LE PREMIER JOUA
AVIS Ie, 2-. i
lectlhes. 1 Comme k la page 8,
Méthodes de s'examiner et de prier, p. I. Méditation et coulemplation, p. 4 2.
H convient de consucrer à chaque nu'd'.ulivi. ■•« !.•»:• entière. On prend un demi-quart d'heure peur II p.., >..tion, un dculi-quarl d'heure encore pour i* i<u> l.t demi-heure suffit pour la considération.
PREMIER EXERE1CI,
Fiu «lu l'.ilr,-
La fin essentielle du prêtre el sa dignité mréminente est d'être, dans l'Eglise, la plus
haute et la plus parfaite personnilicatiun do Jésus-Christ par un double pouvoir qui lui a été cou lé ré.
1° Pouvoir sur le Corps naturel de Jésus-Christ, pour i offrir en sacrifice et le donner en nourriture aux fidèles.
Tel est l'effet intrinsèque de sa consécration et comme sa raison d'être : Constituitur ut offerat dona et sacrificia pro peccatïs. Non que Jésus-Christ n'ait pas satisfait pleinement et surabondamment, mais il fallait, par la réitération non sanglante du même sacrifice, (fini côté rendre sans cesse présent aux yeux de Dieu le sacrifice qui l'a apaisé et lui continuer l'honneur qu'il reçut sur le Calvaire , de l'autre rappeler aux hommes jusqu'à la fin des siècles le sacrifice qui les a sauvés et leur en appliquer les mérites.
Mais le moyen de sacrifier perpétuerlement Jésus-Christ et néanmoins de le laisser toujours vivant !
Hoc facile : A mon exemple , ô prêtres, prenez le pain et changez-le en mon Corps , le vin cl changez- le en mon Sang. Immolation véritable 1° dans la tnuisiibstanliation , puisque je me mets à la place d'une substance privée de
viV par sa nature et destinée à périr sous la dent; 2° dans la séparation des espèces , puisqu'il ne tient pas à la force des paroles sacramentelles que mon Corps ne soit seul d'un coté et mon Sang seul de l'autre; 5° dans la consommation , puisque par l'altération des espèces sacramentelles , je perds la vie eucharistique et meurs pour ainsi dire autant de fois qu'elle m'est ôtée.
Hoc facile : Mangez la victime, identifiezvous avec clic, pénétrez-en tout votre être, afin que ma mort devenant votre mort et ma vie votre vie , vous ne fassiez avec moi qu'un seul et même corps, un seul et même Jésus- Christ.
Hue facile : Portez la victime aux fidèles , filin qu'eux aussi se transformant en elle et s 'appropriant ses mérites par la communion , je sois en eux et eux en moi et Dieu tout en tous. Si l'épouse doit être nourrie selon la grandeur de sbh époux, la fille selon la no-, fylcssc de son père, les membres selon la dignité du chef, donc, o Eglise; épouse d'un Dieu, fille d'un ImYu . corps mystique d'un Dieu, il n'y a que la i-tuir d*un Dieu qui puisse vo«w être présentée pour nourri due.
C'est ainsi que vous exercerez mon sacerdoce , continuerez mon œuvre et compléterez ma mission.
2° Pouvoir sur soji corps mystique, pour l'édifier , le sanctifier , l'accomplir et le consommer.
Le prêtre est le ministre du sacrifice , pour l'offrir et en appliquer les fruits, pour distribuer la victime et lui incorporer les fidèles , jusqu'à ce que l'union ébauchée ici-bas soit parfaite dans lescieux; donc il est le ministre 4J du baptême, puisque l'incorporation première qui s'y fait est la condition nécessaire de l'incorporation qui s'opère dans l'Eucharistie ; 2° de la pénitence, car si le chrétien vient encore à se souiller et se donner la mort, le prêtre doit, en le purifiant et le ressuscitant, le remettre en état de s'incorporer de nouveau à Jésus-Christ; 5* du mariage, puisque celui-là seul qui est le dispensateur des grâces obtenues par le sacrifice, peut donner aux époux ou disposer les époux à se donner un sacrement qui sanctifie leur alliance; 4° de l'Extrême-Onction, car elle est le complément de la Pénitence et confère au moribond celte perfection spéciale , qui le préparc à l'incorporation définitive et éternelle.
