ACIDE HYDRO-CYANIQUE
Acide prussique. .
Cet acide , que nous avons rangé dans la quatrième classe des acides qui par leur nature se rapprochent des produits des animaux , est composé , d'après M. Gay-Lussac , sur 1 00 parties en poids , de carbone, 44>^5 d'azote, 5i,66; d'hydrogène , 3,65.
C'est à Scbeèle que l'on doit la découverte de l'acide Lydrocyanique , et les premiers procédés pour l'obtenir ; mais ce chimiste ne connut pas l'acide hydro-cyaniquê à l'ctat de pureté : c'est au savant M. Gay-Lussac qu'est dû le procédé qui le fournit à cet état , procédé qui consiste à décomposer le cyanure de mercure par l'acide hydro-chlorique , à recueillir l'acide qui se dégage, et qui a passé sur du marbre et sur du chlorure de calcium, dans un vase refroidi.
Un grand nombre de chimistes se sont occupés successivement de recherches sur cet acide. Les expériences les plus récentes ont été faites par MTVI. Berzelius , Gay-Lussac , Porret, Proust, Robiquet , Vauquelin, Tilloy, etc. Elles ont éclairé les chimistes et sur la nature de cet acide et sur les combinaisons qu'il est susceptible de former.
L'acide hydro-cyanique est employé eu Médecine , et le pharmacien doit le préparer avec le plus f,rand soin pour que son action sur l'économie animale soit toujours la même, et que le praticien puisse compter sur le médicament qu'il emploie. Plusieurs procédés ont été indiqués par les formulaires pour le préparer. Nous allons ici les rapporter , ainsi que les modifications qu'ils ont subies, et les réflexions qu'ils sont susceptibles de faire naître.
Procédé de S cheele (1). Ce procédé, qui se trouve décrit dans les Mémoires de V Académie de Stockholm, consiste à
(1) Ce procède a c'te' décrit dans le IVouueau Codex.
68o MARUEL
prendre 4 once% de bleu de Prusse pur , 2 onces d'oxide roiigc de mercure , et 16 onces d'eau distille'e ; on fait bouillir le tout dans une capsule de porcelaine pendant vingt minutes , eu agitant sans cesse avec une spatule de bois ; on laisse déposer le liquide, on filtre ; le filtre e'tant égoutte' , on le lave ensuite avec 4 onces d'eau bouillante , et l'on mêle les deux liqueurs obtenues. On Jes introduit dans un matras, on ajoute au liquide 3 onces de limaille de fer porphy risée, puis 6 gros d'acide sulfurique à 66° ; on agite le mélange , afin de mettre toutes les substances en contact, on laisse réagir le tout pendant une heure entière , en ayant soin de placer le matras dans de l'eau froide. Au bout de ce temps, la décomposition s'est opérée , l'acide sulfurique s'est porté et sur le mercure et sur le fer; il s'est uni aux oxides de ces métaux pour former des sulfates. L'acide hydro-cyanique est mis à nu ; on décante la liqueur, on l'introduit dans une cornue tubulée , que l'on place sur le bain de sable d'un fourneau; on adapte au bec de la cornue une allonge , et à l'extz'émité de celle-ci un ballon tubulé surmonté d'un tube de sûreté courbé à angle droit , qui va plonger dans un flacon rempli d'eau ; on lu te toutes les jointures avec des bandes de toile enduites de chaux et de blanc d'œufs, et l'on procède à la distillation à un feu doux , de manière à retirer 6 onces de liquide , que l'on enlève du ballon, et que l'on conserve, s'il est limpide et clair, dans des flacons bouchés à l'émeri , recouverts de papier noir , et placés dans un endroit frais. Si la liqueur était mêlée à une matière colorante, il faudrait ajouter 2 gros de sous-carbonate de chaux réduit en poudre fine ( craie ) , et distiller de nouveau ; mais alors on ne doit retirer que 4 onces de liquide , que l'on conserve comme nous l'avons dit plus haut.
Malgré les précautions que l'on prend pour conserver cet acide , il s'altère quelquefois , et ne peut plus servir comme médicament. Il faut que le pharmacien soit en garde contie cette altération, qvii ne permettrait pas d'employer l'acide , qui serait décomj>osé en partie ; il doit en préparer peu à fa fois, et le renouveler souvent.
L'acide obtenu par ce procédé ayant été examiné par M. Robiquet , ce chimiste reconnut qu'il variait par sa pureté et son degré de force. Les différences remarquées dans cet acide donnèrent à ce professeur l'idée de publier le procédé suivant , comme fournissant de meilleurs résultats.
