Tome II
Cet acide est composé en poids
de carbone. . . . 26,566
d'oxigène. . . . 66,4»
d'oxigène 70 ,689
de carbone, . . 33 , 35
d'hydrogène. . 2,745
{Thénard et Gaj-Lussac.)
{Berzelius) (1
Les re'actifs qui servent à démontrer la présence de l'acide oxalique sont , Teau de chaux, l'eau de baryte , qui forment avec lui des oxaîates de chaux et de baryte, que l'on reconnaît facilement à leurs caractères particuliers. Co^ubiné aux bases , il forme une classe de sels qui possèdent des (îaractères particuliers. ( 7^. Oxaîates. )
Cet acide , dont la présence fut établie dans la rhubarbe par MM. VogeZ et B. L. , fut considéré plus tard, par M. Henderson , comme un acide particulier ; mais cette opinion fut combattue par notre collègue et ami M. Lassaigne , qui prouva d'une manière évidente que l'acide appelé rheumique n'était autre que l'acide oxalique.
ACIDE TARTRIQDE.
Acide tartareux , Acide du tartre.
Cet acide , connu sous les noms à! acide tartareux , d' acide tartarique , etc. , existe dans quelques végétaux , mais particulièrement dans le suc du raisin j où il est en combinaison avec la potasse , formant ainsi un sel acide que l'on a appelé long-temps acidulé tartareux , mais qui a été reconnu depuis pour un sur-tartrate de potasse.
Scheèle le premier indiqua les moyens à suivre pour séparer l'acide tartrique'du tartrate de potasse qui se dépose sm' les parois des tonneaux qui contiennent le suc de raisin fermenté,
(i) Berzelius admettait autrefois de l'hydrogène dans cet acide. {V'oyet Annales de Chimie, t. XLIV, p. 38o. )
auquel on a donné le nom de vin. Le moyen indiqué par ce chimiste consiste à faire dissoudre dans l'eau bouillante du surtartrate de potasse (de la crème de tartre), à ajouter du carbonate de chaux jusqu'à ce que l'addition de ce sel ne produise plus d'effervescence , et que la liqueur ne soit plus acide ( ce que l'on reconnaît au moyen du papier de tournesol) ; à laisser déposer le tartrate de chaux formé par la combinaison de la base du carbonate de chaux avec l'acide tartrique , à séparer la liqueur surnageante , qu'il ne faut pas jeter , car elle contient du tartrate de potasse neutre (i) ; enfin à laver ce tartitite, puis à le décomposer par l'acide sulfurique, qui se combine avec la chaux , donne naissance à du sulfate de chaux insoluble , qui se précipite et met à nu l'acide végétal , qui reste en solution , et que l'on fait évaporer pour l'obtenir cristallisé.
Ce procédé est encore celui que l'on suit aujourd'hui , à quelques modifications près, que nous allons indiquer.
On projette dans une grande bassine de cuivre contenant de l'eau eu ébullition quelques poignées de crème de tartre ré- <luite en poudre finej on ajoute ensuite à la solution qui en résulte de la craie {du carbonate de chaux), que l'on répand à la surface de la solution au moyen d'un tamis, et que l'on mêle au liquide en se servant d'une spatule de bois. On a soin de tamiser très doucement pour ne pas déterminer le passage d'une trop grand* qxxantité de craie , ce qui pourrait occasioner une effervescence trop vive ; cette effervescence pourrait alors causer la perte d'une partie du produit , qui dépasserait les bords de la chaudière. On répète les additions de crème de tartre et de carbonate de chaux ; on agite avec une spatule de bois , pour que la décomposition soit complète , et lorsqu'une nouvelle addition de craie ne détermine plus d'effervescence ,
(i) On décompose ce liquide par le muriate de chaux, on recuejjle Je .artrate de chaux qui se dépose, on le fait égoutter, on le lave et on le décompose par l'acide sulfurique.
on arrête l'opération. La non-effervescence est un signe certain que tout le tartrate acidulé de potasse est de'conipose' et converti en tartrate de chaux ; on laisse reposer , et l'on retire le liquide clair , qui surnage et qui est limpide ; on lave le tartrate de chaux obtenu, et on le met ëgoutter ; on réunit la liqueur décantée avec celle qui est filtrée ou qui provient des eaux de lavage , et l'on verse dans ces liqueurs , qui contiennent du tartrate de potasse neutre , une solution d'hydrochlorate de chaux , qui détermine une nouvelle décomposition et la formation d'un tartrate de chaux et d'un hydrochlorate de potasse ; on sépare le tartrate de chaux formé , on le lave , et on le réunit au premier.
Le tartrate de chaux est ensuite décomposé de la manière que nous allons indiquer. On place ce tartrate égoutté, mais encore humide, dans un bassin de plomb carré, puis oii y ajoute de l'acide sulfurique étendu de 4 fois son poids d'eau. Les quantités d'acide que l'on doit employer varient suivant le degré de sécheresse et d'humidité du sel que l'on décompose. Il est convenable de déterminer , par le calcul, la quantité d'acide à 66°, nécessaire pour décomposer le tartrate de chaux que l'on sature , et de ne pas dépasser le point de saturation, car l'excès d'acide sulfurique ajouté resterait mêlé à l'acide tai'trique liquide (i). On brasse le mélange de temps en temps et pendant plusieurs jours ; on laisse ensuite déposer ; on sépare le précipité du liquide , on filtre , et l'on fait évaporer dans des bassines de plomb jusqu'à ce que la liqueur
(i) Il serait convenable de déterminer exactement quelle est la quantité de carbonate de chaux employée pour satnrer 100 parties de crème de tartre , et d'e'tabltr la quantité d'acide exactement ne'cessaire pour dc'composer le tartrate de cliaux qui provient de cette ope'ration.