Donc il est le prédicateur de la parole'divine, ehargé d'apprendre ce qu'il faut croire et pratiquer, pour se rendre digne de cette union.
Il est donc aussi le président né des assemblées chrétiennes. Comment, en effet, serait-il docleur et sacrificateur, s'il ne pouvait conduire et gouverner ceux pour qui il est établi ?
Et à quel autre appartient- il de bénir, d'offrir à Dieu les vœux des peuples, qu'à celui qui trouve dans le sein de la Victime immolée par lui la source inépuisable des grâces?
Du pouvoir que nous avons sur le corps naturel de Jésus-Christ découlent toutes nos fonctions et toutes nos prérogatives.
Jgnoscite quod agitis ; imilamini quod tractatis, quatenùs mords Duminicœ mysterium célébrantes, mortificare membra veslra à vitiis et concupiscentiis omnibus procuretis. Sit doctrina vestra spiritual is medicina populo Dei; sit odorvitœ vestrœ delcctameiuum Ecclesiœ Chris- /*, Ml prœdicatiom , alque exemplo œdi/ketis domum,id est familiam Dei; quatesiùsnecnu* de veslrà provectione, nec vos de tanti of/icii susceptione damnari à Domino, sedremunerari putiùs mereamur. (Pontifical.) —
DEUXIEME EXERCICE
Grandeurs du Prêtre.
{• Quel genre d'illustration lui manque f
La noblesse ? Il compte parmi ses ancêtres les prêtres catholiques depuis dix-huit siècles , tous les prêtres aaroniques, ceux de la loi de nature , et surtout le Pontife éternel, Jésus- Christ. La science? A lui la science du salut, les paroles de vie . l'art de conduire au ciel , l'intelligence de l'économie delà Rédemption, cette merveille des merveilles. La puissance judiciaire? La sienne va jusqu'à justifier les criminels , briser leurs chaînes invisibles et les faire passer des cachots de l'enfer au séjour des élus. La richesse ? Que d'autres se disputent quelques brins d'herbe, une poignée de boue; pour lui, il dispose des mérites de Jésus-Christ, du prix de son sang, du corps mêmedel'Homme-Dicu. La gloire des conquérants ? C'est lui qui arrache au démon ses esclaves , vide le Purgatoire et peuple la Cité sainte; lui qui donno
In vie de la grâce et , pour la conserver et l'accroître , prodigue mille trésors à une foule d'âmes dont une seule vaut plus que le monde entier ; lui qui pacifie les Etats , les familles, les consciences, sans jamais faire couler d'autres larmes que celles de la joie ou du repentir. La royauté? N'a-t-il pas sa couronne, reflet précieux de celle du Sauveur, son sceptre nui plane sur des âmes immortelles , son empire composé de sujets qui sont autant de rois , enfants de Dieu et ses héritiers?
2° Quel personnage de la primitive alliance oserail se comparer à lui ?
Melchisédech a offert la figure, et lui la réalité. Àarun cl ses enfants entraient dans le parvis d'un temple où ne résidait que l'ombre de la Majesté divine, avec défense de pénétrer dans l'intérieur du voile , et lui , chaque jour, suivi de tout le peuple chrétien, entre dans le Saint des Saints, se place sous les ailes d'une cohorte de Chérubins vivants et converse de bouche à bouche avec Dieu. Il a près de lui, souvent sous le même toit, pour le prier, l'adorer, l'embrasser, se l'incorporer ce Messie que saluaient de loin les rutriarches , et il reçoit à
pleins bords les effusions de ses mérites dont \U n'obtenaient le rejaillissement que par anticipation et goutte à goutte. L'Evangile à la main, il raconte d'une manière claire et suivie l'histoire de Celui dont les Prophètes crayonnaient à peine quelques traits, mullifariam multisque modis. Plus grand qu' AbralKim , il croit à la mort mystique et à la résurrection incessamment renouvelée d'un Dieu. Plus grand qwL2 Moyse , il délivre les âmes de la captivité éternelle , les nourrit d'une manne divine , les enivre d'un breuvage qui coule du côté entr'ouvert de Jésus-Christ. Plus grand que Josué c'est au maître même du soleil qu'il commande Est-ce que Salomon peut mettre en parallèle son temple matériel avec les temples vivantw que nous préparons à l'Esprit-Saint ; Elle, le feu tombé des nues à sa prière, ou son pain cuit sous la cendre, avec Jésus-Christ descendant du Ciel à notre voix et se faisant notre viatique dans le passage du temps à l'éternité; Jean- Baptiste, son baptême et son ministère avec notre baptême et nos fonctions sublimes?
