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SOLANINE

La solanine est ua principe actif suppose alcaloïde qui a été découvert, pour la première fois, en 1821, par M. Desfosses de Besançon , dans les feuilles et les tiges de la douce-amère , le fruit de la morelle ; puis, par MM. Chevallier et Payen , dans le SolanuinverbascifoliumX.es derniers l'ont obtenue cristallisée , tandis que M. Desfosses ne l'avait obtenue qu'à l'état pulvérulent. La solanine a aussi été trouvée par M. Pelletier dans les fruits d'une solanée d'Amérique.

La solanine est blanche , inodore , d'une saveur légèrement anière ; elle est insoluble dans l'eau froide , soluble dans 8000 parties d'eau chaude, soluble dans l'alcool; elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Elle s'unit aux acides , et forme des sels qui n'ont pas encore été bien examinés.

On obtient la solanine en précipitant par l'ammoniaque ou la magnésie, la décoction de douce-amère , ou le suc des baies de morelle , recueillant le précipité qui se forme , le lavant à l'eau froide, faisant sécher, traitant ensuite par l'alcool bouillant ce précipité, après l'avoir réduit en poudre. Ce véhicule dissout la solanine , qui se dépose par refroidissement. Cette substance , qui paraît avoir de l'action sur l'économie animale, n'a pas encore été employée en Médecine.

Tridace , Lactucarium.

Le docteur François a ainsi nommé le suc épaissi de laitue, préparation qui avait été désignée sous le nom de lactucarium par Dimcau.On l'obtient de la manière suivante. Lorsque la laitue cultivée {Lactuca saliva, L.) est sur le point de fleurir, on fait avec une lame d'argent des incisions à la tige dépouillée de ses feuilles. Il en découle un suc laiteux qui se concrète Tome II. 63

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très rapidement, brunit, devient dur et cassant; mais ce produit attire fortement l'humidité de l'air (i). La laitue doit être cullive'e dans un terrain sablonneux et peu fume'. Ce procède' d'extraction est le même que celui qui est employé pour obtenir du bon opium; mais comme il ne fournit que des quantités minimes de tbi-idace, on peut obtenir cet extrait en pilant, dans un mortier de marbre, la tige de laitue coupée par tronçons et cueillie après une forte insolation. On fait évaporer le suc jusqu'à consistance d'extrait, dans une étuve au-dessous de ^o°. M. Lalande fils , pharmacien à Falaise, a légèrement modifié le procédé de M. François. Il a observé, avec raison , que le suc de toute la tige de laitue contient une grande quantité de mucilage et d'eau de végétation , -/fournis par la partie médullaire des tronçons. En conséquence , il a recommandé d'enlever avec un couteau d'ivoii-e l'écorce dans laquelle réside le suc laiteux , et de pikr seulement cette portion de la tige. De cette manière, on obtient un produit abondant et toujours identique. ( /-'". Journal de Chimie médicale, t. II , p. 479- ) ^^* extrait est plus avide d'humidité que le suc obtenu par incision ; il est supérieur en qualité à celui qu'on obtient par décoction ou par expression du suc de la laitue qui a poussé dans les serpcs. Le premier est infidèle, et le second est presque inerte.

Un autre pix)cédé est dû à M. Desnos, pharmacien à Alençon. Voici ce procédé.

On prend des laitues parvenues à l'époque de la fleuraison. on les récolte par un temps sec, et l'on incise transversalement les tiges par petits ti'onçons que l'on reçoit dans de l'eaii distillée , de manière à ce que le suc propre puisse exsuder par le plus grand nombre de surfaces possibles. Par l'agitation de ces tronçons dans l'eau , le suc propre s'y divise et même s'y dissout en partie , de telle sorte que le liquide prend d'abord

(j) Duncan indiquait tic traiter par l'alcool le suc concret de laitue, et d'' lo rcdnire par une évnporation lent'' en consistance d'extrait.

DU PHARMACIEN. QqS

Xïue apparence laiteuse , puis finit par brunir au bout de quelques instans ; ou sépare , par filtration , ces tronçons du véhi— <;ule où on les a laissés macérer. Le liquide obtenu , soumis à la distillation, fournit, si la quantité de laitue employée est en notable quantité, une eau distillée possédant une odeur vireuse qui ne le cède en rien à celle de l'eau de laitue recobobée plusieurs fois. Ce qui reste dans la cucurbite, devenu trouble par suite de la séparation du caoutchouc qui se coafjUle par la chaleur, est de nouveau filtré et exposé ensuite à la vapeur de l'eau bouillante , jusqu'à ce qu'il soit amené à la consistance d'un extrait sec qu'on renferme le plus promptement possible dans des flacons soigneusement bouchés, à cause de ses propriétés hygrométriques.

