ACIDE HYDRO-CHLORO-NITRIQUE
Acide nitro-muriatique , Eau régale.
On donne ce nom au résultat d'un mélange d'une partie d'acide nitrique à 33° aVec 3 parties d'acide bydro-chlorique à 20°. De ce mélange il résulte de l'eau, du gaz nitreux se dégage; enfin, du chlore, qui sert à attaquer les métaux que
(i) Ce radical a ete nommé flnor ou phtore.
(2) Ce vernis est compose de cire, 3 parties; térébenthine, i partie. On fait fondre ces deux substances à une douce chaleur.
l'on expose à l'action de cet acide. Les quantités d'acide que nous avons de'terminées ici , quoique s'éloignant de la plupart de celles des formulaires , sont celles à suivre pour obtenir un acide propre à donner de bons résultats. Ces quantités sont celles nécessaires pour décomposer tout l'acide hydro-chlorique, et mettre son radical, le chlore, à nu.
ACIDE HTDhO-SULHJRIQUE.
Hydrogène sulfuré. Eau hjdrosulfurée , Gaz hépatique.
Cet acide , que Scheèle nous a fait connaître , et qui portait le nom de gaz hydrogène sulfuré, a ensuite été reconnu par BerthoUet comme jouissant des propriétés des acides (i). Ce gaz existe dans les trois règnes de la nature ; il se produit dans la plupart des fermentations, se trouve dissous dans beaucoup d'eaux minérales ; enfin , il constitue la classe des eaux connues sous le nom d'eai/x sulfureuses , mais que l'on doit nommer eaux hy dro-sulf urées , eaux hépatiques.
Cet acide , employé comme médicament , se prépare de la manière suivante.
On introduit dans un ballon ou dans un matras à long col , 1°. 2 parties de sulfure de fer ; 2°. 4 parties d'acide sulfurique étendu d'une certaine quantité d'eau, et marquant à l'aréomètre 18°; on ferme l'ouverture du vase par un bouchon qui supporte un tube de sûreté courbé à angle droit, dont l'extrémité doit se rendre dans un flacon à deux tubulures , contenant une petite quantité d'eau destinée à laver l'acide. De ce flacon part un second tube de sûreté, qui plonge dans l'eau, si l'on veut obtenir l'acide hydrosulfurique liquide : le tube doit être recourbé de manière
(0 Bcrtliollet ayant conclu de ses expériences que l'on pouvait obtenir des acides sans le concours de l'oxigène, mais bien par l'hydrogène , ce savant doit être regarde comme Fauteur de la découverte des hydracides, les acides hydrogènes.
DU PHARMACIEN. ÔSq
à recueillir les gaz , si l'on veut obtenir l'acide hydro-sulfuiique gazeux. On lute l'appareil, et l'on fait chauffer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de dégagement (i). Voici ce qui se passe dans cette opération. Une partie de l'eau est décomposée, son oxigène se porte sur le fer, l'amène à l'état d'oxide , qui s'unit à l'acide sulfurique: l'hydrogène mis à nu se combine au soufre , et donne naissance à l'acide hydro-sulfurique , qui se dégage.
On emploie de préférence , pour obtenir l'acide hydrosulfurique en grande quantité , le sulfure préparé d'après le procédé de M. Gay-Lussac. Pour cela, on introduit ce produit dans un grand flacon à deux tubulures ; on adapte à la première un tube en S ; à la seconde un tube de Welter courbé à angle droit. Ce tube va plonger dans un second flacon, contenant un peu d'eau : de celui-ci part un tube qui se rend dans un troisième flacon aux trois quarts plein d'eau distillée ( cet appareil doit être placé sous la hotte d'une cheminée). On verse par le tube en S , et par petites portions , de l'acide sulfurique étendu de quatre fois son poids d'eau. Cet acide détermine une décomposition; un dégagement considérable d'hydrogène sulfuré a lieu ; ce gaz se dissout dans l'eau , et il la rend acide.
