TEINTURES ÉTHÉRÉES
Les teintures èthérèes sont celles dont l’éther est rexcipient. L’éther qu’on emploie le plus ordinairement est l’éther sulfurique. Il doit être très-pur et concentré à 56®. Toutes les substances solides doivent être non pas concassées , mais réduites en poudre très-fine. On ne doit jamais employer la digestion ^ mais opérer à froid ^ et au lieu de matras, se servir de flacons bouchés à réineri , et les tenir constamment à l’abri de la chaleur , qui , par la force d’expansion qu’elle donnerait à la vapeur d’éther , déterminerait la rupture du vase. On peut se contenter du repos et de la décantation. Si l’on filtre, il faut couvrir avec soin l’entonnoir, afin que rien ne se dissipe. Car les principes dissous dans l’éther sont fixes , et plus il se vaporisera d’éther , plus les prin-
MANUEL
cipes actifs seront concentrés sous un petit volume , ce qui changera les proportions du médicament, et rendra son emploi toujours incertain , souvent même dangereux.
Teinture éthérée de digitale pourprée.
On met dans un flacon bouché à l’émeri une partie de feuilles de digitale pulvérisées et quatre parties d’éther sulfurique à 56®. On place le flacon à l’abri de la chaleur, et on l’agite de temps en temps. Au bout de 5 à 6 jours , on filtre la teinture dans un entonnoir couvert.
Elle est d’un jaune verdâtre, et tient en solution la digitaline, principe immédiat [alcaloïde?) ^ découvert par M. Le Royer dans les feuilles du digitalis pur^ purea. L.