QUATRIÈME PARTIE
SOLÜTIOIN.
Opération qui a pour but de rompre la force d’agrégation qui unit les molécules intégrantes d’un corps à l’aide d’un liquide qui s’interpose entre elles, elles écarte sans les décomposer. ♦
Elle se distingue de la dissolution en ce qu’elle ne fait que changer l’état du corps , tandis que la dissolution lui fait changer de nature. Dans l’une comme dans l’autre , l’action du liquide et du corps à diviser est moléculaire ; dans la dissolution elle est , de plus , réciproque. La solution n’agit que sur les molécules intégrantes , la dissolution agit encore sur les molécules constituantes. Après une solution , on peut ramener le liquide et le corps divisé à leur état primitif; après la dissolution , l’un et l’autre ont disparu. La solution est donc le résultat d’une force mécanique , la dissolution celui d’une force chimique. Du sucre fondu dans l’eau nous offre un exemple de la première opération ; du mercure dans l’acide nitrique nous en offre un de la seconde.
Pour opérer la solution d’un corps , il faut i® que le liquide soit approprié à sa nature ; 2° qu’il soit en quantité suffisante ; 5° que le corps soit mis dans des conditions favorables.
I ® Liquides. Les liquides sont l’eau , le vin , le vinaigre , les huiles , l’alcool et l’éther ; on peut y joindre encore le calorique, car la fusion, la liquéfaction, l’évaporation, sont de simples solutions, dans le calorique, de métaux , de corps gras et de liquides : ce qui le prouve , c’est que tous ces corps , à mesure que le calorique les pénètre , augmentent de volume et changent d’état; mais , par la soustraction du calorique interposé , ils repassent par les divers degrés d’extension qu’ils ont d’abord parcourus , et finissent par offrir , lorsqu’ils sont complètement refroidis, le même volume et le même état qu’ils avaient avant de commencer l’opération. Il en est de même de la gazéification. Les gaz ne sont à l’état aériforme qu’à l’aide du calorique , aussi la compression le fait-elle jaillir, quelquefois mêrrie en assez grande quantité pour que les gaz deviennent liquides. Enfin nul doute que tous les gaz ne devinssent solides s’il était possible de produire un degré de froid sulTisant. Le cyanogène cristallise , le gaz ammoniac se liquéfie lorsqu’on les enferme dans une boule de verre mince entourée de coton sur lequel on verse de l’acide sulfureux liquide. La quantité de calorique que , pour se vaporiser , l’acide enlève à ces gaz , suffit pour en rapprocher les molécules), au point de leur faire perdre leur élasticité première.
2® Quantités de liquide nécessaires aux solutions. Il est impossible de les déterminer d’une manière exacte ; elles dépendent de l’affinité du corps pour le dissolvant, du degré de cohésion de ses molécules , de la température à laquelle on opère , des principes qui accompagnent