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SUCS HUILEUX OU HUILES

On donne le nom à'Iiuile à tout liquide faisant tache sur le papier, et le rendant transparent.

Quelque léger que soit en apparence ce caractère , non-seulement il suffit pour distinguer les huiles de tous les autres corps avec lesquels on pourrait les confondre , mais encore il permet de les diviser en deux ordres. Tantôt , en effet , la tache formée disparaît par la chaleur, tantôt , au contraire, elle résiste à son action. Dans le premier cas , les huiles sont dites volatiles ; dans le deuxième, on les nomme par opposition fixes. Ges dernières sont les seules que nous allons examiner.

H toiles fixes.

Les huiles fixes sont ainsi nommées de ce qu’aucune température ne les volatilise sans les décomposer. Le nom exprimées vient de ce que l’expression est le mode le plus généralement etnployé pour leur extraction. Le nom de grasses indique qu’elles sont toutes onctueuses au toucher.

Pour faire leur histoire avec ordre , nous indiquerons

leurs caractères physiques; 2® leurs propriétés chimiques , ou les résultats qu’elles donnent lorsqu’on les met en contact avec différens corps; 5° leur composition ; 4° leur état naturel ; 5® nous donnerons les détails relatifs à leur extraction , en citant pour exemple la préparation de quelques-unes d’entre elles.

Caractères physiques. — Pesanteur spécifique. Elle varie pour chacune ; mais toutes^ en général, sont plus légères que l’eau, et plus pesantes que l’alcool. — • Coii-

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sistance» Toutes sont liquides, ou susceptibles de le devenir par une douce chaleur. — Saveur, Toujours douce lorsqu’elles sont récentes ; plus ou moins âcre lorsqu’elles ont vieilli. — Odeur. Peu prononcée. — Couleur. Nulle lorsqu’elles sont très-pures ; et ne variant que du jaune au jaune verdâtre. — Toucher. Onctueux. — Soiubilité.(Su\\e dans l’eau , très-faible dans l’alcool , excepté l’huile de ricin , qui s’y dissout en totalité.

Propriétés chimiques. Air. Exposées au contact

de l’air à la température ordinaire , toutes les huiles en absorbent l’oxigène, etdégagent un peu d’acide carbonique. Mais les unes deviennent seulement opaques et plus épaisses ; les autres , au contraire , conservent leur transparence , mais se durcissent au point de devenir cassantes. Les premières gardent le nom de grasses, ce sont celles d’amandes, d’olives, de ben, etc. Les secondes prennent le nom de siccatives; ce sont celles de ricin, de lin, de noix, ^ de chenevis , d’œillet, etc. Exposées au contact du froid , les huiles grasses perdent leur fluidité , et acquièrent une consistance qui varie pour chacune d’elles , ainsi que le degré de froid nécessaire pour l’opérer. En effet, l’huile d’olives se congèle à 5®-4- O , l’huile d’amandes douces exige i o® -|- o; enfin celles de lin , de ricin , ne se congèlent à aucune température. De là l’ancienne division des huiles en facilement congelabiés, difficilement congelables , et non congelables.

Calorique. Exposées à une température supérieure

à celle de l’eau houillante , les huiles laissent se dégager une vapeur blanche tr»' ^ - inflammable par l’approche d’un corps en combustio. 4Si l’on augmente la température jusqu’à alors < *es entrent en ébullition. Si

ropéralion se fait dans une cornue , il n’y reste qu’un résidu charbonneux. Le liquide qui passe dans le récipient a une couleur rougeâtre, une odeur fétide, une saveur extrêmement âcre ; c’est de l’huile altérée. Du reste, il se dégage une grande quantité d’hydrogène carboné. Leshuiles, comme, en général, tous les corps trèshydrogénés, sont très-inflammables. C’est sur la propriété qu’elles ont de se réduire un vapeurs , et de brûler avec flamme , qu’est fondée la théorie de l’éclairage par les lampes. Lorsqu’on met une allumette enflammée en contact avec une mèche imprégnée d’huile, une portion de celle-ci se réduit en vapeurs, et brûle. Par un effet de la capillarité une petite quantité d’huile nouvelle est sans cesse présentée au sommet de la mèche ; elle se réduit en vapeurs, et s’enflamme à son tour. La lumière estd’autant plus vive que la combustion est plus complète et plus rapide. Pour cela il faut que l’air soit en quantité