Procédé de M. Robiquet. On prend une cornue tubulée , on adapte au col de ce vase un tube assez grand pour que le bec du vase distillatoire puisse s'engager dans ce tube ; on le remplit de marbre blanc pilé et de chlorure de calcium fondu ; on adapte à la partie inférieure de ce tube , au moyen d'un bouchon, un petit tube dont le bout va plonger dans une petite cloche renversée : cette cloche doit être entourée d'un mélange réfrigérant.
On dispose la cornue sur un bain de sable , on lute et la jointure du tube à la cornue et celle des deux tubes, et l'on introduit dans la cornue du cyanure de mercure , puis de l'acide hydro-chlorique en quantité convenable pour recouvrir celui-ci d'un travers de doigt ; on ferme la tubulure de la cornue, et l'on chauffe doucement, a6n que l'acide hydrochlorique ne soit pas volatilisé sans avoir réagi sur le cyanure de mercure, et afin que l'acide hydro-cyanique puisse séjourner quelque temps sur le marbre et sur le chlorure de calcium, et par conséquent se dépouiller de l'eau et de l'acide hydro-chlorique qu'il pourrait contenir. L'acide hydro-cyanique ainsi purifié passe dans la cloche et s'y condense. C'est avec cet acide, qui est d'une densité égale à 0,7, que M. Robiquet prépare l'acide hydro-cyanique médicinal. Pour cela , il étend le produit qu'il a obtenu de 2 parties d'eau , et il obtient un acide semblable à celui de Scheèle ; cet acide a une densité égale à o,g. '*
Comme on le voit , l'acide médicinal , d'après le procédé de M. Robiquet, s'obtient en étendant d'eau l'acide hydrocyanique pur préparé par le procédé de M. Gay-Lussac. Cet acide ainsi obtentl doit être conservé comme l'acide de Scheèle.
Le procédé suivant, qui a pour but la préparation de l'acide
prussique par la décomposition de l'iiydro-cyanate ferrure de potasse par l'acide sulfurique et la chaleur , a été publié dans le Giomale di Phjrsica , août 1 822 , par un pharmacien de Milan. Nous avons cru devoir rapporter ici ce procédé , qui , selon l'auteur , donne l'acide prussique au degré voulu pour l'usage médical (i).
Procédé de M. Gea Pessina. On introduit dans une cornue de verre tubulée placée sur une grille de fer que l'on pose sur un fourneau 18 parties d'hydro-cyanate ferrure de potasse (de prussiate de potasse ) , que l'on a eu soin de réduire d'avance en une poudre très fine ; on adapte à cette cornue un très petit ballon tubulé , portant un tube de sûreté , qui va plonger dans un flacon contenant un peu d'eau distillée ; on lute les jointures de l'appareil, et l'on verse sur le sel pulvérisé 9 parties d'acide sulfurique concentré mêlé de 12 parties d'eau; on ferme la tubulure de la cornue, on laisse réagir le tout pendant douze heures, en ayant soin de recouvrir le petit ballon de glace , que l'on renouvelle à mesure qu'elle se fond. De cette manière, on entretient une basse température, afin que l'acide puisse se condenser ; on rafraîchit la partie inférieure du col de la cornue avec des linges mouillés. Au bout de douze heures, on chauffe doucement la cornue à l'aide de quelques charbons ordens, et l'on entretient le feu jusqu'à ce que les stries qui se condensent sur le col de ce vase deviemient plus rares , et qu'il s'élève une matière bleue qui menace de passer dans le récipient; on arrête le feu sur-le-champ, on laisse refroidir l'appareil : lorsqu'il est froid , on retire le produit distillé, et on le conserve dans un vase approprié ( flacon à l'émeri couvert de papier noir ). Cet acide ainsi obtenu, d'après M. Gea , a une odeur pénétrante, une densité de 0,898 à 0,900 ; il présente les mêmes phénomènes que l'acide prussique pur.
(i) Ce pioccilc a ctc consigne par M. Planche dans Je Journal de Phaiyitacie , janvier 1823.
Le procédé le plus usité pour obtenir l'acide prussique est celui que nous allons décrire , et dont nous nous sommes le plus souvent servi. A l'aide de ce procédé , l'acide peut être préparé en peu de temps avec facilité , et être obtenu toujours à une même densité. Ce procédé a été proposé par Vauquelin , à qui la science chimique doit un très grand nombre de travaux utiles , qui ont agrandi son domaine.
