IG
ordonne à tous les prêtres : Ditlrictè, in viriute sanciœ obedientiœ , ut Missam juxlà rilum , modum ac normam , quœ per Missale hoc à nobis mine traditur, décantent ac leganl. D'où saint Liguori conclut : Bubricas de agendis nihà }fissamomnes esse prœceptivas, ctobligarejuxtà gravi totem materiœ (Hom. Aposl. App.3. Exam. Ord. num. 112.) L'omission d'une cérémonie, quelconque ne peut être excusée de péché; une négligence notable pourrait aller jusqu'au mortel.
Saint Liguori trace ensuite cette règle : Missa cchbranda est l°Altc , ità ut saltem à circumêlantibus audi aris; 2« Breviter, id est , ut ordinaric loquendo non excedatur média hora ; 3° Clarè , sine verborum mutHatione ; 4° Dcvotè, absquedistractione ; 5° Exacte, id est, ne omittatur aliquid de iis quœ dicenda sunt. ( Ibkl. num. 12o.)
4" Evitez la précipitation. Pourquoi le prêtre ne remplirait-il la plus sublime de ses fonc- •ju'en courant? Craint-il que la voùie de l'église ne l'écrase, ou que le pave, s'embrasant, ne lui brûle les pieds ? Est-ce perdre son temps et le faire perdre aux fidèles , «pue d'immoler la divine Victime ? Quel usage feront-ils,
- IC7 — fera-l-il lui-même, le reste de la journée, d« ces quelques minutes qu'il prétend gagner!
C'est au traître et sacrilège Judas que Jésus a dit : Qaod facis , fac ciliùs, Pour vous , possède/, votre àme , soyez maître de vous-même, prenez votre temps; faites les génuflexions cl les inclinations , les signes de croix cl toutes les cérémonies avec tant de gravité , que vous ne fassiez jamais dire de vous : Sacrifient an insultât ?
5° Soyez animé d'une piété sincère. La Foi, l'Espérance, la Charité, tel est votre cortège nécessaire en montant à l'autel. Quanta cura adhibenda sil ut sacrosanclum Missœ saa ificium omni rcliyionis cultu ac veneratione cclcbictar , quivis facile exislimare poterit , qui corjilàril , malediclum in sacris Liftais eum vocari , qui fac it opus Dei mrjUfjenlcr, Qui necessariù fatemur , nulluni aliud opui suiiclum ac diviuuni à Christi fidetibus traclari poste , quàm hoc ipsum tremenduni mysterium, quq vivifiai illa Iwslia, quâ Deo Patri reconfi- Udii sumus , in allari per saccrdoles quoddic immolalur; salis eliam apparei omnem operam et diligentiam tu eo ponendam esse, ut qu maximâ fiai j/utist interiori tordit mundiliù
et puritale , alque exteriori devotionii ac piela- Us specie peragatur. (Trkl. Sess. xxii. Décret. )
« Que diriez-vous , demande saint Augustin , d'un courtisan à qui son roi donnerait une audience particulière, et qui lui tournerait le dos pour s'entretenir avec un valet? »
6° iVe vous laissez jamais préoccuper par ridée d'un vil intérêt. Un prêtre se plaignant à Bellarmin de ne pas recevoir les revenus de son bénéfice , et ajoutant qu'ayant la peine de célébrer la Messe tous les jours, il n'en était nullement paye : le saint cardinal , saisi d'une espèce d'horreur, à cette indigne expression , s'écria : Cela se peut-il penser? cela se peut-il dire? vous avez la peine de célébrer la messe tous les jours : quelie peine? en vérité, peut-on traiter ainsi la plus grande de toutes les grâces? Vous n'en êtes pas payé : le peut-on payer ce divin sacrifice, dont le prix est infini? lJn prêtre est-il un mercenaire qu'il faille payer à la journée?
Adressez-vous quelquefois celle question . S'il n'y avait pas d'honoraire, monterais je à l'autel si souvent et si volontiers?
— ICO -
TP.OIMÉME BXERCJC1,
Mort.
{• Le prêtre plus que personne c*l averti lit
te tenir prêt.