suffisante pour brûler en même temps tout l’hydrogène

et tout le carbone , sans qèoi l’Kydrogène , plus combustible , brûle le premier , une partie du carbone se répand dans l’atmosphère, l’obscurcil! et se dépose ensuite sur les corps environnans. Ce qui donne aux lampes à courans leur supériorité sur les autres^ c’est que la colonne d’air intérieure divise la flamme qui se trouve ainsi enveloppée de toutes parts des matériaux nécessaires à son entretien. La combustion étant alors plus rapide , là température est plus élevée et la vapeur brûle tout entière ; tandis que dans le cas contraire elle esS en partie perdue. C’est. une fort maûvaisq .i4^nomie que de ne pas bien remplir les lanjipes d’huile ;i0n dépense plus de com-

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Lustible pour avoir moins de lumière et plus de fumée.

— Combustibles simples , non métalliques. Le soufre et le phosphore se dissolvent dans les huiles, surtout à l’aide delà chaleur. Au bout de quelque temps, le soufre s’en précipite en cristaux trSs-réguliers. Le chlore et l’iode agissent sur elles comme sur tous les autres corps organiques , en s’emparant d’une portion de leur hydrogène, et formant un peu d’acide hydrochlorique ethydriodique.

— Acides, Les acides sulfurique et nitrique réagissent sur les huiles , etle^transformenten composés onctueux , qu’on désignait jadis sous le nom impropre de savons acides. Il est probable que l’acide sulfurique forme une petite quantité d’eau aux dépens de l’hydrogène et de l’oxigène de l’huile; et qu’il la transforme en un corps nouveau , auquel il s’unit. Quant à l’acide nitrique ,^il décompose l’huile en même temps qu’il est décomposé par elle ; car il se forme de l’acide carbonique et des oxides d’azote , qui ne peuvent venir que de la combinaison d’une plus ou mbins grande quantité d’oxigène de l’acide avec les élémens de l’huile. — Oxides. De tous les corps , ceux qui former^ avec les huiles les composés les plus parfaits , les plus curieux à connaître , et les plus importans pour le pharmacien , sont sans contredit les oxides métalliques. Lorsqu’on met les oxides métalliques en contact avec les huiles et l’eau , et qu’on facilite la combinaispn à l’aide de la chaleur, l’huile se transforme en acide oléique et en acide margàrique, qui se combinent avec les oxides pour former des oléates et des margarates; solubles, si l’oxi^l, est la potasse ou la soude; insolubles, si l’oxide est de plomb ou de tout

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autre métal. On obtient encore en solution dans l’eau qui a servi à l’opération une certaine quantité d’un liquide d’une saveur douce et d’une consistance sirupeuse, qu’on appelait jadis principe doux des huiles , ou de Schéele, et que M. Chevreul a nommé glycérine. (En traitant des emplâtres , nous parlerons plus en détail de ces combinaisons , dont nous nous contentons d’indiquer les principaux résultats.)

Les huiles grasses dissolvent le camphre , les résines et divers produits des substances végétales ou animales, etc.

Composition. Les huiles, comme tous les corps gras, sont des substances végétales. Elles se composent, en effet , de beaucoup d’hydrogène et de carbone , de peu d’oxigène. Ce ne sont pas des corps simples , des principes immédiats, comme on i’a cru long- temps. MM. Chevreul et Braconnot ont prouvé que toutes les huiles , comme toutes les graisses , étaient formées de deux matières, l’ime solide, l’autre liquide à la température ordinaire , et qu’ils ont nommées , la première stéarine; la seconde oléine. Ils pensent aussi que les différences qu’on observe dans les corps gras ne dépendent que des proportions dans lesquelles se trouvent réunies ces deux substances, et des variétés qu’offrent les principes odorant et colorant qui les accompagnent toujours.

