MOIS D'AVRIL
On pourrait Taire celle retraite le premier Teudredi du
Lire les avis sur la manière de bien faire la retraite du mois, p. 237.
Ne pas oublier la leclurc du Mémorial pour malien d'examen particulier, cl l'exercice delà Préparation à ii nioil, le soir.
Le pri'.ra en péché marlel 138
La triple concupiscence • 345
Ferizeté et douceur
L'oisiveté, perte intense it iirtpinUi pour le prètri. . . 354
ni danstreises 253
rBEMIEB EXERCICBfl Le prêtre ea pethé mortel, p. iôS.
DEUXIEME EXERCICE
£a triple coucupi.'iCi j et .
i° La concupiscence de la chair.
Natura otium ainat et quietem corporalem ; quœrii habeve curiosa et pulchra, abhorrel vilia et grossa; inclinât ad carnem propriam, ad vanitates et discursus ; libenier aliquod solatiuni habet exlernum , in quo delectelur ad seiisum ; dèâefectu etmoUslià citù conquerilur; appétit sécréta et uuvaaudire, et mulla per sensus tjjp, ri ri.
G m du r ■„ sludci morlifteationi projniit', retint it sensualitali; vacua esse non potat, sedlié
tenter atnptectitur laborem, rimplicibus délecta' lur et Iiumil ibus, OSperÛ non aspenmtur, nec vctustis refiKjil indui pannis; orfit carnisdesideria. reslrinrjit entgationes'.in éotô Bèo tj>t«>ril consolait; constanierfert inopiam;nec carat nova ntc curiosa percipere (Imit. L. m. cap. îH).
Dormir, boire et manger jusqu'à satiété; prendre partout la posture la plus commode; donnera la santé, par manière de précautions, les soins les plus minutieux; promener m$ \cu\ sur toutes les curiosités et tous les visage^ travailler peu et se reposer beaucoup; être de toutes les parties de plaisir ; se tenir toujours à l'affût des nom elles : autant de traits de la vie du prêtre sensuel.
2° La concupiscence des yeux.
Xaturu pro suo commodo laborat ; respicii teniporalia, gaudet ad lucra terrain, tristaturde damno; cupida est, etlibenliùs aveipil qnùm douât; amat ptoprià et privata; nihil gratis facerc ■!, tedaut œcpiale, aut menus, atit laudem , veî favorempro benefactiè cônsttpti sperat.
Si je me plains de la | ■ ■ -le ma parois-
se ) si je ne trouve j n resbytère a-sez
beau, ni mon jardin - Mct ni mon lasuel
asse^ riche; si je ihcsaurbc sans ccîse, convoi-
tant un poste plus lucratif, diminuant mes aumônes et me proposant dans certains offices autant et plus peut-être mon a\antage que celui des défunts , faisant en quelque sorte le marché de Judas, avant de célébrer : Quid vultis mihi dore, et ego vobis eum tradam ? n'est il pas évident que la cupidité me domine?
Sed gratta attendit œlcrna, non inliœret lem» poralibus . nec in perditions rerum lurbalur ; pia est et communist contentutur paucis, bealiàs inagis dare judicat quàm acciperc ; née aliud prœmium quàm Deum solum postulai, nec amptiùs de temporalibus necessaiiis desideral,)iisi quantum Itœc sibi ad asseculionem œlernorum vuleant deservire (lbid).
5° L'orgueil de la vie.
Tout de feu pour les fonctions éclatantes, \e prêtre orgueilleux se sent g!acé pour les ministères obscurs. Apprend-il qu'on le critique, il s'irrite et se venge. Lui donne- ton un avis, l'admonitcur est bientôt rappelé à l'ordre. Ennemi du joug et plein d'horreur pour les affronts , c'est sa gloire et son émancipalion qu'il cherche par-dessus tout. Quelle tristesse , quand il voit un confrère monter aux
honneurs! Quel ressentiment, lorsque des pénitents lui retirent leur confiance!
Natura invita vult mort, nec premi, nec superori, nec subesse , nec spontè subjugari; libenler liuîiorem et reverenliam accijiil; confusionem timet et conlcmptum; irrilalur levi injuriœverbo; gaudel de amicis mullit et propinquis, aloriatur de nobili loco et or lu goieris; arridet potenlibus, blanditur divilibus; omnia ad se refléetit, pro se certat et arguit ; desiderat aguosci et agere undè laus et admiralio procedit.
Gratia verù quœrit subjici, appétit vinci, nec projnià vult libertalc frui; sub disciplina amat teneri, nec alicui cupit dominari; omnem honorcm et gloriam Deo fideliler allribuil; gaudet pro nomine Jesu conlumeliam pati\ ncipte verbië durioribus acerbalur, embase il in publico apparerc; nec de amicorum lurbà exlollilur, nec /ocum nec ortum nalalium rejtutat, nisiubi virtus major fuerit; fovet niagis pauperi quùm diviti, compalilur plus innocenti quùm polvnti; ad Dtum cuncla reducil ; nihil boni sibi adscribitf ni c (irroganter pra'suuiil ; non conlcndil,)icc $ uam scnlenliam aliis prœfert (Ibiil).
Or voici, d'après saînl Jean Chrysostômc, ce quedcvieul un clergé domine par la Iripli
concupiscence : Dei esse debent omncs,sedran inveniuntnr in messe Domini opérantes ; mulli ordine, pauci ordinis sanctilale ; ministres Dei se dicunt , sed mini s tri sunl Satanœ pet superbiam, Mammonœ per avaritiam, Yenerisper lu- *:uriam, Bacchi et Cereris per gulam, Beelzcbub per invidiam, Mords et Yulcani per impaiientiam et iram ardentem, denique Dianœ per ignorantiam.
i'UEMIERF- CO.NsIDEKATIuS.
Fermeté et donccir,
1° Le meilleur gouvernement est celui qui se rupprochele plus du gouvernement de Dieu dans le monde ; celui dont la Sagesse a dit qu'il arrive à ses fins avec force, en disposant toutes choses avec suavité; celui qui, dans le même homme, présente à la fois le caractère du père toujours grave quand il caresse, et le caractère delà mère toujours tendre quand elle punit;
celui qui est doucement efficace et efficacement doux.
La douccui* est essentielle au gouvernement dont presque loule la science se résume dans ces deux mots : aimer et être aimé. La fermeté toutefois ne lui est point étrangère, puisque le Dieu miséricordieux est aussi appelé le Dieu juste et terrible, et que Jésus-Christ, l'ami des pécheurs, ne laissa pas de s'armer du fouet et de fulminer l'anathème. Entre deux excès, la dureté cl la faiblesse, le pasteur s'efforcera, comme le funambule, de garder l'équilibre, et s'il doit pencher d'un coté, que ce soit du côté de la douceur.
2» Le (jouvernement trop dur se reconnaît aux traits suironls : imposer des durées d'ellesmêmes <>u relativement accablantes: multiplier ou changer arbitrairement . au gré de se- ^oiils particuliers, les coutumes, les pratiques «I les cérémonies ; interpréter toujours dans le -eus rigoureux les points douteux de la loi ; exiger ic> chosesinoins importantes ou de conseil frUtgi strictement que 1rs choses majeures ou de précepte; se scr\ ir facilement «les lermes impératif- : Je veux, j'ordonne : prendre un ton sexcie ou hautain, alors surtout que les esprits sont
irinl disposes ; fermer l'oreille aux excuses et aux réclamations légitimes ; refuser ou accorder de mauvaise grâce; manifester de la défiance, de la prévention, une sorte d'aversion : garder le ressentiment des offenses personnelles; suivie les gens de trop près, entreprenant de savoir tout ce qui se fait et se dit ; exagérer les fautes qu'on signale et prendre tout au pire.
Le lion se laissera volontiers conduire à un fil, mais s'il sent la chaîne, il la brise et s'échappe.
