RETRAITE ] MOIS DE NOVEMBRE
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Lire les a\ib ôur la manière de Lieu faire la retraite dj ••"lis, p. -7,7 .
Ko pas oublier la lecture du Meino.ial j'Oiir malien o"c\amen jmrliculicr, e! l'exercice de la ['réparation à la in*ï4. le wir.
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PREMIER EXERCICE
Ciel, p. 221
DEUXIEME EXERCICE
Fortune spirituelle.
\° En quoi elle consiste.
En qualre fruits que produit infailliblement dans le juste toute bonne œuvre.
Le premier est une augmentation de grâec sanctifiante, une communication plus abondante de l'esprit et de la vie de Jésus-Christ, une présence plus intime et plus efficace de Dieu dans l'âme.
Le second est une remise plus ou moins étendue de la peine temporelle duc aux péchés, une satisfaction oiïcrte ■ la divine justice, l'abrègement et même l'affranchiascBent total du purgatoire.
I.e troisième est un droit à recevoir des grâces actuelles, de vives lumières, des secours puissants, in lempore opportuno, par exemple, pour accomplir un précepte, vaincre une tentation, etc.
Le quatrième est un degré de gloire et de félicite tenu en réserve pour l'éternité , le fondement d'une plus magnifique espérance, un titre à une plus claire vue et à une plus délicieuse possession de Dieu.
2e D'où elle résulte.
1» De l'excellence des œuvres. 11 en est <U bonnes, il en est de meilleures, il en est de parfaites ; le Fils de l'homme, juste appréciateur des moindres nuances, rendra à chacun selon son mérite : Tune reddet unicuique secundùm opéra ejus. (M;illh. c. 1G.)
2° De leur nombre. Dans le champ qu'arrose la grâce et que cultive In bonne volonté, lesuns sèment peu, les autres sèmentbeaucoup; la récolte ne saurait cire la même : Qui parce séminal, parce et îuclel; et qui seminut in beneilictionibus, île benedictionibus et me te t. ( II. Cor. c. C. )
oo De la ferveur qui anime en les faisant. Au dire de Suarez , une âme correspondant
2"i — pleinement aux grâces actuelles et agissant selon toute l'intensité et la plénitude de In grâce habituelle qui est en e!le, à chaque artc de vertu doublerait, comme Marie, la somme totale de sa charité et de son mérite.
ô° Combien il est facile au prêtre de l'accroître.
1° Rien de plus excellent que les œuvres auxquelles il s'applique : le saint sacrifice, l'administration des sacrements, la prédication. l'office divin, les exercices pieux, etc.
2° Qui dira le nombre des actes de piété et de zèle qui remplissent ses journées? Qui dira surtout leurs conséquences incalculables pour la gloire de Dieu et le salut des âmes?
5° Quelle ferveur ne sont pas capables de lui communiquer ses rapports journaliers avec Jésus-Christ, tant d'exemples édifiants, les fleuves de grâce où il se plonge le premier en les épanchant sur sa paroisse ?
Sa fortune spirituelle peut donc, par des accroissements sans bornes et des multiplications lin, s'élever d'heure en heure et de moulent en moment à un degré que Dieu seul tonnait : tel l'immense Océan, se doublant en
profondeur, eii largeur, en étendue à chaque flux et reflux, et se doublant encore clsedou-
blanl (oujours.
h° les épreuves de tous genres, loin de nuire à la fortune du prêtre, ht} servent merveilleusement.
Quand arrivent \es hivers, quelques ceps fie la vigne sont blessés par !e froid. Aux haleines du printemps , le vigneron l'aborde, promène son eouienu dans les branches meurtries, va jusqu'au vert et emporte le bois inutile. La vigne ainsi dépouiller, frappée par le 1er, se lient droite, él, regardant le ciel, elle pleure pendant trois jours, lîientùt la Providence la console et sèehc ses larmes; ses pampresepai-ssissent, elle cs( ornée de touilVs vertes, elle est I lus belle, plus riche qu'autrefois.
Voyez Jésus Christ attache à la croix, comme une vigne à l'arbre. On le frappe à la tète. ;'i la poitrine, aux pieds et aux mains; le icv de la lnncc visite son côté. Sun snne divin coulait connue des larmes. Mais après trois jours il ressuscile. La noble vigne ;i reverdi sou- les coups; branches glorieuses couvrent les nations.
Va toi aussi, prétiv, tu es quelquefois visité par la tribulation, «>n le frappe au cœur, on (ait
couler tes larmes. Ne murmure pas, laisse agir le fer en toute liberté. Quand le céleste vigneron aura retranché tout ce qui est superflu ou pernicieux, tu produiras les fruits les meilleurs et les plus abondants. N'est-ce pas là ton trésor? N'est-ce pas là ta gloire ?
PREMIÈRE CONSIDÉRATION
Dettes spirituelles.