Etat naturel. Toutes les huiles grasses sont renfermées dans les cotylédons des semences , excepté l’huile d’olives, qu’on retire d’un drupe ou péricarpe charnu.

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Lorsque la même graine , comme celles delà moutarde , de l’anis , peut donner deux huiles , l’une fixe , l’autre volatile , la première est contenue dans l’intérieur , la seconde dans l enveîoppe externe.

Extraction. Quoique l’expression soit le modèle plus gcnéralement employé pour obtenir les huiles fixes, cependant, comme toutes n’ont pas la même consistance, que les graines qui les fournissent diffèrent entre elles, qu’il s’agit de priver les unes de leur mucilage , les autres d’une matière colorante étrangère , il s’ensuit quele mode d’extraction doit varier. Nous n’examinerons que l’extraction des huiles les plus employées.

Huile d^ama?ides douces [amydalus communis. L.) . Le premier soin doit être le choix des amandes. Il les faut récentes ; on les reconnaît telles, lorsqu’on les cassant on les voit blanches et non pas jaunes dans l’intérieur, ce qui prouverait un commencement derancidité. On les monde ensuite pouren séparer les petites pierres, qui briseraient les dents du moulin. On les met dans un sac, et on les secoue fortement pour enlever une poussière jaune qui les recouvre , et qui provient des débris de l’envelcppe. On' les crible, et on les réduit en poudre à l’aide d’un moulin à bras. Si l’on se servait d’un mortier, la force de la percussion échaufferait la pâte et disposerait l’huile à la rancidité. On plie la poudre dans une toile forte et d’un tissu serré ; on place ainsi plusieürs paquetsles uns sur les autres et on les soumet â la presse. Il vaut mieux se servir d’un linge que d’un sac , qui crève souvent par les coutures. Par la pression.il découle une

huile troublée par du mucilage. Pour l’avoir bien claire , il suffit de la laisser déposer quelques jours et de la décanter ensuite. Si l’on était pressé, on pourrait recourir à la'filtralion par le papier. gris ou le papier joseph.

Les amandes amères donnent une huile également douce, mais d’une odeur de fleurs de pêcher due à i’acide prussique contenu dans leurs enveloppes. Pour développer cette odeur, il faut plonger les amandes dans l’eau bouillante^ les retirer , les faire égoutter , elles sécher ensuite à une faible chaleur d’étîive. L’heile ex~

traite des amandes amères est tout aussi bruine pour l’emploi médical que celle retirée des amandes douces. L’amertume ne réside que dans le parenchyme, et l’odeur que dans l’épisperme : si on le sépare, on a <le riniile en tout semblable à l’huile d’amandes douces. Lette huile couli(;nt toujours un peu de miiciiage , qui détermine sa rancidilé; aussi est-il impi^ssible de la conserver fraîche au- delà de deux mois, il faut avoir soin de la tenir en lieu frais, dans des bo<Ueilles bien bouchées et bien pleines. Celle qui a été hhréc s’altère moins facilement. Celle préparée avec les enveloppes est un peu plus ambrée que celle obtenue des amandes blanchies.

Beurre de cacao [tkepbroina cacao. L.). On prend du cacao des îles de prérérence au caraque , qui , par le terrage, perd une portion, de son huile enmerdant son âcreté. On le torréfie dans un cylindre semblable à celui où l’on brtde le café , ou mieux encore dans line poêle de fer. (Voyez torréfaction.) La lorrébiction a pour but de détruire le mucilage qui unit l’enveloppe

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à l’amande. Elle est achevée lorsqu'on n’enlend plu» de pétillement; alors on met les semences sur une tahle^ et , en faisant passer sur elles un rouleau de bois , on brise l’enveloppe, qu’on sépare à l’aide du vannoii% ainsi que le petit germe, qui a la dureté de la pierre. Le cacao ainsi préparé , on le pulvérise , on l’étale sur un tamis placé sur une bassine contenant de l’eau en ébullition. Lorsque l’amande est gonllée par la vapeur, on l’enferme dans des toiles fortes qu’on soumet h la presse entre deux plaques d’étain chauffées à l’eau bouillante. On obtient ainsi une huile colorée qu’on fdtre à l’étuve , au bain-marie, ou à la machine de Josse.

