IODE
Ce corps, découvert en i8ii par M. Courtois, est d’un très-grand usage comme médicament. Sa couleur est d’un gris d’acier; son odeur est semblable à celle du chlore. Mis sur des charbons ardens, il se volatilise, et laisse dégager des vapeurs violettes. Il s’obtient en grand des eaux mères, des soudes de Y arech , desquelles on a re-
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tiré la sou-de et des hydrochlorates de la même base , pour lesquels ces soudes sont exploitées. On introduit ces eaux dans de grandes cornues , et on y verse de Tacide sulfurique concentré, dans le but de décomposer l’hydriodate de potasse, et d’en mettre l’iodeànu.OnchaulFe, ce corps passe à la distillation sous forme de vapeurs colorées , qui se condensent dans des malras qu’on a soin d« refroidir convenablement. Mais cette préparation ne se pratique pas dans les pharmacies , à cause des inconvéniens qu’elle présente, et qui sont l’éloignement des lieux où se fait l’extraction dessoudes , la difficulté de trcmver un emplacement convenable, la production d’une grande quantité devapeurs,etc., etc. Le praticien a besoin seulement de purifier l’iode qu’il emploie , et il doit opérer delà manière suivante. On prend l’iode du commerce , on l’introduit dans une cornue avec très-peu d’eau et i/5oo de potasse. On place la cornue sur un bain de sable ; on lui adapte une alonge et un ballon tabulé surmonté d’un tube effilé. On place le ballon dans une terrine , et on chauffe le bain de sable. L’iode passe à la distillation ^ et se condense dans le ballon , qu’on a soin de rafraîchir. Quand tout l’iode est distillé , ce dont on s’aperçoit lorsque les vases ne contiennent plus de vapeurs violettes, on laisse refroidir , on démonte l’appareil, on recueille le produit condensé, on le presse entre deux papiers pour le sécher entièrement. Quand il est sec , on l’enferme dans un vase de verre bouché h l’émeri, ce corps détruisant les bouchons de liège.
L’iode étant d’un prix assez élevé, quelques personnes, animées par un sentiment de cupiditt^, l’allèrent par
des mélanges. Le premier des corps dont on s’est servi pour falsifier l’iode est l’oxide de manganèse : cette fraude est facile à reconnaître. L’iode étant volatil, on peut le sublimer , et en séparer l’oxide de manganèse. Si cette opération est faite sur un poids donné , on voit de suite par le poids du résidu dans quelles proportions le mélange avait été fait. Ce moyen d’essai est dû à M. Robiquet. On a encore imaginé un autre mode de falsifier l’iode. Au lieu d’employer l’oxide de manganèse, quelques personnes lui ont substitué le charbon minéral. Cette falsification peut se reconnaître au moyen de l’alcool , qui dissout l’iode , et laisse le charbon , dont on peut délermifier le poids.
L’iode étant soluble dans l’éther et dans l’alcool, on en prépare des teintures, qui forment alors des médicamens très - énergiques , et demandent une sérieuse attention de la part de praticiens qui l’emploient , et des pharmaciens qui les préparent. La teinture d’iode qu’on administre dans l’usage médical se prépare dans la proportion de 4^ grains d’iode sur une once d’alcool. Elle ne doit pas être préparée d’avance , car une partie de l’iode se convertissant en acide , on n’aurait qu’un médicament infidèle , et sur lequel le médecin ne pourrait plus compter. L’éther ioduré se prépare en dissolvant de l’iode dans l’éther dans les mêmes proportions voulues pour la teinture alcoolique. Cette dernière est employée comme réactif, pour démontrer la présence de l’amidon , avec lequel il se combine , et donne des précipités de couleurs qui varient du blanc au bleu , suivant les quantités respectives d’iode et d’amidon. Ces cou-
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leurs sont à parties égales des deux substances , bleu
indigo ; avec Tiode en excès , bleu foncé ; avec un excès d’amidon , bleu violet,