5° Le gouvernement trop faible se reconnaît à ces trait» : Ne veiller qu'à certains points de la loi et permet Ire que d'autres tombent en désuétude; faire trop facilement droit aux réclamations et aux excuses; ne s'élever point ou trop rarement contre les abus et les scandales, se contentant de gémir en secret ; s'habituer à les regarder comme moindres, à mesure qu'ils deviennent communs ; reprendre seulement pour la forme, avec timidité ou indifférence, sans faire usage des moyens de répression ; faire des concessions coupables ou imprudentes, par quelques respects humains , intérêt, tacheté, politique ; ne relever pas de temps en temps
ton autorité par un coup d'éclat; se laisser gouverner ou mépriser, par pusillanimité d'esprit ou fausse humilité; fermer volontairement les yeux sur l'état de la paroisse ; temporiser quand il faudrait agir ; être ineonslant, irrésolu, inégal ; se montrer partial et injuste, pour complaire à certains personnages.
Quand un cheval est sujet à broncher, il faut lui tenir la hride haute; et s'il se ralentit, il faut le réveiller par un coup d'éperon , dût-on l'aire jaillir une goutte de sang.
4° Deux moyens d'arriver à un heureux tempérament de douceur ferme et de fermeté douce :
Le premier est d'incliner toujours du côté opposé au caractère. Le caractère, en effet, influant nécessairement sur la conduite, quiconque veut tenir le juste milieu doit contrebalancer le poids de la nature par celui de la raison, et se porter par l'effort de la volonté du côté où il est le moins porté par l'inclina* tion naturelle.
Le deuxième est de se proposer loujours dans l'usage de l'autorité le plus grand bien de^ inférieurs, sans se rormer â priori aucun système) en sorte que la douceur ou la fermeté l'emporte, selon que l'une ou l'autre esi pîui
profitable à la paroisse en gchçral on aux individus.
Le mal est que les rigides s'accusent toujours de mollesse, et les mous toujours de rigidité.
DEUXIEME CONSIDERATION
ï 'oisiveté, perte immense et irréparable pour le prêtre.
-t. Xihil preliosiàs temporc. (S. fiern. De* clam. 44.)
Tout péché mortel, en donnant la mort à l'âme, mérite la mort au corps ; au moment même où nous reçûmes la vie, nous méritions delà perdre. Que si notre vie s'est continuée depuis l'instant de notre naissance jusqu'à celui de notre baptême, et depuis notre premier péché mortel actuel jusqu'à ce jour, nous le devons à la médiation de Jésus-Christ qui a demandé et obtenu pour nous une prorogation , un sursis, c'est-à-dire, le temps. Le temps est le
fruit de sa passion, il vaut le sang et la vie d'un Dion.
Aussi, pour nous en foire sentir le prix, ne nous le donne-t-on qu'en détail, au fur et à mesure, goutte à goutte: jamais deux instants à la fois ; la main qui accorde le second, relient le troisième, et nous laisse dans une entière incertitude si nous l'aurons.
Or le temps m'estaccordé pour ces quatre fins: demander mon pardon, satisfaire à la divine justice, acquérir la grâce, mériter la gloire. Criminel dévoué aux flammes éternelles, on m'offre ma sentence d'absolution ; débiteur deDiew et son prisonnier, on m'offre le moyen de m'acquitter ; pauvre réduit à la dernière impuissance et à la plus extrême détresse, on m'offre la grâce avec laquelle je puis tout dans l'ordre surnaturel ; roi exilé, on m'offre un royaume et un trône dont la mort et les révolutions ne me déposséderont jamais : tout cela à une eondilion, c'est que je profiterai d'un nombre déterminé de jours ou d'années, pour éviter le mal et l'aire le bien. Donc ce que vaudrait aux réprouvés rairrancbissement do l'enfer, aux âmes du purgatoire leur délivrance, aux élus de nouveaux degrés de grâce et de
gloire, le temps le vaut pour moi. P.ir un seul acte d'amour, fait en moins d'une minute, je me réconcilie avec Dieu, ce que ne pourront jamais les réprouvés; j'augmente mes mérites, ec que ne pourront jamais les saints. J'ai le temps, ils ne l'ont plus.
Mais je suis prêtre, médiateur pour les criminels, caution pour les insolvables, dispensateurdes trésors divins, portier du eicl ; chaque instant de ma vie vaut donc à une multitude d'âmes l'affranchissement de l'enfer et du purgatoire, l'augmentation incessante de la grâce et de la gloire.
Quel usage ne ferait pas du temps Judas admis à une nouvelle épreuve , ou saint Paul renvoyé sur la terre pour conquérir de nouveaux peuples à Jésus-Christ !
2° Sed, heu, nihil hodic viliùs œsiimattir, ajoute saint Bernard (Ibid.).
Plus une chose est précieuse, plus on la ménage et on en regrette la perte. C'est le contraire pour le temps : il nous est à charge, nous ne savons qu'en faire, nous en sommes embarrassés : on s'étudie aie dissiper, on s'applaudit de l'avoir tué.
On perd le temps 1° en le consumant dans
l'oisiveté ou dans des inutilités : Maxima part vitœ elabilur nihil arjcniibus ,tota aliud ageutibas (Scn.); 2° en péchant par pensées, paroles ou actions; 5° en persévérant dans le péché mortel ; 4° en ne rapportant pas à Dieu les actions indifférentes ; b'^ en donnant un motif pervers ou humain à des actions saintes; G0 en faisant, des actions d'clIcs-Bicines excellentes, mais sciemment quand Dieu en demande d'autres. Enfin, on perd le temps, du moins en partie, 7° en se contentant d'une sainteté médiocre, en ne faisant rendre au talent confié que cinq, pouvant lui faire rendre dix.
Or, le temps perdu est perdu sans retour, le temps tué ne ressuscitera plus. On peut rétablir sa santé, relever sa fortune, recouvrer même l'amitié de Dieu ; on peut désormais égaler sainte Thérèse pour la ferveur , saint François Xavier pour le zèle, saint Jean de la Croix pour la pénitence ; mais on ne saurait faire revivre le temps passé, il est englouti dans réternité.
Que me restera-t-il, si je retranche de ma vie tout le temps perdu dans le péché, l'oisiveté cl les inutilités? El si je m'envisage comme prêtre, qui dira combien d'âmes j'aurais pu,
par un meilleur usage du temps, arrêter sur le bord de l'enfer, retirer du purgatoire, enrichir de mérites , porter au faite de la gloire céleste ?
Ergo dàm tempus liabemus, operemur bomun ad omnes, maxime autem ad domesticos fiaeï. (Ad Gai. c. 6.) Déplorons le passé, sanctifions le présent, préparons l'avenir : Hœc nempêspiritualis est exercilii summa, hœc forma studii spiritualis : ut sapienter disponamus prœsentia nostra,recogitemus in amaritudine animai noilrœ prœterita , futur a quoque sollicité provideamus (S. Bern. In Festo SS.Pet. et Paul. Serm. 2.\ Que la vue de tant d'âmes qui se précipitent à leur perte, nous arraclie à notre apathie et nous fasse voler à leur secours: Spiritualesdomus Dci, templa et sacrùna Spiritûs Sancli vivenlia, cîvitales Sanctorum, régna cœlestia, in terris passim sudcendunlifr rapacîbuê et inferna- Ubus flammis omnium viliorum, elopitularinostralentescel ineriia (Gers. De attrali. ad Christ, parv.) !
- 5iii)
TROISIEME EXEIlCICK,
Occasions dangereuses.