Le procédé àu Codex consiste à mêler une certaine quantité d’eau au cacao pulvérisé ; cette eau pénètre dans le parenchyme , et force la sortie de l’huile. Le beurre obtenu par l’un ou l’autre procédé a une couleur jaunâtre , et peut se conserver quelque temps sans rancir. On a l’avantage d’économiser le temps et le combustible qu’exigeait la manipulation longue et compliquée de l’ancien procédé par décoction, qui, sans donner une plus grande quantité d’huile, la disposait toujours à une prompte rancidiié. Il vaut mieux conserver ce beurre dans des pots que de le couler en tablettes.

Huile de lin {linum usitatissimum. L.). Dans le commerce , afin d’obteniç; une plus grande quantité de cette huile pour les besoins des arts, on torréfie les semences pour détruire le mucilage, qui s’oppose à son ‘ écoulement. Cette huile ainsi obtenue est *d’un jaune

rougeâtre, d’une odeur forte et désagréable , d’une sa- / '

veur âcre. Dans nos pharmacies, où nous visons moins à la quantité qu’à la qualité du produit , le procédé est diÇérent.

On pulvéjrise grossièrement la graine de lin ; on l’étale sur une toile portée par un tamis de crin , qu’on place sur une bassine contenant de i’eau en ébullition. Lorsque la vapeur a gonflé le mucilage , on replie la toile en quatre , onia soumet à la presse entre deux plaques d’étain chauffées à l’eau bouillante. Par l’expression il découle une huile d’une saveur douce , d’une couleur jaune verdâtre, d’une odeur qui n’a rien de repoussant ; c’est la seule huile de lin qu’on puisse se permettre d’employer en médecine..

Huile de ricin [ricinus communis. L. ). C’est l’Amérique qui nous fournissait autrefois l’huile de ricin ; mais la négligence qu’on mettait à sa préparation , et plus encore les falsifications qu’on lui faisait éprouver dans le commerce , ont'engagé les pharmaciens à la préparer eux-mêmes. Pour cela ils ont acclimaté le ricinus communis dans le midi de la France^ Ils en font venir les semences pour en retirer l’huile dans leurs laboratoires.

De tous les procédés proposés pour la fabrication de cette huile , il n’en est que trois qui méritent d’être connus. Le premier par , le deuxième par l’inter-

mède de Calcool, et le troisième par simple expj^ession,

Procédépar ébullition. On monde les semences de leurs enveloppes; on les broie dans un moulin , ou bien on les pile dans un mortier de marbre avec un pilon de bols. On pourrait , comme l’a indiqué M. Henry dans

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le Bulletin de i8i3, au lieu de mondei^ les semences^ se contenter de les torréfier légèrement. L’huile serait égalenaent douce , mais on lui donnerait une légère teinte ambrée. On met la pâte dans une bassine avec une suffisante quantité d’eau ; on chauffe, et on agite avec une spatule de Lois , jusqu’à ce que l’eau soit en ébullition, lise forme à sa surface une écume qu’on enlève avec une cuillère d’argent , et qu’on met à mesure dans une bassine plus petite. Chaque fois qu’on écume , il faut verser de très -haut deux à trois litres d’eau froide pour entretenir la même quantité de liquide et faciliter la séparation de l’écume huileuse. Lorsque la pâte est épaissie et ne fournit plus d’écume , on porte sur le feu la petite bassine , et on la chauffe de manière à avoir une ébullition légère. L’écume est formée d’eau , d’huile, et d’un mucilage qui la tient en suspension. L’eau s’évapore , l’huile s’échauffe , et le mucilage s’en sépare. Alors on verse le tout sur un blanchet ; l’huile passe incolore , épaisse , et très-douce au goût. Ce procédé a le double inconvénient d’exiger trop de combustible et de temps , et d’altérer un peu la nature de l’huile par l’action trop long-temps prolongée du feu.

