‹ Manuel du prêtre en retraiteChapitre 4 sur 37 · TROISIÈME JOUR · texte numérisé non relu

TROISIÈME JOUR

4° Rechercher encore, sans se flalkr ,1c tu* dominant, l'illusion et l'occasion dépêché.

2° Répondre h ces deux questions : quelle est la vertu qu'il m'importe le plus d'acqué- . , / rir ? quel est le devoir du ministère , trop négligé jusqu'ici , auquel je dois désormais m'appliquer avec plus de zèle?

3" Spécifier cl motiver quelques résolulioni pour sa propre sanctification etpour ccl'i do la paroisse.

motb.

. ) Epist. i» et 2a ad Timotb

MCTiREs: ^ Im.(aL ]ib ,#e23j o.j

ILc Dies irœ selon la première méthode d» prier.

L'Ave maris slclla selon la fanîtoM »$•

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L'esprit Catholique.

Cet esprit, qui n*est autre que le pur esprit de Jésus-Christ , porte sur les points suivants:

i° Les Dogmes. Croycz-lcs sans l'ombre même d'un doute, et imposez-les sans prétendre expliquer le pourquoi et le comment. Jamais de transaction ni d'accommodement avec l'erreur, tout en ménageant les personnes. Ne hasardez aucune proposition téméraire, et ne prenca point parti pour des auteurs condamnés. Sachez que Y Index est pour l'Eglise entière.

2° Les Préceptes. 11 est aussi légitime et aussi nécessaire de soumettre sa volonté par l'obéissance que sa raison par la fui. Défende* l'autorité de l'Eglise , et \ cillez à ne point laisser ses lois tomber en désuétude. Sans les lois de l'Eglise .. que devient . héla*! le Christianisme?

5° Les Droits de VEgîise. Ne vous accoutumer

jamais à regarder comme un droit entre les

mains de l'Etat ce qui n'est qu'une usurpation

ouïe fait d'une pure i n. A l'Egtisede

décider toutes les questions de foi» de morale

et de discipline : de choisir itiluer ses

urs; de c nvoquer des conciles , quand

. et d'adi ess r s s B dles à .-es

enfai tucun contrôle; d'ériger des

m in aii rmer ses lévites; de fonder

igicux sou- toutes les formes : u'c

distribuer ses aumônes de ses propres mains ;

vie décorer à sou gré ses temples ; d*cxcrcer - n I ultc à la face du soleil. L'Eglise n'est point une machine Fonctionnant pour l'Etal. La loi civile ne peut faire fléchir la loi ecclésiastique. Autre la puissance temporelle, autre la puissance spirituelle.

4° La Hiérarchie. Soyez plein d'une piété filiale pour le Pape , reconnaissant le privilège de son infaillibilité si glorieusement exercé dans la définition du dogme de l'Immaculéc- Conception, et ne vous permettez jamais de :rilitpier les traditions et les coutumes de l'éraère et métropole de toutes les églises. Entourez de votre vénération et de votre amour l'autorité êpiscopale , et interdisez-vous toute raillerie et tut murmure sur ses ordonnances et ses actes. Déliez-vous de l'historien ou du discoureur qui raconte avec satisfaction des torts tent fois trop exagérés.

^° Le Culte. En ce point, comme en tout le

reste, l'esprit catholique est diamétralement

oppose à l'esprit protestant Celui-ci dépouille

les temples e! retranche tout signe extérieur

le de trahir la piété : celui-là de

magnificence la maison de Dieu , multiplie les cérémonies, les bénédictions , et recommande tout ce qui peut glorifier Dieu , ranimer la ferveur, édifier le prochain. Le premier délaisse les morts , le second ne cesse de leur appliquer ses suffrages. L'un dédaigne d'honorer les saints , l'autre n'a rien tant à cœur que de leur élever des trophées et d'obtenir leur protection puissante.

G0 Les Institutions ecclésiastiques. Les Ordres religieux sont l'expression vivante de la perfection évangélique et rendent à l'Eglise d'immenses services ; favorisez- les de tout votre pouvoir. A l'exemple de l'Eglise, honorez les vierges et les vraies dévotes ; établissez des Congrégations et des Confréries.

