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OXIDES D ANTIMOINE

Les chimistes ne Sont pas d'accord sur le nombre d'oxides que l'on peut obtenir par l'union de l'oxigène avec l'antimoine : quelques-uns d'entre eux , ainsi que Proust, en ont admis deux ; M. Berzelius eu a signalé quatre j M. Thénard-, qui pense que cette différence d'opinion tient à la difficulté d'obtenir ces oxides purs, n'en compte que trois, le protoxide, le deutoxide et le triioxide. Nous ne discuterons pas ces opinions ni les faits qui viennent à l'appui de l'une ou de l'autre ; nous nous occuperons de décrire ceux de ces produits qui sont préparés pour l'usage pharmaceutique.

OXIDE d'antimoine SUBLIMÉ.

Fleurs argentines d'antimoine , Protoxide d'antimoine sublimé.

Le protoxide d'antimoine , dont l'origine est ancienne, s'obtient de la manière suivante : on prend de l'antimoine pur et , métallique , on l'introduit dans un creuset de terre , de ioruie • allongée , on place ce creuset dans un fourneau à réverbère garni de son laboratoire , le disposant de manière à ce qu'il dépasse d'environ un pouce les bords du laboratoire ; on recouvre ce creuset d'un second qui s'eugage dans le premier ,

on perce le fond de ce dernier et l'on place , si l'on veut , un

troisième creuset qui est soutenu par le second, dans lequel il

s'engage.

L'appareil e'tant ainsi disposé , en ayant soin que l'air puisse pe'nétrer dans les creusets ^ on e'chaufFe doucement d'abovd le creuset inférieur , et l'on continue l'action de la chaleur de manière à porter le métal au rouge-blanc. Bientôt ce métal brûle , s'oxide aux dépens de l'oxigène de l'air qui s'introduit dans le creuset ; il y a formation de protoxide qui se réduit en vapeurs : ces vapeurs viennent se condenser dans les creusets supérieurs-en affectant la forme d'aiguilles qui sont plus ou moins longues , plus ou moins belles , selon que la chaleur est bien ou mal conduite. On doit avoir soin, de demi-heure en demi-heure , d'enlever les creusets qui sont à la partie supérieure , pour détacher l'oxide sublimé ; on les replace de nouveau, et l'on continue l'opération.

L'oxide ainsi obtenu est cristallin , d'un blanc-grisâtre; à l'état cristallin , il a des reflets métalliques ; soumis à l'action de la chaleur , il se fond à une chaleur rouge ; si l'on élève la température, il se volatilise. Cet oxide, employé autrefois, ne l'est plus ou presque plus, quoiqu'il jouisse de la propriété d'être émétique. On le remplace par d'autres produits moins coûteux et plus faciles à préparer.

On peut obtenir, et pour expériences seulement, de l'oxide d'antimoine sublimé , en faisant fondre au chalumeau, sur un charbon légèrement creusé, un fragment d'antimoine , le portant au rouge-blanc , le laissant refroidir dans un lieu tranquille : non-seulement les parties qui environnent le bouton métallique , mais encore ce bouton lui-même se recouvre de petites aiguilles argentines qui sont du protoxide sublimé.

PR0T0XID5 d'antimoine OBTENU DU CHLORURE PAR l'eAU.

Poudre d Algaroth.

Plusieurs procédés ont été proposés pour obtenir cet oxide. i". On prend du chlorure d'antimoine (le beurre d'antimoine),

on le fait dissovidre dans une petite quantité d'acide hydrochlorique , on verse cette solution dans de l'eau dans la proportion de vingt fois le poids du chlorure liquide ; on lave le précipité à l'eau ; lorsqu'il est lavé, on le fait bouillir avec une petite quantité de potasse destinée à enlever l'acide muriatique restant, on laye bien exactement et l'on fait sécher. 2**. On prend du beurre d'antimoine liquide , en quantité nécessaire , on le verse par petites portions dans de l'eau bouillante. L'eau est décomposée; son hydrogène se porte sur le chlore, qui passe à l'état d'acide hydro-chlorique , tandis que l'oxigène se combine au métal qui se précipite. Le précipité, qui a une belle couleur blanche , doit être recueilli sur un filtre , lavé à plusieurs reprises avec de l'eau bouillante. Lorsqu'il est bien lavé, on le fait sécher ; et lorsqu'il est parfaitement sec, on le réduit en poudre et on le conserve pour l'usage.

PROTOXIDE d'antimoine VITREUX CONTENANT DU SDLFDRE d'aNTJMOINE.

Verre d^ antimoine.

Ce combiné se prépare en calcinant dans un creuset de terre l'oxide gris provenant de la calcination du sulfure d'antimoine ; examiné chimiquement , il a été constaté que le protoxide en fusion pouvait dissoudre du sulfure d'antimoine en diverses proportions. Vauquelin, de son côté, a reconnu que Tapparence vitreuse qu'il possédait est due à de la silice, qui s'y trouve quelquefois dans la proportion de 12 pour 100 de verre d'antimoine (i).

Cet oxide se trouve dans le commerce , mais le pharmacien peut le préparer de la manière suivante.

On fait chauffer assez fortement, et avec le contact de l'air dans un têt à rôtir , placé sur des charbons ardens ou sur l'âtre

(i) Nous avons cru devoir ranger ici cet oxide, qtri contient pour 1000 1°. silice, o,43;20. peroxide de fer, 32^3°. sulfure d'antimoine, I9j4"- P oxide d'aacimoiae, 9, i5.

