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ACIDE OXALIQUE

Acide du sucre , Acide saccharin de Scheèle.

Cet acide , dont l'existence avait e'te' reconnue dans le sel d'oseille, fut long-temps confondu avec l'acide dp. tartre, et regardé comme étant le même.

En 1776, Bergman découvrit que le sucre était converti en acide par l'acide nitrique (i). En 1784, Scheèle, à son tour, reconnut que l'acide formé par Bergman en faisant réagir de l'acide nitrique sur le sucre était le même que celui qui existe dans le sel d'oseille , et qu'il pouvait être amené à l'état de sel d'oseille en le combinant avec la potasse , dans des proportions convenables ; qu'en outre on pouvait retirer cet acide du sel d'oseille en saturant celui-ci par l'ammoniaque , et décomposant le sel triple de potasse et d'ammoniaque ( oxalate de potasse et d'ammoniaque ) par une solution du nitrate de baryte, qui détermine la précipitation de l'acide oxalique combiné à la baryte; en recueillant le précipité ( oxalate de harjte ) sur un filtre , le lavant à l'eau bouillante, et le décomposant par l'acide sulfurique , qui s'empare de la baryte, en mettant à nu l'acide oxalique. Cet acide, ainsi isolé, et en dissolution dans l'eau , rapproché en consistance convenable , fournit des cristaux prismatiques ou aiguillés , qui doivent être recueillis , lavés , et mis à égoutter sur du papier à filtrer.

On peut obtenir l'acide oxalique contenu dans le sel ^'oseille en faisant dissoudre ce sel dans l'eau , le décomposant par la solution d'acétate de plomb ; recueillant le précipité sur un filtre , le lavant exactement , le délayant dans de l'eau

(1) Quelques auteurs attribuent cette découverte h Scheèle. (Ehrhart, iV^eir'* Diclinniiaiy )

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pure , et le soumettant à un courant de gaz hydrogène sulfure. L'oxalate de plomb est alors décomposé , l'oxide métallique est converti en sulfure ; l'acide mis à nu se dissout dans l'eau ; on filtre et l'on sépare cet acide par évaporation et cristallisation.

La présence de l'acide oxalique libre ou combiné a été constatée dans une foule de plantes. Sclieèle est le premier qui l'ait signalé dans les végétaux. MM. Deyeux , Dispan et Vauquelin l'ont trouvé dans l'exsudation liquide du pois chiche (i). Scheèle l'a trouvé combiné à la chaux dans la rhubarbe. Il existe dans uii grand nombre de racines , d'écorces et de tiges. Cependant ce n'est pas des plantes, en général, que l'on retire cet acide ; on l'obtient de toutes pièces en traitant le sucre , la mélasse ou la fécule par l'acide nitrique (2) , dans le but d'obtenir à la fois du gaz nitreux et de l'acide oxalique , ou pour obtenir cet acide seulement.

Procédé de préparation par l'acide nitrique. On introduit dans une cornue 26 parties de sucre ou d'amidon , et '^5 part, d'acide nitrique ; on laisse réagir; bientôt l'amidon est dissous, la décomposition commence, et le gaz deutoxide d'azote se dégage , passe à l'état de gaz, acide nitreux ; on entretient la réaction au moyen d'une douce chaleur. Lorsque cette réaction est terminée, on ajoute de nouveau 2^ parties d'acide nitrique; on chauffe légèrement; les vapeurs nitreuses apparaissent de nouveau , et se dégagent. On continue de chauffer doucement la cornue jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que la réaction est terminée et qu'il n'y a plus de dégagement de gaz nitreux ; on retire alors le vase du feu , et l'on

(1) Cette exsnflatioii peut élre obtenue en gttmde quantité, et on en n tiré parti dans les aits.

