‹ Manuel du pharmacien; ou, Précis élémentaire de pharmacieChapitre 140 sur 254 · NICOTINE · texte numérisé non relu

NICOTINE

Nicotianine .

Cette substance existe dans les feuilles du tabac ; elle donne à cette plante ses propriétés particulières. La nicotine a été obtenue en 1809 par Vauquelin , qui l'a extraite des feuilles de tabac par le procédé suivant : on prend des feuilles de ta~ bac , on les pile , on en extrait le suc , on le fait évaporer jusqu'aux trois quarts de son volume; on laisse rsefioidir; la liqueur, par refroidissement, laisse déposer une grande quantité de malate de chaux sous forme d'une poudre graveleuse. Cette matière étant séparée , on fait évaporer de nouveau le liquide jusqu'à ce qu'il ne fournisse plus aucune substance saline ; lorsqu'il ne laisse plus déposer de sels , on le fait digérer avec l'alcool qui se charge des acides nialique et acétique

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libres ( que le produit contient ) , de la uicotine et d'une cer-tainé quantité' d'hydro-chlorate d'ammoniaque. On introduit la solution alcoolique dans une cornue, et l'on procède à la distillation pour retirer la plus grande partie de l'alcool. On fait ensuite évaporer le re'sidu à une douce chaleur ; on ti'aite une seconde fois le résidu par de l'alcool concentré , afin de séparer une portion de matière animale qui avait été entraînée à la faveur d'une petite quantité d'eau. Ou distille de nouveau la solution alcoolique ; on fait redissoudre dans l'eau le résidu, on sature à l'aide de la potasse , et l'on soumet à la distillation. On pousse cette opération de manière à obtenir • une liqueur aqueuse qui , quoique incolore , contient de la nicotine en solution. On fait redissoudre le résidu; on procède de nouveau à la distillation ; on répète plusieurs fois cette opération , et à chaque fois on obtient une solution de nicotine dans l'eau. En répétant assez de fois ce travail , on obtient toute la nicotine en dissolution dans l'eau. Par une évaporation conduite avec précaution, on parvient à séparer ce liquide et l'on obtient ce produit pur. Cette substance est incolore ; elle a une saveur acre, elle possède l'odeur particulière qui distingue le tabac; elle occasione un violent éternument; elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; ses solutions dans l'un ou l'autre de ces liquides sont incolores , et elles se distinguent par la saveur et l'odeur particulière à la nicotine. La nicotine est précipitée de ses dissolutions par la teinture de noix de palle ; elle est volatile et vénéneuse ; elle se rapproche , par ses propriétés, des huiles volatiles. Hermstaedt {Journ. deSchw., t. XXXI , p. 44^ ) ^ donné le nom de camphre de tabac ou hicoiianine , à un produit qui a de l'analogie avec la nicotine ; il propose le moyen suivant pour l'obtenir. On soumet à la distillation des feuilles de tabac avec de l'eau, on recueillel'eau qui passe à la distillation. Cette eau , abandonnée pendant quelques jours à elle-même , présente à sa surface une substance cristalline quel'on sépare. On traite le liquide restant avec de l'acétate de plomb ; on décompose le précipité par l'acide sulfurique en quantité suffisante pour saturer tout le plomb.

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La liqueur séparée du précipité , soumise à l'évaporatioa spontanée , foiirnit une nouvelle quantité de produit. Ce produit est blanc ; il cristallise en larmes , se fond à une douce tein-;pérature , et se volatilise peu à peu ; il n'exerce aucune action sur la teinture de tournesol ; son odeur est celle du tabac raffiné ; pris à la dose d'un grain , il cause des vertiges. 11 est peu soluble dans l'eau j mêlé avec l'acide hydro-cblorique , ce mélange, par l'évaporation , ne cbange pas de nature, l'acide se vaporise. La dissolution de ce principe dans l'eau précipite l'acétate de plomb et le nitrate de mercure. Ce dernier précipité est insoluble dans l'acide nitrique ; il est soluble dans l'alcool; la solution alcoolique est précipitée par l'infusion de noix de galle.

