‹ Manuel du prêtre en retraiteChapitre 17 sur 37 · LE QUATRIÈME JOUR · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME JOUR

lECtCREs. < Comme a la p. i>3.

VRlèRF.S. (

Le confesseur de ceilaiûi prêtres, p. bî. Les trois classe», p. 57.

TIEMIER EXERCICI,

TiVileur.

1* Ses caractères.

Le premier est un certain ùé^.»ùt <!. !.. a cniion. LTne fois atteint par la tiédeur, le prtlre traîne à regret sa chaîne; il fait tout machinalement , par routine el pour sauver les dehors,

Le? plus légers fardeaux l'ont ployer ses délicates épaules : aussi les malades sont-ils délaissés, les catéchismes faits sans intérêt, les détails de l'administration jetés à l'écart. S'il prêche, c'est sans onction et sans fruit. S'il entre au saint tribunal , c'est pour distribuer avec insouciance et sans discernement à tous ses pénitents son formulaire d'exhortations. Que les scandales et les abus marchent tête levée, son cœur sacerdotal n'en saurait être ému

Le deuxième est l'extinction presque totale de la piété. Le prêtre tiède monte à l'autel par habitude , parce qu'il y est monté la veille et comme il y montera le lendemain ; il s'en retire sans action de grâces sérieuse. Ne lui demandez pas s'il fait oraison : rentrer en luimême et converser avec Dieu serait pour lui un supplice -, il s'en tient à son Office qui , le plus souvent, n'est qu'un mouvement accéléré imprimé à ses lèvres deux fois le jour. La visite au T. S. Sacrement lui est insipide, les livres ascétiques l'endorment, les examens de conscience l'ennuient. Ce n'est qu'à de longs intervellcs et sans amendement qu'il s'approche du tribunal de la pénitence.

T.c troisième c-t le deiaul d'ordre cl de régit* larîtc. Il se lève, se eouclie , fuit tous ses exercices au gré du caprice ou de la paresse. La Wznrffcrie et l'inconstance lui l'ont entreprendre et abandonner cent différentes choses. Tantôt il rejette par dépit une étude nécessaire, tantôt il ëmbrasSC par curiosité une étude inutile. Sa chambre n'a pour lui aucun attrait. Son temps se partage en lectures futiles et en vigiles au moins superflues. Prenez-le à l'heure du matin et du soir que vous voudrez , chez ce Confrère aussi dissipé que lui ou auprès de celte personne pour qui son cœur commence à n'être plus dans l'indifférence, et demandez-lui à quoi il pense, ce qu'il dit, ce qu'il fait. Eh î à quoi ne pcnse-t-il pas? que ne dit-il pas? que ne fait-il pas?

2° Ses effets.

Le premier esl de diminuer la somme des mérites du prêtre. Du moment qu'il négli b l'occasion de les augmenter et laissé mille imperfections s'introduire dans ÉM o-nvres les plus saintes , il Intril peu (I peu la soun i si ' rtdnntd des grftcrs que Dieu vottîrtit énattcliff sitr lui , il renonce en partie à ce poids énorme et

incalculable de gloire qu'il pouvait acquérir, il enlève l'une après l'autre les perles de sa couronne , il abaisse et fait descendre par degrès son trône placé d'abord à une prodigieuse bailleur, il efface en quelque sorte lui-même des registres éternels, avec le venin de la tiédeur, sa signature à peine ébauchée.

Le deuxième est de répandre autour de lui un air de contagion plus ou moins funeste. Il csl distrait dans l'Office divin : on le soupçonne d'irréligion; peu charitable dans ses discours : on l'accuse de malignité; iinmortifîé dans ses repas : on le prend pour un intempérant. 11 lui échappe des saillies d'impatience : c'est un emporté , dit-on aussitôt. On le voit fréquemment avec les personnes du sexe : les libertins en raillent et s'en prévalent. Et comme c'est toujours une bonne fortune pour les méchants, de pouvoir censurer le pasteur et s'autoriser de ses exemples , sa conduite est tout à la fois l'objet d'une amère critique et d'une imitation servilc.

