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DES SELS

On a donné le nom de sels aux produits qui sont le résultat de la combinaison des bases salifiables avec les acides. Ou appelle hases salifiables les oxides métalliques des diverses sections, l'alcali volatil, et les substances végétales nouvellement découvertes, la brucine , la morphine , la quinine , la slrjcli— nine, etc. Les sels, qui sont très nombreux, ont été divisés en genres , puis en espèces. Ils ont reçu des noms particuliers provenant du genre et de l'espèce ; mais cette branche de la science est encore susceptible de modifications. Nous nous bornerons, dans cette partie Je notre ouvrage, à exposer les caractères des sels et les procédés employés pour obtenir ceux qui sont usités , et que'le pharmacien est appelé à préparer. Nous avons dû les diviser, ainsi que les acides, en quatre classes principales. La première comprend les sels résultant de l'union des oxacides avec les bases salifiables ; la seconde, les sels formés parles hydracides ; la troisième, les sels résultant de l'union des bases avec les acides végétaux ; enfin la quatrième , les sels formés par les acides animaux.

Propriétés générales des sels.

Les sels sont des solides qui tantôt affectent une forme cristalline régulière susceptible de les faire reconnaître , ou qui sont amorphes.

Les uns sont solubles dans l'eau ; d'autres sont insolubles :

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s'ils jouissent de la première de ces deux propriëte's , ils sont sapides, et c'est le plus grand nombre. Il y a des sels bdorans ; mais cette propriété est particulière à quelques-uns seulement. Le nombre en a été fixé à trois , le carbonate d'ammoniaque , le sous-fluo-borate d'ammoniaque, le fluate acide de silice gazeux. On pourrait joindre à ces sels divers sels métalliques qui ont une odeur particulière ; tels sont les sels d'étain.

Les sels sont tous plus pesans que l'eau distillée ; ils ont aussi une pesanteur çlifFérente. Cette pesanteur varie suivant la quantité d'oxide qu'ils contiennent , et suivant que la pesanteur du métal qui fournit cet oxide est plus considérable.

La cohésion n'est pas la même dans tous les sels ; elle valie , et il doit résulter de cette variété des effets différens , si l'on reconnaît que la force de cohésion s'oppose à la séparation des parties qu'elle tend à réunir.

Il y a des sels qui sont colorés , d'auti'es qui sont incolores. On a reconnu que les sels qui sont incoloxes résultent de la combinaison d'un acide et d'un oxide incolores; que l'union d'un acide et d'un oxide colorés donnent naissance à des sels colorés ; enfin que l'union d'un acide coloré avec un oxide incolore peut donner naissance à un sel aussi coloré.

Exposés à l'action du feu , les sels s'y conduisent de manière différentes. i°» Quelques-uns font entendre un petit bruit, et se divisent en plusieurs parties, qui sont lancées à des distances assez grandes les unes des autres ; on appelle ce phénomène décrépitalion. 9°. D'autres, exposés à l'action du feu, éprouvent la fusion et deviennent liquides ; on appelle cette ionie fusion aqueuse , ovl fusion ignée, selon que la fusion est due à l'eau ou à l'action de la chaleur. 3°. Plusieurs sels, lorsqu'ils sont chauffés , se réduisent à l'état de vapeurs , et se volatilisent ; on appelle ces sels sels volatils. 4°. Quelques-uns sont entièrement décomposables dans leurs élémens primitifs. 5°. Il en est qui , étant exposés à l'action du feu , n'éprouvent aucune décomposition.

Les sels sont divisés, par rapport à la quantité d'acide qu'ils contiennent , en trois classes : les sels avec excès d'acide , sur-

sels ou sels acides ; les sels avec excès de base , sous-sels ou sels alcalins ; enfin ceux où l'acide et la base sont re'ciproquement sature's , sels neutres. Quelques sels , par leur exposition à la lumière , e'prouvent la de'coniposition , et sont ramene's à l'e'tat de métal, tandis que l'oxigène se dégage.

Exposés à l'action d'un courant électrique , les sels sont décomposés; les corps simples, les métaux, les oxides et les acides, réagissent sur les sels, et donnent lieu à difFérens phénomènes qui seront décrits lorsque nous nous occuperons de chacun des sels en particulier.

Un grand nombre de sels existent tout formés dans la nature et dans les trois règnes. Quelques-uns de ces sels sont extraits des corps qui les renferment; mais le plus grand nombre sont le résultat d'opérations faites directement dans le but de les obtenir.

De la forme cristalline des sels.

La forme des sels étant souvent un indice de leur pureté , la cristallisation est une des opérations les plus importantes à considérer. Cette opération a lieu lorsque les molécules des corps qui peuvent prendre une forme solide sont en solution, et placés dans des circonstances telles, qu'elles puissent se rapprocher pour prendre une forme régulière.

La' cristallisation peut avoir lieu au milieu de divers liquides , tels que l'eau , l'alcool , les huiles , les acides ; elle a lieu même quelquefois sans le concours d'aucun liquide , par le calorique seulement et après la. Jusion ignée . Les métaux sont dans ce dernier cas : il est donc nécessaire de les amener à l'état de fusion , de les laisser refroidir lentement, et de séparer , avant que le refroidissement soit complet , la partie liquide , qui est au centre des parties solides intérieures; elles offrent alors sur leurs parois des cristaux plus ou moins réguliers. La nature , la forme du vase , la température , le degré de concentration du liquide , l'exposition à un courant d'air plus ou moins vif, l'état électrique de l'atmosphère, sont autant de circonstances ijui influent sur la formation des cristaux qui se

déposent soit dans un liquide, ou qui se forment après la fusion des me'taux. En re'sumé, pour que la cristallisation puisse s'ope'rer convenliblement , il faut qu'elle ait lieu lentement, dans des liqueurs qui ne soient pas trop concentrées, et dans un lieu où l'air soit , autant que possible , en parfait repos.

La cristallisation , l'examen de la forme des cristaux et des circonstances dans lesquelles ils se forment, ont été étudiés avec soin par M. Leblanc. Il nous serait impossible de rapporter avec assez de détails les expériences tentées par ce savant, et les résultats de ses longues observations. Nous sommes obligés de renvoyer, pour cela , au mémoire qu'il a publié (i).

Pendant long-temps les cliimistes n'eurent que des indices incertains sur la cristallisation. C'est ù Macquer, Lavoisier , et surtout à Haùy , que sont dues les connaissances que nous avons de la cristallisation et des applications que l'on peut en faire pour classer les substances minérales, etc. , etc. (2).

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