Depuis peu de temps, MM. Posselt et Reimann ont annoncé avoir réussi à séparer le principe alcaloïde que Vauquelin supposait exister dans le tabac, mais que ce célèbre cbimiste n'était pas parvenu à obtenir séparé. La nicotine, d'après MM. Posselt et Reimann, est liquide à la température de 6° centigrades ; elle est transparente , d'un rouge-brun ; son odeur est désagréable et piquante, comme celle du tabac desséché : cette odeur augmente par l'élévation de température. Elle a un goût extrêmement acre , dont la sensation se prolonge long-temps sur Ja langue. Elle laisse sur le papier une tache graisseuse qui nie disparaît qu'au bout de douze heures. Son poids spécifique iCSt plus grand que celui de l'eau ; elle est volatile à l'air libre, (Bt laisse pour résidu un peu de matière résineuse ; elle entre en ébullition à 246° centigr. , brûle à l'approche d'uue allumette enflammée , et à 100° centigr. elle laisse dégager d'abondantes vapeurs blanches. La nicotine se dissout dans l'eau en toutes proportions , la solution est alcaline ; dissoute dans 10,000 parties d'eau, elle communique encore à cette dissolution un goût acre. Elle se dissout également dans l'alcool , l'éther et l'huile d'amandes. La solution éthérée mêlée avec de l'acide hydro-chlorique, acétique ou tartarique, abandonne toute la narcotine , et il se forme des sels insolubles dans l'éther. Si l'on neutralise la nicotine par de l'acide phos-

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phorique , on obtient un produit incolore qui , exposé aux rayons du soleil, donne des cristaux semblables à la choies— te'rine. Le sulfate de nicotine se présente sous la forme d'une masse amorphe légèrement acide. En6n, avec l'acide oxalique elle forme un sel soluble cristallisable. L'acide nitrique ne se combine pas avec la nicotine : au contraire, il décompose presque cet alcali. ( Magasin de Pharmacie de Geiger. )

PARILLINE.

Parigline.

La parigline est une substance particulière découverte en i8?.3 par M. Galileo Palotta, dans la salsepareille. Le procédé suivant a été indiqué pour l'obtenir (i) : on coupe la salsepareille , on l'écrase à l'.aide d'un pilon , on la met en contact avec de l'eau commune , dans la proportion d'une partie de racine sur 6 parties d'eau à ioo°. On ferme le vase pour maintenir la température. Au bout de huit heures d'infusion, on passe la liqueur à travers une toile , on verse sur le marc une nouvelle quantité ( 6 parties) d'eau bouillante; on laisse infuser une deuxième fois pendant le même espace de temps ; on réunit les deux infusions qui sont d'une couleur ambrée foncée , et qui ont un goût amer et nauséabond. On y verse du lait de chatix en assez grande quantité pour que la liqueut devienne légèrement alcaline; la liqueur, de jaune qu'elle était , devient brune ; il y a précipitation d'une substance de couleur grise. On recueille ce précipité sur une toile très serrée, on le mêle lorsqu'il est encore humide avec de l'eau saturée d'acide carbonique , puis on le fait sécher au soleil; on le réduit ensuite en une poudre fine ; on le traite dans un matras par l'alcool à 40°; on fait bouillir pendant deux heures, on filtre la solution alcoolique; on traite de nouveau le résidu

1) Jhurnuf de Phnrmacic, i\o\ctnbic 182 j.

