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ÉLECTUAIRES MOUS SIMPLES

Conserva.

Les conserves sont des médicamens officinaux de

DU PHAllMACIEN.

coiîsislauce molle , formés d’une seule substance végétale et de sucre.

Si par leur consistance et leur mode de préparation les conserves se rapprochent des éfectuaires , elles s’en éloignent en ce que chez ces derniers le sucre sert de condiment à plusieurs substances réunies.

La substance végétale qui entre dans la composition d’une conserve peut être sous deux états , en pulpe ou en poudre.

En général , la coction , qui sert à obtenir les pulpes, dissipe un peu de leurs principes aromatiques, développe le mucilage , dissout l’amidon , ek dispose à la iérmentation et aux moisissures ; tandis que la poudre ,

soin , en offre toutes les propriétés , et donne un médicament susceptible d’une plus longue conservation. Aussi recommande-t-on de n’empioyer la ptjlpe que pour les substances qu’il est impossible de dessécher , telles que le cynorrhodon, la casse. 11 nous semble que cette préférence donnée h. la poudre est trop exclusive , car l’expérience prouve que s’il est des conserves, telles qut celles de bourrache, de fleurs d’oranger , dont la pulpe s’altère très* promptement, il en est d’autres dont la pulpe se conserve long-temps en bon état, telles sont celles de roses , de cynorrhodon , d’aunée. Au reste , il en est des conserves comme de tous les médicamens : leurs propriétés médicinales , ainsi que leur durée , dépendent beaucoup des soins apportés à leur prépara-

MAN U E L

Règles générales pour la préparation des conserves»

1° Lorsqu’on se sert de poudres, elles doivent être très-fines , et provenir de substances mondées et séchées avec soin.

Lorsqu’on emploie des pulpes , elles doivent être bien homogènes, et ne pas contenir trop d’humidité, ahn que la cuite de la conserve soit plus prompte.

5® La quantité du sucre doit varier selon la nature de la pulpe. Une livre de pulpe acide n’exige pour êJre convertie en conserve qu’une livre et demie de sucre ; les autres en prennent le double de leur poids. Quant aux conserves par la poudre, la quantité de sucre doit être proportionnée à la quantité d’eau que la substance a perdue par la dessiccation.

4® Le sucre doit être bien clarifié, et cuit à la grande plume.

50 La conserve doit contenir assez d’humidité pour ne pas cristalliser, et cependant ne pas pénétrer le papier gris; une consistance plus molle déterminerait une prompte fermentation.

^ Conserve avec la poudre.

Conserve de roses extemporanée. On pulvérise les pétales de roses rouges mondés de leurs onglets avant la dessiccation. On délaie celle poudre dans une suffisante quantité d’eau de roses très odorante pour en faire une pulpe, qu’on abandonne à elle-même pendant 24 heures dans un vase de faïence bien couvert.

On agite de temps en temps avec une spatule d’ivoire; la poudre se gonfle , reprend l’eau de végétation que la dessiccation lui avait enlevée; en même temps sa couleur s’avive. Lorsqu’elle est en consistance de pulpe molle, on la môle au sirop cuit à la grande plume, en agitant avec un bislortier. Lorsqu’elle est froide , on l’enferme dans des pots bien couverts.

Conserves avec la. pulpe.

Conserve de roses. On choisit les roses de Provins récentes et en bouton. Après les avoir privées du calice et des onglets, onîes cuit h petitfeu dans le moins d’eau possible. Avec une large spatule de bois on retourne la masse en tout sens pour éviter qu’elle ne brûle contre les parois de la bassine. Lorsque les (leurs sont assez ramollies pour s’écvaser facilement entre les doigts , on les jette sur un linge , on les exprime fortement , et on les réduit en pulpe très-fine en les broyant sur une pierre à chocolat, KyQcie decoctum et la cassonade on fait un sirop, qu’on clarifie parfaitement. Lorsqu’il est cuit à la grande plume, on le retire du feu pour le laisser un peu refroidir , et on le verse peu à peu , tou jours en agitant , sur la pulpe placée dans un mortier de marbre , ou dans une vaste bassine, si l’on opère sur de grandes masses. On obtient ainsi une conserve pourvue de tout l’arôme de la rose , d’une couleur rouge brune , et qui peut se garder deux et même trois ans sans aucune altération.

Ce procédé , qu’on-suit dans toutes les pharmacies de Lyon , est bien supérieur à celui que donnent les pharmacopées; nous le croyons pourtant susceptible de deux

modifications heureuses. La première est de faire cuire les roses au bain-marie dans leur eau même de végétation ; la deuxième , d’incorporer dans la pulpe le sucre en poudre, et de chauffer légèrement pour en faciliter la solution. Par ce moyen toutes les conserves avec la poudre auraient une consistance toujours semblable ,ei n’éprouveraient aucune altération de la part du feu.

Conserve de cynorrhodon. On choisit le cynorrho- <îon un peu avant son entière maturité. On retranche de sa base le pédoncule verdâtre , et de son sommet la couronne noire formée par les dents desséchées du calice. On le partage longitudinalement en deux parties égales , dont on ratisse l’intérieur pour en séparer les poils et les nucules. On met les cynorrhodons dans une terrine vernissée avec un peu de vin blanc, et on les porte à la cave ; on les y laisse environ deux jours , pendant lesquels on remue quelquefois. Au bout de ce temps les fruits sont assez ramollis; on les verse sur un tamis de crin à mailles serrée^; et lorsque le vin s’est écoulé, on les écrase à l’aide dupulpoir. On pèse la pulpe, et ou la délaie dans le sucre cuit à la plume. Mais il faut attendre pour opérer le mélange que le sirop soit un peu refroidi ; s’il était chaud , la conserve n’offrirait qu’une couleur brune, au lieu de la belle couleur rose qu’on désire y trouver. Pour éviter cet inconvénient , il est préférable d’incorporer à froid le sucre en poudre dans la pulpe. La conserve de cynorrhodon ne fermente jamais , le sucre n’y cristallise pas non plus ; mais avec le temps elle se dessèche à la surface, aussi doit-on la garantir du contact de l’air.

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