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VI NS MÉDICIN AUX

h^svins médicinaux sont des produits pharmaceutiques , dont le vin est l’excipient. Ils résultent le plus sou vent d’une simple solution de la substance ; mais quelquefois aussi la substance n’est dissoute que par suite d’une véritable combinaison chimique , tel est le fer dans le vin ckalibé. Dans tous les cas, le vin acquiert des propriétés bien dilférentes de celles dont il jouissait dans son état naturel. ^

Dans la préparation de ces médicamens , les premiers soins doivent se porter sur le choix du vin. Pour être de bonne nature, il doitréuiKr toutes les qualités qu’exigeait l’école de Saler^E : bona vina probantur nitorey colore /odore et sap0e , c’est-à-dire qu’il doit offrir une limpidité parfaite , une couleur franche, une odeur suave et un goût agréable , être miscible en toutes proportions dans l’eau , sans se décomposer ni perdre ses qualités.

On emploie les vins étrangers et ceux de France. Pour les premiers, qui sont ceux de Malaga , de Madère , on tâche de se l%s procurer naturels ; pour les seconds, on les désire encore généreux, c’est-à-dire riches en alcool. Plus ils sont aqueux, plus ils dissolvent de parties extractives , et par conséquent les principes fermentescibles étant plus nombreux dans le médicament, sa décomposition est plus prompte ; c’est pourquoi l’on donne généralement la préférence aux vins du Midi. Tantôt c’est le rouge , tantôt c’est le blanc qu’on choisit. Ce dernier s^emj^loie lorsqu’il peut ajouter quelque propriété au médicament, c’est ainsi qu’il rend plus diurétique le vin antiscorbutique.

Pour concevoir l’action que le vin peut avoir sur les substances avec lesquelles on le met en contact , il faut se rappeler sa composition. Tous les vins sont formés , mais en proportions qui varient pour chacun d’eux , de matières colorantes, de mucilage, de tannin, d’eau, d’alcool, d’un peu d’acide acétique, de tartrate acide de potasse , et de quelques autres sels de potasse ou de chaux, dont les quantités dépendent du terroir. De tous

ces corps , il n’y a que Feau et Falcool qui agissent en dissolvant , le premier , Fexlractif et les sels; le second, les résines el Farôme. Les fins médicinaux ne peuvent donc contenir que des matières^olubles dans Feau et dans Falcool. Leur matière coloi^te est exposée à de nombreuses altérations ; c’est ainsi qu’elle est précipitée par toutes les substances qui , comme le kina et la scille, renferment du tannin.

Les vins médicinaux se divisent en simples et en composés.

Leur préparation est soumise aux règles suivantes :

1° A moins que les substances ne soient dans le cas de perdre toutes leurs vertus par la dessiccation , comme les plantes aniiscorbutîques , on doitles prendre sèches , car l’humidité qu’elles ajouteraient au vin dérangerait la proportion des diverses parties qui le forment , et faciliterait son altération.

2® Si Fon est obligé d’employer des substances fraîches , compenser par Falcool l’humidité qu’elles ont fournie.

5° Se contenter seulement de la macération.

4® Opérer en vaisseaux clos pour conserver Farôme des substances , le bouquet est le principe spiritueux du vin.

5° Ne pas employer une trop forte expression, qui rendrait le vin mucilagineux.

6® Conserver les vins dans des flacons bien bouchés et toujours pleins , car sitôt qu’une bouteille est entamée , le vin se troublé et s’aigrit.

Vins médiclndkx simples.

Vin d' absinthe. On triture les sommités sèches d absinthe avec le vin hl^c dans un mortier de marbre pendant lo minutes ,imn exprime , et Ton fdtre.

Ce procédé, dû à M. Boudet, donne un vin chargé du principe aromatique amer , et susceptible d’une longue conservation. (Une once d’absinthe par livre de vin de Chablis. )

Vin de kma. Le vin do kina du Codex contient sur ^ iij fi de vin 5iv d’alcc^l à 22®, c’est-à-dire une demionce de forte eau-de-vie; aussi la plupart du temps les médecins prescrivent-ils le vin par simple macération de l’écorce concassée. Il suffit de laisser macérer, "pendant 48 heures à une température atmosphérique de 10 à 12*^, deux onces de kina ^concassé dans 2 livres de vin de Boréaux ou d’Espagne , de le passer avec expression , et de le filtrer.

Vin sciliiticiue^he vin de Malaga est indispensable pour ce médicament; car , préparé au vin ordinaire, il acquiert une propriété émétique.

On introduit la scille, sèche et divisée en lanières, dans un matras avec le vin. La scille se gonfle, rend tous ses principes solubles. Au bout de 12 jours l’on passe à

travers un linge, et l’on fdtre au papier.

Vin chalibé. Ce vin nous offre l’exemple d’une dissolution véritable , c’est-à-dire produite par une combinaison chimique. Lorsqu’on met le for en lirnail en contact avec le vin, l’eau se décompose; iî se dégage

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