4° Tout rapport ai'ec le sejoe est dangeieUJt, De curbonibus scintilla? dissiliunt,dc [a ru rtlbigo natrilur , morbos aspides sibilant, et millier /'audit co)icupiscentiœ peslilentiam. De singui. Clor.) a La femme a dompté plusieurs lions, « d'immenses trésors sont devenus sa proie > « sa parole est une glu empoisonnée, son as- « pect perce l'œil de mille ilcclics, autour d'elle «s'amoncellent les cadavres spirituels, les « blessures qu'elle fait sont inguérissables. Un « simple regard sur une femme est un principe « de frénésie soudaine et comme un coup de « vent subit qui nous livre aux vagues d'une « mer en furie : Oculi lui, càm viderint alie- « uum, os tuum loquetur perversa , cl faces tau- <> (puuu (jubcruutor in magno turbine (Ibid.\-> Ciun proximal , stimulai , dit saint Jérôme ; càm
toqititur, incemlit ; cùm tangit , veltementer cxu* rit. Mais il faut entendre l'Esprit-Saint : De vestimenlis enim procedit linea, et à mulieft iniqui- Uu viri (Eccli. c. 42.). Et encore: Inveni amariurcm morte mulierem, quœ laqueus venalorum c.*t et sagena cor ejus , vincula sunt manus illiiis. Qui placet Deo, effugicl illam : qui' aulem pcccalor est , capielur ab eà (Eccle. c. 7.). Et encore : Numquid potesthomo abscondere ignem in siiut suo , ut vestimenla ejus non ardeant ? Aut ambulûre super primas, ut non comburentur planta ejus? Sic qui in greditur ad mulierem , non erit immundus (Prov. c. G.). Cacher du feu dans son sein , dit le cardinal Hugues de Saint-Chef, c'est converser volontiers avec la femme; marcher sur des tisons , c'est l'envisager avec plaisir. Il ajoute: Multi ad lias primas se calcfuciunt.
2° Le prêtre court les même* risques que le fidèle.
C'est à lui surtout qu'en veut le démon : Majores majoribus consueverunt conflictioîies occurrerc. Acriùs divilibus quàm pauperibus invidelur: et non inopes, sed locuplelcs inquiétai infeslalio sœva lalronum. Plus duces et principes quàm milites ab Jiuslibus appetuntter in purj'ià :
et twlcntibus propulsantur ventis et tarbinibv* fulmina, quœcumque sunt altiora. Quanti et quales Lpiscopi et Clerici , simul et laici , post confessiunum victoriarumque calcata ccrtaniina , post magnolia et signa vel mirabilia vsquequàqac monstrata, noscuntur cum Jtis omnibus naufrayàsse! (De singul. Cler.) Depuis le sacerdoce , notre chair est-elle plus docile , notre imagination mieux réglée ? Le vœu de chasteté n'aurait il pas produit l'effet dont parle l'Apôtre : Peccatum non cognovi nui par legem? Ne sentonsnous plus les atteintes de cette passion dont saint Laurent Justinien a dit : Nunquàm superata quiescit, semper floret , semper vigei : serpit continua ut cancer, sœvit ut ignis , rapit ut leo , tumet ut coluber, inndiaiur ut latro , cœno vulutatur ut aper , nunquàm sat dicit ut infernus ? Saint Paul , toujours tremblant pour la vertu de son cher Timothéc , ne lui recommandet-il pas à plusieurs reprises, de veiller à la garde de sa chasteté? Et lui-même, Paul, ravi au troisième ciel, ne se plaint-il pas d'être harcelé par l'aiguillon de la chair et souffleté par le démon d'ignominie?
3° // n'y a de salut que dans la fuite.
« Celui, dil sainl Augustin, qui fuil la nef»
— 5G2 — « sécution, refusant de souffrir pour Dieu, « perd la couronne du martyre , et celui qui « fuit le théâtre de la volupté, appréhendant
■ de se commettre, gagne la couronne de la » chasteté. » — « Ici , la tactique est renver-
* séc , et la timidité devient intrépidité; car, t pour triompher des menaces de l'homme , il « faut de l'audace, et, pour triompher des sc- « ductions de la femme, il faut de la lâcheté. « Celui qui recule, marche à la victoire ; celui « qui confesse sa faiblesse, multiplie sa force. < On n'a garde d'ajouter fardeau sur fardeau, « maladie sur maladie ; eh bien ! la chair et la « compagnie d'une femme ne sont autre chose « qu'une infirmité redoublée cl une surcharge « écrasante. On ne peut espérer d'avaler le
■ poison et de n'en pas sentir les effets , de dor-
* inir sur le bord de l'abîme et de n'y pas lom-
* ber, d'affronter les épées nues et de n'être
■ pas blessé, d'échapper dans l'intérieur des « murs à l'ennemi qu'on n'a pu vaincre sous les « remparts, de maîtriser en présence de son « objet la convoitise qu'on n'a pu maîtriser loin « de lui. » (De sinyid. Cler.)
D'où saint Basile couelut : Danda est opérât ulySiqua fleripossit* mulierum colloquia cou-
jrttsusqut fumiitùs fuyiatnus. Sin id non possit, in eu enilendum est eertù, ut quàm rariêsima Ma, cl quàm breoissima fiant. (Const. Mooast.) Les boulines chaste* ; <!ii saint Bernard , pour éviter ce <[ui esté craindre , craignent toujours où toutes choses sont en sûreté : Ut timenda caveant, etiam tutu pertimescuni. (Super Missus est, Hoiu. 3. n. (.).)
Saint Ambroise, parlante! u patriarche Joseph, s'écrie : Magnai quippe vir , qui cùm ab uxore domini Ctmventreitir , teneri vesle potuit , animo capi non potuit : ac ne ipsa quidem verba âiù passus est! Veslem exuit, crimen excussit; se* non nouas aufwjit , qui crut teeitor û dumenm pudoris. (De Joseph, c. L>.)
sa.,
MOIS DE JiAf.
Ou pourrait faire cette retraite le premier vendredi rfu ■»ois ou la veille.
Lire les avis sur la manière Je l>ien faire la retraite du mois, p. 257.
Ne pasoublier la lecture du Mémorial pour malieic d <"\»« Ben particulier, et i'evcicice de It l'iéparalion a la »ji»rt, le soir.
-oC
Um ni
i envers Marie... •
TiiBfriUxttt» it:: :•«• .
PREMIER EXERCICE, Augustin se dlballanl enlrcscs passions et la grâce, pJiJ.
DEUXIÈME EXERCICE
•K-niis ami.
Lui seul réunit éminemment les conditions et ïes qualités d'un parfait nmi.
1° La beauté. 11 est le plus beau des enfants des hommes, l'objet des éternelles complaisances du Père; son regard consomme la félicité des élus; les peuples, témoins de la grâce répandue sur ses lèvres, se sentaient entraînés sur ses traces ; et si , à travers les voûtes du firmament, il laissait échapper sur nous un seul rayon Je sa gloire , nous oublierions à l'instant toutes les rigueurs de l'exil , et la terra oous deviendrait un ciel.
2* La noblesse. Fils de Dieu, sa génération est inénarrable. Fils de Marie, il compte parmi ses aïeux tous les rois de Juda et les patriarches jusqu'au berceau du monde. C'est lui qui de sa main a posé son empire à travers les siècles et, de toute éternité, a dit : Je régnerai là et jusque-l't; il est de tout le principe , la raison et la fin : Omnia per ipsum et in ipso creala swu : et ipse estante omnes , et omnia in ipso constant. (Colos. c. I.)
3° La familiarité. Voilant sa splendeur, de peur de nous éblouir , et descendant de son trône inaccessible , pour que nous souffrions moins dans le contraste de sa grandeur et de notre bassesse, le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous comme noire égal, comme l'un de nous ; il a bu et mangé avec nous, il a conversé avec nous , il s'est adapté à nos usages : Eenianilas et liumanilas apparuit Salvaloris nostri Dci (Tit. c. 3.)