Cet extrait, ainsi préparé, est très amer; il possède, en outre, une odeur et une saveur vireuse, très prononcées. On peut l'obtenir en assez grande quantité pour que ce procédé puisse être adopté dans les laboratoires.

La thridace est un médicament dont l'action "sur l'économie animale paraît être semblable à celle de l'opium pris à petite dose , mais il ne donne pas lieu aux symptômes d'irritation qu'occasione quelquefois l'emploi de cette dernière substance.

M. Caventou , qui a fait sur ce produit quelques recherches chimiques, n'y a trouvé aucune trace de morphine ni de narcotine. Son effet est toujours sédatif; il provoque le sommeil sans déterminer de narcotisme. M. François l'a administré avec succès dans les diverses affections du système nerveux. Tl ralentit et régularise les battemens de cœur, et diminue la chaleur animale , phénomène qui a qjté constaté avec un thermomètre sur plusieurs individus. La dose en est d'un à six grains à la fois.

ZANTHOPICRITE.

Ce nom a été donné par MM. A. Chevallier et G. Pelletan à une substance particulière , cristallisable , qu'ils ont obtenue lors de l'analyse du zanthoxyle des Caraïbes {le Clavalier des Antilles ) .

9g6 MA1SUEL

La zaathopiciite s'obtient en traitant l'écorce de clavalier par l'alcool, faisant e'vaporer pour obtenir un extrait, épuisant cet extrait par l'eau, puis par l'éther, traitant ensuite par l'alcol bouillant , faisant e'vaporer la solution alcoolique qui fournit des cristaux en aiguilles divergentes. Ces cristaux de couleur jaune tirant sur le vert n'attirent pas l'humidité de l'air; ils sont un peu solubles dans l'eau et dans l'éther, solubles dans l'alcool et plus dans ce liquide bouillant. La saveur de ce produit est amère , styptique ; elle excite la salivation. Il ne rougit pas le papier bleu de tournesol , il ne bleuit pas non plus le papier de tournesol rougi.

Le peu d'ccorce de clavalier que possédaient les auteurs de cette découverte ne leur a pas permis de multiplier leurs recherches sur ce produit, qui a été décrit dans le t. Il du Journal de Chimie médicale, pag. 3i4 et suivantes.

Ce produit n'a pas encore été employé eu Thérapeutique et ses propriétés ne sont pas encore connues.

Depuis la publication du travail de MM. Pelletan et Chevallier , on a publié, dans divers journaux, une analyse du ccanthoxylum fraxineum , et la découverte d'une nouvelle substance , la xantoxjline; il est probable que cette substance n'est autre que le principe décrit par l'un de nous et par M. Gabriel Pelletan , SiÇ^us \q nom de xanthopicrite.

VIOLINE.

Émétine indigène.

La violine a été découverte par M. Boullay dans les différentes parties (racine, feuilles, fleurs et semences) du viola odorataj elle possède les principaux caractères de l'émétine provenant de l'ipécacuanha. Comme cette dernière, elle est alcaline, forme des sels par sqn union avec les acides; elle est à peine soluble dans l'eau ; elle est soluble dans l'alcool.

Le procédé le plus convenable pour l'obtenir est le suivant.