5« Quelle créature, dans la cour célctte, peut se dire plus privilégiée que lui ?
- ISS - À Y Ange la garde de l'homme, au prêtre la garde du corps de Jésus-Christ et de l'Eglise son épouse. L' Archange a salué une fois la Vierge qui devait concevoir le Vcrhc de Dieu , et il se prosterne chaque jour, pendant les divins mystères , devant le prêtre qui donne au Verbe fait chair une nouvelle naissance. La Majestueuse légion des Trônes est sans doute comme le siège etle pavillon du Très-Haut, mais le prêtre porte |e Fils du Très-Haut entre ses mains, sur ses lèvres, dans son cœur, et il le distribue à la Groupe fidèle. « Par l'éminenee du sacerdoce , « les prêtres font la partie la plus relevée et la « plus céleste delà sainte Eglise. Si l'Eglise est « un ciel , on peut dire que les prêtres sont « comme le premier mobile, ou plutôt comme ■ les Intelligences qui meuvent ce ciel, et qui « ne reçoivent leurs mouvements que de Dieu.» (Boss. Fêt. d. I. Visit.) Et moi aussi , ô Marie, j'enfante Jésus-Christ, sacramentellcment clans l'auguste sacrifice et spirituellement par la régénération des âmes. Si vous l'avez attire une fois dans votre sein par votre pureté , moi je le rends tous les jours présent sur l'autel par mon autorité. Vous n'avez ni remis les péchés ni conféré l'Esprit-Saint ; quand votre médiation
D obtenu ta grâce d'un pécheur , vous devez encore l'amener à nies pieds pour le faire absoudre. Ah! si j'étais aussi saint que vous , ô Marie, je dirais que je suis plus grand que vous.
0 Sacerdos Dei , si altitudiiicm cœli contempleris , cdllor es ; si dominorum subUmitateni , sublimior es ; solo Deo et Crcalore tao inferior es. (Cassi. Calai, glor.)
Grandis dignitas sacerdolum , sed grandis ruina eornm si peceent. Lœlcmur ad ascensum, sed timeamus ad lapsum. (S. Hier. Lib. m in Ezccli. c. 44.)
Ne. sit honor snblimis , cl vita defonnis ; deifua professio, et illicila actio ; actîo respondeat fïomini , ne nomen sil inane et crimen grande. (S. Anibr. De Dignit. sacerd. c. n.)
CONSIDÉRATION
lie prêtre doit être homme d'oraison.
1° Afin de se sauver Ini-nicme.
Sainlc Térèse dit aux péokêurê : « Quelque!
« fautes que vous conunetiiez , si vous perse-
« vcrez dans l'oraison , j 'attends tout de la mi- « séricorde de Dieu. Ce n'est pas en vain qu'on « le choisit pour ami. Car, d'après moi , l'wi.ii- « son n'est qu'un intime commerce d'amitié où a l'âme s'entretient seule à seule avec Dieu. « Non, vie de toutes les vies, vous ne tuez « aucun de ceux qui se confient en vous et qui « veulent vous avoir pour ami. » ( Sa vie, chap. 8)
Saint Liguori dit aux justes : Licel , ex se loquendo , sine meditationc possit quis in qratiâ acquisità perdurare , allamen cùm non méditatur ,est moraliter impossibile , nempe di/fuitlimum, ne in gravia peccala labatur ; et ratio est quia ille qui oralioni non vaeat , in alia animant dislraliens , parùm indiyentias suas percipict , parvi périclita sua faciel, parùm curabit média suscij)ienda cl exequenda ut ab iltis caveat , et parût» dcrtiijue orandi nécessitaient, in qud reperitur . cognoicel ; et ab orando deiUifitj cl non orando ulique peribit. ( Ilom.
