‹ Manuel du prêtre en retraiteChapitre 31 sur 37 · I.'olalvefè, prérarlcatlun du prêtre · texte numérisé non relu

I.'olalvefè, prérarlcatlun du prêtre

Pater meus usquè modo operatur , et ego ope* ror (S. Joan. c. 5.}.

Dieu agit sans cesse : au ciel par sa bonté ,

sur la terre par 9a providence, aux enfers par «n justice ; il donne l'être , le mouvement , la fécondité , la vie , la grâce , la gloire.

Jésus Christ, lui aussi, agit sans cesse : dans le sein de sa Mère , à la crèche , à Nazareth, dans sa vie publique, sur la croix , dans l'Eucharistie, dans les Ames, à la droite du Père.

Le prêtre, homme de Dieu et ministre de Jésus-Christ , doit donc agir sans cesse comme Dieu et pour Dieu , avec Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Telle est la fin que Dieu s'est proposée en établissant le sacerdoce, Jésus- Christ en l'exerçant, l'Eglise en le conférant. Que signifient, d'ailleurs, tous ces titres réservés aux prêtres : Pasteurs , Docteurs , Dispensateurs , Juges , Médecins , Soldats , Sentinelles, Pécheurs, Moissonneurs?

Scilote quia mercenarii sumus conducli, s'écrie saint Jean-Chrysostôme. Si ergo mercenarii sumus , cognosecre debemus quœ sunt opéra nostru. Mercenarius enim sine opère non potest esse. Opéra aulem nostra sunt opéra justitiœ : non ut agros twstros colamus , et vineas : non ut divitias aequiramus, et congregemus honores : sed ut proximis prosîmus. Sicnt tr§à mmn ideô sic conduis.

rît mrrrcnarium , ut hoc soh'im facial , quùd irumiiacei : sic el nos , non ideô vocati sumnsù Chrislo , ut hœc sola opère mur , quœ ad nostrum pertinent usum , sed ad gloriam Dei. Et sicut mercenarius , qui hoc solùm facil , quùd manducat, sine causa ambulat in domo : sic et nos , Si hœc sola facimus , quœ ad nostram i)ertinent utilitalem, sine causa vivimus super terrain. Et sicut mercenarius , priùs aspicil optts sue. m , deindê diaria sua : sic et nos si mercenarii Chrisli sumus, primùm debemus aspicere quœ ad (jloriam Dei pertinent proximique profectum, deindè quœ ad nostram utilitatem;quia caritas et verus amor ergà Deum non quœrunl quœ sua, sed ad libitum amati cuncia desiderant verficere. Et sicut mercenarius totum diemeircù Domini opus impendit , unam autem horam circà suum cibum : sic et nos omne tempus vitœ nostrœ debemus impendere circà opus gloriœ Dei , modicam autem parlem circà usus no*tros terrenus. Et sicut si mercenarius quà die opus non fecerit , erubescit inlrare domum, et petere sibi pauem , qnomodù tu non confunderis intrare in çcclesiam , el stare cuite conspeelum Dei, quandù nil boni in vonspectu Dei gessistil Il ojoutc : An nescitis , quia qui non opéra-

tur in hnr scecttto , .

qui (iliis manducanlibus et bibenlibus in hot M - •ulo operatur , in futur o aliis jejunantibus ipse non jcjunabit , sed recumbet cum Abraham , et manducabit de prandio vitœ. Qui autem hic aliis operantibus stat otiosus , aliis recumbentibus in futur o sœculo ipse expelletur foras. Dies enim iste , dies operalionis : dies autem ille , qui sequitur , dies est feriarum. (Opus iraperf. hom. 54. in Matth.).

Que n'aurait-il pas pu dire du Pasteur qui ne paît pas ses ouailles, ayant près de lui les plus gras pâturages; du D jeteur qui tient le livre de la science fermé devant ses disciples ; du Dispensateur qui enfouit les trésors qu'il de. vrait distribuer; du Juge qui refuse de rendre la justice ; du Médecin qui délaisse les malades ; du Soldat lâche ou désarmé ; de la Sentinelle volontairement muette ou aveugle ; du Pèclaur qui néglige de tendre ses filets; du Moissonneur qui jette la faucille et se livre nu sommeil, au lieu de remplir les greniers du père de famille?

On ne sait laquelle de ce^ quatre choses doit étonner le plus : 1° la multitude des travaux de tous genres que des prêtres ont entrepris et

exécutés pour la gloire de Dieu ; 2° le vide déplorable qui se trouve dans la vie de tant d'autres prêtres ; 3* l'embarras inqualifiable de certains qui ne savent comment employer la journée ; 4° la sécurité parfaite où vivent les prêtres oisifs par rapport au compte terrible qu'ils doivent à Dieu de leur temps et de leurs talents.

L'oisiveté dans le prêtre , aujourd'hui surtout, peut-elle s'expliquer autrement que par l'ignorance crasse de l'étendue cl des difficultés du ministère pastoral , ou par le dessein formel et arrêté de trahir les intérêts de Dieu , de l'Eglise , de sa paroisse ?

Oh! quand une fois on a perdu le goût du travail, qu'il est difficile de le reprendre ! Qu'il est plus difficile encore de le reprendre, quand on ne l'a jamais eu ! Le travail est plus agréable qu'on ne pense, mais il faut s'y livrer pour le trouver tel ; il n'est rebutant que pour ceux qui le craignent ; il se change en plaisir, il devient même un heureux besoin, quand on en a contracté l'habitude.