7° les Evénements auxquels s'est mêlée l Eglise. Quand on soulève devant vous la question des Croisades, de l'Inquisition, de l'Intervention papale, etc., au lieu de partager les préventions des impics et de parler le langage de l'ignorance ou de la mauvaise foi, vengez l'Eglise calomniée , distinguant ce qui lui est propre de ce qui lui est étranger, la bonté intrinsèque d'une œuvre des abus qui s'y glis-

- tfl

«ont. Pour la vérité historique comme pour la vérité doctrinale , allez toujours puiser aux sources pures : a Tout ce qui vient des hérétio ques doit être suspect, les livres surtout, « quelque bons qu'ils soient ; car quand on « lit un bon livre d'un méchant homme , on « s'affectionne insensiblement a l'auteur, jus- « qu'à croire quelquefois que tout ce qu'un tel « auteur a écrit, est raisonnable et ortho- • doxe. » (S. lyn.)

Approuver ce que l'Eglise approuve et condamner ce qu'elle condamne ; se réjouir et pleurer avec elle; conformer ses désirs aux siens , ses craintes à ses craintes ; vivre et , au besoin , mourir pour elle , tels sont , pour loin dire d'un mot , les vrais caractères de l'esprit catholique.

Qui fait mal sa retraite ?

1° Ceux qui ne la font pas avec une intention droite et pure, jour se réformer, se sancti-

fier, mais par respect humain , curiosité , à dessein peut-être de sauver les apparences. Ail! quand on réfléchit sur la sublimité de sa vocation , ses nombreuses infidélités, lesapprode la mort, les pièges dont on est environné, les lamentables chutes de tant d'autres, peuton avoir un autre mobile dans la retraite , si proposer un autre but que son amendemen! cl sa perfection?

T Ceux qui , peu soucieux du silence cl du recueillement , accostent celui-ci, font un sourire à celui-là, entrent dans la chambre d'un autre , sortent sans permission ou sans raison , tiennent registre de toutes les nouvelles, mènent leur désœuvrement et leur dissipai dans tout le séminaire. « Quand on ouvre sou- « vent la porte d'un four, dit saint Liguori , • toute la chaleur s'en va; et quand on oublie « de fermer la volière, tous les oiseaux ga- « gnent le large. Celte chaleur, c'est l'esprit « intérieur; ces oiseaux, ce sont nos saints « désirs. Celui qui parle beaucoup avec les « hommes montre qu'il s'entretient peu avec « Dieu. Pour bien (aire la retraite, il faut « renoncer à- l'œil et à la langue, et ne se « réserver que le rouir. »

o° Ceux qui, dans les conversations , ne m f(!it point scrupule de blesser la eharit.-. !■■ tous les démons qui viennent fixer leur lenle au milieu du séminaire pendant la retraite, le premier rendu à son poste et l'un des pins redoutables sans contredit, c'est celui de la médisance. On ne s'était pas tu depuis longtemps, rien déplus naturel, dès la première entrevue, que de décharger son cœur; mais, sons les coups redoublés de la langue, que devient un vicairft, un curé, un Evèquc? Recevra- 1- il miséricorde, celui qui traite sans pitié SCS péricurs et ses confrères? Ne sait-il point que, d'après sa demande même , on lui pardonnera comme il aura pardonne?

4° Ceux qui , dans l'intervalle des exercices, ne réfléchissent pas sur ce qu'ils ont lu ou entendu , se contentant de croire les vérités , sans les approfondir et se les appliquer* La réflexion est le levier tout-puissant qui opère les conversions , et qui trouverait le secret de faire réfléchir le monde aurait celui de le convertir. C*est la réflexion qui seule peut arrêter nos idées, fixer nos sentiments et durcir leur empreinte. Si les vérités de la foi sonl comparées dans l'Evangile au grain de moutarde, ne

rnit-cc point aussi parce que le grain de moutarde qui ne se fait nullement sentir, quand on l'avale tout entier, arrache les larmes des qu'on le mâche lentement et à loisir? Il faut bien, au reste, donner quelque alimenta nos pensées, puisque notre esprit, au dire de Cassien , ressemhle à la meule de moulin sous l'effort d'un torrent, disposée à broyer toute espèce de grain ; que ne lui donnons-nous touiours , au lieu d'ivraie, le plus pur froment? 5° Ceux qui, après avoir entendu le sujet d'oraison ou l'entretien, courent d'un point à l'attire, pour les effleurer tous, veulent ressaisir et suivre le fil de toutes les divisions et subdivisions , attribuent tout au raisonnement et presque rien à l'onction de l'Esprit-Saint, et se torturant ainsi la tète et ne laissant jamais ou que rarement agir le cœur, se réduisent bientôt à l'impossibilité de méditer. Ne serait-ce point un piège de Satan qui exciterait d'abord leur ardeur outre mesure , pour les arrêter ensuite tout court par l'excès delà fatigue et les dégoûter à jamais des retraites? La retraite étant l'ouvrage du cœur plutôt que de la tète, laissons donc l'Esprit-Saint parler en toute liberté à ec cœur. D'ailleurs, la retraite est-ce

une classe «nu sortir de laquelle il faille se livrer à un travail d'analyse? Non, non, c'est un banquet spirituel; or, dans un banquet, il vaut mieux savourer à loisir un petit nombre de mets exquis , que de se répandre avidement sur tous les vins et toutes les viandes.