Aposi App. 4. ;;. 111.)
Jésus-Christ dit à tous : Oporlct semper orare et non defiçere. La raison en est dans ces autres paroles : Sine me iultil poteslis (ucere. Pctitt , 9t dubilur vobis.
Aq dire des saints , l'oraison est le foyer de l'amour divin , le miroir où l'âme aperçoit ses taches , le ciment de l'édifice spirituel, le bouclier impénétrable aux traits de Satan, le canal des communications célestes , la pompe qui arrose le jardin des vertus et éteint l'incendie des vices. Aussi , selon la remarque d'un Docteur : Universum bclhtm quod inter nos et dœmones conflatur , non est de alià re quàm de oratione.
2° Afin de sauver les autres.
Travailler au salut des âmes , comme si l'ou mi comptait que sur soi-même ; prier comme si l'on attendait tout de Dieu seul: prolonger l'oraison, quand les œuvres font défaut : voilà en trois mots la vie du prêtre. On se plaint ,et avec raison , que l'ouvrage manque. Alors, que de temps pour l'oraison! Quand on aura prié comme les Apôtres au Cénacle, comme Pierre à Joppé, comme Paul en prison, l'ouvrage viendra.
Donnez-moi un homme d'oraison , et il convertira le monde. (S. Vincent de P.)
« Une parole sortie d'un cœur embrasé de « l'amour de Dieu produira plus de fruits que « mille prédications sorties d'un cœur froid et
• glace ; et c'est l'oraison qui embrase le cœur. « On apprendra souvent plus en un moment « par' l'oraison que par dix ans d'étude dans « les livres. Oui , un seul prêtre de médiocre « doctrine, mais homme d'oraison, conduira « plus d'âmes à Dieu, que plusieurs prêtres « savants, mais tièdes. » ( S. Lig. Sclv. de Oral. )
Oh! combien cette parole est vraie du prêtre : Ascendunt tuêpiria , descendunt miracula!
« C'est dans l'oraison seule que vous trou- « verez le conseil , le courage , la patience, la « douceur, la fermeté, le discernement des « esprits. C'est là que vous apprendrez àgoo- ■ verner sans trouble. Si vous décidez et si « vous agissez sans prière , votre propre esprit « vous agitera beaucoup et vous attirera bien « des contradictions ; mais si vous êtes fidèle à « la prière, votre purgatoire se changera bien- « tôt en paradis terrestre. *> (Fcnel. à une Super.)
Quàm boni custodes, s'écrie saint Bernard, qui vigilantes animo alque in orationibus per~ voclantes thostium insidiassagaciter explorant, anticipant consilia maliynantium (In Cant. serin. 70.) ! Cette parole rappelle celle-ci de l'Ecclc-
nastîquc: Anima piri sancti cnunliat aliquandà rcra , quàm septcm circumspectores sedenlcs in CTcelso ad spcculandum. Et in iiis omnibus deprecare Altissimum , ut dirigal in verilate viamtuam. (c. 57.) Assurément rien n'est plus nécessaire au bon gouvernement d'une paroisse que la prudence ; or, ce qui apporte au pnsteur plus de lumières que sept sentinelles, sept conseillers , sept livres , sept docteurs , c'est 1s réflexion et la prière, c'est-à-dire, l'oraison.
TROISIEME EXERCICE
Le pi-êlre doii être fax'iztt.
4' Comme lieutenant de Jésus-Christ.
