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II. Extraits alcooliques

Les extraits alcooliques , comme leqr nom nous l’indique , sont ceux dont l’alcool est le véhicule. L’alcool à 02° est le plus généralement employé : dans quelques cas, on le prend à 36, et même La solution des principes médicamenteux de la substance étant opérée , il est deux manières d’en retirer l’extrait : la première est de distiller pour obtenir une partie de l’alcool , et de ^précipiter par l’eau la matière résineuse ; la seconde est de distiller d’abord, et d’achever ensuite l’évaporation au bain-marie. Le premier procédé donne la résine presque pure , le second donne l’extrait alcoolique proprement dit , ou un mélange de résine et de tous les autres principes qu’a pu dissoudre la portion d’eau unie à l’alcool.

Résine de jalap [convolvulus jalapa. L. ). On concasse la racine de jalap, on la met dans un matras avec 4 5 fois son volume d’alcool à 32'’. On la

laisse en digestion plusieurs jours ; on passe la première teinture ; on verse du nouvel alcool sur le résidu ; on fait digérer encore quelques jours. Enfin lorsque le jalap

MANUEL

ne colore plus l’alcool , on verse le tout sur un linge , on exprime fortement , on réunit les produits des différentes digestions , en les filtre , et on les distille aux trois quarts. On introduit le résidu de la distillation dans un matras , qu’on remplit d’eau distillée froide. Celle-ci s’empare de l’alcool qui abandonne la résine. La liqueur devient blanche comme du lait^ la résine se précipite ; on décante l’eau qui la surnage , et qui contient encore de l’alcool, qu’on peut séparer par distillation. On lave la résine avec de la nouvelle eau ; on la porte à l’étuve sur une capsule de verre ou de porcelaine , et on la divise en petites masses pour faciliter la dessiccation.

M. Planche a donné un moyen pour retirer la résine la plus pure du jalap. Il consiste à piler dans un mortier de marbre avec un pilon de bois le jalap épuisé par plusieurs macérations à l’eau froide, de manière à le réduire en pulpe bien déliée. On délaie cette matière puiuYo?^me avec 10 à î2 fois son poids d’eau froide. Il s’attache au i pilon une grande quantité de résine , qu’on enlève avec : une spatule d’ivoire. On réitère la môme opération , de ! manière è séparer toute la résine. Lorsqu’elle est obtenue , , on la lave dans l’eau , qui la prive de l’amidon, de la matière extractive , etc. On la dissout au bain-marie dans | 3 ou 4 fois son poids d’alcool très-rectifié ; on filtre le so~ latum , et lorsqu’il est h demi-refroidi , on précipite la 1 résine par l’eau à la méthode ordinaire. Cette résine, desséchée avec soin , est translucide , friable , soluble à froid , et sans résidu dans l’alcool , d’une couleur jaune verdâtre.

Extrait alcoolique detnoix vomique [strjdinosnux

üomica, L. ). On râpe la noix vomique , on la met dans le bain-marie d’un alambic , on verse dessus de l’alcool h 56® , dont on iacilite l’aelion par une chaleur de 55®. On le renouvelle 5 à 4 fois , et lorsque le dernier ne prend ni couleur , ni saveur , on verse le tout sur un linge , ou exprime fortement , on réunit les ieioiures , on les (il Ire, et on les distille au bain-marie jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un cinquième environ de résidu. On le met dans une capsule d’élain , et on l’évapore en consistance pilulaire. On obtient ainsi un extrait brillant, grisâtre , qui s’étire en tons sens comme la térébenthine.

Gelées.

On donne le nom de gelées à des médicamens de consistance tremblante due à la matière gélatineuse des substances , soit végétales , soit animales , dont on les retire. Les gelées ont pour caractère essentiel de devenir fluides par l’interposition du calorique ^ et de reprendre une consistance tremblante par le refroidissement; ce qui les distingue des mucilages. Elles sont insolubles dans l’eau froide , solubles dans l’eau chaude, ordinairement très-Iimj)ides , d’une saveur agréable; de sorte que la plupart d’entre elles sont plutôt employées

comme alimens que comme médicamens. On les extrait des substances végétales et des substances animales; ce qui les divise naturellement en deux classes.