Procédé de Vauquelin. On prend une partie de cyanure de mercure pur ; on la fait dissoudre dans 8 parties d'eau distillée ; on fait passer dans cette solution un courant de gaz hydrogène sulfuré, continuant de faire passer de ce gaz jusqu'à ce qu'il y en ait en excès. Le cyanure de mercure est décomposé , le métal est converti en sulfure , et le cyanogène en acide hydro-cyanique , qui se dissout dans le liquide , où il se trouve mêlé à de l'acide hydro-sulfurique en excès. Ou sépare facilement ce dernier en ajoutant à la solution des deux acides du sous-carbonate de plomb pur pulvérisé , en assez grande quantité pour enlever l'excès d'acide hydro-sulfurique, et en ajantsoin d'agiter constamment le mélange. Lorsque le liquide n'a plus l'odeur d'hydrogène sulfuré , et qu'il ne noircit pas un papier imprégné d'acétate de plomb que l'on y trempe , on filtre la liqueur qui contient l'acide hydro-cyanique médical dégagé de toute substance étrangère. Cet acide a la même densité que l'acide de Scheèle.
Cet acide doit être conservé, comme les précédens , dans des vases fermés à l'émeri , couverts de papier coloré. Malgré ces précautions , il subit , au bout d'un certain temps , des altérations qui nécessitent son exclusion des produits pharmaceutiques.
Une modification a été apportée à la préparation de l'acide prussique par le procédé de Vauquelin ; elle permet de conserver très long-temps et sans altération l'acide obtenu par ce procédé , que nous tenons de M. Caillot , pharmacien de Paris , qui l'avait primitivement pratiqué chez Guillaume , habile pharmacien que la science a perdu dans un âge peu avancé.
Procédé de Vauquelin, modifié. On réduit en poudre le
cyanure de mercure ; on le fait dissoudre dans de l'eau distille'e , dans la proportion d'une partie de cyanure sur 4 d'eau ; on fait passer un courant d'hydrogène sulfure' , et l'on enlève l'excès d'acide hydro-sulfurique par le sous-carbonate de plomb; on filtre ensuite l'acide hydro - cyanique , et on le mêle avec 4 parties d'alcool à 4»° ; on agite le mélange , et on le conserve dans un flacon bouche' à l'émeri . placé à l'abri des rayons lumineux. Cet acide, examiné huit mois après sa préparation , n'avait subi aucune altération ; il présentait les mêmes propriétés que l'acide récemment préparé (i).
M. Tilloy a proposé le procédé suivant pour obtenir l'acide prussique dissous dans l'alcool, qui s'en charge par distillation. On prend : cyanure de mercure, Sa gram. ( i once ) ; eau distillée , 125 grammes (4 onces); alcool à 36° de Baume, i?.5 grammes (4 onces). On fait dissoudre le cyanure de mercure dans l'eau, à l'aide de la chaleur; on ajoute ensuite l'alcool ; on fait passer dans le mélange un courant d'acide hydro-sulfurique , ayant soin qu'il y ait un léger excès de cet acide ; on projette ensuite du carbonate de plomb dans le liquide; on agite à plusieurs reprises pour enlever l'excès d'acide hydro-sulfurique; on distille au bain-marie pour retirer l'alcool saturé d'acide hydro -cyanique. Selon M. Tilloy, cet alcool peut être administré par gouttes dans un véhicule quelconque.
D'autres procédés sont encore indiqués. Celui de Trantwrein, publié dans le journal allemand Eepertfur die pharma, a été regardé par le docteur Arating comme préférable aux autres. Quoi qu'il en soit , il serait à désirer qu'un seul moyen de préparer l'acide hydro-cyanique ( le procédé de Vauquelin , ou celui de M. Robiquet ) fût mis en pratique pour la préparation de l'acide prussique médicinal ; le praticien n'é-
(i) Le proccdc de M. Gay-Lussac pour pic'paier l'acide liydro-cyaniquc est le iiième que celui employé par M. Robiquet pour obtenir Tacide liydrocyaniquc pur , qu'il liieud ensuite, alin de l'umencr à une densité de 0,9.
prouverait alors aucune crainte sur l'efficacité des me'dica-- «lens dans lesquels il le fait entrer , et le pharmacien , à son tour , ne serait pas arrête' dans la pre'paration des me'dicamens , comme cela arrive quelifiiefois lorsque la prescription porte acide hj dro-cy unique , sans indiquer par quel proce'dé cet acide a dû être obtenu.