« Que le vicaire de Jésus-Christ, dit saint • Bonavcnturc, ait avec lui une triple ronfor- « mité : 1° de bon plaisir, pour ne commander « à ses inférieurs que ce que lui-même côm- « manderait; 2° de puissance, pour en obtenir « ce qui est expédient; 5° de vie, pour s'ef-
« frir à eux comme un parfait modèle de tou- « tes les vertus. » ( De sex Ali s. ) La sainteté n'étant autre chose que Jésus-Christ vivant en nous, c'est cette conformité de Aie qui sera le principal objet des efforts du prêtre, s'il veut glorifier Celui dont il est le ministre parla reproduction vive et constante de snsain|èlci et faire de ses ouailles autant de fid 1rs images de Jésus-Christ.
S'il est vrai, comme l'affirme suint Jean Chrysostômc , que confesser Jésus-Christ de bouche et le renier par la conduite , ce n'est pas un témoignage, mais un outrage, ne peut on i>as dire que, représenter Jésus-Christ par l'émincncc de sa dignité et le combattre parle désordre de sa vie , retenir une partie de ce qui lui est essentiel, l'autorité, et rejeter ce qui ne lui convient pas moins , la sainteté, ce n'est pas seulement l'affront le plus sanglant, mais une sorte d'attentat sacrilège qui tend à séparer violemment ce qui de soi est indivisible?
Mais <!e combien le prêtre doit il l'emporter sur le simple fidèle? Les Tires répondent : Autant que le sceau l'emporte sue la «ire où il laisse son empreinte , cl le moule sur la mitièic
- Î5*> informe qu'on y jetlc ; autant que Saùl l'emportait par sa stature sur les enfants d'Israël, et la tôle de la statue de Nabuchodonosor fondue en or pur sur les parties inférieures composées d'airain ou d'argile; autant que le palais tout étincelant de pierreries où le prince fait sa résidence ordinaire, l'emporte sur les hôtelleries propres, mais simples, où il ne loge qu'en passant; autant que le docteur l'emporte sur le disciple, le pasteur sur ses brebis, l'homme raisonnable sur la brute; autant que Jésus- Christ l'emportait sur les ignorants et les pécheurs au milieu desquels il vivait.
Jésus-Christ doux , patient, bon, charitable, humble , pur , zélé , tel est donc le type, l'idéal que doit poursuivre le prêtre. Le cœur, l'âme, le corps , les œuvres , tout l'être du prêtre doit être marqué des traits profonds de Jésus-Christ. Le prêtre doit se faire lui-même de plus en plus un tableau, une statue, une effigie de Jésus-Christ, un autre Jésus-Christ enfin ; d'autant plus saint et plus prêtre qu'il approche de plus près de Jésus-Christ et réalise mieux son image.
28 Comme chef du peuple.
« Que les rois, Hit le P. Dupont, resplen-
- 13" - - « dissent de l'éclat de toutes les vcrlus cl rc- « sument en eux celles de leurs sujets ; car , « comme l'auteur de la nature , façonnant le « corps humain , a placé dans la tète les cinq « sens qui en font toute la beauté et le gou- « vernement; ainsi l'auteur de la grâce, orga- « n fan ht le corps mystique de Jésus-Christ, qui « est l'Eglise , et les différentes républiques ■ qu'elle renferme , a voulu que toutes les « vertus fussent réunies dans les princes et les « pasteurs , tant celles nécessaires pour la « beauté que celles indispensables pour legou- « vernement. »
Que le pasteur surpasse donc ses ouailles en sainteté comme il les surpasse en dignité : Magna dignitas,scd magnum csl pondus. In alla gradu positi, oporlcl quoque ni in virtulum culmi)ic sinl crccli ; alioquin non ad meritum , teri ad proprium prœsunt judicium. (S. Laurent. Justin. De Jusl. prtelat. , e. II. ) Quid est diynitas in indigno , dit Salvien, nisi ornamentum in luto (Àdv. avarit. lih. 2) ? Monstruosa res, s'écrie à son tour saint Bernard , gradus sum- NWI cl animas infimus , seoVi prima ctvila ima. De tels pasteurs rappellent ces figures de singe qui grimacent sous les toits : Sic*! simia m
— lôï —
îccto , itù rex faluus in solio sedcns. Fout-il monter si haut, pour étaler son ignominie (De Consid. lib. 2 , c. 7 ) ?