Les gelées végétales sont douces au toucher, et ne dégagent par la fermentation ni azote ni ammoniaque, peuvent, lorsqu’elles sont bien faites, se conserver un an , et même davantage.

MANUÉ'L

Les gelées animales , 011 gélatines proprement dites , sont rudes au toucher, et par l’analyse, comme par la fermentation , dégagent beaucoup d’ammoniaque , et ne se cooservent que peu de jours. Dans la composition des unes et des autres , il entre toujours une certaine quantité de sucre. Les règles à obserrer pour leur préparation^ sont les suivantes :

1° Ne pas choisir les fruits trop mûrs, parce que dans la maturation la gélatine fait place à la matière sucrée.

2® N’employer que la quantité de sucre nécessaire pour absorber l’humidité qui tient la gélatine étendue.

5° Cuire promptement les gelées; car par le contact du feu l’acide du fruit réagit sur la gélatine, et la gelée devient plus sucrée , moins acide, et bien moins consistante.

4° Lorsqu’on est obligé de clarifier les gelées , augmenter la dose des substances pour remplacer la quantité de gélatine enlevée par la cîaribcation.

5^ N’employer que des ustensiles d’argent, ou de cuivre bien éiamé.

Gelées végétales.

Gelée de groseilles. On choisit les groseilles un peu avant leur entière maturité; c’est-à-dire lorsqu’elles sont bien rouges et encore acides. Il est plusieurs procédés pour en obtenir Iq gelée.

1“ On met les graines , séparées de leurs rafles , dans une bassine , et on les chauffe sans les écraser. Le suc

DU PHA^BMACIEN. ISQ

exsude , on le coule à travers un tamis pour le séparer des semences et des enveloppes. Alors sur une partie de suc on ajoute une demi -partie de sucre concassé; au bout d’un quart d’heure , on porte la bassine sur le feu , et l’on fait évaporer à gros bouillons. 11 faut que celte gelée soit faite en un quart d’heure , un plus long espace de temps détruit la gélatine ; c’est ce que savent très-bien les confiseurs , qui , pour ne pas en retarder la cuite, n’opèrent que sur de petites quantités à la fois , et sé servent de bassines très-évasées , qui , faisant présenter au liquide beaucoup de surface , rendent son évaporation plus rapide. En mettant un quart de sucre de plus , la gelée est plus sucrée et plus vite finie.

2® On met à la fois dans la bassine le sucre concassé et les groseilles sans les rafles. Le suc , à mesure qu’il sort , fond le sucre. Lorsqu’il est fondu , on jette le tout sur un tamis de crin, et l’on fait évaporer jusqu’à ce qu’un peu de cette gelée sur une assiette prenne une consistance tremblante : alors on la distribue dans des pots. Ce procédé est embarrassant et moins économique que le premier ; car une certaine quantité de sucre reste en pure perte mêlée au résidu.

5® Yolci le moyen le plus simple de préparer cette gelée :

On enferme les groseilles dans un linge , on les exprime h la main pour en tirer le suc. Lorsqu’il est obtenu , on le pèse, et par livre de suc on ajoute i5 onces de sucre concassé. Pour en faciliter la solution , on n’emploie point de chaleur, on le (rotte dans les mains plongées dans le suc même. Lorsqu’il est fondu , on coule la

MANUEL

gelée. Lorsque la gelée est solidifiée, on recouvre sft surface d’une rondelle de papier trempée dans l’eaude-vie.

Gelée de cohigs. On prend le fruit avant la parfaite maturité , on l’essuie avec un linge pour enlever le duvet cotonneux qui le recouvre , on le coupe longitudinalement, 011 en sépare les pépins, placés au milieu d’un • mucilage. A mesure qu’on coupe le fruit , on le laisse tomber dans l’eau froide pour éviter qu’il se colore. Lorsque tous les coings sont coupés , on les fait bouillir jusqu’à ce qu’ils soient assez ramollis ( 4 parties i /2 d’eau suffisent pour 5 de fruits ) ; on passe ensuite à travers un linge , sans expression. D’autre part , on fait avec le sucre ou la cassonade un sirop simple qu’on clarifie au blanc d’œuf, et qu’on cuit au petit cassé. On retire un instant la bassine du feu pour ajouter le decoctum de coings , et , par une ébullition très-rapide , on le cuit en consistance de gelée. Par ce procédé, la gelée conserve la couleur et l’odeur du fruit , et ne prend qu’une teinte jaune de topaze. Il faut 3 tb de sucre sur 4 ib de coings.