4° La compassion. Il a pris sur lui nos misères ; il a connu les fatigues, les calomnies, les trahisons , les tentations , la crainte , la tristesse ; il a goûté la mort même , afin de nous prouver qu'il serait attentif à nos larmes , puisqu'il en versa , occupé do no<= maux, puisqu'il
les endura , le soutien des affligés, puisqu'il le
fui lui-même , et qu'ayant tout expérimenté comme homme , il guérirait ou consolerait tout comme Dieu.
o° L'assiduité. Non content de résider pour nous nuit et jour dans nos temples , il nous visite par ses divines lumières, ses consolations, les touches secrètes de sa grâce ; il se tient incessamment cà la porte de notre cœur pour répondre à nos doutes, entendre nos soupirs, acquiescera nos vœux, partager nos joies et nos peines, nous prodiguer ses caresses et recevoir les nôtres; il est toujours près de nous, avec nous.
C° La constance. Comme il dissimule , excuse et pardonne nos rchuls , nos bizarreries, et nos infidélités ! Chaque péché grave est une rupture de notre part, cl iliaque absolution Ofit un rapprochement de la sienne. Et au lieu que , dans les réconciliations humaines, il resta toujours certains nuages, Jésus nous rend touii'sonamitié etajoulo des faveurs nouvelles. ( v t lui qi|] pardonne septante fois sept fois et r, :i 1 toujours le bien pour le mal.
La libéralité. Apres a,voir pris niiséricortlicusemenl tout ce que nous avons et tout ce
que nous sommes, il nous donne surabondamment en éehange tout ce qu'il a et tout ce qu'il est : ses secrets divins, ses grâces, ses mérites, son corps, son esprit , sa vie, son royaume; il veut même que son Père soit notre père et Marie sa Mère notre mère. Qu'il est bien nommé par un Père : Matjna eleemosyna nostri Dti !
8° Le dévoûment. Pour nous secourir, il s'élance à pas de géant, il mesure des espaces infinis. Dieu , il se fait homme : se nascens (ledit sociiun. Dieu-homme, il se fait nourriture: tonvescens in edalium. Innocent, il se fait victime : 5e moriens in prelium. Roi du Ciel, il se lait notre récompense : se régnons dat in prœmium. Son amour pour nous est un amour qui épuise sa libéralité, sa toute-puissance, son humilité. Quid misericordiùs potest excogitari , quàm al Paler œlernus peceatori , andè se redimalnon habenti , dicat: Toile Unigenitummeum et da pro te; et Filins : Accipe me , et redde pro fe?(S. Ansel. in medit.)
9° L'unité. C'est par le Baptême, la Confirmation , l'Eucharistie , l'effusion habituelle de sa grâce que se réalisent ces étonnantes paroles : Vos eslis corpus Christi (I. Cor. c. 12.). Ad eum veniemut et mansionem amtd eum faeiemus.
(Jnnn. c. 14.). Ego simi in Paire mco, cl vos in me , cl eiji) in vobis. (Ibid.). El ego clarilnlem quam dcdisti tnihi, dedi eis : ut sint unum , sicul et nos unum sumus. (Ibid. c. 17.).
Puisque Jésus vous dit : Vos amici met estig, répondez-lui : Domine , tu sois quia amo te; cl pour lui prouver efficacement votre amour : Râpe ad Deum animas quas potes , et die adeas: Amemus eum ; Jesum nolo laudare solus ; Jesum nolo amare solus : Magnificate Dominum mecum, et exallemus nomen ejut in îdipsum. (S. Aug.)
PREMIÈRE CONSIDERATION
QuelqucM praftqm-s tic pieté envrro Marie.
A l'exemple des saints, adoptez quelques pratiques de piété envers Marie; au besoin, variez-les, et conseillez-en l'usage aux âmes
que vous dirigez.
i° Conversez familièrement nvec Marie, comme un enfant avec sa mère; exposez-lui vos ennuis, vos craintes, vos espérances, convaincu qu'elle vous écoute nvec le plus vif intérêt.
2° N'entreprenez rien que sous la protection de Marie et après l'avoir consultée; si elle fait son affaire de la vôtre, quelles que soient les difficultés, le succès est assuré.
5° Faites à Marie hommage de tous vos biens, pour n'en user que selon son bon plaisir. Etablissez-la reine dans votre paroisse et souveraine maîtresse chez vous.
4° Dans les tentations, renouvelez à Marie votre consécration absolue et irrévocable. Quand votre ferveur se ralentit, ou après vos fautes, dites-lui : Ecce quem amasinfîrmalur.
5° Soyez tout cœur pour le cœur si aimant et si aimable de Marie. Je vous donne mon cœur , ô Marie, donnez-moi votre cœur, faites que le mien soit semblable au vôtre.
(h Après une grâce reçue, offrez à Jésus tous les battements du cœur de Marie pour lui, etâ Marie tous les battements du cœur de Jésus pour elle. Comme votre reconnaissance sera bien acquittée !
7- Efforcez -vous d'entrer dans les sentiments ri les dispositions do Marie , d'agir! son imitation et en union «ivre elle. Promettez-lui, pour son amour, d'éviter tel péché, d'accomplir tel acte de vertu.
3° Associez-vous atll joies , aux douleurs, aux triomphes de Marie, en méditant ses mystères. Pour la féliciter de ses incomparable! privilèges, chantée le Magnificat de concert avec elle.
(> Remettez quelquefois à la disposition de Marie le fruit du saint Sacrifice. Que ce retour lui est bien dû ! C'est plia qui nous a donné la chair et le sang de la divine Victime.
■H)'* Remerciez Marie d'avoir contribué pour une si large part à votre salut et à celui du monde. vaitcs-lui amende honorable pour tant d'ingratitudes ci tint d'outrages.
1 1'' Visitez les sanctuaires de Marie et tâchez d'y conduire votre paroisse. Décorez avec soin sa chapelle pi s<»u autel, cl que les Bdèles vous
y froment souvent agenouillé.
\i2' Propagez les médailles, les images, les statues de Marie ; distribues des chapelet!) : faites chanter ses cantiques; ériges des confréries et de* congrégations en son honneur
— "72 — 15° Célébrez avec une lendrc dévotion Ira fêtes de Marie, celle de saint Joseph, de saint Joachim et de sainte Anne, de l'Archange Gabriel, d'Elisabeth sa cousine, de Marthe et Marie ses compagnes.
44; Priez spécialement pour les pécheurs et les défunts auxquels Marie s'intéresse davantage. N'oubliez pas que sa couronne ne se compose que de pécheurs convertis.
45° Mais si vous désirez surtout plaire à Marie, demandez instamment pour le clergé la chasteté et le zèle, afin qu'il puisse et qu'il veuille sanctifier et multiplier ses enfants.
46° Invoquez sans cesse, le jour et la nuit, le nom de Marie ; écrivez-le sur votre front , votre bouche, votre cœur. Quoi de plus délectable que ce salut angélique : Ave, Maria !
17° Servez-vous de Marie comme d'un doux appât pour retirer les âmes du vice, et mettez son nom sur les lèvres des mourants comme un passe-port-pour l'éternité bienheureuse.
48° Pour vous, cussiez-vous le malheur d'abandonner tout le reste, tenez- vous invinciblement attaché à Marie. Non, le vrai serviteur de Marie ne périra pas.
Interroge sur ce qu'il fallait faire pour obtenir la faveur de Marie, Berchmans répondit : Quodcumque minimum, dummodà sit conslans.
DEUXIÈME CONSIDÊlUÏI'iN.
Le lion esprit au presbytère.
I* Dans l'exercice de V autorité.
Il s'applique à In fnirc sentir Je nioin9 possible. Comme Josepb à Nazareth : Trepidus moderabatur imperiuni, dit Origènc. Comme Raphaël : Tobia (rater , si placel , prœcedamus ( Tob. c. 11. ). Comme saint Bernard : Orabat magis et obsecrabat , quàm imperabat. Comme saint Macairc qui, loin d'écrémer les œuvres et de se réserver ee qu'il y a de plus attrayant pour la nature et de plus flatteur pour l'amour-propi e, parlait ainsi à ses religieux : « Faites ce que \ousme verrez faire, « je ne vous ordonne rien que je ne fasse le « premier ; si vous ne pouvez le faire, reposez* « vous en votre cellule, je le ferai pour vous. »
- 57* - Par cette douceur, il s'était tellement gagné ses frères, qu'ils l'appelaient le Dieu desmoineset volaient au-devant de ses désirs.