6° Ceux qui, par des lectures trop rapides et trop prolongées, disparates et sans rapport à l'exercice précédent , ne cherchent qu'à satisfaire la curiosité , se dessèchent le cœur et fi* nissent par éteindre la dévotion. Si abondante que fût une source, celui qui s'aviserait d'y puiser avec un crible, en retirerait au plus quelque humidité. C'est tout ce qui reste de ces lectures faites sans frein et sans discernement. Pour rendre l'impression plus forte et plus durable, on doit rattacher à l'objet et au fruit de chaque exercice non-seulement les lectures , mais les pensées, les affections, les prières, et pour ainsi dire jusqu'aux teintes et aux nuances de l'âme.

7° Ceux qui ne s'appliquent pas à découvrir les principes de leurs chutes et à se prémunir pour l'avenir, ou qui, craignant peut-être d'être obliges de se vaincre, ferment l'oreille à la voix

de l'F.sprit-Saint cl feignent de ne point l'entendre. Trop certains que s'ils s'interrogeaient sérieusement , s'ils allaient au fond des choses, il faudrait en venir à une réforme vraie, sincère, fondamentale, ils mettent toute leur élude à se distraire. L'Esprit-Saint montre la plaie , ils mettent le remède à côté -, au lieu de porter la cognée à la racine de l'arbre, ils s'amusent à secouer quelques feuilles. Dans une retraite, il importe souverainement de constater la marche qu'a suivie le tentateur, de marquer les occasions et les pièges, de nous avouer a nous - mêmes , sans détours , nos connivences et nos faiblesses, afin de pouvoir préciser et motiver nos résolutions. Sans cela, nous serions comme celui qui tient le miroir sans s'y regarder, ou qui aperçoit ses taches sans se laver.

8° Ceux qui refusent à l'Esprit-Sainl les sacrifices qu'il exige , consentant à se renouveler sur quelques points seulement , non sur tous, à se sanctifier, mais pour un temps limité, autant que cela les accommodera; cherchant mille raisons pour justifier ce oui est blâmable ou éluder ce qui est commande ; s'efforçant d'amener le directeur à une composition , à une

eorte de transaction qui ne remédiera â rien. On veut s'en tenir à une demi-réparation, à

ee que Bossuet appelle un replâtrage. L'édifiée spirituel pourra résister encore quelque temps, rhoiiogo marchera quelques semaines; après. tout sera à recommencer.

0° Ceux qui , retenus par la honte ou la défiance, ou présumant trop de leur science et de leur sagesse, cachent ou ne découvrent qu'avec peine à leur directeur leurs fautes, leurs tentations, leurs doutes, les plaies secrètes de leuràme. « Si le serpent infernal vous a fait une morsure, dit saint Jérôme , et que vous vous obstiniez à la tenir cachée , l'homme de Dieu ne vous sera pas plus utile que le médecin au malade qui rougit de s'ouvrir à lui; car ce qu'elle ignore, la médecine ne le guérit pas. » Est-ce à des prêtres qu'il faut recommander la sincérité et la confiance ? Ne sont-ils pas habitués à répéter à leurs pénitents que. pour attirer la grâce divine par l'humilité et la simplicité, ils doivent, lorsqu'il s'agit de leur propre conduite, se défier de leurs lumières et de leur expérience, el se remettre somma ^\^> enfants entre les mains d'un directeur ? H se seducat \ si (ptis videhtr inter vos sapiens

esse in hoc sœculo , stullus fiai ut sit sapiens. (I. Cor. c. 5.) Sicut modo geniti infantes, sme dolo lac concupiscile, ut in eo crescatis in salutem. (S. Pet. Epist. iœ c. 2.)

