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BOUILLONS MÉDICINAUX

On appelle bouillons les decoctum de la chair des animaux.

On les divise en alimentaires et en médicinaux. On peut prendre les premiers chaque jour de la vie ; c’est pour les malades qu’on réserve les seconds. Dans la composition des uns et des autres on ajoute souvent des substances végétales, qui en font varier l’odeur , la saveur, quelquefois même la couleur. Le bouillon contient tous les principes solubles de la substance dont on le retire. La chair de tous les animaux est formée , mais en proportions qui varient selon l’espèce , le sexe et l’âge , de fibrine , d’albumine , de gélatine , d’une matière extractive odorante et sapide nommée osmazôme , de graisse et de différens sels. Lorsqu’on la soumet à l’action de l’eau élevée graduellement au degré de l’ébullition , l’albumine se coagule peu à peu , et s’élève sous forme d’é-

cume épaisse , îa gélatine se dissout , îa graisse se fond en gouttelettes de dimensions différentes , qui nagent h la surface de l’eau ; les sels se dissolvent en même temps que Vosmazâme; c’est elle qui donne au bouillon sa couleur, son odeur et sa saveur. La fibrine ramollie reste pour résidu. Si l’on soumettait de suite la chair à faction de feaii bouillante , l’albumine, par sa trop brusque coagulation, empêcherait la solution de la gélatine, et Ton n’obtiendrait qu’un bouillon faible et presque sans saveur. Pour les bouillons alimentaires, le mode de préparation est constamment le même ; pour les bouillons médicinaux , il varie selon les substances qui les composent.

Bénies générales pour la préparation des Èoulllons

médicinaux,

1* Substances animales très-saines et séparées de toutes les parties qui pourraient donner au bouillon une saveur et une odeur désagréables. C’est ainsi qu’on lave les escargots pour enlever le mucus qui les recouvre , qu’on retranche la tête et la peau de la grenouille et de la vipère, qu’on rejette les intestins de la tortue.

2° Si le bouillon ne contient rien que le feu puisse dissiper, opérer à feu nu dans des vaisseaux de terre de

préférence à ceux de métal , parce que les premiers sont moins conducteurs du calorique , et qu’une fois échauffés , il suffit d’un peu de cendre chaude pour entretenir l’ébullition légère qu’on désire.

3® Si dans la composition du bouillon il entre des ^ substances dont il est nécessaire de conserver l’odeur 5^,

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opérer au bain-marie en prolongeant le feu jusqu’à ce que la coction soit complète , c’est-à-dire environ deux heures.

4® Employer toujours , pour avoir un bouillon semblable , même poids d’eau et de substances, et même durée de coction.

5° Ne passer le bouillon que lorsqu’il est entièrement froid , afin de retenir sur le linge la graisse qui se fige à sa surface.

6® Si le bouillon n’est pas pris au moment où l’on vient dej’achever , le conserver dans un lieu f^ais ; et ,

pendanti’été , dans l’eau froide.

N. On ne doit pas attribuer à la négligence des élèves la différence de couleur que les bouillons présentent quelquefois. Lorsqu’on prépare chaque jour un bouillon de tortue J par exemple, au bain-marie, avec le même poids de chair ^ si la tortue est assez volumineuse pour sufïir à deux bouillons , on en réserve la moitié pour le lendemain. Le premier bouillon fait avec la chair fraîche est moins coloré , mais plus clair que celui fait avec la chair conservée pendant un jour : c’est que la, chair récente contient une certaine quantité de sang , qui clarifie le bouillon , tandis que celle qui a subi le contact de l’air a éprouvé une légère dessiccation.

Bouillon de vipère.

