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COLLECTION DES PLANTES

Pour qu’une plante , ou celle de ses parties qu’emploie la médecine , jouisse de toutes ses propriétés , il faut que la collection en ait été biep faite.

La collection, comprend la connaissance des époques favorables à la récolte des plantes, et les soins qu’on doit y apporter.

Toute plante , lorsqu’elle a parcouru les différentes périodes de sa vie , offre une racine , une tio:e , des écorces ^ des bourgeons , des feuilles , des fleurs, des fruits et des semences , quelquefois effcore des excroissances. Indicfuons successivement les règles à suivre , les précautions h prendre pour la récolte de chacune d’elles.

1° Racines. Elles sont annuelles, bisannuelles ou vivaces. Quelque mauvaise que soit pour le botaniste cette division, elle convient au but que nous nous proposons ici.

Les annuelles et les bisannuelles doivent se récolter en automne. Prises avant cette époque, elles offrent trop de sève , peu de sucs propres , encore sont-ils mal élaborés.

Les vivaces doivent, au contraire, se récolter au printemps. Si l’on attendait l’automne , elles seraient dures, ligneuses et peu succulentes.

Carbonnel est dans l’erreur lorsqu’il recommande de s'emparer des racines annuelles à l'époque précise de la floraison y et des vivaces au moment de la chute des feuilles. A CCS époques , les premières n’ont point assez

DU PHABMACÏEN.

vécu , et les secondes sont épuisées par l’âge. Quelle que soit , au reste , l’époque oü l’on récolte les racines , elles doivent avoir crû dans une terre qui leur convienne ^ être entières , flexibles , tendres , surtout point ligneuses , excepté celles dont on rejette le medituUium pour conserver seulement l’écorce telles sont la poten tille , la cynoglosse et la bardane.

2® Tiges, Elles sont ligneuses ou herbacées. Les pre»

mières se récoltent après la chute des feuilles ou avant

le 'développement des bourgeons , et ne doivent pas offrir trop de nodosités. Les dernières se récoltent après le développement des feuilles , et avant celui des fleurs.

5® Ecorces doivent provenir de végétaux dans la force de l’âge , et que n’ont point altérés les maladies.

Celles des arbrisseaux se retirent en automne ; celles des arbres , aux approches du printemps. Dans le kina , c’est la première ; dans le cannellier , c’est la seconde qu’on préfère. Sur un même arbre, les deux écorces ont souvent des propriétés médicinales différentes. Ainsi, dans le sureau , la première passe pour résolutive , la seconde pour diurétique.

4“ Bourgeons, Ils sont écailleux ou nus. On prend les premiers avant que la pérule qui les recouvre se soit détachée; les.seconds, avant que les jeunes feuilles accolées se soient désunies.

5"" Feuilles. Les feuilles doivent se récolter après leur V ^ entier développement , mais un peu avant l’épanouissement de la fleur. Plus tard, toutes les forces de la végétation

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seconcentrentsur les organes sexuels, elles feuilles per» dent de leur couleur et de leur odeur; c’est ce qu’on remarque surtout chez les plantes de la famille des labiées.

Suivant l’époque de leur récolte , varient dans les feuilles la constitution chimique et les propriétés médicinales. C’est ainsi que la jeune bourrache contient beaucoup de sulfate de chaux ; tandis que , plus âgée , elle offre du nitrate et du sulfate de potasse. Dans les pays froids , les jeunes pousses d’aconit et d’apocÿn peuvent se manger comme des asperges . et leurs feuilles développées sont des poisons. On ne doit jamais prendre les feuilles tombées naturellement , ni celles qu’a détachées l’orage : car par la dessiccation elles noircissent, etleurs vèrtus d’ailleurs sont très-faibles.

6° Fleurs, Il est difficile de précisée les époques convenables à la récolte des fleurs; cependant, le plus ordinairement, on doit les cueillir avant leur entier développement ; car lorsque la corolle s’est pleinement épanouie, l’odeur est moins vive et la couleur plus pâle. Comme alors l’ovaire fécondé se trouve dans son premier degré d’accroissement , les pétales qui lui servaient d’enveloppes protectrices, devenus inutiles, se détachent et tombent , ce qui occasionne une perte considérable. C’est ce qu’on observe surtout dans les fleurs d’oranger, qui, pour donner une eau bien odorante, veulent être récoltées avant que leur bouton soit entièrement éclos. H est pourtant des exceptions à ce précepte général.

La rose de Provins se récolte lorsque son bouton va s’ouvrir. La rose à cent feuilles veut être pleinement

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éciose. Pour la petite centaurée , il faut attendre que la corolle soit en partie fanée. L’expérience prouve que chez la première la couleur est alors d’un pourpre plus riche ; chez la seconde , l’odeur plus suave ; chez la troisième enfin , la saveur plus amère , et la vertu fébrifuge plus active.

