DISTILLATION DU VINAIGRE
Le vinaigre est un mélange d’acides acétique, malique , tartrique , d’eau , d’un peu d’alcool , de tartre , de matières extractives et de matières colorantes. LebirUqu’on se propose en le distillant est de le priver moins de l’eau qui l’affaiblit que des matières étrangères qui tendent à sa détérioration, et le rendent impropre à la préparation d’un grand nombre de produits pharmaceutiques. L’eau est plus volatile que l’acide acétique , les matières extractives se décomposent par une trop forte chaleur ; aussi cette distillation exige- 1- elle quelques précautions.
On Introduit le vinaigre rouge ou blanc dans une cornue de verre, qu’on remplit aux trois quarts environ; on la place dans un bain de sable ^ et à l’aide d’une alonge on la fait communiquer avec un ballon oftVant une tubulure ouverte. On porte le vinaigre à l’ébullition , on sépare les premières portions qui distillent : elles sont peu acides , d’une odeur très-suave légèrement éth érée,
due h la réaction de Tacide sur la petite quantiic d’alcooL Le second produit est très-acide , d’une odeur moins pénétrante. On arrête l’opération lorsqu’on a retiré les trois quarts du vinaigre , ou mieux lorsqu’on voit que ce qui reste dans la cornue a acquis la consistance de la lie de vin. Si l’on pous^k la distillation plus avant, le vinaigre prendrait un goût d’empyreume. On peut tirer parti du résidu en le délayant dans un peu d’eau , qui , en se vaporisant entraîne l’acide. Quelques précautions qu’on prenne , le vinaigre distillé contient une petite quantité de matière organique , dont la présence se manifeste lorsqu’on le met en contact avec une assez grande quantité d’alcali. »■
DISTILLATION pES SUBSTANCES ORGANIQUES.
Toutes les fois qu’on trouble l’équilibre qui maintenait réunis'les principes constitiians d’un corps organique , il sè décompose , c’est-à-dire que ses élémens se dissocient pour se combiner dans un ordre et dans des proportions nouvelles. Les produits qu’on en obtient sont d’autant plus nombreux et plus variés que les élémens des corps étaient plus nombreux eux-mêmes. Aussi les végétaux en fournissent -ils moins que les animaux, qui contiennent l’azote de plus qu’eux. La formation de ces produits ne dépend pas uniquement de la force d’alfinité , elle est modifiée le plus souvent par le degré de température. GhaulTés à feu nu et en vase clos , tous les corps organiques donnent de l’eau, des acides , de l’huile et des gaz. Au bain-marie, on retire des produits , qui , s’ils ne dilFèrent pas des premiers par leur
MANUEL
iialure , en diffèrent beaucoup par leurs proportions. C’est ainsi qu’on obtient plus d’eau et moins d’huile dans le second cas que dans le premier , parce que la température ménagée laisse aux éîémens la liberté de s’unir à leur gré; et que l’hydrogène a plus de tendance à s’unir à î’oxigène pour forment 4e l’eau qu’au carbone pour former de l’huile. Si l’on opère en' vase ^los avec précaution , on doit retrouver tous les élémens qui composaient le corps organique dans les produits qui résultent de sa décomposition : ils y sont en même quantité , mais engagés dans des combinaisons nouvelles , binaires, ternaires ou quarténaîres. Ce sont des phénomènes semblables qui se passent dans les opérations que nous allons décrire. ' ^
Sels et halles volatiles empjreumatiqa&s*
La corne de cerf et le succin senties deux substances que le pharmacien décompose pour en retirer les produits, que, par une vieille habitude , on désigne quelquefois encore sous les noms Ôl esprits , sels et huiles volatiles empjreumatiques. Commela composition chimique de ces deux corps n’est pas la même^ il s’ensuit que la nature et le nombre des produits qui résultent de leur décomposition , ainsi que les phénomènes qui accompagnent leur formation , doivent varier pour chacun d’eux ; aussi méritent-ils d’être examinés séparément.