DES BASES SALIFIABLES VÉGÉTALES
Alcalis végétaux , alcalis organiques.
On a nommé alcalis végétaux y alcalis organiques des corps particuliers nouvellement découverts dans les végétaux : ces corps résultent de la combinaison de Foxigène avec le carbone, l’hydrogène et Fazote; ils sont susceptibles de s’unir aux acides, de les saturer, de former avec eux des sels.
La découverte de ces nouveaux principes fut attribuée à un chimiste allemand , Sertuerner, puis revendiquée par les chimistes français. Quoi qu’il en soit, le travail publié par Sertuerner sur Fopium et la découverte de la morphine fut le sujet de nombreux travaux, et bientôt en France MM. Pelletier, Caventou, Labillardiere , Lassaigne , Feneuîe, Eoullay , Desfosses, firent paraître des mémoires sur de nouvelles substances alcalines qu’ils avaient découvertes dans les végétaux , et qu’ils en avaient isolées.
Les bases salifiabîes végétales possèdent des caractères particuliers , qui peuvent les faire distinguer des substances végétales formées des mêmes principes. Ces caractères sont : i"" l’alcalinité, c’est-à-dire la propriété de ramener au bleu le papier de tournesol rougi parles acides , de verdir le papier mauve , le papier de daliias, le sirop de violettes ; 2® la presque insolubilité dans l’eau , la solubilité dans l’alcool froid , et mieux encore dans Faîcool bouillant j 5° la couleur , qui est blanche , la forme
cristalline chez la plupart ; 4“ Taction de la chaleur , qui les décompose en donnant des produits semblables a ceux qu’on obtient des substances végétales azotées. Quelques chimistes avaient émis l’opinion que la propriété de bleuir le papier de tournesol rougi, de verdir celui de mauves et de violettes , de saturer les acides , était due, non aux alcalis végétaux eux-mêmes, mais aux alcalis employés pour les obtenir. Get^e opinion , combattue par M. Pelletier , était le sujet d’un examen particulier de Fun de nous , lorsque des expériences publiées par l’un de nos collègues, M. Robinet, ont rendu ce travail inutile (1).
Les alcalis organiques existent dans les végétaux à à l’état de sels , et îe plus souvent de sels acides. D’après les essais qui ont été tentés sur les alcalis découverts, il est démontré que les végétaux d’où l’on a retiré ces produits leur doivent leur efficacité.
Le nombre des substances alcalines découvertes ne peut être fixé exactement, quelques substances ayant été annoncées comme des alcalis organiques sans que nous ayons acquis des preuves bien suffisantes de leur existence ; d’autres déjà annoncées ont été ensuites mises en doute , lorsqu’on se livra à de nouvelles recherches. Dans ce chapitre, nous ne traiterons que des alcalis dont l’existence est démontrée. Dans un chapitre suivant , nous nous occuperons des substances extraites des vé-
(1) Ce travail était basé sur les quantités d’acicles saturés par dix grammes de quinine pure obtenue par la magnésie , et sur les quantités de cendres obtenues de 10 autres grammes du même produit , et sur leur pouvoir saturant.
MANUEI
gélaux actifs employés en médecine , et qui , par leurs propriétés , paraissent se rapprocher des alcalis orga^ niques,