Quod me facere viderliis , hoc facile, — Ainsi parla Gcdéon : c'est l'ordre le plus noble et le plus fier d'un général. Imitatores mei estotc , sicut cl ego Chvisli. Ainsi parlait saint Paul : c'est la recommandation la plus légitime et la plus efficace d'un Apôtre. Jésus-Christ avait dit : Exemplum enim dedi vobis , ut qucmadmodùm ego feci vobis, ità et vos faciatis.
Hue si l'on demande quelle doit être celte sainteté nécessaire aux prêtres, saint Grégoire de Nazianzc répond : Hœc summa est . ut virtute taies existant , ut , uno verbo , dicam , cœlestes sint : ac possinl purgari primùm , deinde purgarc ; sapientiâ inslrui , al que ilù alios sa- ])ienlcs reddere; lumen fîcri, cl alios colluslrare, accéder e ad De um , et alios adduc ère) sanct/ficari , et aliis sanctilalem afferre. ( In Distich.)
Matière de l'examen particulier pendant la retraite.
Cèl excrei.c, un dos plus essentiels pendant la retraite, doit durer un quart d'heure. Si on ne le fait <ni une fo.s, ,1 mI «lieux do le placer vers le milieu du jour.
\° Ai-jc secoué courageusement l'engourdissement et l'ennui?
2° Ai-jc évité avec soin toute espèce de dissipation?
3° Me suis-jc abstenu de rire?
4° Ai je veillé sur mes yeux à l'église et ailleurs?
3° Ai-jc exactement gardé le silence?
C° Ai-jc bien préparé les points de la méditation?
7° Apres m'étre couebé et quelques instants avant de m'endormir, me suis-jc occupé de l'Hfeurc où je devais me lever , et du sujet de la méditation que j'aurais à faire alors?
8° En m'évcillant le matin , ai-jc éloigné toute pensée étrangère, pour ne m'oceuper que du sujet de la méditation ; ai-jc rappelé à mon cihHt ce qui faisait l'objet des préludes?
0° Debout devant le lieu où je devais me ■lettre en prière , me suis-je appliqué durant lu court espace d'une oraison dominicale , à me figurer Notre-Seigneur Jésus-Christ présent à mes yeux, attentif* à ce que j'allais faire; me suis-je humilié devant lui par un acte extérieur de respect et d'adoration ?
40° Pendant la méditation , ai-je gardé une posture convenable?
11° Lorsque j'ai été touche d'une vérité, m'y suis-je arrêté tranquillement jusqu'à ce qu'elle ait cessé de fournir à mes réflexions , sans me laisser aller au désir inquiet de passer outre?
42° N'ai je rien retranché du temps destiné à la méditation?
43° Mes colloques ont-ils été fervents; ai-jc prêté l'oreille du cœur à la voix intérieure de Dieu qui , lui aussi , me parlait ; et me suis-je alors tenu dans une attitude respectueuse ?
44° La méditation achevée, en ai-jc fait U revue avec application ; si elle a mal réussi , en ai-jc cherché la cause avec douleur et avec la ferme résolution de mieux faire; si elle a été fervente, en ai-jc rendu grâces à Dieu?
45° Ai-jc suivi ponctuellement les avis rela-
tifs à chaque jour de la retraite , pour déterminer et assurer le succès des Exercices?
10° Ài-jc fait les prières désignées ; me suisje conformé à la méthode ?
17» Ai-je fait les lectures qui m'étaient prescrites , et me suis-jc interdit toutes les autres? N'ai-jc point parcouru curieusement le sujet des méditations ou des considérations à venir?
18° Ai-jc pris garde à ne m'entretenir que de pensées conformes au sujet de la méditation, et n'ai je point donné accès à d'autres, si pieuses qu'elles pussent être?
1U° Ai-jc noté brièvement les lumières et les bons propos que Dieu à fait naître en moi dans la méditation ou hors de la méditation ?
20° Me suis-jc ouvert à mon directeur -ur mes difficultés?