Le troisième est de le jeter dans un marasme presque incurable. Ainsi placé entre le vice et la vertu, et n'éprouvant ni les utiles reproches de l'un ni les témoignages encourageants île

l'antre; n'intéressant Dieu ni du côté de l'amoup comme les justes , ni du côté de la compassion comme les pécheurs ; trop loin de lui pour être échauffe de saintes ardeurs , et trop près pour être frappé d'un froid mortel ; se confrontant lui-même non avec ceux qui sont plus fervents que lui, mais avec ceux qui le sont moins; envisageant toujours le peu de hic* qu'il fait encore Jamais la somme considérable de celui qu'il omet, et dès lors se croyant bon, parce qu'il n'est pas tout à fait méchant, ne faut-il pas qu'il descende lentement et silencieusement dans la mort ?

deuxième rxr.r.cicK.

BYmlrc an plus parfait.

La tendance au plus parfait consiste à choisir entre deux choses ou entre deux manières de faire la même chose, la plus parfaite.

Dans nos devoirs envers Dieu , le plus | ..ifail est ce qui lui procura plus de gloire ; en-

vers le prochain , ce qui lui est le plus utile ; envers nous-mêmes, ce qui contrarie davantage la nature corrompue; et, en général, c'est ce qui se rapproche le plus des conseils évangéliques dans notre état et notre position.

Le plus parfait n'est pas absolu et invariable : il dépend souvent des circonstances et se combine avec l'ensemble des obligations. Telle chose sera plus parfaite pour l'un et moins parfaite pour l'autre , à raison du caractère différent , des tentations opposées , des fonctions diverses. Telle chose sera plus parfaite dans un temps et moins parfaite dans un autre temps, parce que les événements auront amené des besoins nouveaux ou que les desseins de Dieu, mieux connus , anront changé ou modifié la situation.

On discerne facilement le plus parfait en s'adressant à soi-même ces questions : Qucvoudrai-je avoir fait à l'heure de la mort ? Quel parti prendrait un prêtre, élu ou réprouvé, renvoyé sur la terre pour subir une nouvelle épreuve? Que ferait Jésus-Christ à ma place? Quels sont, sur le point dont il s'agit, les exemples des saints? Que dit l'Evangile? Au reste , dit saint François de Sales , la perfection

- 171) consislc moins dans la multiplicité cl l'éclat des actions que nous faisons , que clans la perfection avec laquelle nous les faisons.

Les fruits de cette tendance sont inappréciables : péchés véniels délibérés évites , nulle attache aux moindres imperfections, soin des petites choses , pureté d'intention , attention à la présence de Dieu et conformité à sa volonté, mortification continuelle, ferveur, habitude de toutes les vertus, trésors incalculables de mérites. C'est-à-dire que la tendance au plus parfait est la voie du salut la plus sûre , puisqu'elle arrache à tous les périls ; la plus courte, puisqu'elle porte rapidement au faite de la sainteté ; la plus méritoire , puisqu'elle résume et suppose tout bien et le désir de tout bien. Ajoutez la paix inaltérable du cœur , l'onction de l'Esprit-Saint, l'assurance morale de la prédestination.

Ces deux réflexions de Bossuct méritent une particulière attention : « La perfection chré- « tienne n'est pas dans un degré détermine ; « elle consiste à croître toujours. Jésus Christ « en est le modèle , c'est lui que nous devons « suivre. Jamais nous ne pourrons, dans cette « vie, atteindre à l'éinincnce de sa sainteté:

* par conséquent, il faut avancer sans cesse r et ne se relâcher jamais. »

« Le voyage chrétien est de tendre à une « charité éminente par un chemin droit, avec « un poids d'une pesanteur infinie qui vous « traîne en bas. Tel est l'état du chrétien : il « faut toujours être en action , toujours grinv « per, toujours faire effort : car dans un che- « min si droit , avec un poids si pesant , qui « ne court pas, retombe; qui languit, meurt « bientôt ; qui ne fait pas tout , ne fait rien ; « qui n'avance pas, recule en arrière. » (Pan. S. Ben.)