Malgré les précautions que le pharmacien prend pour conserver l'acide hydro-cyanique, il s'altère plus ou moins promptement : alors il ne doit plus être employé. Cette décomposition présente quelquefois des anomalies bien sugulières, dont voici un exemple : de l'acide hydro-cyanique préparé dans la même opération , mais distribué dans difFérens flacons , était en décomposition dans quelques-uns de ces vases , tandis que dans d'autres il n'avait subi aucune altération. Il est nécessaire que le pharmacien soit en garde contre ces décompositions ; pour cela , il doit ne préparer cet acide qu'en très petite quantité à la fois , et le renouveler à la moindre marque d'altération.
L'acide hydro-cyanique pur est, à la température ordinaire de l'atmosphère, un liquide transparent, incolore, d'une odeur forte, pénétrante, qui étourdit et asphyxie ; cette odeur, atténuée par une très grande quantité d'air , ressemble à celle des amandes amères. Son poids spécifique est de 0,^0583 à 7°, Cet acide est volatil , entre en ébullition à 26°, se congèle à une température de i5 à 16°. Si l'on verse quelques gouttes de cet acide sur du papier , une partie du liquide versé se volatilise avec rapidité en absorbant une partie du calorique de l'acide restant ; celui-ci alors cristallise. Soumis à l'action de la pile, l'acide hydro-cyanique est décomposé; le cyanogène se rend au pôle positif, et l'hydrogène au pôle négatif. Cet acide est très soluble dans l'eau , et plus soluble encore dans l'alcool.
L'acide hydro-cyanique a été reconnu par plusieurs chimistes dans les végétaux ; de ce nombre sont l'écorce du merisier à grappes ( Bergmann ) , les feuilles du laurier-cerise , les feuilles et les fleurs de pêcher , les fruits amers de l'aman-
Aier , les amandes de cerise, de prunes ; l'un de nous ( M, Chevallier ) croit l'avoir reconnu dans les fleurs du sureau.
L'acide hydro-cyanique , selon qu'il est plus ou moins concentré , est un poison plus oiHnoins violent ; l'acide concentre' , préparé selon la méthode de M. Gay-Lussac , est d'une horrible énergie ; c'est le plus actif de tous les poisons connus. Ses effets sont moins énergiques lorsqu'il est en dissolution dans l'eau que lorsqu'il est dissous dans l'alcool. Cet acide, à cause de-cette action , ne doit être délivré qu'à des médecins bien connus , et encore , en le délivrant , est-il nécessaire de remplir toutes les formalités voulues par la loi.
Cet acide ne doit être donné intérieurement qu'avec les plus grandes précautions. On a administré contre la phthisie , à la dose de 3 à 6 gouttes mêlées à 4 onces d'eau distillée , l'acide préparé selon les méthodes de Scheèle , de Vauquelin et de M. Robiquet ; on donne une cuillerée à café de ce mélange. On a aussi administré l'acide px'ussique dans du sirop, dans des mélanges et dans des potions pectorales. (Magendie.) L'action médicale de cet acide et les avantages que l'on en a obtenus n'ont pas encore été constatés d'une manière bien exacte (i).
L'acide hydro-cyanique étant vénéneux , on a recours, pour combattre les accidens qui pourraient résulter de son emploi , à l'usage des médicamens excitans ( l'émétique , l'essence de térébenthine, etc. ). Quelques personnes , parmi lesquelles on compte le savamt Murray , conseillent l'emploi de l'alcali volatil comme antidote ; mais des essais qui ont été faits n'ont pas toujours donné des résultats propres à constater cette assertion. L'eau chlorée a été recommandée par M. Siméon , comme un excellent antidote de l'acide hydro - cyanique. M. Orfila , qui a répété les expériences de ce praticien, dit que l'on peut en tirer un bon parti ; à cet effet , on fait res-
(i) Il serait convenable de faire une enquête ponr constater on non , les avantagos de ce produit dans Fart de guérir.
pirer au malade l'eau chlorée qui est préparée en mêlant une once de chlore à quatre onces d'eau. On pourrait encore administrer de petites quantités de chlore à l'intérieur.
