ACIDE HYDRO-CHLORO-NITRIQDE
Acide nitro-muriatiquc , Eau régale , Acide chloro-nitreux.
On a doniîé le nom d'eau régale, d'acide nitro-muriatique, etc. , à un mélange formé d'acides hydro-chlorique et nitrique en diverses proportions. Cet acide, ainsi que nous le verrons dans le cours de cet ouvrage, est employé pour dissoudre l'or , le platine.
On obtient l'acide hydro-chloro-nitrique en mêlant ensemble une partie d'acide nitrique à 33° et 3 parties d'acide hydro-chlorique à io°. Lorsque le mélange est opéré, on le conserve dans des flacons bouchés à l'émeri , que l'on place dans un lieu frais.
Quoique les proportions que nous indiquons ici ne soient pas celles rapportées dans divers formulaires, elles conviennent parfaitement pour préparer l'acide, destiné à dissoudre l'or , le platine, et former les combinaisons employées
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par le pharmacien , les chlorures d'or , de platine , etc. , etc.
L'acide hydro-chloro-nitrique est recommandé comme pe'diluve dans le traitement des maladies du foie. Ce pédiluve se pre'pare en acidulant l'eau ordinaire avec de l'acide nitro- Iiydro-chlorique pre'pare' dans les proportions de 2 parties d'acide nitrique sur 3 parties d'acide hydro-chlorique ; on emploie ordinaireinent de 96 à laS grammes ( de 3 à 4 onces ) pour un bain de pied : l'eau ainsi acidulée doit marquer de 3** à 6°.
L'acide hydro-chloro-nitrique , pris à l'intérieur , est un violent poison; les secours à donner sont le lait de magnésie en abondance, l'albumine délayée dans l'eau, le lait. On ne doit le délivrer qu'à des personnes bien connues , sur l'ordonnance de médecin, ou bien en remplissant les formalités exigées.
On reconnaît l'acide nitro-muriatique à l'odeur de chlore qu'il répand , à sa couleur d'un beau jaune d'or , et à la propriété qu'il possède de dissoudre l'or et le platine. Cette dernière propriété est due au chlore qui, par la réaction des deux acides l'un sur l'autre , est mis à nu ; il agit alors sur le métal.
ACIDE lODIQUE.
L'acide iodiquè est un combiné résultant de l'union de l'iode avec l'oxigène dans les proportions de 100 d'iode et de 31,925 d'oxigène.
Cet acide a été découvert par M. Gay-Lussac ; mais il fut obtenu pur , pour la première fois, par M. Davy. L'acide chlorique peut s'obtenir par deux procédés s le premier procédé est le suivant. On introduit dans un tube de verre fermé à l'une de ses extrémités, 2 parties et demie de chlorate de potasse, 10 parties d'acide hydro-chlorique ; on adapte à ce tube et à l'aide d'un bouchon , un tube courbé à angle droit, dont l'extrémité opposée va se rendre dans un petit balloa contenant une partie d'iode. Dans la partie supérieure du tube, on place de petits fragmens de chlorure de calcium ; l'appa-
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reil ctaut dispose, ou clève graduelleiucnt la température du tube, en chauffant la partie inférieure du tuhe avec précaution pour qu'il n'y ait pas d'explosion. Le chlorate de potasse est décomposé, l'oxide de chlore se dégage ; il cède l'eau qu'il contient au chlorme de calcium , puis il va se rendre dans le ballon qui contient l'iode : là , il y a réaction , de laquelle il résulte de l'acide iodique et du chlorure d'iode ; on sépare ces deux produits par l'action d'une douce chaleur , qui détermine la volatilisation du chlorure d'iode, tandis que l'acide reste dans le ballon sous forme solide.
Le deuxième procédé, qui est plus simple, consiste à faire passer un courant de chlore dans de l'eau dans laquelle on a mis de l'iode, faisant passer du chlore en excès. On reconnaît que l'opération est terminée , lorsque la liqueur est décolorée et que la solution est complète; on fait alors évaporer à une douce chaleur jusqu'en consistance sirupeuse; on obtient alors une masse blanche demi-transparente.
L'acide iodique est très acide ; sa saveur est astringente ; il est sans odeur et d'une densité plus grande que celle de l'acide sulfurique. Chauffé convenablement , il se fond, se décompose et se transforme en vapeur d'iode et en gaz oxigène ; il attire ITiumidité de l'air.
Cet acide a été recommandé par M. Sérullas, comme un bon réactif pour faire reconnaître la présence de la morphine et des sels de morphine. Des recherches faites par ce savant, il résulte que la morphine et son acétate jouissent de la propriété de décomposer l'acide iodique et même les iodales acides, et de mettre à nu la morphine. Si dans une liqueur qui contient un centième de grain de morphine, on ajoute une petite quantité d'acide iodique , ou même d'un iodate acide , la décomposition de l'acide s'opère â l'instant ; l'iode est mis à nu ; la liqueur se colore et acquiert l'odeur d'iode. Si la morphine était en plus grande quantité et que l'acide ajouté le fût aussi, l'iode se précipiterait sous forme d'une poudre de couleur noire. La quinine, la strychnine, labrucine,la picrotoxine , etc. , ne décomposent pas l'acide iodique ni les iodatca acides.
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