Heureux le presbytère où personne ne commande et où chacun obéit, où l'on prie bien plus qu'on n'ordonne, où la charité et le zèle seuls gouvernent ! N'a-t-on pas plus tôt fait souvent de mettre la main à l'œuvre que de commander, et l'exemple n'est-il pas l'ordre If plus efficace ?
2° Dans la subordination.
Soumission révérentielle et amoureuse, uniformité de vues et de sentiments, oubli de soi, dévoùmcnt et abnégation dans les fonctions confiées, support des humeurs, cordialité et joie, services mutuels : tels sont ses traits caractéristiques.11 n*est ni chatouilleux, que le moindre passe-droit offense; ni mercenaire, qui renvoie aux autres la besogne et se reproche toujours d'en trop faire ; ni important, qui se donne les airs d'un ministre d'état sur qui tout roule et dont l'absence entraînerait la ruine de la paroisse; ni sempiternel contradicteur, pour qui l'évidence même n'est pas assez lumineuse, qui pointillé et ergote sur tout, et que le plni-
— 57S — sirde penser seul touche infiniment plus que la honte de penser mal.
Cette innxime de saint François de Sales est celle du vicaire animé du bon esprit: « Ne semez « point vos désirs sur le jardin du voisin, mais a cultivez bien le vôtre. »
5° Dans ses torts et dans les tort* iVaulrui.
Tandis que le mauvais esprit soutient sa faute ou son erreur avec acharnement, le bon esprit reconnaît bientôt la sienne. C'c^t le propre des sages de craindre toujours de se tromper; ils ne se lâchent non plus contre \\\i ami ou un supérieur qui les redresse et les avertit, qu'une femme contre le miroir qui lui montre une tache, ou le malade contre un médecin qui lui indique la cause de son mal.
On dirait qu'il en est des esprits comme des corps : ce qui effleure à peine un corps robuste et vigoureux, blesse au vif un corps languissant et débile. Les petits esprit >. pour des rien<. sortent des gonds, font mille extravagam s'imaginent qu'il est beau de faire les emportés. Le bon esprit laisse tomber une parole offensante et passer inaperçu un mauvais procède; ij sait faire la part de la misère humaine. Il se garde bien de parler dans l'émotion, plus en-
eorc de concentrer son ressentiment. A-l-3 quelque chose sur le cœur, ou soupeonnc-t-il que son frère a quelque chose contre lui, il s'empresse d'aller s'ouvrir et s'expliquer, et aime à se persuader qu'il n'y a eu qu'un malentendu, une inadvertenre, tout au plus une légère malice. Il sait recevoir une excuse en épargnant la peine à celui qui la fait; il pardonne, prêt à pardonner encore.
4° Dans les démarches concertées.
Le bon esprit est prudent et circonspect ; il examine, pèse, discute, combine les moyens, prévoit les difficultés : il consulte et n'a point de honte d'attribuer tout le succès aux conseils qu'il a reçus. C'est l'opposé pour les esprits faux et petits \ ils ne peuvent ou ne veulent voir que leurs idées et leurs systèmes. S'imaginant renfermer dans leur tète toutes les lumières, ils croiraient s'avilir que de consulter ou de revenir sur leurs pas : tout retard et toute opposition les irritent. Aussi, tandis que le premier voit et traite les choses sous leur vrai point de vue, ceux-ci comptent autant de bévues que de démarches.
Quand une corde manque à l'instrument, le*
nulrcs ont beau vibrer, l'harmonie est rompue. 1>1 est l'esprit faux : sur les autres points, tout est en accord; mais touchez-vous à la libre malade, le jeu devient impossible ou irrégulier; et comme, dans un concert, le plus redoutable fléau est une forte voix sans oreilles, ainsi dans un clergé paroissial, le pire de tous les malheurs est une volonté énergique sans jugement.
TROISIÈME EXERCICE
Vains prétrxles sur lesquels on expose sa chasteté.
Je ne suis pas novice dans la vertu.
Etes-vous plus saint que David , plus fort que Stmson, plus sage que Salomon? « David a « terrassé un géant bardé de fer, plût i Dieu « qu'il se fût surmonté lui-même! Samson * avait étouffé le lion , rompu les chaînes , in- « ce n die les moissons , et l'amour l'a lui même t garrotté et consumé. Salomon batil un tem-
o pie nu Seigneur . eh ! que n'a-t-il conservé « pur le temple de son corps! » (S. Ambr. ApoL Dav.) Quàd si oliquis dicit : Captivum lenco adversarium meum, cuisemper insultent, videal ne forte adversùs eum captivus incipiat prœvalere. Sunquàm sécants cwn thesauro lalro tenetur inclusus : nec intrà unam caveam habitons cum lupo tutus est agnus. (De singul. Clcr.)
Je ne suis plus jeune.
Ignorez- vous donc que l'âge de retour pour le prêtre est l'âge des tentations violentes et, comme l'atteste la statistique des diocèses, Page des lamentables chutes et des grands scandales; qu'à cette époque de la vie il y a trop souvent diminution de ferveur, présomption, laisser-aller, besoin pour le cœur de s'attacher, moins d'énergie dans la volonté, résistance plus forte de la chair; <.uc le démon , parfaitement renseigné sur notre compte, résume ses expériences à ce moment critique et pour ainsi dire décisif, et, par un dernier assaut, avant l'extinction complète de nos sens, s'efforce de venger toutes ses défaites passées ou tic couronner toutes ses victoires?
Je (ais tomme tous les autres.
< 'est ain^i quo font ceux qui se perdent,
- 'est autrement que font ceux qui se sauvent. Chrislus non .se consueludinem, sed vcritaicm coguominavit 9 dit Tertullicn. Dieu veuille que ces Confrères qui se jouent sans précaution «avec leur ennemi , se flattant de l'avoir dompié pour jamais, n'entrent pas un jour chez vous, la rougeur au front , pour faire cicatriser les plains honteuses dont leur ennemi les aura couverts î D'ailleurs, à chacun son don : Cnus securus i,i lubrico gradilur , et alius , qui imper est , labilur : unus perrupes cursu montes ascendit , alius si se coerctavit , cadit : uni contingit per tempeslaies navigia féliciter explicare, et alteri tnlis félicitas non polest evenire. (De singul. Clcr.)
Je n'ai aucune mauvaise intention.
Omnis qui non manducaverit cavnem , utquid habitationem suam carnis apparalibus replet? Et qui non biberil vinum , quid videndi obleclationt perfruilur? Que prétend donc le prêtre, voué à la chasteté, qui vient converser familièrement avec des femmes? Quamvis nullo concubilu miscealur , desiderio (amen , visu , colloquio , ro?ijunctione semper obleclatur. Voilà , voilà ce qu'il prétend. (Desingul. Clcr.) « N'était ce charme n qui l'attire , dit saint Jean-Chrysostôme, con- « sentirait-il à se flétrir aux veux du publie,
« A se condamner lui-même , l'infortuné! ou « supplice de Tantale dévoré de faim sous un « arbre dont les fruits se dérobent toujours a « sa main avide? » (De subinl/od. virg.)
Je n'éprouve absolument rien.
Quoi ! rien ! en considérant les attraits séducteurs , en échangeant ces confidences, en faisant ces protestations de sincère attachement! Rien! ni des assauts de la convoitise, ni des écarts d'imagination , ni des sympathies désordonnées ! « L'histoire raconte qu'un artiste fa- « meux se passionna pour sa statue, et l'on ■ voudra me persuader qu'un jeune homme « Fervent eorpore , puellœ cohabitons , et ad la- « tera ejus assidens , cl simul cœnans, et per toit tum diem con fabulant , intempeslivos risus et « cachinnos effundens , parus à malà voluplaie « et concupiscenlià pennancat! Beatos quidem « dico , qui taies tint , et vellem eliam ipse hoc « roborc donari. » (S. Joan. Chrys. Ibid.) Et dans une homélie ou peuple : Ignem capit, nec tirer i%? Lucernam in feno pane , ac, lu, aude neejare qubd fenum walur. Quod fenum esl , hoc nalura vostra est.