Celle tendance n'est point le partage propre et exclusif des religieux : Sacerdotes quidem secidares habent eamdem, imo majorcm ubliyationem quàm religion: et contra rémanent in eisdem seculi periculis; andè at quis bonus évadât sacerdos in seculo , in quo rare, ne dicam rarissime, boni inveniuntur^oportel quod, etc.. (S. Lig. hom. Apost. Tract, ult. Cap. unie» Punct. 4. num. 40.)

Demander donc s'il convient aux prêtres de tendre au plus parfait, c'est demander s'il convient à un voyageur de prendre, pour arriver à son but , le chemin le plus direct; à un débiteur de

- \6i faire, pour s'acquitter , loule la diligence possible 5 à un général d'armée de ne laisser échapper aucune occasion de conquérir de nouvelles provinces. Les prêtres , par le fait même de leur entrée dans le sacerdoce, ne tendent- ils pas à la perfection , puisque c'est plus spécialement à eux qu'il a été dit : Eslolc ergô vos perfecli, •t'cttJ et Patei' veslcr cœlestis perfeetus est ? Les Ordres sacrés et les ministères sublimes qui en découlent, ne sont-ils pas comme une dette rigoureuse de vertus angéliques et la profession solennelle d'une vie toute céleste? Comment pourront-ils engendrer Jésus-Christ dans les aines et le conduire à la plénitude de l'âge , si Jésus-Christ ne vit en eux par la perfection de sa sainteté?

Sainte Térèsc scmhle faire dépendre de cette tendance l'efficacité du zèle et l'importance de la mission confiée, quand elle dit : « Si celui « qui commence fait , avec l'aide de Dieu , de « magnanimes efforts pour s'élever au sommet ■ de la perfection , jamais, à mon avis , il ne « va seul au Ciel. 11 y mène après lui une « troupe nombreuse ; comme à un vaillant eat pitainc , Dieu lui donne des suldats qui mar- « client sous sa conduite. » (Su vie, chap. A7).

Plusieurs, à l'exemple tics saints, s'en^ngent par vœu , sous peine de péché véniel et pour un laps tic temps déterminé , à faire régulièrement tel exercice pieux, à remplir de leur mieux tel devoir du ministère , à sauvegarder leur YerlU par telle précaution, se réservant de prolonger le temps et de resserrer l'obligation , i que l'esprit de Dieu les y poussera cl en rtion de leurs progrès.

Ce vœu, outre qu'il double le mérite , attire des grâces abondantes et communique à la volonté une singulière énergie.

Cu.NSIDtRATIOft.

Universaliser le bien.

Dans l'impossibilité où se trouve quelqurfnii le prêtre de tout faire nu du moins de s'appli quer également à tout , il doit , snns négliger le reste, prcTcrcr ce nui rend plus tic gliiïrc à Dieu* ce qui est plus utile au prochain, et tendre toujours et en toute chose a universalise? It bien;

IMir , dit saint Ignace : Bonum, auà ?niivcr.enlias , cù diviniùs est.

Donc, 1° préférer dans In distribution de son temps et l'exercice do son zèle, les œuvres et les institutions d'où le bien rayonne plus loin, avec des résultats plus considérables : école et catéchisme des petits garçons, associations d'hommes et déjeunes gens, et, en second lieu, école et catéchisme des petites filles , associations de femmes et de jeunes personnes; bibliothèque paroissiale ; substitution des bons journaux aux mauvais; propagation de la foi, etc.

Donc, 2° préférer les hommes qui sont des instruments et comme des centres d'action pour le bien : Confrères, collaborateurs ou voisins , qu'on est appelé à confesser , à diriger, toujours à édifier, instituteurs et institutrices, communautés , officiers des différentes congrégations , pères et mères de famille , etc.

Ceux qui , par leur rang élevé, leur profession , leurs talents, leurs relations nombreuses, exercent sur leurs concitoyens une grande influence , peuvent seconder ou entraver beaucoup le pasteur, et qui . une fois gagnés, formeront l'opinion et entraîneront après eux la

multitude : magistrats et fonctionnaires , hommes de lettres, coryphées de partis , médecins, notaires, imprimeurs et libraires, etc.