(2) Un travail intéressant à faire, serait la détermination des qn;intilé.s d'aoide oxalique fournies par un poids donné de fécule , de mélasse et de sucre, qn'on aurait traité par diverses proportions d'acide nitrique, dans les mêmes circonstances. Le but serait de reconnaître quclio rst celle de ces substances qui fournil le plus d'acide.

verse la liqueur dans des capsules pour la faire cristalliser ; on obtient une quantité d'acide sous forme solide, qui fait le cinquième de la quantité' des produits employe's à sa préparation ; on re'unit les eaux-mères, on fait chauffer , et l'on ajoute en plusieurs fois 25 parties d'acide. Ce deuxième traitement donne lieu à une seconde production de cristaux ; on réitère la reprise des eaux-mères une troisième et une quatrième fois, et chaque fois on recueille une nouvelle quantité d'acide. Le produit total que l'on obtient de cette manière équivaut, lorsqu'il est purifié , à la moitié du poids de la fécule employée , et l'acide nitrique au sextuple: cette préparation, faite directement, n'est pas économique. Les Anglais , qui se servent du gaz nitreux pour la fabrication de l'acide sulfurique , préparent l'acide oxalique pour obtenir du gaz nitreux : ils obtiennent ainsi de l'acide oxalique à un prix moins élevé, et ils le mettent dans le commerce. Cet acide, contre nos intérêts , est en partie consommé dans les manufactures françaises. L'un de nosfabricans d'acide sulfuiique, M. Cartier, a employé ce même moyen', et met dans le commerce une assez grande quantité d'acide oxalique obtenu en préparant du gaz nitreuxdestiné à la conversion de l'acide sulfureux en acide sulfurique. Il serait du plus grand intérêt que cette fabrication fut plus étendue.

L'acide oxalique que l'on obtient par l'action de l'acide nitrique retient souvent une quantité notable de cet acide, dont on le sépare en le lavant d'abord avec un peu d'eau distillée , qui dissout de préférence l'acide nitrique; on laisse égoutter ; on fait ensuite dissoudre , dans de l'eau distillée , l'acide qui a été lavé et égoutté, et l'on fait cristalliser à plusieurs reprises.

De la cristallisation de V acide oxalique. L'acide oxalique est quelquefois demandé au pharmacien en gros cristaux , mais le plus souvent on le demande sous forme d'aiguilles. Pour l'obtenir à ce dernier état , on fait dissoudre dans de l'eau bouillante et dans des terrines de grès placées sur un bain de sable, autant d'acide que l'eau peut en dissoudre. Quand

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la solution est terminée, on filtre, on la coule dans des terrines, et on laisse refroidir ; l'acide oxalique se dépose sous forme de cristaux aiguillés. On sépare l'eau-mère , on fait égoutter l'acide déposé sur les parois des terrines , on l'enlève lorsqu'il est égoutté , on le fait sécher , et on l'enferme dans des flacons aussitôt qu'il est sec.

Si l'on veut obtenir l'acide en cristaux plus ou moins gTos on opère de la manière suivante. On prépare une dissolution saturée d'acide oxalique dans l'eau, et l'on porte les terrines qui la contiennent dans une étuve chauffée de 20 à 25°; on abandonne à une évaporation lente, qui donne lieu à des cristaux plus ou moins gros, selon que la terrine est plus ou moins grande, et que l'évaporation a été bien conduite.

On peut encore préparer de l'acide oxalique en gros cristaux , en dissolvant de cet acide dans de l'eau distillée bouillante , et en plaçant la terrine contenant la solution dans un lieu où le refroidissement ne puisse s'opérer que très lentement. Les cristaux que l'on obtient de cette manière varient de grosseur, et quelquefois ils sont du poids de 3 à 4 gros.

Cet acide, à l'état de pureté, est un solide cristallisant en longs prismes blancs, transparens; sa saveur acide est très prononcée, il rougit par conséquent très fortement la teinture et le papier de tournesol,

Chauffe dans une cornue , il se fond dans son eau de cristallisation , et se divise en deux parties : l'une, qui se décompose, donne lieu aux produits de la décomposition des matières végétales ; l'autre se volatilise et se condense sur les parois de la cornue sous forme de cristaux.

Cet acide, comme on l'a vu plus haut, est soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid ; il cristallise ensuite par refroidissement. En contact avec l'eau froide , ses cristaux font entendre un bruit assez fort. Introduit dans l'économie animale san^ précaution , il serait un poison contre lequel on pourrait administrer les liqueurs légèrement alcalines , l'eau de chaux et surtout le lait.de magnésie.

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