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par l'alcool , et Ton répète une deuxième fois l'opération. On réunit les solutions alcooliques, on les introduit tlaos une cornue de verre , on procède à la distillation , que l'on continue jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que le liquide se trouble sensiblement; on arrête l'opération , on démonte l'appareil , on verse le résidu dans une capsule , et on l'abandonne à luimême ; peu de temps après, on remarque qu*uneî substance blanche se précipite et s'attache aux parois de la capsule. On sépare le liquide surnageant , on place ensuite le vase dans une étuve chauffée à 25" Réaumur ; lorsque la masse est suffisamment desséchée , on recueille le produit sec, et on le conserve dans un vase convenable. Cette substance est dèlà'parigline impure ; à cet état , elle**est solide , compacte , légèrement déliquescente; elle peut être purifiée à l'aide dU charbon, comme on le fait pour des prodiiits analogues. La J>a/vg'/me pure est d'une saveur amèreausièrc, lé^jèrement astViiigente et nauséeuse ; son odeur est particulière ; elle est insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eâu chaude, peu soluble dans l'alcool défleg'mé à froid , très soluble dans l'alcool bouillant. Lorsqu'elle est impure, elle est insoluble dans l'eau froide , mais elle est soluble dans l'alcool cùmcentre à là température ordinaire, et à une température plus élevée. Coproduit est légèrement alcalin ; soumis à l'action des acides , il présente les phénomènes suivans : l'acide sulfurique concentré le décompose , le même acide affaibli s'y combine et donne naissance à un sulfate; les autres acides se combinent à la parigline , ef il en résulte des sels. Soumise à l'action de la chaleur, la parigline , à une température qui n'excède pas 100° Réaumur , se fond , devient noire , se décompose en partie en conservant eticore de l'amertume ; à une température plus élevée , elle se décompose entièrement et de la même manière que le font les substances non azotées. D'après divers essais faits par M. Pallota, la parigline est un débilitant qui agit en affaiblissant l'activité vitale ; son action a lieu en raison de la dose que l'on a prise. Le même auteur dit qu'elle jouit toutà-la-fois de la propriété d'irriter et de débiliter.

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Les premiers de'tails sur la parigliae que nous publiâmes dans notre Manuel du Pharmacien , donnèrent lieu à des expériences qui , faites en Belgique, ne réussirent pas, selon ce ce que nous mande notre correspondant belge. Cependant M. Planche, à cette époque, avait obtenu, sans difficulté, et en suivant le mode prescrit, des produits analogues à ceux indiqués par M. Pallota. Nous ne savons donc à quoi attribuer cette différence dans les résultats.

PICROTOXINE.

ha. picrotoxine fut découverte par M. BouUay dans les fruité de la coque du Levant , le Menispermum cocculus. Ce produit ^'obtiçnt de la manière suivante : on traite les semences lïipndées (privées ou non d'huilç) par l'eau, on fait bouillir, on fait évaporer les décoctions jusqu'ei* consistance d'extrait , on divise cet ejçtrait avec un vingtième de son poids de magnésie pure, puis, après vingt-quatre heures de contact, on traite et l'on épuise le mélange par de l'alcool à ^o° bouillant ; on distille pouv retirer la plus grande partie de l'alcool ; ou fait çvaporer Iç résidu. à siccité, efl'on traite de nouveau par l'alcool. On traite la liqueur par le charbon animal pour la décolorer; on fait rapprocher la liqueur, qui par le refroidissement fournit la plus grande quantité de la picrotoxine. On isole ces cristaux , et comme ils sont colorés, on les purifie en les faisant redissoudre dans de l'alcool ; on clarifie par le charbon , on filtre , on fait évaporer et cristalliser.

La picrotoxine est un solide blanc, brillant, semi-trans\)arent, cristallisant en aiguilles .{i) ; elle est inodore; sa saveur est amère, et cette amertume est presque insupportable.

Ce principe est soluble dans l'eau froide, dans la proportion d'un soixante-quinzième du poids de ce liquide. L'eau bouillante en dissout un vingt-cinquième. Jj'alcool en dissout un tiers , et l'éther les quatre dixièmes.

(i) Ces aiguilles sont des prismes quadranguluiros.

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La picrotoxine projetée sur les charbons ardens brûle sans se fondre ni s'enflammer ; elle répand alors une fumée blanche qui a une odeur résineuse.

L'action de la picrotoxine a été constatée sur les animaux. Prise à la dose de 5 à lo grains par des chiens très vigoureux, ces animaux moururent au bout de quelques heures , après avoir éprouvé des mouvemens convulsifs très violens.

