‹ Manuel du pharmacien; ou, Précis élémentaire de pharmacieChapitre 43 sur 254 · ACIDE URIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE URIQUE

Acide lithiqiie , Acide Uthiasique , Acide bézoardique , Acide des calculs.

L'acide urique se trouvant dans le règne animal, et le pharmacien étant à même d'examiner les calculs urinaires formés en grandes partie d'acide urique , nous avons cru qu'il serait utile de faire connaître cet acide.

La découverte de l'acide urique est due à Scheèle, qui, dans la publication qu'il fit de ses expériences en 1776, annonça la présence d'un acide particulrer dans les calculs urinaires. Les résultats annoncés par Scheèle furent confirmés par Bergman qui, ainsi que d'autres chimistes, s'occupait Tome II. 44

6gO MANUEL

d'ex|>ériences snr la nature des concrétions calculeuses qui se foniient dans la vessie. L'acide urique fut d'abord appelé acide bézoardique par Morveau , puis acide lithique , enfin acide urique , qui est le nom sous lequel il est connu aujourd'hui.

Cet acide a été étudié par Bergman et Fourcroy , puis par MM. Higgiiïs , WoUaston , Pearson , Vauquelin , Williams , Henry, Prout, Proust, Chevallier, Lassaigne , etc., existant dans les urines humaines; il se dépose souvent sous forme d'une poudre jaune ; il constitue des calculs urinaires formés de couches concentriques. Uni 4 l'amniouiaque , il donne lieu à d'autres calculs ; il existe dans la partie blanche des excré— mens des oiseaux. Vauquelin l'a trouvé dans les urines blanches et troubles que rendent les serpens. M. Robiquet l'a découvert dans les cantharides. M. Brugnatelli l'a trouvé combiné à l'ammoniaque dans les matières excrémentitielles de la falêne du ver à soie , et dans le blanc du même insecte. Il est uni à la soude dans les calculs arthritiques ( qui se forment dans les articulations ). On l'a trouvé dans une sécrétion produite par les pores du cuir chevelu. ( Heller et Chevallier. )

Procédé d'extraction. On prend des calculs d'acide urique, on les réduit en poudre fine , on les fait dissoudre dans une solution de potasse à l'alcool ; on laisse déposer la liqueur , on tire à clair la solution alcaline, on l'étend d'eau, et on la filtre. La liqueur filtrée est ensuite décomposée par l'acide hydi'o-chlorique ou par l'acide acétique. Ces acides s'unissent à la potasse et précipitent l'acide urique , qui se dépose sous forme d'une poudre blanche , rude au toucher. On recueille te précipité sur un filtre ; on le la\*e d'abord avec ui\ peu d'eau aiguisée d'alcali volatil , puis avec de l'eau chaude , et jusqu'à ce que ce liquide n'enlève plus rien au précipité (i).

(i) On peut aussi obtcuii l'acide uricpc, i'^. en traitant de la même manière les dépôts (pii se furuient dans les urines de rhonimc (avant qu'elles aienî subi la puUv'fcWîlion); ifi. en .tjoutaiU de Tacidc liydro-cliloriquc aux urincs^.

DU PHARMACIEN. 6g I

I/acide urique possède les caractères suivans : il est pulvérulent , insipide, inodore ; il rougit la teinture de tournesol ; il se dissout dans 1 720 parties d'eau à 16° centigrades , et dans I i5o parties d'eau à 100° centigrades. Cette solution , par refroidissement, laisse d^oser de l'acide urique sous forme de petits cristaux. La dissolution aqueuse d'acide urique rougit le papier de tournesol.

Cet acide est plus pesant que l'eau ; il est soluble dans les solutions alcalines, moins soluble dans l'ammoniaque, et peu soluble dans les carbonates alcalins. Soumis à l'action de l'acide nitrique, à l'aide de la chaleur , ces deux acides se décomposent : les produits de cette décomposition sont de l'eau, de Tacide carbonique , de l'oxide d'azote , de l'acide prussique, de l'acide purpurique, de l'ammoniaque. A une époque de la décomposition , la liqueur devient rose et carminée. €ette coloration est due , selon Vauquelin, à la présence d'une matière particulière.

Soumis à l'action de la chaleur dans une cornue de verre à laquelle on adapte une allonge et un ballon , on obtient du carbonate et de l'hydro-cyanate d'ammoniaque ( qui cristallisent sur les parois du ballon ). 11 y a ensuite production d'une liqueur épaisse enipyreumatiquc qui contient beaucoup ^jlde pyro-urate d'ammoniaque. Cette, liqueur se solidifie par refroidissement. Vers le milieu de l'opération , des lames brillantes viennent se déposer sur les parois du flacon : ces lames constituent un acide particulier qui avait été découvert par M. William Henry , et qui a été étudié depuis par MM. Chevallier et Lassaigne. Ces chimistes ont déterminé les proportions chi)niques de cet acide , qui a été nommé acide pjTO-urique (i). Sur la fin de l'opération, il y a production d'une irjatière huileuse empyreumatique , très colorée , et dégagement de gaz; la cornue contient un résidu qui est du charbon.

(t) L'acide |iyio-iiriquc est compose d'oxigènc, 44>32j '^^ carbone, '>S,29 ; d'azoïc, î6,84 j d'imlrogcnc, io,oo, ( Chevallier et Lassaigne. )

L'acide urique , suivant M. Bérard, est formé en poids de 3g, lô d'azote, 33, 61 de carbone , iSjSgd'oxlgène, 8,34 d'hydrogène.

Cet acide n'est pas employé dans l'art médical; mais formant quelques calculs des voies urinSs-es , ses propriétés doivent être étudiées par le pharmacien , qui est souvent appelé à faire l'analyse des concrétions qui le contiennent.

Page 1