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d'un four, du sulfure d'antimoine, en ayant soin de remuer souvent pour mettre toutes les parties de la masse en contact avec l'air. Il en résulte que la plus grande partie du sdufre se combine atec l'oxigène , passe à l'état d'acide sulfureux et se dégage , tandis que l'antimoine , séparé du soufre , s'oxide, prend l'apparence d'une poudre de couleur grisâtre qui est de Voxide sulfuré gris. On glace cet oxide dans un creuset de Hesse , et l'on pousse fortement le feu. L'oxide d'antimoine réagit sur la silice du creuset, en dissout une petite portion , se fond , et prend une belle couleur hyacinthe. On peut activer la fusion du verre d'antimoine en ajoutant à l'oxide une petite quantité de silice en poudre fine. Quand cet oxide est en pleine fusion, on le coule sur une table de mai'brè , puis on le divise en morceaux que l'on enferme dans un lieu convenable.

OXIDE d'arsenic.

Voyez j4cide arsenieux .

PROTOXIDE DE BARIUM.

Baryte caustique , Barote, Terre pesante , Proloxide de barium.

L'oxide de barium , regardé long-temps comme un corps simple, est aujourd'hui considéré comme le résultat de la combinaison d'un métal ( le barium ) avec l'oxigène , dans les proportions de barium , loo; oxigène , 11,669.

L'oxide de barium fut découvert par Scheèle , qui le trouva, en 1774 > dans une mine de peroxide de manganèse qu'il avait soumise à l'analyse ; mais ce corps à l'état de pureté ne fut connu qu'en 1 796 , et cette amélioration dans l'état de nos connaissances est due à Vauquelin et à Fourcroy, qui publièrent un mémoire sur ce sujet, dans lequel ils indiquèrent le procédé suivant pour sa préparation. On introduit dans une cornue ou dans un creuset de porcelaine, du nitrate de baryte cristallisé en octaèdres ; on expose ce vase à l'action du feu, et l'on continue la chaleur jusqu'à ce qu'il n'y ait plus déga-

gement d'oxigène; on laissp refroidir, et l'on trouve dans le creuset ou dans les débris de la cornue une masse griseverHàtre, solide, caverneuse, d'une saveur acre : ce produit est la baryte pure. Pendant l'opération, le nitrate de baryte est décomposé ; les élémens de l'acide nitrique séparés les uns des autres , se dégagent à l'état d'azote , de gaz deutoxide d'azote , d'oxigène, etc. La baryte séparée de l'acide étant fixe, elle reste au fond du vase où l'opération s'est faite.

La baryte présente les propriétés suivantes ( Fourcroy et Vauquelin ) : i°. Sa couleur est le gris-verdâtre , son aspect est caverneux , sa saveur est plus caustique que celle de la chaux vive. 2°. Soumise à l'action du feu au chalumeau et sur un charbon , elle se fond , bouillonne , se réduit en globules qui bientôt pénètrent dans le charbon. 3''. Exposée à l'air, elle .s'effleurit , se divise, éclate avec effort et bruit , se boursoufle , s'échauffe, blanchit en s'éteignant avec rapidité. Elle absorbe 0,22 de son poids d'eau et d'acide carbonique. 4°- EUe absorbe cette eau avec une exti'ême rapidité, fuse avec bruit, s'échauffe considérablement, solidifie ce liquide et se durcit tellement, qu'elle forme une espèce de ciment qui adhère forteiuentau verre; un peu plus d'eau encore la change en une poudre blanche très volumineuse. Si on la couvre entièrement de ce liquide, elle s'y dissout avec sifflement ; elle fournit ensuite des aiguilles transparentes qui se groupent et adhèrent entre elles", comme le font les molécules du sulfate de chaux, le plâtre gâché. 5". L'eau froide en dissout un vingt-cinquième de son poids , l'eau bouillante plus de la moitié. Celte solution laisse déposer par le refroidissement des cristaux qui , exposés à l'air, s'effleurissent et deviennent opaques. 6°. La solution de baryte se couvre plus promptement à l'air d'une croûte blanche, que ne le fait l'eau de chaux. Ce produit, résultant de l'action de l'air sur la solution , est du carbonate de baryte. •j°. Les acides oxalique , citrique , phosphorique et phosphoreux précipitent cette solution ; ces précipités se redissolvent à l'aide d'un excès des acides employés. 8°. La solution de baryte décompose l'eau de savon, les nitrates de mercure, de

plomb, d'argent ; le premier de ces sels en noir, le deuxième en blanc, le troisième en brun-fauve. Un excès de solution de baryte rend les oxides d'argent et de plomb dissolubles. g". La baryte obtenue de la décomposition du nitrate est soluble dans l'alcool ; elle est violemment vénéneuse ; elle tue les animaux. Ses propriétés les plus remarquables et les plus caractéristiques sont l'extrême facilité qu'elle a de cristalliser , sa grande solubilité dans l'eau et la propriété de former avec l'acide sulfuriqùe un sel tout-à-fait insoluble , jouissant de propriétés particulières.

La baryte unie à l'acide hydro-chlorique donne naissance à l'hydro-clilorate de baryte j unie à l'acide nitrique, elle fournit le nitrate qui est employé comme réactif.

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