Ceux qui , selon la droiture ou la perversité de leur cœur, selon aussi leur sympathie oc leur antipathie pour le clergé , font régner ou laissent périr la moralité et la religion parmi les ouvriers cl les employés dont ils disposent: chefs d'usines , d'ateliers, d'établissements publies, cle.

Ceux en qui l'on découvre des germes de vocation pour l'état ecclésiastique ou religieux, ou qui, à raison de la grâce dont Dieu les prévient , de leur caractère et de leur aptitude , seconderont merveilleusement le pasteur cl en- I reprendront beaucoup pour la gloire de Dieu, dès qu'ils auront été façonnés à la charité et au zèle.

Ceux à qui la fortune unie à la générosité permet de devenir les auxiliaires du pasteur et les protecteurs de ses œuvres, comme aussi ceux dont la reconnaissance lui fait un devoir de cultiver la vertu avec des soins plus particuliers : bienfaiteurs, parents, amis, etc.

Ceux dont la jeunesse, la trempe d'esprit, la position sociale, les divers avantages de la na-

- ISS

duc peuvent devenir un piège à eux-mêmes et aux autres.

Ceux <|ifon prévoit devoir être constants dans le bien après leur éducation ou leur conversion ; certaines âmes d'élite qui , par leurs prières , leurs conseils, leurs exemples , peuvent beaucoup pour l'édification commune. Ne parlons pas de ces âmes vulgaires , sans ressort et sans influence , qui , trop souvent , ravissent au prêtre un temps précieux.

Donc , ô° préférer ce dont nul ne se soucie ou ne viendrait à bout à ce que chacun lait volontiers et aussi bien. Les saints avaient un tact merveilleux pour découvrir les oeuvres à faire et délaissées , et une charité infinie pour amener au festin du père de famille tout ce qui gît d.ins les carrefours ou se cache dans les réduits de la mi-ère. Ces œuvres tournent, elles aussi, à la plus grande gloire de Dieu, tant à cause de l'édification qu'elles donnent qu'à cause des bénédictions qu'elles attirent sur le prêtre qui les entreprend et sur tout son ninistère.

Donc , 4° préférer le certain à l'incertain, le plus utile au moins utile , ce qui est urgent ù ce qui peut être différé , ce qui est prescrit j

ce qui n'est que de conseil, ce qu'on peut corriger ou innover sans détruire , ce qui s'expédie facilement et sans risques à ce qui demande plus de temps et expose la vertu ou la réputation, ce qu'on achèvera soi-même à ce que le successeur laisserait probablement imparfait , ce qui a plus de chances de succès et de stabilité à ce qui en a moins.

Donc , 5° préférer, dans la distribution de ses aumônes et ses dispositions testamentaires, le spirituel au temporel , le plus digne au moins digne , le plus délaissé à ce qui est secouru d'ailleurs, les œuvres purement ecclésiastiques à celles où se mêle l'administration civile.

C'est-à-dire que, pour universaliser le bien, il faut préférer en toutes choses le plus excellent, le plus nécessaire, le plus fécond en heureux résultats , et donner aux œuvres une organisation si solide qu'elles se perpétuent et se développent avec le temps.

TROISIEME EXERCICE

Jésus a Nazareth.

Cet exercice et les six suivants pourraient ôlre faits soai forme de contemplation. Voir la méthode, p. 12.

L'Esprit-Saint nous a fait en trois mots l'histoire des trente premières années de Jésus.

4° 11 obéisssait : Et eral subdilus Mis.