Ce procédé, qui nous a été communiqué par l'auteur, M. Boullay, consiste ;< traiter la racine sèche, concassée, par l'alcool ; à l'épuiser par ce véhicule de tout ce qu'elle contient desoluble, à réunir ensuite les liqueurs alcooliques pour les soumettre à la distillation, puis à évaporer le résidu jusqu'à consistance d'extrait; à malaxer cet extrait dans l'eau distillée pour séparer l'émétine de la matière grasse et de la chlorophylle ; à évaporer à une douce chaleur la solution aqueuse retirée de l'extrait, et qui contient l'émétine unie à l'acide malique , lorsque la solution est amenée à l'état d'extrait. On épuise cet extrait par l'alcool absolu, et la solution alcoolique est ensuite traitée par l'acide sulfurique très faible ; on précipite ensuite l'émétine de cette solution par la chaux ou par la magnésie caustique, ou bien encore par le carbonate de plomb eu excès ; on recueille le précipité , on le lave à l'eau froide , on le traite ensuite par l'alcool ; on fait évaporer jusqu'à siccité les solutions alcooliques, en remuant pendant l'évaporation. Par ce moyen , on obtient la violiae sous forme d'une poudre jaune qui attire encore un peu l'humidité de l'air. Pour la purifier, on l'abandonne pendant quelques jours dans de l'eau distillée ; la partie colorante se dissout dans l'eau ; la violine reste insoluble sous forme d'une poudre blanche , que l'on recueille sur un filtre , et que l'on fait sécher. D'après les expériences de M. le docteur Orfila , l'émétine indigène ou la violine est très active et vénéneuse. On peut préparer un produit analogue à l'émétine colorée , en suivant le procédé que nous venons de décrire, mais en s'arrêtant à la purification par l'alcool de l'extrait pxùvé de la matière grasse et de la résine verte. D'après des expériences faites par M. Chomel, la violine médicinale peut se donner à la même dose que l'émétine colorée ; mais elle semblejoindre à la propriété vomitive une action purgative plus prononcée. M. Boullay est porté à croire, d'après la différence qu'il a observée, soit dans les propriétés chimiques, soit dans l'action sur l'économie animale, que la violine peut être considérée comme une espèce du genre émétine dont M. Pelletier a fourni le type.

99^ IWAKUEL

DE QUELQUES PRîNCIPES TIRÉS DU RÈGNE ANIMAL.

Nous avons cru devoir faire connaître à nos lecteurs quelques-uns de ces principes , à cause de leur importance et parce qu'ils sont employés journellement en Pharmacie, soit à l'état de pureté, soit combinés à d'autres substances et tels que la nature les donne. Ces principes sont : la canthatndine , la. cajmine , la castorine , \e picromel , l'o^mazo/ne; enfin , l'î/r^e.

CANTHARIDINE.

Principe actif des Cantharides .

On a donné ce nom à une substance particulière découverte, en i8io, dans les cantharides par M. Robiquet. On obtient cette substance en agissant de la manière suivante : on fait bouillir les cantharides avec de l'eau distillée , et l'on continue le traitement par ce liquide jusqu'à ce qu'il ne se charge plus d'aucun principe. On fait évaporer le décoctum obtenu jusqu'à consistance d'extrait ; on traite cet extrait à plusieurs reprises par de l'alcool bouillant, et l'on continue d'employer ce traitement jusqu'à ce que ce liquide sorte incolore de dessus cet extrait. On réunit les solutions alcooliques , on les fait évaporer à une douce chaleur; lorsque l'extrait alcoolique est à l'état sec, on l'introduit dans une fiole à médecine. Ou ajoute ensuite de l'éther sulfurique ; on agite à plusieurs reprises. Au bout de quelque temps l'éther se colore • on décante ; on le remplace de nouveau par de l'éther ; on agite ; on laisse en contact pendant un plus long espace de temps , puis on décante de nouveau. On réunit le produit provenant des deux décantations ; on le place dans une capsule, et on l'abandonne au contact de l'air , à une évaporation spontanée. Ce liquide , en se volatilisant, laisse déposer de petites plaques cristallines ; mais elles sont mêlées d'une certaine quantité de matière jaune; on enlève cette matière à l'aide d'un lavage fait avec

de l'alcool froid, qui ne dissout pas sensiblement la matière cristalline. On met ensuite cette matière entre des feuilles de papier Joseph, et Ton finit de la sécher : on a alors de lacantharidine pure. La cantharidine est en petites lames , ayant une apparence micacée éclatante ; elle est insoîuble dans l'eau et dans l'alcool froid , soluble dans l'alcool bouillant, d'où elle se précipite par refroidissement ; v.We est soluble en petite quantité dans l'cther et dans les huiles.

La solution huileuse de cantharidine appliquée sur la peau, agit comme la cantharidine elle-même; on peut profiter de cette propriété pour préparer des linimens rubéfians. Il est à présumer que ce principe actif n'existe pas seulement dans le canlharis vesicatoria et qu'il se trouve également dans tous les insectes doués delà propriété vésicante.

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