On saisit avec des pincettes la tête de la vipère , on la '^coupe avec des ciseaux, eton l’écrase pour éviter sa 'morsure, qui peut être encore dangereuse; il s’écoule

quelques gouttes de sang , qu’on reçoit dans le vase oii doit se faire le bouillon. Alors en pinçant avec les ongles , d’une main le tronc , de l’autre la peau qui le recouvre, on les lire en sens opposé ; la peau se décolle avec la plus grande facilité presque jusqu’au bout. On retranche avec des ciseaux l’extrémité à laquelle elle adhère fortement. On découpe la vipère en quatre ou cinq tronçons , qu’on met dans un bain-marie couvert, avec l’eau et les autres substances prescrites dans la formule. Au bout de deux heures on retire le vase du feu , et lorsqu’il est froid, on le découvre et on passe le bouillon.

Bouillon (T escargots ou colimaçons de vignes.

On casse avec la pointe d’un couteau l’exsudation calcaire dont les escargots ont muré l’entrée de leurcoquille. On les Jette dans l’eau bouillante. Au bout de quelques minutes on les retire ; on les arrache de leur coquille ; on les lave à l’eau froide ; on les coupe en morceaux, et on lés fait bouillir à petit feu pendant une heure dans un pot de terre vernissé ; on passe ensuite avec expression. Il faut se servir d’un pot de terre vernissé , car les escargots contiennent du soufre , quinoirA cit les vaisseaux d’étain et ceux d’argent. Pour constater la présence du soufre dans le (iecocïil^^’escargots , M. Boudet le rapprocha en consistance de gelée, le fit bouillir ensuite avec de la potasse. Pgr le vinaigre il décomposa le sulfure formé , et obtint un dégagement trèssensible d’hydrogène sulfuré. ^

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EAUX minérales.

On appelle eaux minérales celles qui conliennent assez de matières étrangères pour avoir de la saveur et exercer une action sur l’économie animale. Elles sont naturelles ou artificielles. Les premières nous sont données par la nature , les secondes sont le produit de l’art et le résultat de la synthèse.

D’après les substances qui dominent dans leur composition , on les a divisées en quatre classes : les gazeuses ou acidulées ,\es salines, ^rrugineuses ^ les sulfureuses.

Les gazeuses sont celles qui contiennent assez d’acide carbonique pour être effervescentes à l’air.

Les salines sont celles qui doivent leurs propriétés , tantôt uniquement aux sels , tantôt à la réunion des sels et de l’acide carbonique.

Les ferrugineuses sont celles qui sont minéralisées par le fer à l’état de sulfate ou de carbonate acide.

Les sulfureuses contiennent le soufre à l’état d’hydrogène sulfuré, libre ou combiné avec les bases salifiables.

/On les nommait jadis hépathiques.

Les vertus des eaux minérales sont dépendantes de la nature et de|f|pfbportions des substances qu’elles renfeWe^^^urfeire les eaux minérales artificielles, il faut c^&îîtr^.«^’analyse exacte de l’eau qu’on veut imiter ; 2° la manière d’opérer la solution ou la combinaison des divers corps qui la composent.

Îi05

1® Analyse des eaux minérales»

Les substances qu’on peut trouver dans les eaux minérales sont :

un

C Acides carbonique , hydrosuLfurique. Sulfates de soude, de chaux, de magnésie. Hydrochlorates de soude , de chaux , de magnésie. Sous -carbonates de soude, de magnésie, de chaux et de fer. Nitrates de potasse , de chaux , de magnésie ( ces trois nitrates se rencontrent presque toujours dans les eaux de puits de Paris ). Matières organiques.

Gaz oxi^ne , azote. Acides borique , sulfureux , sulfurique , hydrochlorique , nitrique. Silice. Soude. Sulfates d’ammoniaque, de potasse, de fer, de cuivre, de manganèse. Alun. Hydrochlorates de potasse , d’ammoniaque , d’alumine , de manganèse , de baryte. Phosphate d’alumine. Fluate de chaux. Sous - carbonates de potasse , d’ammoniaque , d’alumine , de strontiane, de manganèse. Sous-borate de soude. Hydrosulfates simples ou sulfurés de soude et de chaux. Hydriodale de potasse.