Je ne puis donner à personne lieu de se scan* dattier.
tvme peuvent penser des hommes charnels, la plupart incrédules sur la chasteté du prêtre, lorsqu'il* voient des jeunes personnes entrer fréquemment au presbytère, ou le prêtre entrer seul chez elles , y revenir sans cesse, y rester longtemps , n'en sortir quelquefois qu'à des heures indues? Porro quùcl quis nullà propositâ ulililalis spe , multiludincm scandalizet, hoc ci arbitrât non vacarc pcriculo. Quanquam ad hanc alia eliam ratio spectaiida est : quôd cslo vir nullam ipse in anima tua pemiciosœ cogilationis noxiani conceperit , de muliere terte , quôd ca quoque idem faciat , nunquam nobiscum controvertet , quôd ipsa videliect nullis corporii libidinibus movcalur, Quin incidit sapenumero, propler consilii imbccillilalem , ei majorent quanulam in eo sexu ad libidincs pro~ iHuilalem, cùm fœmina ipsa aliquantulùm cjusy qui inconsideranter seeum eongressus sit, libidinc cummuta ait. Alquc illequidem nullum vul~ vus accepit,scd sœpemimero in/lixit : cl quemadmodùm idfeeerit, non inlcUiail. (Si Basil* Conslil. inonast.)
Jt suis uniquement guidé pur la cliurilc. • D'où vient donc, repond saint Jean Cliry-
— d82 — « sosiômc, que voire charité préfère toujours
« la femme à l'homme , la jeune fille à la fein- « me âgée, la fille agréable et riche à celle qui « n'a pas ces avantages? m (De subinliod. cira.) .itlaiiiat carilas et appellat : Talcs ego non juuxi, jàlsu altéra est quœ ou simulando couflnxil. Vous me calomniez : moi je ne contredis pas les préceptes divins , moi je ne favorise pas la mollesse. Succurre , meusprœco. suceurre, Faute Apostole , die tesllniuuium meum , ne quod de me annunlias perça lulur. Finis aulem prœeepU est carilas de corde puro , cl conscientià bond , cl fide non fttlù. Si lalis eltristianu carilas udnolalur, indubilanler odia meliora sunt , quœ dàm sepurant , nemiuem maculout, (De singul. Cier.)
~ 583 — RETRAITE MOIS Dlù JUIN.
Or. pourrait Faire celle retraita le jour de la tête du oainUSacreaient ou de la f< io du Sacré-cœur, lorsque ici Eolenniléa se célèbrent au commencement du mois.
Lire les avis au la manière de Lieu faire la retraite Au moiàj p. 237.
I as oublier la lecture du Mémorial pour matière men particulier, el l'exercice de la Vw[ iraliouà i i . le soir.
-$C lui
FRFMIER EXERCICE, Uert, p. 46?.
DEUXIÈME EXERCICE
Excellence du saint Sacrifiée
Par lui nous rendons à Dieu : i« L'honneur qu'il recevait autrefois des Patriarches.
Offrir à Dieu des animaux en témoignage de sa libéralité, les égorger ensuite en témoignage de en grandeur i|ui n'a nul besoin de nos richesses, e'esi lout ce que les hommes pouvaient faire de plus relevé hvant la venue du Messie pour ■dorer leur Créateur. Or cet hommage se trouve éminemment dans le saint Sacrifiée.
Prenant «lu pain et du vin, nous les offrons
h Dieu comme une particule de nos biens et du monde mis ù notre usage. Puis reconnaissant
que Dieu n'a que faire de tels dons , nous les détruisons par la consécration ; cl, ce que ne purent jamais ni le glaive ni le feu sur aucune hostie, nous les poussons jusqu'au néant; le pain et le vin ne sont plus : h bien que, par cet anéantissement total, nous arrivons tout d'un coup au plus haut point d'adoration possible à l'humanité, et glorifions plus Dieu (pie n'aurait pu le faire la Synagogue par des millions de victimes égorgées mais non anéanties.
2* Vhonneur qu'il se rend à lui-même dans Vêler ni lé.
La suprême gloire de Dieu le Père cl sa fclieilé incomparable , c'csi la génération de son Verbe, qui atteste non pins seulement qu'il est au-dessus des plus sublimes créaturcs, mais qu'il esl Dieu même, digne de posséder ce Fils adorable cl (\'cn être le Père: lïlius vieux es lu ; ego kodic ejenui le : Verbe divin, abîme de perfection cl de grandeur, vous êtes à moi, je VOUS engendre de ma substance, Dieu de Dieu, lumière de lumière. C'est ainsi que je me glorilie moi-même, cl une je mets lo
— 58G — comble et le couronnement à tous les honneurs qui me sont dus.
Or après la destruction du pain cl du vin, et par la force des mêmes paroles, nous faisons naître à la place ce Verbe incarné, Fils de Dieu cl Fils de Marie. 11 prend une nouvelle vie et devient dans le temps tout ce qu'il est éternellement. Et nous , ses ministres , proclamant que celle naissance sacramentelle ne l'a pas fait Fils du piètre, mais Fils de Dieu, et que son Père en est le possesseur légitime, nous le lui offrons comme un présent de nos mains et un fruit de nos lèvres, nous le iui livrons par la plus parfaite et la plus absolue des donations ', et, en l'acceptant, Dieu le Père dit encore avec la même vérité : Filins meus es lu ; ego hotîic genui te.
a* V honneur que Jésus-Christ lui rendit sut le Cahuirc.
Consummalum est, s'écria le Sauveur en cxp if au t. Victime divine, je glorifie infiniment Dieu par ma mort, et j'acquitte surabondamment loutcs les dettes du genre humain contractées par le péché. Il est juste qu'un Dieu soit crucifié pour réparer l'outrage fail à Dieu; il faut un Dieu pour racheter un homme. Voilà
3*7 la consommation de toutes les adorations cl de
i • 'ii les les satisfactions qu'un Dieu offensé peut exiger et recevoir.
Or, sut l'autel, Jésus-Christ est réellement dans un état de mort. Les paroles sacramentelles, comme un glaive spirituel, ont séparé mystiquement son corps d'avec son sang; puisque la consécration du sang est différente de celle du corps, et que le corps et le sang ne sont unis qu'en vertu de la réunion qui s'en est faite à la résurrection. Dieu le Père voit donc en Jésus-Christ les cicatrices de ses plaies , les témoignages de son obéissance, les signes authentiques de ses opprobres, ce qui est le plus beau spectacle pour sa justice ; et en même temps il aperçoit en lui les félicités de la vie , les splendeurs de la gloire, les triomphes de la puissance , ce qui est le plus beau spectacle pour son amour.
4° L'honneur que nous lui devons.
Métis adorons son souverain domaine sur nous cl sur t >ute laerénlion, en offrant l'humanité sainte de Jésus-Christ, qui, en sa qualité do victime et à cause de son union avec la Personne du Verbe, rend à Dicil un honneur infini.
Nous le remercions dignement , en offrant
les actions de grâces que Jésus-Christ ne eesse d'adresser à son Père au nom de son Eglise, en offrant Jésus-Christ lui-même, don égal au bienfait reçu, égal même au Bienfaiteur.
Nous satisfaisons pleinement pour nos péchés , eu offrant le divin Agneau qui s'est immolé sur la croix pour les expier, et qui s'immole encore tous les jours sur l'autel pour la même lin.
Nous demandons efficacement les grâces donl nous avons besoin , en offrant Celui à qui le Père céleste ne peut rien refuser, et qui a institué le sacrifice de la Messe pour nous appliquer les grâces méritées parle sacrifice du Calvaire.