\9 Le prêtre contracte souvent d'immennet dettes envers In justice divine.
1° A cause de l'excellence de ses fonctions qui demandent une intention plus droite , une piété plus Angélique, et oùseglisscnt : 1° Vitnpureté du motif. S'il prêche, c'est avec un secret retour de vanité; s'il entend les confessions, c'est avec acception de personnes ; s'il célèbre les saints mystères, ce n'est pas sans quelque vue d'intérêt ; s'il est en concurrence avec un Confrère, il ne s'affranchit pas toujours de toute jalousie. 2° La routine. Qu'il lui
est facile , après quelques minées, île se familiariser avec les plus redoutables mystères ; île toucher, porter, distribuer l'Eucharistie, comme si c'était un pain ordinaire; d'exécuter les cérémonies , de prononcer même les formules sacrées avec une indévolion et une précipitation scandaleuses; de transgresser souvent bien des règles par sa négligence à s'en instruire, son indocilité à souffrir qu'on les lui rappelle , sa présomption à ne vouloir s'en rapporter (fu'à lui-même !
2<> A cause de la multiplicité de ses fonctions qui demandent une attention plus soutenue, une patience plus inaltérable, et où se glissent; 1° Les distractions. S'il en est d'involontaires, combien d'autres qu'il appelle et entretient, dont la source est dans la dissipation de son esprit, la légèreté de son humeur , l'intempérance de sa langue, l'avide curiosité de ses oreilles, les attaches de son cœur, l'habitude qu'il s'est faite de ne s'assujettir à aucune discipline ! 2° Les impatiences. Trop ménagée, la nature ne peut trouver son compte dans ce cercle de fonctions journalières qui la cerne et Va comprime de tous côtés, dans ce surcroit J'cmbarras qui coïncide quelquefois avec une
solennité : confessions, longs oflîccs, baptême, malades , obsèques, etc. De la les dépits, les brusqueries, les reproclies amers, peut-être les violentes diatribes.
Sans parler de la peine due aux péchés mortels pardonnes , voilà donc une foule de fautes vénielles qu'il doit expier en ce monde ou dans le purgatoire : Ipse autem saluas erit : sic lamen quasi per ignem.
2° Le prêtre a de nombreux moyens de satisfaire à la justice divine.
Supposant le péché déjà remis quant à la coulpe, qu'il suffise d'énumérer \° Le saint yocrijive qui Bip te la peine temporelle directement, et plus ou moins, selon la volonté de Dieu toujours libre dans la dispensation de ses dons , et aussi jusqu'à un certain point, selon les dispositions de celui qui l'offre.
2° Les sacrements : 1° de Pénitence qui, par su vertu propre, remet une partie de la peine; '1° d'Eucharistie qui la remet indirectement, par la charité qu'elle excite dam l'âme. Cette remise est proportionnée aux dispositions, lesquelles pourraient être si excellentes que la remise fût entière.
/ ■ DÇ ;t lu plupart des
iees de piété , des oeuvres de miséricorde spirituelle et corporelle , et des fonctions ec-. désinstalles. Le prêtre ne peut-il pas réciter tous les jours la prière : En ego , ô 6o/ie...?
4° Les œuvres salisfaetoires qui sont de trois sortes : la pénitence sacramentelle dont la vertu est spéciale, comme partie intégrante du sacrement, les mortifications volontaires, et celles endurées en esprit de pénitence.
')° Les sacramentaux dont un des effets est la rémission des péchés véniels quant à laeoulpe et quant à la peine, ex opère operantis. Ce
sont les bénédictions , Ips objets bénits, les prières recommandées par l'Kglise, celles laites solennellement dans l'église, toute prière récitée dans une église consacrée, l'aumône.
PtC...
fi° liante bonne oeuvré finie en élut de grâce , mais surtout l'acte de contrition, toujours nécessaire sans doute pour la rémission des pé-
rhés quant à la coulpe et quant à la peine, mais qui, arrivé à un degré d'intensité connu do Dieu seul, petit opérer une rémissiOQ absolue
et totale.
Ces divers moyens de satisfaire à Ja justice divine étant plus au pouvoir du prêtre que de tout autre , quelles actions de grâces ne doit-il pas à Dieu , et avec quel empressement ne doitilpas en faire usage?
DEUXIÈME CONSIDÉRATION
Importance du Catéchisme.
C'est ici la fonction éminemment pastorale. Pes instituteurs cl des institutrices, charges presque exclusivement du catéchisme , quels que fussent d'ailleurs leur zèle et leur mérite, seraient plus nuisibles qu'utiles au pasteur , pui: qu'ils lui ôteraient le moyen principal et souvent unique de connaître ses ouailles et de s'en faire connaître , de se les attacher et de s'attacher lui-même à elles.