Pour connaître la composition d’une eau minérale , il y a deux espèces d’analyses à faire. La première est V analyse d'indication, qui sert à signaler d’une manière générale les principales substances que l’eau contient. La deuxième eslV analyse de détermination exacte, qui précise leurs proportions et leur nature.

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en

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A. Jinaiyse d* indication*

On commence par constater la situation de la source, la nature du terrain , les végétaux qui croissent à l’entour de la fontaine, le dépôt qui s’y forme. On examine ensuite les propriétés physiques de l’eau, sa saveur, sa couleur , son odeur. Le thermomètre donne son degré de température. Pour connaître sa pesanteur spécifique, on pèse un même flacon d’abord plein d’eau distillée , ensuite plein d’eau minérale (i).

Passant à l’emploi des réactifs , on s’assure par le papier de tournesol si elle est acide , par celui de curcuma , si elle est alcaline.

C’est l’acide sulfureux , si l’eau §^nne odeur de soufre en combustion , et laisse précipiter du soufre par l’hydrogène sulfuré.

C’est l’acide carbonique , si elle est mousseuse et ai» grelette , et perd son gaz par l’ébullition.

C’est l’hydrogène sulfuré , si elle a une odeur d’œufs pourris , si elle précipite en noir les dissolutions d’argent , de mercure , de plomb , et perd ces deux propriétés par l’ébullition.

Pour savoir si l’alcali libre est la potasse ou la soude, il faut évaporer une portion d’eau pour avoir un résidu salin ; traiter celui-ci par l’alcool à 56% afin de dissoudre les sels solubles , redissoudre dans l’eau distillée , saturer

(i) L’aréomètre est un mauvais instrument pour connaître la densité des liquides dont le poids diffère peu de celui de l’eau distillée ; il faut avoir recours if la détermination de pesanteur spécifique par la fealancp.

par l’acide acétique, évaporer et traiter de nouveau par l’alcpol, qui ne dissoud|;^que l’acétate formé par l’alcali qui existait à l’état de liberté. Alors l’hydrochlorate de platine indiquerai potasse, s’il forme un précipité; la soude , s’il n’en forme point.*

Les sulfates se reconnaissen|^ par un sel soluble de baryte; les hydrochlorates par le nitrate d’argent.

On reconnaît les nitrates en versant dans l’eau de la potasse jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de précipité , fdtrant et évaporant. Le résidu, jeté sur les charbons ardens, fuse, et en active la combustion.

Les carbonates se reconnaissent par l’effervescence qu’ils font avec l’acide hydrochlorique. Ceux qui sont insolubles, comme ceux de fer, de chaux, de magnésie, n’étant tenus en dissolution que parce qu’ils sont à l’état de carbonates acides, se précipitent par l’ébullL tion , qui dégage l’excès de gaz. 5

Lorsque le fer est en dissolution dans up^e eau minérale , on a un précipité bleu avec le prussiate dépotasse. La teinture de noix de galle y produit une couleur noire. Cependant, si le fer est à l’état de protoxide, la couleur ne se manifeste qu’au bout de quelque temps , ou par l’addition d’une petite quantité de solution aqueuse de chlore , qui'détermine aussitôt la sur-oxidation du protoxide.

Si le fer est à l’état de sulfate , l’eau ne se trouble pas par ébullition ; s’il est à l’état de carbonate pendant l’ébullition , il se précipite une poudre rougeâtre.

Le précipité que la teinture de noix de galle fait naître dans une eau n’est pas toujours dû au fer , il peut

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aussi provenir d’une matière végéto-animale. On s^en assure par les charbons ardeâs. La décomposition est complète , ou du moins il ne reste qu’une cendre alcaline , si le dépôt est formé par les matières organiques ; elle n’est que partielle s’il est dû au fer et au tannin; de plus , le résidu contient du fer très-sensible aux réactifs. '

L’oxalate d’ammoniaque précipite la chaux de toutes ses dissolutions.

