletier.

rif. Savon animal. . 5 j Éther acétique ^ j.

On fait dissoudre le savon dans l’éther acétique à la chaleur du bain-marie, et l’on filtre.

Baume acétique camphré.

IJL Savon animal 3 j.

Camphre 3 j.

Essence de térébenthine 10 gouttes.

Éther acétique § ij.

On opère comme pour le savon acétique.

MANUEL

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