Adeù jain indignum videlw apud multos , si quls ex theolorjis aut famatus in lilteris, vel ecclcsiasticd dignitate prœditus , ad hoc se opm
- 5G!J inclinaverit , prœsertim circà parvulos. Et seine mihi videntur discipuli Domini adhuc tune cœlestium parùm capaces , hàc insipienliâ laborusse, prohibentes \)arcidos afferri Chrislo, reputantes videlicet indignum esse , fi tanins Ma* yister et Doctor eorunt Christus liuic humililati subjaceret (Gers, de altrah. ad Christ, parvul.).
Si , sous prétexte que vous ne parlez qu'à des enfants, ou si, comptant sur votre facilite, vous négligez la préparation du catéchisme, vous donnerez des mots pour des choses , et les pauvres enfmls qui se croiront nourris , s'en retourneront à jeun. {Mr Dubois).
Des paroissiens ignorants ressemb'ent aux mauvaises recrues d'une année; quoiqu'elles soient pleines de bonne volonté, on ne peut s'y fier, parce qu'elles n'entendent rien à la lactique. Les leçons d'un catéchisme solide sont des semences de vertu pour toute la vie , Cl une pépinière de remords pour ceux qui plias tard seraient tentés de s'écarter du devoir.
On fait bien le catéchisme quand on peut dire avec Jésus-Christ : Quoties volui congregare filios tuos , quemadmodùm gallina tongregat pullos suos sub alas? et avec saint Paul : Facti sumus parvuli in medio vestrùm , tanquam
si nutrix foirai fllius suas. Nam in eongregan* dis animab/ts Chrislus comparavit se gallhiœ , quà million aliud animal erga felussuos, rit ait Augustinus , magis infirmatur pietatc ; démittuntur alœ , plumœquehirtœ fiunt , raucessit vox querula , obliviscitur i])sa cibi , et incredibili suprà vires animositate pullos tuelur. (Gers, ibid.)
Les loups attaquent de préférence les agneaux, et les oiseaux de proie la couvée: il faut donc plus nimer et plus protéger ce qui est si tendre, si faible, si exposé à la séduction.
Âllamen sicubi deestamor,quid proderit instructio, dùm nec libenter audient , nvc dictis credent , nec impératif obedienl? Quare majesialem oportet omnem exuere , et pro parvulii parvulum se facere. Denique parvuli vereeundissimi quo pacto detegerent peecata sua turpin apud eum quem vel odirent , vel limèrent ; apud eum rursùs qui non prias eis persuasisset se eis fldum esse, benecolum , secretum et amicûmt Hoc autem persuaderi nequibil , si non modeste arriserit ridentibus , conqratulelur ludentibus, collaudet shidia eorum bona , si non vitel acerbitatem et cnuviviii in increptiiione sud, eum omni lenitale et mansuetudine , ità ut non odissr
— fW — . ted fraternaliler diUxisse sentiafur. (Gers.
Ibid.)
Mien n'est plus évident : si le prêtre brutalise et terrifie les enfants par ses reproches , ses menaces, ses boutades de colère, ils ne viendront au catéchisme que par contrainte; luimême ne sera à leurs yeux qu'un geôlier redoutable, et ils conserveront de lui cette idée toute la vie, et de la crainte à la haine il n'y a qu'un pas.
Le Père de la Rivière, ayant assisté au catéchisme que faisait régulitjrcinenj saint François de Saïcs j a écrit dans son histoire : « Oncques « ne vis pareil spectacle. Cet aimable et vrai- « ment bbti père était assis sur un trône élevé ri de. quelques cinq degrés; toute l'armée cn- « famine l'environnait. C'était un contentement « non pareil d'ouïr combien familièrement il • exposait les rudiments de notre loi; à cha- « que propos, les riches comparaisons lui nais- « saient en la bouche pour s'exprimer ; il re- « gardait son petit monde , et son petit monde « le regardait; il se rendait enfant avee eux, I pour former en eux l'homme intérieur et m parfait selon Jésus-Christ. »
T101SÏEME EXERCIC1.
Lu chasteté est la gloire de l'Eglise et dn sacerdoce catholique.
!• De l'Eglise.
Les Pères regrettent de n'avoir pas la bouche et le cœur des Séraphins, pour lo uer cette vertu la plus belle, la plus aimable , la plus attrayante , que le ciel admire , que la terre révère, que Satan ne voit qu'avec horreur. 0 custitasy s'écrient-ils, donum Dei, honor eorporum , ornamentum morum , sanctitas sexuum f lœta indoles , imago Dei, domieilium SpiritiU Sancti , vita Angelorum l
« La chasteté est un martyre, dit saint Ambi'oise , auquel on se dévoue de plein gré, sans y être traîné par la main du bourreau ; martyre plus pénible et plus long que celui du glaive et du feu , mais martyre qui a ses joie» et ses rafraîchissements ineffables. »