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MANU

un chapiteau par un col long et étroit. A ce chapiteau était un conduit destiné à verser le produit dans le récipient. Le chapiteau, qui représentait un cône creux, était entouré d’un réfrigérant rempli d’eau froide, qu’on renouvelait à mesure qu’elle s’échauffait par le calorique qu’elle enlevait à la vapeur. Mais i° la cucurhite ne présentant que peu de surface , le liquide n’était pas en contact avec le calor ique par un assez grand nombre de points, et ne s’échauffait que lentement; 2° la longueur du col exigeait beaucoup de feu pour faire monter la vapeur à la. partie supérieure du chapiteau, et beaucoup de vapeur ne pouvant pas y arriver , retombait dans la cucurbite , d’où il fallait les volatiliser de nouveau; 5® le peu de largeur du col rendait leur passage si difficile, que très-sou-

vent il y avait explosion ; 4® le peu d’étendue du conduit laissait arriver dans le récipient un liquide tellement chaud, qu’une grande quantité de vapeurs se dégageait dans l’air. Baumé modifia cet alambic de la manière suivante. Il donna à la cucurbite moins de hauteur et plus de largeur, il supprimale col, et fil communiquer le chapiteau avec la cucurbite par une ouverture aussi large qu’elle. Il donna au conduit une longueur plus considérable , le contourna en spirale , et le plaça dans une cuve d’eau froide. Depuis, on a retranché le réfrigérant du chapiteau , pour lui substituer un couvercle légèrement convexe.

Amesureque la vapeur sort de la cucurbite, elle passe dans le serpentin, et transmet son calorique à l’eau de la cuve. Pour la renouveler , on fait arriver , h l’aide d’un conduit h entonnoir qui plonge au fond de la cuve, de

reau froide ; celle-ci déplace l’eau chaude, qui sort par un trop-plein placé à sa partie supérieure. On sait, en effet, que l’eau froide a la propriété d’occuper les couches inférieures sans se mêler avec l’eau chaude, qui, plus légère qu’elle , la surnage. Si l’on négligeait de changer l’eau , les couches supérieures finiraient par prendre la température de l’eau bouillante , et les vapeurs ne pouvant se condenser qu’aux dépens des couches inférieures , le liquide arriverait chaud dans le récipient , et se dissiperait en partie , surtout s’il était spiritueux.

Modes de distillation.

Pour distiller les liquides , il faut d’abord leur transmettre une quantité de calorique suffisante pour les réduire en vapeurs. Cette transmission se fait de deux manières, sans intermède et avec intermède. Sans intermède , lorsqu’on applique le feu sous la surface inférieure du vase distillatoire ; avec intermède , lorsque le calorique n’arrive au liquide qu’après avoir traversé un corps étranger, tel que l’eau ou le sable : de là, distillation à feu nu , au bain-marie , au bain de sable.

La distillation à feu nu est la plus ordinairement employée , parce que la presque totalité du calorique produit par la combustion se trouve utilisée , si les appareils et les fourneaux sont bien construits. On s’en sert lorsque le degvé d’ébullition n’est pas capable d’altérer la nature de la matière à distiller. Ce degré varie selon la pureté du liquide ; c’est ainsi que l’eau pure ne prend pour bouillir que 100® cent., tandis qu’elle en exige davantage lorsqu’elle est chargée de sels en solution.

MANUEL

Le bain-marîe ne s’emploie que pour les liquides qui entrent en ébullition à une température inférieure à celle de l’eau bouillante , ou que la chaleur à feu nu pourrait altérer. Dans cette distillation, le calorîcfue n’est transmis au liquide à vaporiser que par l’intermède de l’eau , qui , sans compression , ne peut prendre une température supérieure à lop®. C’est le même effet qui se passe dans la distillation à la vapeur. Celle-ci échauffe le liquide aux dépens de son calorique latent.

Enfin , lorsque les liquides ne peuvent se vaporiser au degré de l’eau bouillante , on se sert du sable , dont on peut augmenter graduellement la température jusqu’à l’incandescence. Le sable , étant mauvais conducteur du calorique, le retient, et empêche que les inégalités de température provenant de la conduite du feu ne retardent l’opération ; il sert encore à emboîter de toutes parts la cornue , et évite par là qu’elle se brise par le contact d’un air froid ou par un éclat de combustible.

Les produits que la distillation donne à la pharmacie peuvent se ranger en deux classes. Les uns sont le résultat d’une simple extraction , les autres le résultat d’une véritable décomposition. Dans la première classe nous placerons les eaux, les alcoolats, les huiles volatiles, et le vûiaigre distillé; dans la deuxième, nous comprendrons la distillation du succin , celle de la corne de cerf, et la purification des produits qui en résultent.

DÜ PHARMACIEN.

EAPX DISTILLÉES.

On disiille l’eau soit pour la priver des sels qu’e contient ; soit sur des plantes , pour la chaiger de leurs principes volatils. De là Veau distillée commmte , et les eaux distillées de plantes >

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