î20f9IÈME EXERCICJ

l ; décence ini jm <•%;»;» iitc

Aux premiers siècles , les prêtres n'admet* ïaient «me des hommes à leur service. Nos Deu sacri, dit saint Clément, disciple de saint Pierre, ntin mulieribus ntquc manducamus, ntque bibimus , neque inserviunt nobis muliercs, nec lavant nobi» pedes ntquc ungunt nos , nec stemunt nobis leclum , net somnum capiinu* ubidormiunt muliercs. Et voici le motif: Ut irrépréhensibles si mus in omnibus , ut nemu offendatur in nobis. Jésus-Christ et les Apôtres dit-il, en usaient ain^i. La pratique contraire, Scandalosa est , et perieulosa , et mortifère (De Virg. Epist. 2a.)

Plus lard , l'auteur du livre De Singularitate Clericorum , qu'on croit être saint typrien, parlait ainsi à ceux qui remplaçaint les hommes pur les femme» : Xumquid (u)i!ùm muUer

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uiilior est eommodis Clerici , quantum prodesl masculus continent , tel puer masculo continenti ? Salomon ne dit-il pas : Omne animal diligitsimileêibi? Sed et si fœmina utilior existimalw\ non oportebat earnalia emolumenta prœponere utilitatibus spirilualium commodorum : et ex~ pediebat qualemcumque virum imitilem sustinere pro exislimalione tnuniendà, quùm bonos effeetus midieris eum exislinmtione turpissimà? Salomon ne dit-il pas encore : Mieux vaut être liai traité par un homme que bien servi par une lemmc? Que sert de prendre une domestique Despectam et vetulamï Cnpidini nulla de formitas , sed diabolus pingens , speciosum effuit quidquid Iiorridum fueril.

Aujourd'hui , la raison du scandale n'existant plus, et chaque diocèse avant des règlements sur ce point , il suffit au prêtre de réprimer certains abus déjà signalés par les saints Pères.

1° Le laisser-aller de la domestique.

Aune lacertos et femora lani(icis operibus nudat;uuue œstuans UtUgil membra; nunc fatigâta jactatuvi nunc in risu aliquando dissolci (ur ; nunc blandilias exhibe! , et , quod venenosius est , psalkre delcctalur. Ln vue d'une

leinmr ci) pleurs OU en colère n'est pas s.ms quelque agrément : Quid dicimus si videos ju- CUtlétinficm , aut , quod dclerius est, blandienivin ! (De Singularit.) Quel sentiment pcul-on éprouver, dit à son tour saint Jean-Chrysostôiqc, lorsque, entrant dans la maison d'un homme voué à la chasteté , on voit suspendu? çà et là des honnets, des ceintures, des quenouilles, Et alia quœ particulatim numerare non lirct. (De subintrod. Virg.) ?

2° Les visites intempestives.

« Le matin , au lever, la décence devrait « interdire à la domestique la chambre de son « mailre : Sœpe auteni progressa , fartasse et « in virum nudum incidit. Ille verà hoc ipsum v suspicans , modo id monens ingredilur, mo- « dû incaulus deprehenditur ; ac multo risu dig- « nus est ; nilul enim amplius dicere volo. » (S. Joan. Chrys. De Cohabit. illicit.)

5° Les services inconvenants rendus par le prêtre.

« Quod si contingut repente mulierem œgro- « tare, infirntiiulem prœtcjcns , et assidel , et « (dm curai quœ mulien in pumdàque solo» m ministrare fus est; neque pudvt Muni , sed « ghriunt putat ; ncque ip$ê uubcsut , sed ma-

« 7?5 tjaudet , el tantà magis quanta fœdiorem « servilutem prœ se fert. Elle , le voyant si ob- « sequieux et si reconnaissant des ordres qu'il « reçoit, n'hésite pas à le charger de ses pcli- » tes commissions , lorsqu'il part pour la vil- « le. » (S. Joan, Chrys. De subintrod. Virg.) Cavendi sunt prœtereà contactas non sotùm lascivarum, sed etiambonarum fœminarnm. Quamvis enim bona sit terra , bona quoque sitpluvia, tamen ex illorum commixtione luttim efficilur. Eodcm modo , Ucet bona sit manus viri , el bona manus fœminœ , ex contacta, tamen illorum nonnunquàm lutosa cogitalio vcl affectio gene. ralur. Elcnim picem si quis tetigerit , manum utique sordidabit. (Umbert. Prœf. gcn. Dominic. Epist. 29.)

4° Les conversations et tes assiduités qui énervent, avilissent, corrompent cl subjuguent le prêtre.

Sicut si quis leonem superbum arripiat , cl jubas obradal , dentes exculiat , ungues amputet, lurpem faciat cl ridiculum , facile que à puero superabilem reddal. (S. Joan. Chrysost. De subintrod. Virg.). Itaque ne effeminemui robur noslrum , ne succidamus nervos nostroi istis conversationibus (Ibid.).

La belle règle de modestie tracée par Clc« ment d'Àleiandric ! Oporlel eryù, domiquidem. paient uni cl famulorum putlorc a/fici ; in viii aulvut , eorum qui fiunt obviàm; in soliludinc aulcni sui ij)sius ; ubiipie union Yerbi quod esl ubique , cl sine ipso faclum csl nihil. Hùc enim solùiu rulione fil ut quis nunquam lubatur , si Deuin sibi souper adesse existimcl. Saint Ephrcm a dit aussi : Cuntinenliam habelo in hubilu , cibo , lintjuà , aspectu , cogilalu , visu. (De e.islil.).

Tant que subsiste celte barrière de la crainte de Dieu et d'un honneur intègre, on se sent fort et courageux; mais des qu'une première familiarité l'a renversée ou seulement ébranlée, qui pourrait dire avec quelle facilité on devieafl le jouet et la proie de l'ennemi?

du

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