On peut encore agir d'une anire manière. Pour cela , on calcine une quantité donnée du tartrate de chanx que l'on veut décomposer, et l'on établit les quantités d'acide h employer d'après celle de chanx qui se trouve en résidu , en se basant sur ce que 100 parties de chanx exigent pour leur sainra* tion 175 parties d'acide sulfurique h 66°.
DU PHARMACŒN. 677
soit visqueuse et qu'elle marque 38 à 3cf à l'aréomètre ; on coule l'acide ainsi évaporé dans des cristalliscirs ou dans des terrines , et l'on porte à l'étuve. La chaleur, en tenant les solutions chaudes, permet à l'acide de se réunir et de cristalliser. La cristallisation s'opère lentement , et les cristaux que l'on obtient sont ordinairement colorés en brun ; on les purifie en les lavant d'abord avec de l'eau , puis on les fait dissoudre à plusieurs reprises, et on les fait cristalliser de nouveau.
On peut séparer l'excès d'acide sulfurique qui nuit à la pureté de l'acide tartrique , en dissolvant dans l'eau de l'acide tartrique, déterminant la quantité d'acide sulfurique qu'il contient , et en ajoutant à cet acide la quantité d'oxide de plomb ( de litharge ) , que l'acide sulfurique peut saturer ; il faut avoir soin que la litharge soit porphyrisée , et l'on doit agiter continuellement pour aider à la combinaison. Jj'acide sulfurique joint au plomb forme un sulfate de plomb insoluble ; on filtre , et l'on fait évaporer , après avoir eu soin de s'assurer si l'acide est pur ou si le liquide ne contient pas un peu d'oxide de plomb en solution ; dans ce dernier cas , on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans le liquide , on filtre , et l'on fait évaporer à un degré convenable pour obtenir des cristaux.
On peut encore se procurer l'acide tartrique en décomposant le tartrate acidulé de potasse par l'acétate de plomb , recueillant le précipité qui se forme ( le tartrate de plomb ) , lavant parfaitement ce sel , le délayant dans 10 ou 12 fois son poids d'eau , faisant passer dans le liquide où ce précipité est tenu en suspension, de l'acide hydro-sulfurique jusqu'à ce qu'il y en ait en excès , filtrant la liqueur qui , par l'évaporation, fournit des cristaux d'acide tartrique.
L'acide tartrique cristallise en lames larges , qui sont légèrement divergentes; sa forme cristalline n'a pas encore été bien déterminée (i). Sa saveur est fortement acide , et par conséquent
(1) M. Fouicroy a obtenu des cristaux bien prouonce's d'acide tartiiijue CD prismes hexaèdres irreguîiers.
il rougit la teinture et le papier de tournesol ; chauffe' fortement, il sefonfl, se boursoufle, donne lieu aux divers produits qui résultent de la décomposition des matières végétales , et à un acide particulier que l'on a nommé acide pyrO" tartrique. Soluble dans l'eau , il communique à ce liquide ses propriétés acides. Sa dissolution faible , abandonnée à l'air libre , s'altère , se couvre de moisissure ; l'acide se décompose , et il perd son acidité.
Cet acide s'unit aux bases salifiables, il donne naissance à des sels particuliers que l'on nomme tartrales. L'acide tartrique peut être converti en acide oxalique par l'acide nitrique.
L'acide tartrique, selon MM. Berzelius , Gay-Lussac et Thé-^ nard , est composé en poids ,
de carbone. . . . 24,o5q carbone. . . . 36, 1 1
oxigène 69,321 oxigène. . . . 59,92
hydrogène. . 6,629 hydrogène.. 3, 97
( Gay-Lussac et Thénard. ) ( Berzelius. )
Cet acide est employé pour former, avec la crème de tartre, un sel connu sous le nom de crème de tartre soluble ^ on l'emploie aussi en limonade ou uni au sirop de sucre pour former le sirop tartrique. Il faut, pour cette dernière préparation, que l'acide tartrique que l'on emploie soit tout-à-fait exempt d'acide sulfurique.
L'acide tarti'ique concentré, introduit dans l'économie animale, y cause de fâcheux accidens. Les secours à donner dans cette circonetance sont les solutions alcalines faibles et la magnésie délayée dans l'eau. :,• mvji
Les réactifs qui font reconnaître cet acide sont : 1°. la chaleur, qui le décompose en déterminant la formation d'un acide particulier ; 2°. l'acétate de plomb , qui donne lieu à un précipité [iartrate de plomb ), qui, étant décomposé par l'hydrogène sulfure, produit de l'acide tartrique pur ; 3°. l'hydro-clîlorate de potasse , qui, mis dans une solution d'acide tartrique, donne lieu à une formation de tartrate acidulé dépotasse (crime de tartre) , qui se précipite sur les parois du vase.
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