‹ Manuel du pharmacienChapitre 41 sur 266 · M A ]\ V LL · texte numérisé non relu

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un peu d’hydrogène , et |ç métal passe à l’état d’oxîde ^ qui se combine aux acides contenu^ dans le vin (malique , tarlrique , acétique^ pour former des sels solubles. Il en résulte que la quantit^e fer en dissolution ne peut pas se fixer , puisqu'elle dépftid du degré d’acidité du vin , qui elle-même est très-variable.

^Fin émétique. Lorsqu’on préparait le vin émétique avec le foie d’antimoine , l’excédent de l’acide tartrique du tartrate de potasse cq^ntenu dans le vin , rencontrant un oxide tout formé , s’y unissait p(^r produire un tartrate de potasse et d’antimoine ^qui donnait au vin une propriété émétique. Comme les effets de ce médicament n’éiaient jamais constans , on a remplacé l’oxide sulfuré d’antimoine par l’émétique même. Ce médicament préparé avec le vin ordinaire s’altère très-promptement; il se conserve plus long- temps lorsqu’il est au vin d’Espagne.

Vins médicinaux composés.

Vin antiscorbutique. Ce vin se compVse d’une racine et de feuilles fraîches , de sel ammoniac , de semences de moutarde , et de vin blanc.

On ne doit contuser ni la racine , ni les feuilles ; cette manipulation non- seulement est inutile , mais encore fait dissiper une grande partie des principes volatils. Après avoir coupé le collet de la racine de raifort sauvage, on la divise en rouelles minces, qu’on met dans un matras avec le ©resson , le cochléaria , le trèfle d’eau coupés menu , le sel ammoniac pulvérisé , les semences de moutarde entières et le vin. On laisse le

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tout macérer 4^5 jours, pendant lesquels on agite de temps en temps. On passe avec une légère expression, et Ton fdtre. Ce vio , malgré la fdtralion , n’est jamais limpide. Pour compenser l’eau de végétation fournie par les plantes vertes, le Codex prescrit d’y mêler, lorsqu’il est filtré , une demi-once d’alcoolat de cochléaria par pinte, il serait préférable d’ajouter i’aîcoolat pendant que la macération s’exécute ; il faciliterait la solution de l’huile volatile des plantes et delà moutarde. On ne doit pas concasser les semences de moutarde , car leur principe âcre réside dans une huile volatile contenue dans l’épisperme , et les cotylédons renferment une huile grasse qui troublerait le vin, et rendrait sa filtration impossible sans augmenter ses propriétés médicinales.

Vin d* opium composé, ou laudanum de Sydenham. Ce médicament se compose d’opium, de cannelle, de gérofles , de safran et de vin de Malaga.

On avait d’abord proposé de faire macérer séparément chaque substance , mais ce moyen a été rejeté. On doit couper l’opium et le safran , pulvériser grossièrement la cannelle et les gérofles, introduire le tout avec le vin dans un matras bouché. Au bout de i5 jours de macération , l’on passe avec expression , et l’on filtre.

Le vin dissout une grande partie de l’opium ; aussi le laudanum contient-il la narcotine , le méconate de morphine, la résine, et l’arôme ou partie volatile, dont il a fortement l’odeur; beaucoup de matière colorante, peutêtre aussi de la substance végéto-animale.

Au bout de quelque temps de préparation il se forme un dépôt dans les flacons qui renferment le laudanum.

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Ce n’est pas la pofychrotCe , mais la matière colorante du safran (découverte par M. Henry) privée de l’huile volatile, h laquelle elle est unie dans la poljchrotte. Cette précipitation , qui est due aux sels contenus dans l’opium ,ne diminue pas les propriétés de laudanum, car celui-ci relient l’huile volatile ,à laquelleon attribue lespropriétés du safran. Ce dépôt a encore lieu en ajoutant au laudanum un léger acide ou un alcali ; il ne se forme que dans les teintures alcooliques trop chargées. M. Henry , auteur de ces observations , a déterminé la quantité de matière colorante du safran : il contient sur loo , 4^ de matière colorante pure et lo d’huile volatile odorante.

f^in d’opium par fermentation, ou laudanum de l'abbé Rousseau. Pour enlever à l’opium ^on principe vireux , l’abbé Kousseau faisait dissoudre du miel dans l’eau , le portait à l’étuve , et lorsqu’il commençait à fermenter, y ajoutait l’opium réduit en pâte molle. Il laissait continuer la fermentation jusqu’à ce que le mélange eût acquis une odeur vineuse; alors il le mettait dans un alambic, et en retirait par la distillation une certaine quantité d’alcool. Il passait ce qui restait dans le bain-marie, le faisait évaporer en consistance de sirop, dans lequel il ajoutait le produit de la distillation.

On a modifié ce procédé. Comme l’alcool retiré du mélange fermenté n’a pas plus de propriété que celui qui provient de toute autre substance, on ne distille plus. Dès que l’hydromel commence à fermenter , on lui ajoute l’opium dissout dans trois fois son poids d’eau ; on prolonge la fermentation pendant un mois dans une étuve ^ dont on maintient constamment la température à 5o°. Au

Lotît de ce temps on passe , on filtre , et Ton évapore le liquide en consistance de miel épais , dans lequel on délaie de l’alcool à 32° pour lui servir de condiment.

Dans cette préparation , la fermentation joue un trèsgrand rôle,etla marche qu’elle a suivie doit nécessaire ment faire varier la composition du laudanum. Nous penson^qu’il serait préférable de mêler en même temps l’opium , le miel et l’eau ; car lorsqu’on ajoute l’opium au miel qui commence à fermenter, la fermentation est interrompue ; et tout le miel n’est pas transformé en alcool : ce qui le prouve , c’est que , lorsque ce vin est filtré , il laisse déposer dans les flacons un magma semblable au dépôt formé par les sirops acides.

M. Pelletier, dans les observations qu’lia ajoutées au mémoire de notre ami Decourdemanche , est porté à croire que la vertu calmante de ce laudanum provient de ce qu’il contient peu de narcotiiie. « Le laudanum « de l’abbé Rousseau , quoique très-actif, parce qu’il « contient beaucoup d’opium , est cependant très- « calmant, et paraît en grande partie dépouillé du prin- « cipe vireux et stupéfiant, il agit à la manière de « l’extrait gommeux d’opium fait h froid : cela ne dé- « pendrait-il pas de ce qu’il contiendrait peu de narco- « tine ? En effet , la narcotine , quoique presque insoluble « dans l’eau par elle-même , ne se trouve dans les dis- « solutions d’opium qu’en raison des autres principes « qui l’accompagnent et l’entraînent dans leur solution, a Mais par la fermentation , une partie de ces principes « se décomposent, se changent en nouveaux corps :

MANUEL

« la narcotine alors peot se précipiter ; peut-être même « est-elle détruite par la fermentation. Quant à la mor- « phine , elle doit se retrouver tout entière dans le mé- « dicament, car nous avons reniaru'ué que les alcalis « végétaux résistent à la décomposition spontanée plus « fortement que la plupart des antres principes îmmé- « diats des végétaux. Elle est d’ailleurs maintenue en c dissolution par l’acide acétique , tandis que le même « acide est trop étertdu pour réagir sur la narcotine. « L’alcool qui se forme est également trop délué pour « dissoudre la narcotine ; et l’alcool qn’on ajoute n’est « mis qu’après la filtration. Du reste , il faudrait ici des « expériences directes , qui nous manquent encore. » (/ ournal de pharmacie , 1821.)

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