Si l’eau contient un sel à base d’ammoniaque , en la triturant avec de la chaux vive , l’ammoniaque se dégage. Cependant , si le sel ammoniacal était en petite quantité, le dégagement n’aurait lieu qu’autant qu’on aurait d’abord évaporé l’eau à siccité.

On démontre la présence de l’alumine et de la magnésie , en versant dans l’eau un excès de potasse caustîquè, et traitant le précipité par l’eau de potasse , qui dissoudra l’èdumine sans toucher à la magnésie. Si l’eau contenait un sel de fer, il serait décomposé, et son oxide , mêlé au dépôt , ne tarderait pas à le rougir.

Si l’eau renferme des matières azotées , en la faisant évaporer à siccité , et projetant le résidu sur les charbons ardens , on obtient une odeur de corne brûlée. Le chlore et la noix de galle y déterminent des précipités floconneux; il n’y a que les matières organiques qui contiennent du soufre, qui^ par leur putréfaction , laissent dégager une odeur voisine de l’hydrogène sulfuré.

Pour savoir l’ordre* de combinaison des dift'érens corps que l’analyse approximative indique dans une eau miné-

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raie , il faut remonter aux affinités qui existent entre eux. Par exemple, si l’on trouve ensemble les acides sulfurique , hydrochlorique , la chaux et la soude , on sera certain que cette dernière est combinée avec l’acide hydrochlorique. 11 en sera le même pour les acides carbonique et nitrique avec la potasse et la magnésie; cette dernière sera évidemment à l’état de carbonate.

Il ne faut cependant pas croire que l’eau contienne toujours les mêmes sels que donne son analyse ; la plupart d’entre eux se forment pendant son évaporation , par suite d’échanges entre les acides et les bases.

B. Analyse de détermination précise.

Cette analyse a pour but de fixer la nature et les proportions 1® des matières gazeuses, 2® des matières fixes.

Matières gazeuses.

On remplit un ballon de l’eau qu’on veut analyser^ on y adapte un tube recourbé , également plein d’eau , et plongeant sous une cloche à mercure. On place le ballon sur un fourneau, et l’on fait bouillir l’eau pendant un quart d’heure environ.

Les gaz que l’eau peut contenir sont l’oxigène , l’azote, les acides carbonique , hydrosulfurique , sulfureux. Ces deux derniers ne peuvent pas se trouver ensemble sans se décomposer.

Supposons que sous la cloche on ait les trois premiers seulement : on absorbera par la potasse caus-

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tique le gaz acide , on fera passer îe résidu dans un eudiomélre avec de l’hydrogène en excès ; et après l’inflanimalion on aura la quantité d’oxigène et par conséquent d’azote , en divisant l’absorption par 5.

L’hydrogène est bien préférable au phosphore, qui laisse toujours un peu d’oxigène intimement uni à l’azote. i

Si l’acide carbonique se trouvait mêlé au gaz sulfureux, on les séparerait par le borax, qui s’emparerait du gaz sulfureux sans loucher à l’acide carbonique.

Si c’était l’acide hydrosulfurique, on ferait passer sous la cloche de l’acétate acide.de plomb ou de cuivre, qui s’emparerait de l’acide hydrosulfurique , et non de l’acide carbonique.

Pour déterminer les proportions d’acide carbonique, on remplit d’eau un malras aux trois quarts de sa capacité , on y adapte un tube, qu’on fait rendre dans une éprouvette qui contient un mélange d’hydrochlorale de baryte et d’ammoniaque caustique. Le sous-carbonate de baryte , lavé et séché, indique par son poids celui de l’acide. Si pendant l’évaporation il se précipitait un souscarbonate insoluble, on serait alors certain que tout l’acide carbonique combiné à la baryte n’était pas libre dans l’eau. Il faudrait déterminer le poids du sous-carbonate , connaître la quantité d’acide qui entre dans sa composition , et retrancher de l’acide carbonique obtenu , un poids égal à celui que contient le sous-sel , puisque les carbonates saturés contiennent une fois autant d’acide

que les sous-carbonates. El ^’eau renfermait du souscarbonate d’ar.» rioniaque , . m; no' : ..commencer par

DU PU A.1\MAGIEN.