1° Les nombreux malades qu'il voit cl en qui chaque nouvelle visite lui fait constater les rapides progrès du mal cl le déclin sensible dm forces, malgré les soins cl les remèdes, lui disent assez que ce corps en apparence vivant cM cil effet un corps mourant , que celle vie n'es! qu'une suite non interrompue de plusieurs morts, et qu'on doit se hâter de ii» ire les préparatifs du départ.
2° Les obsèques qu'il célèbre, ce cercueil,
celte tombe, ces vêtements de deuil, ces sanglots d'une famille éplorcc, le son des cloches, ces chants lugubres , ce drap mortuaire , ce catafalque, sa cbasublc même : tout cela ne lui
cric-t-il pas : Ceux-ci n'ont fait que te précéder, ton tour viendra de passer par le même clic-
min : on te rendra ces derniers devoirs, probablement dans ce temple et peut-être bientôt?
5° Les sermons et les exhortations dans lesquels il insiste sans cesse sur la nécessité de se tenir prêt; retombent sur lui de tout leur poids, et il n'est pas croyable qu'en les préparant au pied du crucifix, ou en les débitant avec tant de feu et d'onction , il ne s'applique pas à luimême , par quelques réflexions salutaires , des vérités qui le regardent et le touchent au moins d'aussi près que les autres.
4° Les paroles de l'Evangile qu'il a fréquemment sous les yeux et à la bouche , la parabole des vierges folles, celle surtout du maître de retour de la noce , qui reparaissent à chaque instant au Bréviaire et à la Messe, comme un éclair périodique propre à le tenir toujours éveillé , ne peuvent manquer de lui inspirer ces conclusions si familières à Jésus-Christ: Yidcte y vigilale et orale : nescitis enim quando tempus sit. (Mar. c. 15.) Et encore : Et vos estote parati : quia quà horâ non putatis Î:iliv3 liominis veniet. (Luc. c. 12.)
2° Le prêtre plus que personne est exposé ri être surpris.
1° Il se familiarise peu à peu avec cet appa-
rcil funèbre étalé partout à ses regards. A force d'être répétées , les plus terribles menaces de l Ecriture coulent de ses lèvres, sans que l'esprit et le cœur y prennent aucune part. Il contemple désormais , respire et palpe ta mort, non moins que les fossoyeurs , sans effroi, sans émotion, sans retour sur lui-même; et à peine revenu du cimetière ou du lit d'un moribond, on le voit aussi gai , aussi dissipe , aussi attache à la vie , que s'il était invulnérable et inaccessible aux coups de la mort.
2* 11 est , ainsi que l'expérience le démontre, comme physiquement prédisposé à l'apoplexie par ses habitudes, ses éludes, son régime; mieux il se porte , plus la mort s'apprête à le foudroyer ; et si la perfide ne cherche pas à le réduire insensiblement par l'épuisement et la lièvre, elle perle jusqu'au cœur, dans le centre même de la \ie , la mine souterraine , pour déterminer à l'heure imprévue une explosion filiale et irrémédiable.
5° 11 est trop souvent privé, dans sa dernière maladie, de l'avertissement et du secours qui
irrivent si à propos au simple fidèle. Il peut être seul , éloigné de tout Confrère. On ne
connaît pas, liolas ï toujours son confesseur. Si , comme il n'est pas rare, chaque prêlre voisin l'entendait à son tour, nul ne se croit tenu envers lui à ce ministère difficile et redouté. D'ailleurs, celui qui devrait ou pourrait le mieux se dévouer , le voudra-t-il?
4" Il a peut-être délaissé les mourants , Dieu permet qu'on le délaisse au moment décisif. 11 a caché leur état extrême à ceux à qui il importait souverainement de le connaître , on lui cache le sien : médecins, Confrères, serviteurs, c'est à qui le trompera , en lui donnant jusqu'entre les hras de la mort de frivoles espérances de vie.
Donc demander souvent la grâce d'une honne mort; s'exciter à la plus vive contrition, le soir, en terminant son examen; se confesser chaque fois comme si c'était la dernière; faire à la retraite du mois l'exercice de préparation à 1« mort.
— «frpgc,- ■<)*■■