Aspice, Deus} el respice in faciem Christi lui, puis -je m'écrier : c'est lui qui prie pour moi, qui satisfait pour moi, qui rend grâces pour moi, qui aime et adore pour moi. J'unis ma voix à la voix de votre Fils, je me cache dans ses blessures , je voile ma laideur sous la beauté de son visage, je vous aime et je vous adore par son cœur. Que pouvez-vous désormais reprocher ou redemander à qui vous offre la voix, les blessures ê la beauté, le cœur d'un
Dieu? Va n'étcs-vous pas contraint do reconnaître, comme Isaac pour Jacob revêtu des liabits d'Esaû, que je suis votre fils bien-aimé, et que vous devez m'accorder votre bénédiction et voire béritage?
PBEMIÈ&E CONSIDÉRATION.
L'esprit de critique et de murmure
1* A vous entendre, on vous soupçonne, on vous accuse , on vous délaisse, on vous frappe injustement; et vous concluez qu'il faut murmurer? Concluez plutôt qu'il faut tout souffrir .
1* Sans èlonnemcnt. Souffrir et faire souffrir est le sort inévitable de tout supérieur. Qui put jamais contenter tout le monde? Le moyen «le conserver, dans une si grande variété d'occupations, le calme le plus impassible, localité la plus parfaite, la rectitude la plus invariable î
2* Sans crainte. Le pis qui puisse vous arriver, c'est d'être repris durement : comme si
notre vie ne devait pas être un exercice continuel de mortification! C'est d'être écarté des emplois de confiance : comme si ces emplois n'étaient pas difficiles, dangereux, redoutables!
3° Avec résignation. Outre que votre mérite réel vous reste, c'est une satisfaction pour tant d'autres fautes inaperçues et impunies, et un préservatif pour l'avenir.
4° Avec joie , vu les grands avantages que vous pouvez retirer de cette épreuve : fautes expiées, humilité et patience pratiquées, détachement, ressemblance avec Jésus-Christ et tous les saints. Omni s adversitas quœ nos tribulat in hoc mundo, dit saint Jean-Chrysostômc , baplismu* est ignis ; et in aquâ quidem semel baptisantur . in igné autem hoc penè vivimus (Hom. tfc. in Matih.).
o° Dans un esprit d'amour pour votre Evoque.
f.Y-t son devoir de tenir compte d'un doute,
d'un soupçon. Dévouez-vous pour l'acquit de
nscienec. A sa place, vous agiriez et seriez
obligé d'agir comme lui.
Ci0 Dans un esprit de zèle pour le dioecte. Si vous l'aimez , si vous êtes reconnaissant de?, services que vous en avez reçus . gardez-vous
d'y jolcr , par inlos, des principes de
trouble et de discorde.
Quand un vaisseau fait eau de toutes parti , au lieu de s'irriter contre le capitaine et de le troubler par des cris inutiles, il faut courir aux pompes , exécuter la manœuvre, et, dans l'impuissance où l'on est de le radouber au milieu de l'Océan , l'empêcher au moins de sombrer. Voilà votre position en ces temps difficiles : obéissez à votre Evèque , qui est votre capitaine; laissez-lui remplir son rôle et demeurez dans le votre, et n'allez pas déterminer peutêtre un complet naufrage en soulevant ou divisant l'équipage. On n'oserait suspecter vos intentions qui sont droites et pures; mais on peut être malade à force de sagesse: Oporlct sapere ad sobrielatem.
2° A vous entendre encore , l'autorité est ignorante, imprudente, trop facile ou trop sévère. Eh ! d'où vous vient ce titre de lv r n>- (jum et Dominus douiiimniium '! (Jni nous a établi accusateur , juge ei exécuteur de l'autorité épiscopale? Laissez , laissez à l*«ril le soin de voir, à la main le soin d'agir. Non tU vtajorunt santeutîû jmlices, rajas ufliciiun Ml obedire et implere quœ jussa sunt. Discerner* su
periorit est , nbditorvm est obedire (S. Hier. Ep. ad Hostie.). Avcz-vous oublié l'indignation (.ne vous ont fait quelquefois éprouver des paroissiens murmuratcurs? ou bien , les droits que vous leur refusez sur vous, prétendez-vous vous les arroger sur votre Evêque?
A celui qui profère une parole obscène vous dites qu'il est coupable d'autant de scandales qu'il a eu d'auditeurs; que penser du prêtre qui l'ait partager son ressentiment à trente et quarante Confrères !
Un homme qui voudrait être second dans tous les duels serait bientôt tué, et celui qui , aux soucis domestiques, joindrait ceux de tout l'empire, ne pourrait manquer de succomber. N est-ce pas ce que vous faites en contrôlant l'administration et en prenant toujours parti pour les inférieurs contre leurs supérieurs?
11 devrait en être de l'administration diocésaine comme d'un tableau qu'on se plaît à regarder dans son point de vue. Mais, hélas! toile est la perversité de notre nature , nous présumons plutôt le mal que le bien de ceux qui ont grâce et lumière pour gouverner; et , loin de fermer les yeux sur quelques imperfections, pour ne considérer que les vertus,
il y aura souvent cinquante vertus cclatantci auxquelles nous ne pensons pas , et s'il y a la moindre imperfection, nous ne voyons qu'elle.
Saint Sidoine , au moment de nommer le métropolitain de Bourges, tint au peuple as semblé ce langage : « Qui ne s'indignerait eu voyant les plus sincères vertus travesties en vices? Si l'Evéque élu est humble, il passera pour pusillanime. S'il a de la dignité , on l'accusera de hauteur. Est-il peu versé dans les lettres, on le méprisera pour son ignorance. Est-il instruit, on dira qu'il est enfle de sa science. Sa fermeté sera traitée de cruauté, et sa douceur de mollesse. »
Le Maître n'avait pas échappé à cette malignité des jugements humains : Yenitenim Juanlifs neque monducans ncque bibctis ; cl dieunt: Dœmonium babet. Venil Filins hominis manducans ci cl bibens ; et dicunl : Eccc Homo vorax et potator vint, publicanorum cl pccculorum ami» eus (Malth. c. u).
DitilÈ.ME CONSIDÉRATION.
ï/roriture. Sainte.
La sainte Ecriture, au dire de saint Jean- Chrvsoslômc , est un jardin émaillc de mille fleurs différentes. Itnà paradisus est quinonsolùm flores nunquàm marcescenles et fragrantiam perpeluam Itabet, sed et fructum animam nuirientem, id est, virtutes et sentenfias justorum.
C'est une mer féconde en perles précieuses , qu'il faut fouiller jusque dans ses entrailles. C'est une mine d'or où il faut recueillir soigneusement les moindres parcelles. Licet enim brève sitverbum, multa tamen est virlus ; siquidem et gemmœnon incorporis mole, sed in naturœ puiehriludine suum pretium habent.
C'est un champ d'où jaillissent a chaque pas des sources abondantes et intarissables. Hœc enim spiritualium fluminum natura est , ut eô magis scaturiant , et aerrescat gratin , quô qui$
— 51)j — magie indè haurire sludet , onuiia mc/itis suœ vasa a/ fer eus.
C'est le courant des eaux dont parle lePsalmisle, proche duquel l'arbre, toujours couvert de feuilles et donnant son fruit en son temps, n'a lien à craindre de l'intempérie des saisons. Sic eliam anima quœjuxlà iivos Scriplûrarum sedel, in semelipsâ latices illos colligais , omnibus reruni humanarum incommodis resislct in. vicia. Porrà liynum illud non ad duas et très haras cum aquis cersatur; sic cryù Icclioni simui inlenli, non duas tanlùm haras, sed perpétua.
C'est une nuée bienfaisante qui, laissant tomber la pluie goutte à goutte, pénètre l'âme tout entière et lui communique une merveilleuse fécondité. Nam et imber sj velu-mois irrmnput, super/iciem terris inundal, et profundo uiliil prodest. Sinautem sensim et palctentim in more m oie* in terra faeum se inshmet , quasi l>er venus quasdam ail profundmn delubitur , cjusque viscera comptent ad frayes ubertim pai iendas fccundissimaiu illam cjjicil.