•en apprécier la quantité, en faisant passer le gaz à travers de l’acide hydrochlorique.

Pour déterminer la quantité d’acide hydrosulfurique contenue dans une eau minérale , il faut d’abord savoir dans quel étal il s’y trouve. Il peut être i" libre , alors il se dégage par l’ébullition , et noircit quelquefois le mercure (i) ; 2® à l’état d’hydrosulfate simple , il ne noircit . pas le mercure , mais se dégage par les acides sulfurique et hydrochlorique ; 5® à l’état d’hydrosulfate sulfuré , alors il noircit le mercure , se dégage par les acides , et laisse aussitôt précipiter son soufre , ce que l’hydrosulfate simple ne fait qu’au bout de quelques minutes.

Si l’acide hydrosulfurique est libre ou à l’état d’hydrosulfate simple , on verse dans l’eau de l’acétate acide de cuivre : le poids du bisulfure desséché donne la quantité de soufre , et par conséquent d’hydrogène sulfuré.

Lorsque la même eau contient l’acide hydrosulfurique libre et combiné , il est plus difficile d’apprécier les proportions de chacun d’eux. M. Orfda conseille avec raison de ne pas faire bouillir l’eau , car à une époque de la distillation, l’hydrosulfa te simple se transforme en soushydrosulfate , par la perte d’une petite quantité de son

(i) Si le mercure est bien pur, il n’est pas noirci par l’hydrogène sulfuré dissous dans l’eau ; ce n’est qu’autant qu’il offre à sa surface une légère couche d’oxide , dont l’oxigène s’empare de l’hydrogène de l’acide pour former de l’eau, quelques chimistes (M. Dulong)

conseillent-ils d’employer l’hydi^-L-j^diae sulfuré pour convertir cet oxide en sulfure , qu’on sér -, ^ mercure pr ifté par la filtra ÜQa

dans un coimet de

acide» ce qui induit en erreur. Généralement on indique d\igiier reati avec du mercure , qui s^empare du soufre de i’ acide Libre ^ et met en liberté Chydrogène , dont le poids fait connaître celui du soufre avec lequel il était uni; de traiter ensuite l’fiydrosulfate s impie avec Cacétate de cuivre. Ce procédé n’est pas praticable , car le mercure ne peut pas décomposer tout l’acide hydrosulfurique d’une eau qui en est chargée, malgré un contact très-îong-temps prolongé et une agitalian fréquente. M. Henry üls , dans son analyse de l’eau d’Enghien , a cherché à déterminer les proportions d’acide hydrosulfurique libre et combiné, en isolant le premier de celui deshydrosulfales. Pour y parvenir, if s’est servi du protosulfale de manganèse parfaitement pur , qui n’agit point sur cet acide libre, et indique des traces d’hydrosulfate soit instanianément , soit après quelques momens. On doit donc verser dans une quantité déterminée d’eau une solution de protosulfate de manganèse très-pur , et chauftbr très-îong-temps l’appareil à une température de 8o à 90® cent. Le gaz libre obtenu dans la dissolution acide de plomb , est représenté parle poids du sulfure formé , et Pacide de l’hydrosuifate se précipite combiné avec le manganèse. Le précipité rose sale laisse dégager avec effervescence son hydrogène sulfuré par l’action de l’acide sulfurique.

Si l’eau renferme un hydrosuîfate sulfuré , on prend deux quantités sembiabies d’eau. Sur la première , à i’aide de l’acétate acide de^çuivre, on apprécie la quantité de soufre ; sur la seconde, on détermine l’excès de soiilVc au moyen de l’acide 'acétique faible et de lacha-

Dü PH AÏÏMACTEN.

leur. En retranchant le poids de cet excès de soufre du poids de soufre indiqué par l’acétate de cuivre , on a celui qui était à l’état d’hydrosulfa te (i).