On peut encore obtenir l'hydrogène sulfuré par le sulfure d'antimoine, à l'aide de l'acide hydro-chlorique. L'appareil à employer consiste en un ballon , auquel on adapte un tube de sûreté qui plonge dans un premier flacon : ce flacon est destiné au lavage. Le gaz, lavé , se dissout dans un deuxième flacon qui fait suite. Les quantités de substances à employer sont I partie de sulfure d'antimoine pour 6 d'acide hvdrochlorique ; mais les piocédés qui précèdent doivent être employés de préférence.
(i) Il esl nécessaire que les tubes soient disposes d'avance , afin de ne pas perdre une partie de l'acide hydro-sulfurique , ce qui arriverait si Ton ne disposait ces tubes qu'après riutroduction de l'acide sulfurique dans le ballon
64o MANUEL
-,. L'acide hydro-sulfurique gazeux est sans couleur; son odeur , qui lui est particulière, est analogue à celle des œufs pourris ) sa saveur, qui, selon quelques personnes, est fe'tide, est cependant supportable ; il éteint les corps combustibles en ignition ; il rougit faiblement la teinture de tournesol ; refroidi et comprimé , il passe à l'état liquide ; mêlé à l'oxigène et exposé à une haute température, il y a décomposition, formation d'eau , d'acides sulfureux et sulfurique. Si l'on expose ce gaz à la flamme d'une bougie , il brûle couche par couche , en laissant déposer sur les parois du vase du soufre hydraté. Le chlore, mis en contact avec ce gaz , le décompose ; il y a formation d'acide hydro-chlorique ; le soufre se dépose sur les parois du vase où se fait l'opération ; l'eau dissout près de trois fois son volume d'acide hydro-sulfurique ; il en résulte un liquide qui rougit le tournesol , et qui possède l'o deur et la saveur particulière du gaz hydrogène sulfuré. Cet acide est formé de loo de soufre, et de 6, i3 d'hydrogène.
Le praticien doit apporter le plus grand soin lors de la préparation de l'hydrogène sulfuré pour se garantir de l'action de ce gaz , qui est très délétère, et qui peut agir sur lui sans qu'il s'en aperçoive. Il faut donc, autant que cela est possible, opérer dans un lieu où l'on puisse établir un grand courant d'air , ou absorber par du lait de chaux l'acide en excès qui pourrait s'échapper des flacons Ci).
Les secours à donner en cas d'asphyxie par ce gaz sont , l'exposition du malade à un air vif, les lotions d'eau froide ; on peut encore faire respirer (mais avec précaution) le chlore, et même donner ce produit ou les chlorures de soude et de chaux , à l'intérieur, mais ces produits doivent alors être étendus dans une grande quantité d'eau. On prépare la solution de chlore en mêlant à 6 onces d'eau , 20 gouttes de chlore ou de chlorure.
(t) Oapeat encore biùler le gaz hydiogène sulfure', et par là de'truire ses propriétcs vénéneuses. A cet efifct, on fait passer Textremite' du dernier liibe dans le cendrier d'un fouincau conlcnant du charbon en ignition.
DU PHAUMACIEN. 64 1
On doit aider l'emploi de ces moyens , par des frictions sur les cuisses, la poitrine, la colonne vertébrale , etc. , etc.
Nous rapportons seulement ici des indices sur les premiers secours à donner. Il est convenable , pour acquérir des connaissances exactes sur cette partie de la Thérapeutique , de consulter les excellens ouvrages publiés par M. Orfila.
Les réactifs qui font reconnaître l'acide bydro-sulfuriquê sont les solutions des sels d'argent , de bismutb , de plomb , de mercure ; ces sels précipitent en noir par cet acide, et donnent lieu à des sulfures qui, séparés du liquide, présentent des caractèi-es particuliers.
Le cblore , l'acide nitreux , le décomposent , et précipitent le soufre , que l'on peut recueillir et obtenir séparé du liquide par filtra lion.
L'argent et le mercure métallique sont aussi les réactifs de cet acide. Ces métaux deviennent noirs à leur surface , qui se convertit en sulfure.