C'est un banquet divin qui nourrit et élève
l'âme. Fortem reddii animani, et eonstatUiorem,
:t niatjis plulosupliicaui , non pcrmitlens ul ab
(fcclionibui ubsurdis vupialur ; ted Un ni cl
êlatam facienê , in cctlum ipsinn proptwodùm transfert.
C'est un antidote souverain et universel. /Vtmùm quidem Icetionc lingua reformater, deinde anima excilatur , jubareque solis jusliliœ illustralur, perque tempus illud ab omni vilœliujus mœroreetab immundarum cogitatioiunn illccebrisliberatur.
C'est un faisceau d'aromates qui veulent être broyés pour répandre au loin leur parfum. Nom aromaia, quanta magis terunlur, tanto majorem fragrantiam reddunt.
Est magisler perpétuas quœ agenda et quœ non agenda sint docens, ignis animum induratum emolliens, armatura impenctrabilis, porta* nullisfluclibus agitatus, voluplas continua, divina quœdam et ineffubilis incanlatio quœ passiones exterminai.
Hoc est omnium malorum causa , nescirc Scripluras (vide ad terbum Sm'plura in Indice rerum).
Saint Augustin écrivait à Volusicn ■ Tanta estenim clirislianarum profnndittu Litlcrarum, ut in cis quotidiè proficacm, si cas solas ub ineunte pueritià usque cul deerepilum senecluUm uiaximo olio, summo btu\:io} mcliore ingeniu tu-
uarer addiêcere : non quàdad eu qncu necessaria tuut mluli, tanlù in ci* perveniatur di/ficullalc; sed càm quitque ibi /idem lenueril, sine quàpiè rectèque non vieillir, (uni mulla, tamque muUi- }:!icibus mysleriorum umbraculii ojmcata intcl- Hijviula proficiatlibus restant, tanlaque non salùm invertis quibus ixla dicta sunt: verùm etiam in rebut quœ intelligendœ sunt, hitet altitudo sapienliœ, ut annosissimis, aeutissimis , fiagrantissimis cupidilate discendi //oc continuât : quod eadem Scriptura quodam loco habel , Càm consummaverit honio, lune incipit (Eccli , c. 18. Epis t. 137;. Jusque dans sa vieillesse, ce grand Docteur demandait à son peuple du loisir pour étudier l'Ecriture ; et il se rend hautement ce témoignage : Ego in loge Domini meditor , si non die ac noclc, saltcm quibus temporum parliculis possmn ; et mcditalioncs meut, ne oblivione fuginnl, stylo alligo (De Trinit. lib. I, c. 5).
« liossuct ne sortait de l'église que pour se « renfermer dans son cabinet, et se livrer à ces « recherches immenses sur l'Ecriture et la tra- « dition, qui lui ont fourni des armes si puis- « santés contre tous les genres d'erreurs. Il n rejetait toutes les études IV i voles ou agréa- « blés qui étaient étrangères h nui état. Quel
c qu'il sût par cœur presque toute la Bible, il « la lisait et la relisait sans cesse , il chargeait « les marges de notes abrégées, il avouait que « la Bible était sa passion, qu'il ne pouvait vi- « vre sans la Bible. Jamais il ne faisait un voya- « ge , dût-il n'être que d'une heure ou deux , « sans porter avec lui sa Bible » (Sonhist).
Quelle leçon donnée par ces génies sublimes à tant de prêtres qui , dédaignant le livre appelé par les Pères Liber sacerdotalis, substantia sacerdotii nustri, n'ont jamais à la main , pour nourrir leur esprit vulgaire, que le Journal, des Revues profanes, et d'autres misérables écrits I Scientia sœcularis incbrial quidem, sed curiositale, noncaritate; implens , non nulriens ; inflans,nonœdificans;inyurgUans, non confortant (S. Bcrn. s. 9, in Cant.).
YRUIS1KMK EXERCIGI,
/inpnrcté, passion ignominieuse et dégradante.
{• Ignominieuse,
Le péché qu'elle enfante est si honteux que c'est un opprobre de le connaître et une indécence de le nommer; si honteux que l'Esprit de Dieu déclare qu'il ne demeurera point dans l'homme, tant qu'il en sera domine, et que, malgré le déshonneur attaché à tout péché , les noms d'immonde et d'exécrable sont partout réserves à celui-ci ; si honteux que Jésus-Christ, traite de blasphémateur et d'intempérant, n'a pas permis que du côté de la pudeur on songeât même à le soupçonner; si honteux que, dans les premiers siècles , l'Eglise n'admettait aux Ordres sacrés nonnisi immamluios et fttttgrot, cl que, sou> le sacefdocfc Aaroniquc, non-seulement le crime d'impureté excluait du parvis,
— MM) — nitiis l'usage légitime du mariage, mais la souillure involontaire ; si honteux que le paganisme a quelquefois exigé de ses prêtres une vie coir :?aerée par la chasteté, et que , voulant décrire les dégoûtants commerces de ses dieux, il avait soin de les déguiser et le plus souvent île les métamorphoser en bètes; si honteux qu'au dire de saint Thomas, il y a tel démon qui, au souvenir de sa primitive grandeur, dédaignée! refuse de fomenter la flamme de la luxure; si honteux enfin qu'aux yeux des peuples, des impies eux-mêmes, prêtre cl impudique sont deux termes extrêmes qui s'excluent cl dont l'alliance monstrueuse porte à l'esprit l'idée detoutee qu'il y a de plus haut et de plus bas , de puis divin et de plus diabolique : sur ce point ils sonl inexorables: c'est là notre péché irrémissible; et, par une injuste mais inévitable solidarité , la faute d'un seul est impulécà tous les membres de la tribu sainte.
2° Dégradante.
L'esprit du prêtre en proie à cette passion , tel qu'un glaive émoussé , va perdant chaque jour de sa vigueur; ses idées s'épaississent et deviennent charnelles comme ses sentiments; il se I il au luiid de son âme un \ î« l c lamcnu-
Me, une nuit sombre où les lumières de la foi, de la raison même, ont peine à pénétrer. Autrefois la chasteté, cette sève du talent aussi bien que de la vertu, centuplait ses forces et donnait des ailes a sa pensée pour s'élever ; aujourd'hui tout se fane , s'appauvrit , se matérialise ; plus d'élan dans son imagination ; nul goût , nulle aptitude pour le travail intellectuel; il n'y a désormais dans son cœur qjue des penchants ignobles, dans son âme que des pensées obscures et rampantes, et celui qui devait être spirituel jusque dans sa chair est devenu charnel jusque dans son esprit : Qui fut unis erat in carne tpiriiualù , factus est in mente carnalii (S. Âug.). Pour administrer une paroisse , il faut de la vigilance , de l'énergie , de l'exactitude ; et ce piètre est lâche, inappliqué ; son caractère est mou, efféminé, sans ressort. 11 faut de la charité , du dévoùment , du zèle; et tel est l'effet de celte passion, de rendre égoïste, de faire disparaître l'homme de Dieu et de l'Eglise, pour ne laisser à sa place que l'esclave des sens, l'esclave peut-être d'une femme. Il faut prier, méditer, entretenir avec le ciel un continuel commerce; or, dit saint Jean Damas cène, Carnalis homa menlem tmquàm in com4
defossam gérons, spiritale veriialis lumen prosptcere nequit. Non, s'écrie à son lour saint Thomas de Villeneuve, JVon immilict Deus pretiosissimum purissi mimique Spiritûs sui liquorem in vas inquinalum.
Aussi qu'est-ce que la paroisse de ce prêtre? Un champ où le cultivateur sème des ronces, une armée que le général livre en trahison, un hôpital confié à un bourreau, une hergerie gardée par un loup.