Lorsque dans une eau il y a du gaz sulfureux , pour en connaître la quantité , on le transforme par le moyen du chlore en acide sulfurique , qu’on précipite ensuite par le nitrate de baryte. H est évident qu’il faut déterminer auparavant la quantité d’acide sulfurique que l’eau peut contenir.

Matières fixes.

On fait évaporer une grande quantité d’eau d’un poids connu dans un vase qui ne soit pas attaquable par les matières qu’elle contient. Le platine pour cela est préférable à tout autre métal. Lorsque l’eau est arrivée à un certain degré de concentration , on achève de l’évaporer dans une capsule de porcelaine , pour que le résidu ne se trouve pas disséminé sur une trop grande surface. On lave aussi le premier vase avec de l’eau distillée , afin de ne rien perdre. On pèse le résidu de l’évaporation ; on le fait bouillir dans i5 h 20 fois son poids d’eau distillée ; on filtre pour séparer les matières insolubles ; on évapore le soiutum à siccité ; on le traite par de l’alcool à 40”; on filtre, et l’on agite le résidu dans 12 parties

(1) 11 serait possible qu’on ne parvînt pas à rassembler le soufre , comme on l’indique ici, si l’hydrosulfate sulfuré était en petite quantité ; et cela arrive toujours dans les eaux minérales qui en contiennen t. La limaille de cuivre, qui absorbe très-bien l’excès de soufre des hydro sulfates sulfurés en les ramenant à l’état d’hydrosulfates simples , pourrait peut-être, par l’augmentanon de son poids , donner la quantité de soufre qui n’est point combiné à l’hydrogène. ( Lassaignk. )

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environ d’alcool à 26°. Il reste une certaine quantité de matières insolubles dans les deux alcools , mais solubles dans l’eau. On fait évaporer le solutum pour avoir les sels à l’état solide.

En opérant ainsi ou partage les matières fixes en quatre parties : la première insoluble , la deuxième soluble dans l’alcool concentré , la troisième dans l’alcool faible , la quatrième dans l’eau.

Matières ûisolubtes^ Elles ne peuvent être que des sous- carbonates de chaux de fer, de magnésie, du sulfate de chaux , et de la silice. On les pèse , on y verse un excès d’acide hydrochlorique faible , qui transforme les sous-carbonates en hydrochlorates acides , et le sulfate de chaux en sulfate acide soluble. On filtre ; la silice reste. On évapore la dissolution , et on l’étend ensuite d’alcool faible , qui précipite le sulfate de chaux. Par l’hydrosulfate d’ammoniaque , on précipite le fer ; par l’oxalate d’ammoniaque', on précipite la chaux; enfin on précipite la magnésie par le sous-carbonate de potasse ou de soude.

Matières solubles dans Calcoot concentré. Si Ton s’est servi d’alcool à 4o® , on doit n’avoir dissous que des nitrates et hydrochlorates de magnésie et de chaux. On prend un poids déterminé de ce mélange salin, on le dissout dans l’eau, on partage le solutum en deux parties. Dans la première , on verse un excès de nitrate d’argent. Le poids du chlorure indique celui de l’acide hydrochlorique. La liqueultséparée du chlorure est formée de nitrates de chaux et de magnésie, et d’un excès

de nitrate d’argent. On décompose le nitrate d’argent par un solutum d’hydrochlorate de soude , on sature l’excès d’acide par l’ammoniaque. Pour apprécier la quantité de chaux, on verse dans la dissohilion filtrée de l’oxalate d’ammoniaque. Pour extraire l’acide nitrique , on prend la seconde moitié du solutum salin , on la fait houilliravec le phosphate'd’argent, qui se combine au chlore. On filtre , on évapore la liqueur à siccité , on traite les nitrates par l’acide sulfurique. £n combinant l’acide nitrique avec la potasse , le nitrate formé indique la quantité réelle d’acide.