Le praticien pouvant être appelé à constater la présence de l'acide hydro-cyanique dans des cas d'empoisonnement , doit avoir recours à divers réactifs : 1°. au sulfate de fer, qui donne, avec cet acide saturé d'abord par un alcali, un précipité bleu ( hydro-cyanate de fer, bleu de Prusse), que sa couleur et ses propriétés chimiques font reconnaître; 2°. au sulfate de cuivre, que M. Lassaigne a indiqué comme étant susceptible de démontrer la présence de 7^-3^ et même de g3 'ooô d'acide hydro-cyanique en dissolution dans l'eau distillée. Ce jeune et savant chimiste a reconnu que, dans les cas d'empoisonnement par l'acide prussique , on retrouvait toujours cet acide dans les viscères où cette substance avait été primitivement ingérée, et qu'il était encore possible de le reconnaître dans les organes , quarante-huit heures après la mort du sujet. Les moyens que M. Lassaigne prescrit, et qui sont ceux qu'il a employés, sont : l'incision des parties des viscères, leur ébullition avec l'eau , en ayant soin de recueillir la partie liquide distillée que l'on sature par une légère quantité d'alcali, et que l'on essaie avec une solution de sulfate de cuivre; on ajoute ensuite assez d'acide hydro-chlorique pour redissoudre l'excès d'oxide de cuivre précipité par l'alcali. A l'instant même , si la liqueur contient de Facide hydro-cyanique , elle prend un aspect laiteux plus ou moins intense ; il y a formation d'un précipite qui a pour caractère particulier de disparaître du liquide en quelques heures. Dans un cas de Médecine légale, ce précipité doit être isolé pour que l'on puisse constater son identité et reconnaître que ce composé contient réellement de l'acide prussique , sans laisser aucun doute à cet égard. 3" Au nitrate d'argent , qui donne un précipité caillebotté , insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique à la température ordinaire. Ce précipité , qui a beaucoup d'analogie avec le précipité de chlorure d'argent, peut cependant être séparé de ce chlorure
par l'acide nitrique bouillant, qui dissout le cyanure et qui ne dissout pas le chlorure. Selon M. Orfila, ce dernier mode d'ajjir est pre'férable aux précédens.
Diverses formules pour l'administration de l'acide prus— sique , ayant été publiées , nous croyons devoir les rapporter
Acide prussique médicinal ordonné par M. Magendie.
Prenez, acide prussique de M. Gay-Lussac. i partie ,
eau distillée 6 parties.
Mêlez , et conservez convenablement pour l'usage. M. Magendie ordonne aussi de préparer l'acide hydro^ cyanique médical de la manière suivante :
Acide de M. Gay-Lussac. . i partie ,
Alcool rectifié 6 parties.
. On mêle et l'on conserve convenablement.
Cet acide se rapporte à la préparation qui porte le titre oxacide préparé par la méthode de Vauquelin modifiée, que nous avons décrite précédemment.
Sirop hydro-cyanique du Codex.
Sirop simple bien blanc 288 gram. ( 9 onces ) ,
Acide hydro-cyanique préparé suivant
le procédé de Vauquelin 82 gram. ( i once ).
On mêle exactement, et l'on conserve ce sirop dans un flacon bien fermé, placé à l'abri des rayons lumineux.
Selon M. Magendie , ce sirop ne doit être administré que par gouttes ; une once de ce sirop introduite dans une potion serait un poison mortel , si cette quantité de sirop était prise immédiatement.
Sirop hydro-cyanique de M. Magendie.
Sirop simple parfaitement blanc 5oo gram. (i livre) ,
Acide prussique médicinal (M . Magendie) . 4 gram . ( i gros) . Mêlez , et conservez dans un endroit obscur.
Ce sirop peut être mêlé aux potions pectorales dans les proportions suivantes :
Mélange pectoral.
Acide prussique ( M. Magendie ) . . 4 g^am. ( i gros ) ,
Eau distillée 5oo gram. ( i livre ) ,
Sucre pur 4^ gram. (i once { ).
Une cuillerée à bouche le matin , une le soir , allant en augmentant, selon la prescription.
Potion pectorale.
Infusion de lierre terrestre 64 gram. { 2 onces) ,
Acide prussique (M. Magendie).. 1 5 gouttes,
Sirop de guimauve Sa gram. ( i once ).
On peut reconnaître l'acide hydro-cyanique gazeux , en plaçant dans le gaz qui contient cet acide un papier imprégné de sulfate de fer et que l'on a trempé ensuite dans une solution de potasse : ce papier en contact avec cette vapeur prend une couleur bleue. Si elle contient de cet acide, l'odeur de l'acide prussique peut servir à indiquer sa présence ; mais il est ensuite nécessaire de la constater d'une manière exacte.