Le mode d’inflorescence , la dimension des pétales , l’adhérence de la corolle au calice , etc. , apportent encore quelques modifications dans la récolte des fleurs. Si elles sont petites , réunies en grappes , on les recueille avec l’axe commun ou rachis^ qui les supporte, et l’on a des sommités. Dans les synanthérées où les petites corolles adhèrent fortement au calice qui les renferme , on ne les en sépare point : car l’involucre commun jouit de propriétés médicinales analogues à celles des fleurs ; telles sont la malricaire, la camomille , etc. Dans la primevère , l’ortie blanche , lamolène, etc. , on rejette le calice sans toucher à la corolle. Dans l’œillet, la pivoine , la rose de Provins , on rejette le calice , et l’on monde chaque

pétale de l’onglet qui le termine.

7° Fruits, 11 en est des fruits comme des fleurs : l’époque de leur récolte dépend de l’usage auquel on les destine. Si on veut les conserver pour l’hiver , il faut les prendre avant leur maturité. Si on veut les employer de suite, il les faut, au contraire, parfaitement mûrs.

Il est cependant quelques exceptions à cet égard. Tandis , en effet , que nous voulons dans le cynorrhodon une maturité parfaite; pour l’employer également de suite, nous prévenons celle du coing. C’est que, dans le cynorihodon , la quantité d’acide est toujours assez grande

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pour que la maturation no la détruise pas tout entière ; tandis que, dans le coing:, la petite quantité d’acide dispa» raîtrait , et se trouverait remplacée par une matière su-crée et inutile.

Dans tous les fruits ce n’est pas la même partie qu’on emploie. Dans la grenade , on tire le suc de la pulpe qui entoure les semences. Dans le coing , on râpe le fruit presque entier. Dans les hespéridées , comme l’orange, le citron, on enlève l’épiderme vésiculeux et odorant; on rejette la partie blanche qu’il recouvre , et l’on tire le suc de l’intérieur seul du fruit.

8® Graines. Les graines peuvent se diviser en quatre classes : les farineuses , les émulsives , les aromatiques et les cornées.

Les premières sont celles qui, par la pulvérisation, donnent une poudre blanche appelée farine; telles sont le blé , l’orge, le pois , le haricot , etc. Les secondes renferment de l’huile, et, par la trituration avec l’eau , donnent un liquide blanc ou émulsion ; les amandes , les noix, les noisettes , la graine de lin, celles des cucurbitacées, etc. Les aromatiques sont^outes celles dont l’odeur est très-prononcée; telles sont particulièrement celles des crucifères et desombellifères. Les cornées sont celles dont la texture est si dense , qu’elles se coupent avec peine, et rebondissent sous le pilon : le café , la noix vomique , etc. On peut appeler communes les semences qu’on ne peut faire entrer dans aucune de ces quatre classes. Quels que soient , au reste, la nature des semences et le végétal qui les fournisse , on doit les prendre par-

faitement mûres ; on les reconnaît telles aux caractères

suivant. .

Les farineuses, lorsqu’elles sont pesantes , et surtout lorsqu’elles sortent avec facilité du péricarpe ou des enveloppes écailleuses qui les recoxivrent.

Les émulsives , lorsqu’elles sont pleines , et qu’elles ne deviennent point laiteuses par la pression.

Les aromatiques , lorsqu’elles n’adhèrent plus au pé-, ricarpe qui les recouvre dans les crucifères , ou lorsque l’axe qui les supporte dans les ombeilifères se dessèche, et leur permet de s’écarter l’une de l’autre en remontant de la base au sommet.

Les cornées sont mûres lorsque la pulpe au milieu de

laquelle elles sont logées l’est aussi,, ce qu’on j'ecoii-

naît au changement opéré dans sa saveur et dans sa

couleur. Ces semences sont la plupart exotiques , et

nous n’avons jamais occasion de les récolter nous-

mêmes.

En général , toutes les semences qui se trouvent renfermées dans un péricarpe sec peuvent être regardées comme mûres lorsqu’elles résonnent dans son intérieur. Les semences adhèrent, en effet, au trophosperm e'biWiàQ d’un prolongement de vaisseaux yenani du mésocarpe. Ces vaisseaux sont de deux sortes : le cordon funiculaire, qui porte au jeune embryopies sucs nourriciers, et les cordons pistillaires , qui lui portent le fluide fécondant. Lorsque ces vaisseaux i dont la)if*é, union a reçu

le nom de podosperme , se sont desséchés, c’est une preuve que la graine n’a plus rien à recevoir de la plante, et qu’elle est arrivée à son dernier degré de développe-

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ment. C’est à cette époque seulement que les semences sont propres à la germination , ainsi qu’à remplir les usages pour lesquels la médecine les réclame.

q® Excroissances. Les seules excroissances que le pharmacien récolte sont deux agarics , celui du mélèze ou agaric blanc , et celui du chêne ou agaric amadouvier. Le premier doit être blanc, léger, spongieux et pulvérulent; le second doit être élastique, flexible, et cependant d’un tissu assez solide pour n’être pas déchiré racilemeol. Si l’on voulait employer la noix de Galles de France , il ne faudrait pas attendre pour la récolter que î’insecte qu’elle enferme en fût sorti.

Telles sont les précautions à prendre pour la récolte des végétaux. Voyons actuellement de quelle manière on peut les conserver pour les saisons où la nature les refuse à nos besoins. Ces moyens sont l’intermède de l’alcool , du vinaigre , du sucre , du muriate de soude, enfin la dessiccation. Ce dernier moyen étant le plus usité , c’est de lui seulement que nous allons nous occuper.

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