Gelée de pommes. On cherche à l’obtenir transparente et incolore ; on y parvient par le procédé que voici : on prend des pommes rainettes, on les pèle avec un couteau à lame d’argent, on les fend en quatre, on en sépare les pépins , on met les morceaux à mesure . qu’on les coupe dans de l’eau où l’on a exprimé le suc d’un citron ; on les relire , et on les fait cuire dans 4 parties d’eau sur 3 de fruit. Lers*|u’e]les s’écrasent laci-

îement sous le doigt , alors , sans attendre qu’elles se réduisent en bouillie^ ce qui colorerait le suc , on passe le tout à travers un linge, on reverse les premières por^ tiens , et on laisse ainsi égoutter jusqu’au lendemain. On obtient un suc mucilagineux et de couleur laiteuse , on le pèse , et sur une partie ùe suc on prend deux parties de sucre , dont on fait un sirop simple. Lorsqu’il est cuit au casse, on lui ajoute le suc, on cuit rapidement , on enlève l’écume à mesure qu’elle se forme , et lorsqu’en essayant la gelée sur des assiettes elle prend sa consistance tremblante , alors on la coule dans des pots , au fond desquels on met ordinairement quelques zestes de citron lavés à l’eau bouillante pour leur enlever leur saveur âcre.

Gelée de lichen ( lichen islandicus. L.). On plonge le lichen pendant une .minute environ dans l’eau bouillante pour dissoudre une partie de son amértume, ouïe place sur un tamis, et on le lave à l’eau froide.

Le procédé que donne le Codex est vicieux; la colle

de poisson non-seulement est inutile , mais encore accé-'

1ère l’altération du médicament. Pour obtenir 4 onces

environ de cette gelée , on opère ainsi : on prend une once de lichen lavé et 5 onces d’eau ; on découpe le lichen, et on l’introduit avec l’eau dans une boule d’étain h bouillons; on la visse, et on la laisse au bainmarie pendant environ 5 heures. Après ce temps , on passe avec expression à travers un linge , on met le liquide gélatineux sur le feu dans un petit poêlon , avec une once de sucre ; on agite avec une spatule de bois pour dissiper un peu l’humidité. Lorsque la gelée est

réduite à 4 onces à peu près , on la coule dans un pot. Il se forme à sa surface une écume grisâtre et épaisse : lorsqu’elle est solidifiée., on l’enlève adroitement , et l’on obtient par le refroidissement une gelée bien consistante et très-homogène.

Geiée animale.

Gelée de corne de cerf. On prend la corne de cerf râpée et lavée à l’eau chaude, on la fait bouillir en vase couvert pendant plusieurs heures et à petit feu. Lorsque le decoctum colle- les doigts , et que les morceaux de corne sont friables , on juge que toute la gélatine a été dissoute; on laisse évaporer le decoctum , de manière à ce qu’il n’en reste que la quantité nécessaire ; on le passe. On bat dans un poêlon un blanc d’œuf avec un peu d’eau, sans ouWlerle sucre, qui doit entrer dans la gelée , condition indispensable pour l’avoir parfaitement claire. L’albumine divisée, on ajoute, en battant toujours, le decoctum de corne de cerf bien décanté. On porte le tout sur le feu , et lorsque le liquide monte, à l’endroit même du bouillon , on exprime le suc d’un citron. La liqueur se tranche aussitôt^ l’albumine se coagule en s’emparant des impuretés, et laisse voir le fond du vase dans lequel on opère. On passe la gelée à travers un linge , et on la coule dans un pot où l’on a mis pour l’aromatiser un peu d’eau de cannelle et de vin d’Espagne. Pour 4 onces de gelée , les doses sont : corne , § ij; sucre, ^j;

eau de cannelle et vin d’Espagne , aa une cuillerée à café; eau , quantité suffisante.

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