Matières solubles dans alcool à 26*^. L’alcool h ce degré doit dissoudre l’hydrochlorate de soude. Quelquefoisj mais rarement, il contient de l’hydrochlorate d’ammoniaque. Si ces deux sels se trouvaient réunis , il faudraitles calciner pour volatiliser celui d’ammoniaque. La perte de poids indiquerait la quantité de chacun d’eux.

Matières solubles dans l’eau distillée. Les matières solubles dans l’eau sont très-nombreuses. Celles qu’on y rencontre le plus ordinairement , sont le sous-carbonate de soude, le sulfate de soude et celui de magnésie , encore le carbonate de soude exclut-il le sulfate de magnésie. L’eau ne peut donc contenir que du sulfate et du carbonate de soude, ou du sulfate de soude et du sulfate de magnésie. Dans le premier cas , on traite le résidu de l’évaporation par l’acide acétique, qui transforme le sous-carbonate de soude en acétate. On évapore à siccité , et l’on fait bouillir le résidu avec

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Talcooi, qui dissout l’acétate sans toucher au sulfate. Dans le second cas, on dissout les deux sulfates dans l’eau , on précipite l’acide sulfurique par l’hydrochlorate de baryte, on filtre, ou fait évaporer la liqueur à siccité , et l’on calcine dans un creuset le résida formé d’hydrochlorate de magnésie et d’hvdrochlorate de soude. Le sel magnésien perd son acide , et passe à l’état d’oxide de magnésium, l’hydrochlorale de soude devient chlorure de sodium. On les traite par l’eau : le chlorure se dissout, l’oxide de magnésium reste.

Analyse de l’eau minérale d’ Aix-la-C hapelle.

Cette eau contient : Azote.

' Acide hydrosuîfurique.

carbonique.

Carbonate de chaux.

de magnésie.

Hvdrochlorate de soude.

Sulfate de soude.

Silice.

On fait dégager les gaz sous une cloche pleine d’eau, on y introduit de la potasse caustique. L’absorption détermine la quantité d’azote qui reste.

On chauffe une nouvelle quantité d’eau dans une cornue portant un tube qui plonge dans une éprouvette contenant un mélange d’ammoniaque et d’hydrochlorate de baryte. Le poids du carbonate formé donne celui de l’acide qu’il contient.

Pour connaître la quantité d’acide hydrosuîfurique ,

on verse dans une quantité déterminée d’ean de l’acétate acide de cuivre : le poids du bisulfure donne celui de l’acide hydrosulfuriquc.

La quantité du gaz étant connue , on évapore l’eau

• à siccité. On fait bouillir le résidu avec de l’eau dsstillée^ qui dissout le carbonate, le sultate, Fhydrochlorate de soude, et laisse pour résidii le carbonate de chaux , celui de magnésie et la silice. On évapore la dissolution h siccité , on l’agite dans i *2 fois environ son poids d’aîcooî h 26° , qui dissout. Fhydrochlorate de soude. On traite le mélange de sulfate et de carbonate de soude par Facide acétique, qui transforme le carbonate en acétate soluble dans l’alcool. Pour isoler le carbonate de magnésie , celui de chaux , et la silice, on traite le mélange par l’acide hydrochlorique, qui transforme les deux carbonates en hydrocblorates solubles. On filtre, la silice reste ; on la lave sur le filtre meme , on la sèche, et on la

• pèse avec soin. On verse dans le liquide du sous-carbona te dépotasse, qui précipite la chaux et la magnésie à l’état de sous-carbonate. En les traitant par Facide sulfurique faible , on obtient un sulfate soluble avec la magnésie , et un insoluble avec la chaux , ce qui donne la facilité de les séparer et d’en connaître le poids.

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