Procédé par l'alcool. Ce procédé est fondé sur la propriété qu’a l’alcool de dissoudre l’huile et non pas le mucilage. Les semences mondées de leurs enveloppes on les réduit en pâte , qu’on délaie avec quatre onces d’alcool à 3G® par livre; on exprime, et on distille le liquide pour retirer la moitié de l’alcool employé. On lave à plusieurs eaux le résidu de la distillation. Après avoir séparé l’huile de 1 ’eau , on la chauffe à un feu très-doux

pour dissiper toute rhumiclité (]u’elle pourrait retenir ;

ensuite on la filtre dans une étuve à 5o®.

Ce procédé ne peut point être admis, l’abord parce qu’il est trop dispendieux., ensuite parce que riiuile est soumise à une température qui détermine sa prompte rancidité.

Procédé par expression. Ce procédé , le plus simple de tous, est aussi le meilleur, parce qu’il conserve h riiuile toutes ses qualités.

On disperse les semences sur une table. Avec un petit maillet de bols on frappe séparément chacune d’elles d’un petit coup sec et léger, afin de casser l’enveloppe sans écraser l’amande. On dépouille soigneusement à la main les amandes en évitant d’y mêler les portions d’enveloppe. Gela fait^ on les enferme sans les broyer dans une forte toile qu’on plie en forme de lettre , et qu’on soumet à une pression lentement graduée. On disWbue l’huile sur des filtres de papier gris; elle passe très-claire , inçoîore , delà viscosité d’un sirop bien cuit, d’une odeur très-légère, d’une saveur extrêmement" douce. 11 est inutile de porteries filtres à l’étuve : dans l’été, la chaleur d’un laboratoire occupé suffit; dans l’hiver, on peut les rapprocher des fourneaux. En mondant les semences de leurs enveloppes, on leur fait ✓

perdre un quart do leur poids : mondées elles rendent moitié de leur poids d’huile. Deux entonnoirs de moyenne grandeur peuvent en filtrer une livre par jour.

Ce procédé offre les avantages d’être extrêmement facile à exécuter, et de n’apporter aucune altération dans la constitution chimique de l’huile; cequile prouve.

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c’est l’observation de M. Boutron , qui a vu qu’un iéget abaissement de température au-dessous de zéro siiifisait à cette buile^our laisser précipiter sa stéarine^ phénomène qu’on n’observ£{it jamais dans celle d’Amérique , et qu’on observe plus difficilement dans l’huile dont l’extraction a exigé le plus petit degré de feu.

/ Cette huile a pour caractères principaux de se dissoudre en totalité dans l’alcool, ce qui sert à reconnaître sa pureté; et de ne pas se solidifier, même à une température de 2 1® — O.

/ Huile d'œuf. Le procédé de Morelot , qui consiste à délayer les jaunes d’œufs non cuits dans 1 eau , et à précipiter l’albumine par l’alcool, ne donne aucun produit. L’huile se sépare, il est vrai, mais ralbumine se précipite avec elle. Le meilleur procédé h suivre est celui de M. Henry. On met les jaunes d’œufs frais dans une bassine d’argent; on les dessèche au bain-marie jusqu’à ce que riiuile sorte par la pression des doigts. On les enferme dans un sac de coutil , et on les exprime entre deux plaques chauffées à l’eau bouillante. On metl’huile sur un filtre dans un bain-marie d’alambic ; elle passe de suite sans résidu. Le jaune d’œuf est formé d’albumine , d’eau et d’huile. Par la chaleur l’eau se dissipe , l’albumine se concrète , et l’huile se sépare. Sa couleur est jaune citrine ; son odeur est celle du jaune d’œuf; sa saveur est très-douce; elle est peu soluble dans l’alcool, même à chaud, se dissout dans l’éther^ même à froid , en toute proportion. Elle a la propriété d’accélérer, même en petites doses, l’extinction du mercure. Elle est très-sujette à s® décolorer et à rancir lorsqu’on la

DU PHARMACIKN.

laisse dans des flacons en vidange. On peut cependant la conserver en bon état pendant une année , en ayant la précaution delà distribuer en de petits flacons , de les remplir en entier et de les boucher fortement. Par là on l’abrite du contaqt de l’air , cause principale de sa détérioration.

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