Quis? quibus ? demande saint Bernard. Dcus Itominibiis , non tanlùm Mariœ , sed et Joseph, l'trimque stitpor , utrimque miraculum : etquôd faninœ Dcus obtempérât , humilités sine exem~ plo : et qnùd femina principatur Deo , sublimilas sine socio. (S. I. Missus est.) La sagesse du Père , le Roi des anges, l'èlrc essentiellement indépendant — obéit - — avec fidélité , promptitude , joie, respect et amour — à ses créatures — en tout ce qui lui est ordonné, pénible ou facile, obscur ou éclatant, insensé ou raisonnable — non-seulement dans le sein de sa mère et au berceau où , déjà , il jouit de la plénitude de ses facultés, mais encore dans l'âge mur et jusqu'à trente ans.

Et moi , d'une raison si bornée , d'une volonté si dépravée , esclave du démon par mon péché — je désobéis — ou je n'obéis qu'à regret — dans un ministère sublime et consolant — à des supérieurs pleins de ménagements et de modération — que leur mérite autant que leur dignité met au-dessus de moi. Erubesce, superbe einis: Deus se humiliât, et tu te exaltas! Deusse hominibus subilit , et tu dominari gestienshominibus , luo te prœponis aurtori ! Quoties enim hominibus prœesse desidero , toties Deummeum prœ'ire contendo. (S. Bcrn. ibid. )

2° 11 travaillait : Nonne hic est faber ?

Aidant d'abord à Marie dans les menus soins du ménage, faisant ensuite son apprentissage sous la direction de saint Joseph , exerçant enfin comme ouvrier son rude métier — au sein de cette bourgade méprisée, dans cette maison où tout est pauvre, meubles, vêtements, nourriture = il glorifie Dieu et avance l'ouvrage de notre rédemption, comme il eût pu le faire devant le Sanhédrin juif, le sénat romain ou l'aréopage, en arrêtant le soleil dans sa course, en débitant des discours d'une divine éloquence, m ressuscitant des générations entières — autant qu'il le fera plus tard par l'institution de

*es sacrements , ses prédications et sa mort sur la croix — car il nous apprend à faire pénitence, à dompter l'orgueil ella volupté, à manger notre pain à la sueur de notre front.

C'est ainsi que , retiré et silencieux dans ma chambre, uni à Dieu et fidèle à mon règlement, tantôt vaquant âmes exercices pieux, tantôt me livrant à l'élude , m'appliquant par amour pour Dieu aux plus petites choses comme aux plus grandes , utilisant mes moindres instants — je puis m'enrichit* de tous les mérites attachés à la vie cachée — édifier le prochain par l'exemple de la mortification , de l'humilité et du travail — rejouir Dieu et ses anges, autant que je le pourrais faire par les plus saintes fonctions et dans les postes les plus éminents.

5° // croissait en sagesse , en âge et en grâce ilttant Dieu et devant les hommes.

Pro/iciebat : Non quant au fonds intérieur, mais quant aux manifestations produites au dehors — sapientiâ : Voilà pour l'esprit ; la science des choses divines et humaines se découvrait par degrés dans ses paroles et ses démarches — et œlalc : Parce qu'il est dans l'ordre que la sagesse se développe et grandisse avec l'âge — et gratiâ : Voilà pour le cœur;

- ÎOO toute? les verdis sans exception brillaient en lui de jour en jour d'un éclat plus vif : recueillement , modestie, piété, charité, zèle, détachement, abnégation , douceur, patience, etc. — apud Deum et homines : Rien de feint ni d'hypocrite; tel il paraissait aux yeux des hommes qui ne pouvaient s'empêcher de l'estimer, de l'admirer et de l'aimer , tel il était aux yeux de son Père , et infiniment plus1 saint , plus admirable et plus aimable encore.

Hélas! croissant en âge, je décrois peut-être en vertu. Où est la ferveur du Séminaire et des premières années de mon sacerdoce? L'esprit du monde ne s'est-il pas insensiblement substitué à l'esprit ecclésiastique, au grand scandale des âmes que je devais édifier? Ne laissé-je pas périr , par une honteuse paresse , le trésor de mes connaissances , au lieu de travailler sans cesse à l'augmenter? Et si j'ai certaines apparences de sainteté et de régularité qui en imposent, Dieu, qui scrute les cœurs et les reins, en voit il en moi la réalité et le fond?

Page 1