Les secours à donner dans les cas d'empoisonnement par la coque du Levant , qui doit son énergie à la picrotoxine, consistent à provoquer le vomissement , ou encore à employer les alcalis faibles, la chaux , et spécialement la magnésie.

La picrotoxine n'est pas considérée comme étant une substance alcaline.

PIPERIN.

he piperin est une substance particulière , de nature végétale, découverte par M, OErstedt dans le Piper nigrUm. Ce chimiste le considéra comme un alcali végétal ; cependant cette opinion n'est pas celle des chimistes. M. Pelletier regarde cette substance comme une résine , et la compare à la matière résineuse des cubèbes, Piper Cubeba. Le piperin se présente sous la forme d'un prisme à quatre pans, dont deux, parallèles , sont sensiblement plus larges. Ce prisme est terminé par une face inclinée. Ces cristaux sont incolores et transparens.

Le piperin est insoluble dans l'eau froide , peu soluble dans l'eau bouillante. Le peu qui s'en dissout dans ce véhicule à ioo° se précipite par refroidissement. Il est soluble dans l'alcool , soluble dans l'éther, plus à chaud^u'à froid.

Le procédé d'abord employé pour obtenir le piperin consiste à traiter le poivre noir de la manière suivante : on prend du poivre noir concassé , 2 livres ; on le traite avec 3 livres d'alcool à 36°. On porte à l'ébullition , on laisse reposer, puis refroidir; on décante , et l'on réitère l'opération avec de nouvel alcool. On réunit les deux liqueurs, et l'on verse dans cette teinture 2 livres d'eau distillée et 3 onces d'acide hydrochlorique. La liqueur se trouble, et il se dépose une masse de

couleur grise fonce'e. Ce dépôt est en partie formé de matière grasse. Lorsque cette matière grasse est séparée , ou recueille sur les parois du vase et sur le filtre , de beaux cristaux qui ne sont autre chose que le piperin. Eu ajoutant de l'eau jusqu'à ce que le liquide ne se '.rouble plus , on en obtient une nouvelle quantité.

Procédé de M. Pelletier (i). On épuise le poivre noir concassé par de l'alcool, on réunit les teintures alcooliques, et l'on fait évaporer. Elles laissent pour résidu uiîe matière d'apparence grasse. On soumet ce résidu à l'action de l'eau bouillante , et l'on renouvelle les lotions jusqu'à ce que l'eau en sorte incolore. Arrivé à ce point , on fait dissoudre la matière grasse qui a été purifiée par le lavage dans de l'alcool , et l'on abandonne la solution à elle-même. Au bout de quelques jours, elle laisse déposer une grande quantité de cristaux ; on purifie ces cristaux par des solutions dans l'alcool et l'éther, et par des cristallisations répétées.

On retire des eaux- mères alcooliques une nouvelle quantité de cristaux , que l'on purifie de la même manière.

Un troisième procédé est dû à M. Thouery , pharmacien à Solomiac. Ce procédé, qui a été répété par MM. Barruel père et fils , leur a semblé devoir mériter la préférence sur les précédens (2). Ce procédé est le suivant.

On prend i kilogramme ( ?. livres ) de poivre noir moulu , on fait digérer à une chaleur de 4" à 5o° centigrades, dans 1760 grammes (3 livres 8 onces ) d'alcool à 36°; on porte ensuite la température à 80° ; on laisse reposer, on décante ; on réitère l'opération en se servant de nouvel alcool ; on exprime le marc, on réunit les liqueurs, on les laisse refroidir pour séparer une matière grasse floconneuse qui se précipite; on

(l) MM. Pelletier, Pontet et Meli se sont aussi occnpés de l'extraction du piperin. Les travaux des denx premiers, qui s'exccataient, l'un à Paria, l'autre à Marseille, ont offert, à peu de chose près, les mêmes résultats, (juoiqne ris auteurs eussent opère d'une m:\niere difFercntc,

[t.) m. Barruel Ernest se proiiose de modifier le procédé de M. Tlionery.

