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VINAIGRES MÉDICINAUX

IjCiS vinaigres médicinaux sont des produits résultant de l’action dissolvante du vinaigre sur les substances organiques avec lesquelles on le met en contact.

Pour préparer ces médîcamens, on prend le vinaigre blanc ou le vinaigre rouge. Le premier est bien préférable, parce que, contenant moins d’extractif, il est d’une conservation plus facile. 11 est indispensable d’employer du bon vinaigre. On se sert de celui de vin. Il doit offrir une grande fluidité , une odeur suave , acide et spiritueuse ; une saveur aigre , qui n’agace pas les dents.

Lorsqu’on s’en frotte les mains , il doil; s’évaporer pins promptement que l’eau , et n’indiquer par les réactifs ni couleur , ni acides étrangers. 11 doit marquer à l’aréomètre 5®. Les meilleurs vinaigres sont ceux d’Orléans et de Saumur. Si l’on emploie le vinaigre de bois , il faut le distiller, et lui ajouter ensuite une quantité d’eau suffisante pour le ramener au degré du vinaigre ordinaire ; car M. Boulîay a reconnu que l’acide acétique concentré retiré du bois contenait de l’acétate de soude , qui augmentait sa densité; et qu’après sa rectification, de 10® il n’en marquait plus que 7. Le vinaigre, de vin est le seul qui doive conserver ce nom. L’acide acétique étendu d’eau n’est pas plus vinaigre qu’un mélange d’eau et d’alcool n’est eau-de-vie. Le vinaigre de vin , indépendamment de l’eau et de l’acide acétique, contient encore de l’alcool, du tartre^ etc. Le vinaigre de bois bien pur n’olFre ni alcool , ni sels ; aussi s’altère-t-il lorsqu’il est étendu d’eau. Le vinaigre de vin , par l’alcool qu’il renferme , extrait le principe aromatique et résineux des substances qu’on soumet à son action : sa portion d’eau en dissout les sels et l’extractif. Lorsque ce sont des substances fraîches qu’on fait macérer dans le vinaigre , elles lui fournissent une humidité suffisante pour alFaiblir l’alcool, qui est son principe conservateur. Pour maintenir l’équilibre dans les diverses proportions , on ajoutait autrefois au vinaigre un peu d’alcool ; mais à la longue il se produisait toujours un peu d’éther acétique. Aujourd’hui on remplace l’alcool indiqué dans les formulaires par un poids semblable d’acide acétique concentré.

Les vinaigres médicinaux se divisent en simples et en composés , suivant qu’on a fait macérer dans le vinaigre une ou plusieurs substances réunies. Pour exemple des premiers , nous citerons le vinaigre scillitique ; pour exemple des deuxièmes^ le vinaigre antiseptique.

Il est inutile de parler des règles à suivre pour ces médicamens; elles sont les mêmes que celles exposées pour les vins.

F inaigre simple.

F inaigre scillitique. On concasse les squames desséchées de la scille, on les introduit dans un matras avec le vinaigre blanc. Au bout de i5 à 20 jours de macération, on jette le tout sur un filtre : le Codex prescrit de rehausser le vinaigre par de l’acide acétique concentré à 10®.

Vinaigre composé.

Vinaigre antiseptique. Ce vinaigre, qu’on désigne généralement sous le nom de vinaigre des quatre voleurs , se compose de plantes sèches , de cannelle , de gérofles , de muscade , de camphre , d’ail et de vinaigre.

On concasse la cannelle, on coupe les plantes en morceaux très-courts , on râpe la muscade , on broie l’ail dans un mortier de marbre , on laisse les 2;érofles entiers , on introduit le tout dans un matras , dont on bouche le col avec soin ; on prolonge la macération pendant un mois environ. Au bout de ce temps , on jette le tout sur une toile, on exprime fortement, et

nu PIIAKMAC4EN. ^ 20^]

Ton filtre au papier; on remet la liqueur filtrée dans le matras, on y verse le camphre dissout dans l’alcool et l’acide acétique [vinaigre radical) , dont l’odeur vive et pénétrante ne peut qu’ajouter aux propriétés du médicament ; on opère un mélange exact par l’agitation , et on conserve ce vinaigre dans une bouteille parfaitement bouchée et en lieu frais.

Celle préparation se garde très -long - temps sans éprouver aucune altération , non à cause de l’alcool qui a servi à dissoudre le camphre , car il y est en Irèspeiite quantité^ mais à cause du camphre et de l’huile fournie par les géroües. On sait que le camphre a la propriété de garantir les liquides de toute moisissure. M. Virey a reconnu eette propriété à l’huile de gérofïe; i! conserve facilement de l’encre dans des bouteilles enlanïées , en versant quelques gouttes d’huile de gérofle à la surface.

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