10° Ceux qui, à la vue des difficultés , se découragent, s'imaginant que les obstacles sont insurmontables , qu'ils ne se relèveront que pour retomber, que Dieu les a abandonnés. Il est naturel , sans doute , de craindre en voyant combien il y a de choses à faire: péchés à ex» picr , inclinations à combattre, vertus à acquérir... Non , jamais je n'arriverai... tant de retraites déjà sont restées infructueuses!... Et les passions de leur côté : Quoi ! vous voulei nous faire la guerre ! Plus de ces adoucissements, de ces négligences, de ces attaches!.. Jetons-nous entre les bras de Dieu, il adoucira tous les sacrifices, il facilitera toutes les ruptures , il rendra tout possible. Que s'il nous a cherchés quand nous le fuyions , avec quelle bonté nous accueillera- 1- il maintenant que nous venons à lui ! A qui sait apprécier les richesses du cœur miséricordieux de Jésus-Christ, les choses pendant la retraite apparaissent sous un jour tout. autre, parce qu'il les voit à la lumière de Dieu, lumière douce, lumière pure,

qui porte jusqu'au fond de l'âme le calme, la sérénité , le courage et l'inébranlable espérance.

1 1° Ceux qui , comptant trop sur eux-mêmes ft point assez sur Dieu , ne prient pas avee instance "le ciel de bénir leurs résolutions. A nous, sans doute, de tracer nos résolutions sur le papier, mais il n'appartient qu'à Dieu de les graver dans notre cœur. Les résolutions sont comme les sermons , on ne devrait les écrire qu'en beaucoup priant. C'est d'en-baut que descend la lumière qui nous les inspire et la force qui nous les fait mettre en pratique. Quel est le prêtre qui n'a pas pris cent fois des résolutions aussi parfaites que celles de Louis de Gonzague? Mais, hélas ! « dès qu'il faut mettre la main à l'œuvre, nous rappelons, dit Rodriguez , ces soldats en peinture rangés en bataille, qui menacent toujours et ne frappent jamais. »

12° Ceux qui recherchent avec trop d'empressement les consolations sensibles, qui s'étaient promis, avant la retraite, de reposer délicieusement sur la poitrine du Sauveur, nomme saint Jean , ou d'être inondés de la gloire

rayonnante de son visage , comme les disciples sur leThabor, et qui trompés dans leur attente, ne rencontrant que croix et épines , se laissent tristement abattre et sont près de tout quitter. La fin de la retraite n*est pus de jouir, de se reposer, mais de s'exercer, de s'exécuter soimême. Au reste, « une once d'oraison faite dans la désolation pèse plus devant Dieu , dit saint François de Sales , que cent livres faites dans la consolation. »

13° Ceux qui ne jettent pas sur le papier , afin d'en perpétuer le souvenir et le fruit, les lumières et les bons sentiments que Dieu leur donne dans la méditation ou bors de ta méditation. Non qu'il faille rédiger des notes Ion' guement, d'une manière oratoire, pour en tirer parti dans nos sermons; c'est nous-mêmes et nous seuls qu'il faut avoir en vue. Mieux vaut un tour sentencieux . une affection reproduite telle qu'elle sort du cœur. Plus tard, de toutes les lectures ce sera la meilleure.

44° Ceux qui, après avoir bien commencé , laissent leur ferveur et leur attention se relâcher, dès que la revue est faite: comme si \outc la retraite consistait dans la revue , et que

la revue achevée , la retraite le fût aussi. Le moment critique et qui demande une vigi* lanee plus grande, c'est le soir et le lendemain de la revue; alors la joie monte du cœur à la langue, et adieu le silence ! Craignons de refuser quelque chose à Dieu , ses desseins sont impénétrables; il n'est exercice si peu considérable en apparence auquel il n'attache les plus grandes grâces, et d'où il ne fasse dépendre peut-être les conséquences les plus décisives. S'il se plaît à bénir et à recevoir les prémices , il déclare non moins formellement que celuilà seul qui persévérera jusqu'à la fin , sera sauvé.

15° Ceux qui , ayant des chagrins ou des projets à confier à l'Evèquc, ou des avis à recevoir, ou des renseignements utiles à lui transjnellrc , ou peut-être des excuses à lui faire, ou même une explication filiale à demander , malgré le mouvement intérieur qui les y pousse, refusent, par des motifs d'amour-propre, de défiance, de ressentiment , de crainte, etc., de profiter de l'occasion favorable. L'effet précieux de ces communications, en tout temps et plus spécialement pendant la retraite, est d'ouvrir et de consoler les cœurs, d'éclairer

sur la position réelle, de dissi|icr les préventions , de donner cette estime , cette affection et cette confiance réciproques si nécessaires à ceux qui travaillent de concert au bien commun. Les dispositions qu'elles requièrent sont la droiture dans le motif, la précision dans l'expose des faits, une respectueuse franchise, la soumission prompte et entière aux ordres , la déférence aux simples conseils , la discrétion pour la durée de l'entretien.

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