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filtre et l'on traite le liquide filtre' par 192 ou par 224 grammes (6 ou 7 onces ) de protoxide de calcium en poudre, ou bieu par le double de ce poids d'hydrate de cliaux : on chauffe doucement d'abord, puis on porte à l'ébullilion ; on agite par intervalle; lorsque la liqueur de brune qu'elle était est devenue opaline , on décante la liqueur et l'on traite par l'alcool le dépôt calcaire. On réunit les liqueurs filtrées , oii les porte dans une étuve chauffée de 25 à 3o°, et on laisse en repos. Par cette évaporation ménagée, on obtient un piperin bien cristallisé, d'une légère couleur opaline et qui est presque entièrement privé de matière colorante.

Les eaux -mères précipitées par l'eau fournissent une nouvelle quantité de piperin. '

On purifie le piperin ainsi obtenu , en le faisant redissoudre dans l'alcool , traitant par le charbon , filtrant, faisant évaporer et cristalliser, a M-JTJSJi JHyiH' '• ; • f,

M. Dominique Méli a dotmé 'des 'détails sur l'action anti-<fébrile du piperin ; selon ce praticien , l'efficacité de ce médicament surpasse celle du sulfate de quinine. Ces expériences demandent à être constatées.

M. Dominique Méli a aussi examiné l'action fébrifuge de l'huile acre du poivre ; il a reconnu que son action était analogue à celle du piperin , mais à un moindre degré (r). M. Magendie pense que cette action est due à ce que cette huile retient de la matière cristalline. Ce savant praticien pense que le piperin pourrait être employé contre les blennorrhagies au lieu des cubèbes.

PLUMBAGIN.

M. Dulong d'Astafort a donné le nom àe plumbagin k une substance particulière cristallispble , qu'il a extraite de la racine de dentelaire. {Plumbago Eiiropea , L.)

Le plumbagin s'obtient de la manière suivante : on soumet

(1} Les l'xpcriences de M. Meli fuiiiit faites h l'hôpital deRavcniie.

la poudre de l'écovce de la racine de dentelaire à l'action del'é-f ther, à une température de So" centigr. ; on se'pare les produits de la digestion et on les traite ensuite à plusieurs reprises par l'eau distille'e bouillante; on décante le liquide bouillant et on le laisse refroidir ; il laisse déposer des cristaux de plunibagin. On reprend ce même liquide , on le fait bouillir de nouveau sur le résidu étliéré , en remplaçant la quantité d'eau évaporée ; on continue ainsi , tant que le résidu fournit des cristaux. On recueille ces cristaux , on les fait dissoudre dans l'éther ou dans l'alcool ; on décolore à l'aide du charbon , on filtre et on laisse évaporer à l'air libre.

Le plunibagin cristallise très facilement ; ses cristaux sont circulaires , et quelquefois prismatiques. Il est peu solubie dans l'eau froide , plus dans l'eau cbandc ; il est très solubie à froid et plus à chaud dans l'éther et dans l'alcool. Ce produit a une saveur légèrement sucrée d'abord , à cette saveur succède un sentiment d'âcreté des plus prononcés.

Dissous dans l'eau , ce produit se conduit de la nianière suivante avec les réactifs : les alcalis lui donnent une belle couleur rouge ; il en est de même du sous-acétate de plomb et du per-chlorure de fer. Les acides font reparaître la couleur jaune. Soumis à l'action de la chaleur , le plumbagin se comporte'comme le Gentianin et le Rharbarin, c'est-à-dire qu'il se sublime, i

Le plumbagin n'est pas employé en Médecine ; il serait cependant du plus grand intérêt que les praticiens s'occupassent de rechercher si ce principe peut, comme la dentelaire, être employé contre les maladies de la peau ou comme vomitif. Espérons que des expériences, sur ce sujet, viendront compléter le travail de M. Dulong.

Ce principe ne rougit pas le papier de tournesol, il ne verdit pas le papier de mauves ; il doit donc être considéré comme un corps neutre cristallisable.

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