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MAN UE I

OU enveloppent celui qu’on veut extraire, enfin delà nature du liquide lui-même.

5® Conditions favorables aux solutions. Pour faciliter l’action dissolvante des liquides sur les corps avec lesquels on les met en contact , il faut i° que le contact soit prolongé suffisamment; 2° que le corps soit divisé le plus possible; 5® que les surfaces soient renouvelées souvent. Une pression forte et un certain degré de température rendent les solutions plus promptes et plus parfaites.

La solution d’un corps peut se faire de quatre manières différentes : pav macération, vslv digestion, infusion , par décoction.

Macération. Opération qui consiste à laisser le liquide et le corps à dissoudre en contact pendant un jour ou deux à la température ordinaire. On l’emploie pour les vins , les vinaigres médicinaux , les teintures éthérées.

Digestion. Celte opération ne diffère de la précédente qu’en ce que le contact se prolonge plus longtemps , et qu’on emploie une .température de 35 à 45® cent. On la réserve pour les teintures alcooliques et quelques huiles médicinales.

Infusion. Cette opération s’exécute en versant sur la substance dont on veut extraire quelques principes le liquide , préalablement échauffé , dont on prolonge suffisamment le contact. La température du liquide, et la durée de son actioh varient d’après les substances sur lesquelles on opère , et la nature des produits qu’on veut dissoudre. Si ce sont des fleurs, des feuilles, ou tout

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autre corps d’une texture délicate , dont on cherche à isoler l’arôme , le principe colorant et les principes fixes les plus facilement solubles , on verse le liquide bouillant , et on le retire au bout de dou^e heures environ.

Si ce sont des écorces , des racines ou des bols , il faut moins de chaleur, mais un conta*ct plus long; aussi ne doit-on porterie liquide qu’à 5o ou 5o® ^ le laisser 24 heures au moins sur le corps bien divisé, et faciliter son action en agitant de temps en temps.

Décoction. Opération par laquelle on extrait les principes d’un corps en le faisant bouillir avec un liquide.

On distingue trois espèces de décoctions ; la légère médiocre et la forte. Dans la première , î’ébullltion ne dure que pendant quelques minutes; dans la seconde , elle peut durer pendant une demi-heure ; dans la troisième , elle peut se continuer pendant plusieurs heures de suite. Ce qui établit entre elles des différences , c’est la durée de l’ébullition et non sa force ; car sitôt que les liquides commencent à bouillir , ils élèvent le thermomètre à un point qui varie pour chacun d’eux. Que les bouillons soient petits ou gros, qu’ils se succèdent avec rapidité ou lenteur, le mercure reste au meme niveau , preuve incontestable que tout le combustible employé sert à transmettre plus rapidement le calorique au liquide , sans l’y fixer en plus grande quantité. Si nous prenons l’eau pour exemple , nous verrons qu’elle entre en ébul- , lition à 100® cent. , et qu’jine fois à ce point le mercure ne monte jamais plus haut, il s’ensuit que, selon le but qu’on se propose , on doit rendre l’ébullition plus rapide ou plus lente. S’il s’agit d’extraire par décoction dau^

MANUEL

Feau les principes d’un corps , comme une fois à l’ébullition l’eau ne prend jamais une température plus élevée , il est inutile d’augmenterle feu ; mais si l’on cherche à évaporer dans un temps donné une plus grande masse de liquide , comme dans la préparation des sirops et des gelées végétales , il est Nécessaire d’activer le feu afin que l’eau s’échauffant plus rapidement , son évaporation soit plus prompte.

La décoction ne doit s’employer que le plus rarement possible , car elle altère les propÿétés médicinales et change les caractères physiques et chimiques des corps qui ne contiennent même aucun principe volatil. Quoique nous ayons déjà signalé ces inconvénîens en parlant des extraits , nous y reviendrons encore en citant des faits nouveaux. Par une longue ébullition , le sucre se colore, et perd en partie sa propriété cristallisai) le. Les mucilages deviennent plus liquides, la gélatine perd sa consistance , la manne sa vertu purgative , la casse sa saveur sucrée , le senné et les follicules donnent des liquides mucilagineux et sans action. La rhubarbe devient astringente, le suc de la laitue, qui est calmant et légèrement narcotique, ne l’est plus après son ébullition. Il en est de même de tous les sucs de plantes vireuses. L’éhullition dissout la fécule amilacée de tou» tes les substances qui en contiennent, et augmente le poids du produit aux dépens dé ses propriétés médicinales.

Après avoir examiné la solution et les différens moyens de l’obtenir , nous allons étudier les produits qu’elle donne.

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